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The Cult

Beyond Good and Evil

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Réconcilié avec son compère guitariste Billy Duffy, Ian Astbury a reformé The Cult, après cinq années de séparation. Que les inconditionnels se rassurent, le tandem fonctionne toujours à merveille ; et la production signée Bob Rock fait la part belle aux grosses guitares tout en flattant la voix reconnaissable entre mille d'Astbury. Un personnage qui est toujours parvenu à maintenir un certain équilibre au sein du groupe ; aussi bien dans sa période new wave (Death Cult), gothique (Love), hard rock (Electric) que heavy (Sonic Temple). Aucune des entreprises solo des deux leaders n'a porté ses fruits depuis l'éclatement de 95. Ce qui explique sans doute pourquoi l'idée d'une reformation avait déjà été avancée lors de la campagne promo du Best of de 2000. Si les tensions se sont apaisées entre les deux fortes personnalités, la rage est plus que jamais présente au fil des douze perles qui composent " Beyond Good and Evil ". Un disque qui se veut une synthèse de l'ensemble des éléments qui caractérise The Cult, un groupe de rock authentique, doué d'un sens de la mélodie inné et d'une spontanéité particulièrement forte. Une plaque qui vient nous asséner une baffe monstrueuse en puisant son énergie du côté de chez Led Zep, Aerosmith, Black Sabbath ou Monster Magnet. Privilège d'une longue absence, The Cult se permet de n'aligner que des titres forts sans jamais tomber dans l'auto parodie ou le mauvais goût. Un tout grand disque de pur hard rock, tout simplement.

 

The Cult

Le rock a toujours été sexuel

Écrit par

Tailler une bavette avec un type comme Ian Astbury restera toujours pour le journaliste une expérience intéressante. Lorsqu'il le souhaite et cela semble être souvent le cas, le grand Ian est un type d'une grande froideur, le genre de gars qui entre dans la pièce en houspillant un des roadies qui traînait dans le coin, un personnage qui vous toise d'un regard distant, regarde le mur d'en face lorsqu'il vous parle et ne vous fixe dans les yeux que lorsqu'il a envie d'insister sur certaines paroles plus importantes. Ian Astbury veut imposer sa personnalité, son identité sans vous laisser la possibilité de l'amener à aborder un sujet s'il ne le souhaite pas. Il garde la mainmise à chaque minute. Sur scène, pareil, c'est lui qui dirige. Sur disque aussi, Ian Astbury mène la barque selon sa volonté. Et cette attitude peut conduire à des comportements déroutants, comme aujourd'hui, pour parler d’un nouvel opus qui marque une certaine cassure vis à vis de ses précédents. Moins purement ‘metal’, moins puissant, plus varié, "The Cult" (l'album) marque un certain retour pour The Cult (le groupe), dans les eaux d'une musique rock au sens général du terme. Ian Astbury s'explique. Enfin non, il explique...

On a juste enregistré l'album comme on le sentait, rien de plus. A la base, ce n'est pas plus compliqué. Bien sûr, j'admets que je n'étais pas totalement satisfait des précédents. Il y a de bonnes choses sur un disque comme "Sanie Temple" mais lorsque je le réécoute aujourd'hui, je me dis qu'on doit pouvoir faire mieux. Quant à "Ceremony", il a été conçu par une formation en pleine déconfiture ; The Cult n'était plus un vrai groupe à l'époque et cela se ressent. Notre nouveau disque est plus positif, plus intéressant. Il correspond avantage à ce que nous sommes réellement. Lorsque je parle d’art, je pense aujourd'hui plus à Picasso et à Brecht, qu'à Jimi Hendrix et Jim Morrison. Je ne renie rien, mais j'ai envie d'aller plus loin, de réaliser des choses plus significatives. Elles nous rapporteront peut-être moins d'argent, nous vendrons peut-être moins de disques ; mais je m'en fous

Tu veux dire que vous avez d'une certaine manière, accepté des compromissions, avant?

Oui, mais c'était voulu. Au départ, on a été assimilés à la vague rock ‘indé’. On était là pour briser le monopole des grosses machines. Après un certain temps, on s'est rendu compte qu'on nous avait enfermés malgré nous là-dedans, pour des motifs qui n'étaient pas uniquement musicaux. On a voulu nous libérer de cette emprise parce qu'on déteste les ghettos et que celui là en était un. Il y a des dangers, tu vois, à ce genre de situation. T'octroyer un statut de groupe ‘indé’, par exemple, implique qu'on attend de toi des tas de choses dans ce domaine, donc on te pousse dans une certaine direction. Si tu n’y prends garde, tu peux te laisser entraîner et devenir, malgré toi, quelque chose qui ne te ressemble pas. Tu peux inconsciemment pousser le jeu trop loin. Nous, on a choisi de nous échapper de ce carcan en prenant la tangente. On a donc volontairement choisi de quitter la scène ‘indé’ pour rentrer dans le grand bain. Pas pour gagner de l'argent ou accumuler des disques d'or mais bien pour confronter notre travail à un large public et examiner ses réactions. Ce défi là nous plaisait, on l'a tenté. Maintenant qu'on sait ce qu'on voulait savoir, on est plus libres.

Take That et Metallica

Et plus sûrs de vous?

On n'a jamais douté de nous. Là n'était pas la question. De toute manière, on ne pouvait pas agir autrement, on n’a aucune envie de faire n'importe quoi, comme d'autres.

Qu'est-ce qui vous intéresse dans la musique?

Des tas de choses mec, mais c'est surtout un état d'esprit. Il se fait qu'on a choisi la musique pour s'exprimer mais, comme j'ai dit, je m'intéresse aussi à plein d'autres choses. J'utilise la musique comme un moyen d'expression, pour d'autres c'est la peinture ou l'écriture mais le processus est le même: c'est l'expression qui compte. Alors, tant qu'à s'exprimer, autant le faire bien et franchement en accord avec soi, c'est bien le moins.

Le business rock permet cette ouverture ?

Le tout est de ne pas se laisser dominer (NDR : ah, on y revient!) Il faut être attentifs et ne pas se laisser imposer des règles qui ne sont pas les bonnes. Nous voulons communiquer, nous recherchons les échanges mais nous gardons le contrôle.

Crois-tu donc que tout soit aussi rationnel?

Ce n’est pas ce que j’ai dit... Le rock, la musique, la création, le spectacle, ce sont surtout des affaires de pulsions. Sur scène, par exemple, nous libérons nos pulsions, mais celles-ci sont diverses. Le rock a toujours été très sexuel, c'est évident. Nous nous sentons très à l'aise par rapport à ce concept. Dans la salle, aujourd'hui (rappelons que The Cult a joué récemment à La Luna, à Bruxelles), il y aura des mecs mais aussi beaucoup de filles. On en connaît la raison. On sait aussi pourquoi un groupe comme Metallica n'attire que des mecs. Ces types ne doivent concevoir l'amour que sous la représentation de la pénétration. Chez Take That, par contre, le processus est inversé, ils n’attirent que les nanas. C’est intéressant ce genre de constatation, pas vrai? Nous sommes conscients de la situation que nous vivons et l’actuelle nous plaît beaucoup…

Article paru dans le n°30 du magazine Mofo de février 95

The Cult

The Cult

Les aficionados du hard rock ne vont pas du tout apprécier le changement de cap opéré par The Cult. Difficile d'imaginer pour eux qu'une fraction aussi dure du heavy metal insulaire, susceptible de rivaliser avec Guns N’ Roses ou autre Metallica, puisse enregistrer un album aussi riche et nuancé. En fait, cet opus auto titré parvient à agréger les qualités essentielles de "Love" et d'"Electric". C'est à dire la félinité de leurs mélodies. Hormis la ballade dispensable "Sacred Life", cet elpee capture une intensité dont les éclats de fureur, soulignés par la voix puissante, emphatique de Ian Ashbury, éclaboussent de fraîcheur convulsive chacune des compositions. Et en particulier "Be Free", titre de métal urbain par excellence (Stooges ?, MC5?), et "Joy", composition de garage punk hydratée de claviers rognés, poussiéreux (Manzarek ?) et fouettée de riffs de guitares cinglants, effilés (Plastic Ono Band?). Avec un semblable disque, le combo peut à nouveau réclamer un statut de Cult (!)...