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The Soft Moon

Luis Vasquez (The Soft Moon) et John Juan Mendez (Silent Servant) sont décédés

On a appris la mort de deux musiciens de la scène 'wave': Luis Vasquez de The Soft Moon et John Juan Mendez alias Silent Servant. Les deux Californiens, accompagnés de la femme de Mendez, ont été retrouvés sans vie dans une maison à Los Angeles il y a quelques jours. Les circonstance de leur mort n'ont pas encore été établies mais les rumeurs évoquent une overdose due à la consommation d'un opiacé très dangereux, le fentanyl.

C'est surtout Luis Vasquez qui était très connu dans la communauté '(dark) indie' car, avec The Soft Moon, il a développé avec succès un style unique, hybride, combinant darkwave, techno, industrial et power electronics, comme un mariage improbable entre Nine Inch Nails, Depeche Mode, The Cure et Nitzer Ebb.

Né à Los Angeles d'une mère immigrée cubaine et d'un père mexicain, Vasquez a commencé à jouer de la guitare dès son enfance et a formé son premier groupe punk à l'âge de 15 ans, inspiré par des groupes tels que Fugazi. et Bad Brains. Il a fondé son projet solo The Soft Moon en 2009 et a signé avec le label de Brooklyn Captured Tracks pour sortir son premier single, Breathe The Fire, en 2010. Son premier album est sorti la même année.

Deux autres albums ont suivi, toujours sur Captured Tracks en 2012 (Zeroes) et 2015 (Deeper), avant que Vasquez ne signe avec Sacred Bones pour sortir l'album Criminal en 2018. Le dernier album de Luis était Exister, sorti en 2022.

En Belgique, The Soft Moon avait acquis une large renommée et Luis s'était produit une quinzaine de fois, au Botanique, au Magasin 4, au Trix et dans des festivals comme Les Nuits, Pukkelpop, Dour, Sonic City, etc.

Quant à John Juan Mendez, alias Silent Servant, il produisait une musique 'wave' instrumentale plus orientée techno.

Nous avons eu la chance d'interviewer Luis Vasquez en 2015 et il était apparu comme un homme attachant, très humain et d'une grande sincérité. Il restera à jamais dans nos mémoires.

Pour lire l'interview de Luis Vasquez (The Soft Moon), c'est ici

Pour écouter l'hommage rendu par l'émission de radio WAVES, qui comprend l'audio de 2 interviews de Luis Vasquez, c'est ici.

The Soft Moon

La réflexion existentielle de Luis Vasquez…

Écrit par

« Exister », c’est le titre du nouvel opus de The Soft Moon, qui paraîtra ce 23 septembre 2022.

‘Le but de cet album était de partager toutes mes émotions’, déclare Luis Vasquez, l’homme derrière The Soft Moon. ’Il n’y a pas deux chansons identiques. Il s’agit d’exister en tant qu’être humain et de vivre différentes expériences tout au long de sa vie.’ D’où le titre, « Exister », qui évoque à la fois les moments de joie et les bas que la vie peut nous envoyer.

Cet album, si personnel, renvoie aux nombreux changements de vie vécus par Vasquez durant la création. Il a quitté Berlin, son foyer depuis de nombreuses années, et s’est installé à Joshua Tree pour trouver un peu d’espace, autant musicalement que personnellement.

La pochette de l’album est une photo de Vasquez jeune, pour représenter un disque qui a impliqué une reconnexion avec son enfance, la relation mère-fils étant au centre de l’album. ‘C’est moi enfant que l’on entend tout au long de l’album’, explique-t-il. ‘Je me suis souvenu de pas mal de choses et j’ai beaucoup souffert pendant le processus d’écriture. C’est probablement le disque où je suis le plus vulnérable à ce jour.’

Cependant, malgré la douleur, la colère et la souffrance que l’on trouve au cœur de l’album, il y a aussi un profond sentiment d’espoir et de beauté qui persiste.

Sur son dernier morceau, « Exister », l’album semble atteindre un lieu de paix et réconfort, se clôturant sur un moment calme, réfléchi et poignant qui capte un sentiment d’optimisme : ‘C’est réconfortant de traverser la tourmente, puis de savoir qu’il y a cette lumière au bout du tunnel’, conclut Vasquez. ‘C’est un peu héroïque, c’est comme grimper au sommet d’une montagne’.

En attendant, il nous en propose un extrait à travers le clip de « Him », et c’est

En concert :

10/10 : Toulouse - Le Connexion

17/10 : Lyon - Epicerie Moderne

20/10 : Lille - Le Grand Mix

28/10 : Amiens - La Lune des Pirates

29/10 : Paris - Trabendo

 

The Soft Moon

Deeper (b)

Écrit par

The Soft Moon est un projet monté par le multi-instrumentiste californien Luis Vazquez. Epaulé par le producteur Maurizio Baggio, il mêle depuis ses débuts en 2009, le post-punk et le psyché/rock, afin de proposer une musique on ne peut plus ‘dark’ et saisissante, à l’aide de sonorités électro ! Constamment ténébreuses et quasi tribales, les compositions évoquent une  sorte de Depeche Mode déviant. Pourtant, « Deeper » constitue son elpee le plus accessible et ‘pop’ à ce jour ; même si cette œuvre demeure exigeante, abordant des sujets aussi joyeux que le suicide ou la paranoïa (‘Take me far away, To escape myself, I was born to suffer, It kills my mind, It kills me inside’ et autres joyeuseté du genre…). Entre électro-(quasi)pop 80’s (« Far », « Feel ») et krautrock gothique (« Wasting », « Deeper ») donc, The Soft Moon met en musique une claustrophobie dérangée avec une classe glaçante comme y parvenait Nine Inch Nails au sommet de son art. Lourde mais justifiée référence…

Apparemment impressionnant sur les planches, Luis Vazquez se produira dans la salle De Kreun à Courtrai, le 21 novembre prochain.

 

The Soft Moon

Deeper (a)

« Deeper » constitue le troisième album de The Soft Moon, le projet du Californien d'origine cubaine Luis Vasquez. Créé en 2010, il a contribué à l'émergence d'un nouveau style de musique, quelque part entre post-punk, cold-wave, shoegaze, krautrock, psychedelia et electronica. Nous avons rencontré Luis Vasquez, à Bruxelles, le 18 février dernier, dans le cadre de sa tournée de promotion. Il nous avait confié, à propos de cet album : ‘Deeper reflète mon évolution comme songwriter. J'ai voulu explorer de nouveaux territoires, composer de véritables chansons, alors qu'auparavant, je privilégiais l'expérimentation des sons. Inclure plus de mélodies, de structure. Parallèlement aussi, apprendre davantage sur moi-même, de façon extrême. Ce qui explique pourquoi je l'ai intitulé « Deeper »'.

Au cours de l'interview, nous avons passé en revue les titres de l'elpee et Luis Vasquez a laissé ses commentaires. Les voici : 

« Black » :

C'est une chanson qui me rend confiance. En général, je suis anxieux. Et de ce « Black » émane un sentiment de puissance, une impression que tout est ok.

« Far » :

Parfois, je crains de devenir fou et je veux m'échapper de ma tête. « Far » m’y aide. J'ai besoin de cet éloignement, parce que ma conscience est mon ennemie.

« Wasting » :

Ici, c'est la première fois que je compose une véritable chanson, avec de vraies voix, de vraies mélodies. C'est presque de la synth-pop, dans le style de Depeche Mode ou de Tears For Fears. Elle ressemble assez à « Shout », mais c'est une ressemblance qui n'est pas volontaire.

« Wrong » :

Je voulais que ce morceau soit plus électronique, automatique. Je chante une ligne, puis une voix robotique répond ‘right’ ou ‘wrong’. C'est comme un jeu entre moi et mon inconscient. Je me suis amusé en réalisant cette chanson, surtout grâce aux expérimentations.

« Try » :

Ma chanson suicidaire. Je me souviens que j'étais très déprimé à Venise, une nuit. J'en étais arrivé au point où je voulais contacter mes amis pour sortir de ma solitude. Je l’ai donc alors écrite. Au départ, elle était très lente, très désespérée ; mais ensuite, je l'ai accélérée, pour la rendre plus positive. Elle m'a sauvé la vie !

« Desertion » :

Mon plaisir coupable. Mon 'guilty pleasure'. Je voulais une compo pop, dance-pop, destinée à un large public. Quelque chose de dansant, comme du Madonna ou du Prince.

« Without » :

On dirait une chanson d'amour mais en fait, elle parle de ma relation avec ma mère. Au cours de mon enfance, nous avons été séparés, pendant de nombreuses années. C'est drôle parce que je ne lui ai pas montré le texte ; mais si c’était le cas, je ne dirais pas que c'est à son propos !

« Feel » :

Une chanson sur la difficulté de vivre. « Why am I alive ? » C'est un thème à répétition qui me concerne.

« Deeper » :

Ici, je présente mon enfer intérieur, comment je me sens à l'intérieur de moi-même. Fondamentalement, ce titre exprime ma lutte totale pour la vie. Je suis torturé par l'écriture. J'ai l'impression que c'est un péché. Ce qui m’a rappelé l'Enfer de Dante ; vous savez, les sept niveaux de l'Enfer. Donc, j'ai adapté la structure en fonction du poème.

« Being » :

Là, je mets tout sur un plateau. Tout est dans cette chanson : la tristesse, la colère mais aussi l'optimisme. Elle clôture l'album mais sans apporter de réponse. La fin, c'est juste trois minutes de bruit. Sur le vinyle, c'est une boucle sans fin : il faut retirer l'aiguille sinon elle tourne à l'infini...

Bref, cet album est une vraie réussite. Luis Vasquez a réussi à donner forme à la quintessence de son art et à ouvrir de nouvelles portes pour les développements futurs. ‘Felicitaciones, Luis!’

The Soft Moon se produira en concert, le 17 mai prochain, à Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique.

Pour découvrir l'interview complet de Luis Vasquez, c’est ici 

 

 

 

The Soft Moon

L’esprit de contradiction…

Le troisième album de The Soft Moon, ‘Deeper’, paraîtra le 30 mars prochain. Créé en 2009 par le Californien d'origine cubaine Luis Vasquez, ce projet américain est devenu le fer de lance d'une nouvelle génération de groupes alternatifs. Consécration suprême : il accède même aux programmations d'un niveau supérieur, comme en témoigne le concert prévu le 17 mai prochain à Bruxelles, qu’il accordera dans le cadre des Nuits Botanique. Nous avons rencontré Luis Vasquez, à Bruxelles, le 18 février dernier, dans le cadre de sa tournée de promotion.

A l’instar du premier opus éponyme de The Soft Moon, ‘Deeper’ a été concocté par Luis Vasquez dans un isolement presque total ; ce qui a conféré à l'oeuvre une dimension très introspective. Il confirme : « L'album reflète essentiellement mon évolution comme compositeur. Je voulais explorer plus profondément mon fors intérieur, ce qui explique le titre ‘Deeper’, et expérimenter à travers des compositions davantage structurées, des mélodies vocales plus élaborées, alors qu'auparavant, ma musique reposait surtout sur des sons et des expérimentations. »

Pour y parvenir, il a choisi de s'isoler en Italie. « Je voulais me rendre en territoire inconnu. Me mettre en danger, afin de me surpasser et dépendre de mon art pour survivre. Je me suis donc installé pendant plusieurs mois à Venise, à 10 minutes de l'île, en pleine campagne. Je voulais être aussi pur et honnête que possible dans mon expression, sans influences extérieures... » Comme dans la plupart des compos de The Soft Moon, les thèmes récurrents tournent autour du mal de vivre. Dans ‘Feel’, notamment, Vasquez s'exclame : ‘Why Am I Alive, Why Are We Alive’. Dans ‘Being’, il murmure : ‘I Can't See My Face, I Don't Know Who I Am’. Il confesse : « Oui, il y a juste quelques thèmes que je régurgite chaque fois. »

A propos des influences.

Dans certaines plages de ‘Deeper’, on découvre une similitude avec Nine Inch Nails, tant dans les inflexions de voix que les arrangements et les sujets abordés. « Ce n'est pas voulu », précise-t-il. « D'ailleurs, je ne connais pas bien NIN. Je possède seulement deux albums, ‘Downward Spiral’ et ‘The Fragile’. Mais je crois qu'on doit être deux âmes sœurs, Trent Reznor et moi. On a ce sentiment de colère, le côté ‘Fuck You’. Nous chantons tous les deux sur le fil du rasoir, en puisant dans nos vulnérabilités. En fait, lui aussi considère que son pire ennemi, c'est lui-même. Il faut se battre contre la dépression, pour survivre et être heureux. »

Mais connaît-il des groupes belges ? La réponse fuse : « Bien sûr ! Front 242, The Klinik... Snowy Red est aussi belge, je crois ? » Of course, voyons ! « J'ai acheté un de ses disques récemment parce qu'il y avait une réédition. Il y a aussi Neon Judgement : j'ai un ami, chez Dark Entries, qui a réédité leurs premiers morceaux » (NDR : l'album 'Early Tapes', paru en 2010).

Concernant les influences extérieures, on ne peut ignorer John Foxx, le légendaire pionnier de la new wave, en compagnie duquel Vasquez a enregistré un titre, ‘Evidence’. « On s'est rencontré à Londres », raconte-t-il. « C'est un très chouette gars ». Après avoir interviewé Foxx, je ne peux que confirmer. En outre, c'est un génie mais il est très modeste, un vrai gentleman. « Oui, on a envie de l'appeler 'Sir' », conclut le musicien en souriant.

La rencontre la plus importante qui soit arrivée à Vasquez, au cours des dernières années, c'est sans nul doute celle de Depeche Mode. The Soft Moon a en effet eu la chance inouïe d’assurer la première partie de la formation anglaise pendant une partie de la tournée ‘Delta Machine’. « Une expérience révélatrice, émotionnelle et très amusante! », raconte-t-il. « Pour moi, passer de la petite chambre de mon appart’, en 2009, à des salles de 20 000 personnes chaque soir, c'était juste fou. Je reste très reconnaissant et humble par rapport à cette opportunité unique. Chaque soir, je devais me pincer pour y croire. Ce qui a soulevé encore plus de questions existentielles au fond de moi-même ! »

La complicité entre Luis et Martin Gore semble s’être parfaitement déroulée. « Martin a beaucoup d'humour ! Une nuit où nous avions pas mal bu, je lui ai confié que je pleurais très facilement en regardant des films tristes. A partir de ce moment-là, chaque fois que je relatais un événement qui m'était arrivé, il répliquait en riant : ‘Oh et tu as pleuré alors ?’, ce qui déclenchait l'hilarité générale. »

Les origines

Les expériences musicales originelles vécues par notre interlocuteur remontent à son enfance et appartiennent à l'univers du heavy metal et du punk. « La première cassette que je ai achetée était ‘Seventh Son of a Seventh Son’ d'Iron Maiden (1988). Puis celles de Slayer et de groupes comme Bad Religion. » Ce n'est que plus tard qu'il découvrira la musique new wave, grâce à The Cure.

En 2010, quand il publie son premier opus, il contribue à l'émergence d'un nouveau style musical, quelque part entre postpunk, shoegaze, darkwave, électro et psychédélisme. Les exégètes de la musique alternative, dont votre serviteur, se demandent si c'est The Soft Moon (en Californie) ou plutôt The KVB (en Angleterre) qui a lancé ce mouvement. Pour Luis Vasquez, « C'est un produit de l'inconscient collectif. Des événements peuvent se produire en même temps à des milliers de kilomètres. Evidemment, mon ego se plait à récupérer la paternité du mouvement ; mais je crois tout simplement que c'est un synchronisme. Je me souviens qu'à cette époque, une vague 'dark' a envahi la scène musicale et cette vague est toujours active aujourd'hui. »

Berlin

Après son aventure italienne, il s'est installé à Berlin. Un très gros changement d'atmosphère par rapport à San Francisco ! Il argumente « Berlin m’inspire. Quand j’y suis, ma créativité est optimale. Cette ville libère un sentiment de tristesse et en même temps, les gens essaient de vivre et de s'amuser. » On se souvient que, quand il était à San Francisco, il ressentait le besoin de s'opposer à son environnement en composant de la musique triste et obscure. « En fait, je suis ce qu'on appelle en anglais un 'antiloquist' (celui qui a l’esprit de contradiction). Je veux toujours faire ou dire le contraire de ce que quelqu'un d'autre fait ou dit. Si j'allais vivre sur la plage, je serais habillé comme un gothique, par exemple. » (Rires)

En toute logique, maintenant qu'il s’est établi à Berlin, doit-on s'attendre à ce qu'il joue à l'avenir de la musique 'surf' genre The Beach Boys ? « Ha Ha Ha ! Very funny ! », conclut Luis en dégustant sa bière belge...

La suite de la conversation avec ce musicien attachant se poursuivra ‘off the record’. J'apprendrai, entre autres, qu'il travaille sur un nouveau projet en compagnie de John Foxx et qu'il va en monter un autre en solo, plus 'noise', parallèlement à The Soft Moon. A suivre !!

The Soft Moon se produira au Botanique le 17 mai dans le cadre des Nuits Botaniques. Pour plus d’infos voir ici 

Merci à Geert (Konkurrent) pour cette interview.

 

The Soft Moon

The Soft Moon

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On peut s'échiner à défricher de nouveaux horizons, essayer de dégoter le nouveau son, on est quand même toujours quelque part à la recherche d'éléments qui nous ramènent à nos premières amours. Et on peut faire la fine bouche et réfuter cette nostalgie un peu fleur bleue, quand le chemin balisé mène au plaisir, il serait sot de ne pas l'emprunter.

La route qu'emprunte The Soft Moon nous est familière et nous conduit par des routes tortueuses jusqu'à la maison, en haut de la colline. Maison, dis-je? Non, un manoir plutôt. Dont la sombre ossature surplombe une nuit glaciale, bercée en arrière plan par un crépuscule boréal aux couleurs pastels qui rappelle Tuxedomoon (la lune, élément central). Le vent qui agite les ramures et fait danser les ombres inquiétantes des arbres tout autour surgit de froides alcôves où s'agitent encore et toujours des esprits chagrins. Impossible de lutter, malgré le sentiment de manipulation. Consciemment, on fait route vers le passé, prêt à frayer avec ces spectres.

Le tout commence à vive allure, comme une course effrénée au milieu d'une forêt. La basse aux trousses, un chant comme un soupir qui insuffle une dimension vaporeuse à ce premier titre. « Breathe the fire » feu glacial dans cette aurore ouatée. Une guitare montre la direction à emprunter. Puis une voix dans le lointain, comme une chute dans des abysses sans lumière. Chair de poule. « Circles » se dessine ensuite, tout en circonvolutions. Frénétiquement, ses spirales ascendantes nous entraînent vers le cortex, laissant nos sens pantelants et notre souffle court. On pénètre plus encore dans l'antre de la nuit. « Out of time » et ses synthés fantomatiques vacillent comme la flamme d'une bougie, sa rythmique implacablement régulée sur le pouls de Lol Tolhurst. « When it's over » et ses pleurs se noient dans l'océan du vide, échos lointains d'un ‘drawning man’ sous perfusion. Une voix se dilue dans l'éther et un chant se rapproche de celui de Jónsi Birgisson, l'âme de Sigur Rós. « Dead love », ce titre! La basse caracole sur un beat aux mouvements de balancier. New Oder est encore brûlant sur les cendres de Joy Division. « Parallels » ou des lignes qui ne se rejoindront jamais mais défilent à vive allure en marche arrière. « We are we » est un manifeste pour le moins audacieux, quand greffé à un motif répétitif de batterie, il sort directement des sillons de « Pornography » ou de « One hundred years », plus exactement. La stéréo de « Sewer sickness » et le chant haletant : une course effrénée à reculons. Plus on fait marche arrière et plus il semble qu'on se rapproche, comme dans un rêve. « Into the depths » plane au dessus de nos têtes. Ectoplasme virevoltant. La psychose aux trousses, « Primal eyes » nous dévisage de son regard de braises, et la fuite vers le passé reprend de plus belle. Le ciel tremble et la terre s'assombrit. Courir, courir et ne pas se retourner vers le futur. Non, surtout pas. Des miroirs renvoient nos images déformées. Un sourire barre nos visages. Mais est-ce notre bouche que nous voyons ainsi reflétée en ce rictus ? « Tiny spiders » et sa rythmique tribale, sa guitare spectrale, sa voix sans issue, termine cet album rétrospectif. On pourrait ajouter les noms de Siouxsie and The Banshees, de Cabaret Voltaire, de Bauhaus, de Slowdive, d' Explosions In The Sky et de bien d'autres. Ce premier album éponyme en est une somme magistrale.

Luis Vasquez, l'identité derrière The Soft Moon a puisé généreusement dans l'histoire de ce qu'on nomme la cold wave et a conçu un monstre hybride mais terriblement attirant. Le charme de la bête est un piège. Et comme un amateur, je suis tombé dedans.