Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dimmu_borgir_013_07
Janez Detd. - De Casino

Biohazard + Life of Agony + LYLVC

Hardcore never dies…

Écrit par

La salle de La Madeleine, située en plein centre de Bruxelles, entre la grand-place et la gare centrale, est plutôt habituée à programmer des concerts de chanson française ou destinés au jeune public. Ce samedi soir, elle est fréquentée par des fans de metal, en majorité des quadras et quinquas, et est pleine à craquer. La double affiche (sold-out) de Life of Agony et Biohazard attire la toute grande foule. Si le premier cité tourne de manière quasi-ininterrompue, le second s’était fait plus rare, en live, au cours de ces dix dernières années. Compte-rendu en détails.

Le moins qu’on puisse écrire c’est que Life of Agony a lutté contre vents et marées pour rester à flots. D’agonie il n’a finalement jamais été question, l’amitié liant le bassiste Alan Robert aux cousins Joey Z. et Mina/Keith Caputo semble avoir triomphé des tumultes de leur vie. Et du turn-over des batteurs aussi (NDR : il n’y pas assez des doigts d’une main pour compter ceux qui se sont succédé). Le cas le plus notable reste, cependant, celui du chanteur Keith. Il a changé de genre pour s’appeler Mina. Et visiblement, ce soir, il a réussi son retour vers le genre masculin… Son enfance a vu ses parents, accros à la drogue, disparaître très tôt dans son existence. Aussi, s’il a été élevé par son grand-père, il a également été victime d’abus. Heureusement son voisin et cousin, Joey Zampella, lui a communiqué la passion de la musique et l’a indirectement décidé à fonder son groupe actuel.

Les haut-parleurs diffusent le « Jump around » de House of Pain en intro. Bonne idée ! Puis, fort d’une longue intro à la batterie et à la guitare « River runs red » entame les hostilités. Keith est vêtu d’un sweat surmonté d’une capuche orange à l’effigie de Biohazard et déménage d’un côté à l’autre du podium. Cheveux courts (en brosse), sa poitrine (siliconée) disparue, et la voix à nouveau rauque, sa (re-)transformation s’est bien opérée. Caractérisé par son crescendo, « This time » incite la foule à bondir dans son dernier quart temps. « Weeds » et « I regret » s’enchaînent à merveille. La reprise du « We Gotta Know » de Cro-Mags est plutôt réussie, même si le physique et la voix de Keith voguent à mille lieux du charismatique de Harley Flanagan. Et la boucle est bouclée lors du final, « Underground » (NDR : un titre issu du premier elpee, « River Runs Reds », paru en 1993 ; opus qui avait fait l’effet d’une météorite dans le ciel déjà bien chargé de métal).

A l’issue de ce morceau et surtout de sa prestation, il est difficile de coller une étiquette à Life of Agony. La plus fréquente qui lui est attribuée est cependant évocatrice : ‘alternative metal’ (lien page ‘Artistes’ ici et photos Romain Ballez ).

On vous le signalait dans le chapeau, le parcours de Biohazard a connu quelques interruptions, notamment depuis 2015 (NDR : son dernier concert, cette année-là, avait été accordé dans le cadre de l’Ieperfeest). La tournée prévue en 2016 avait été annulée à la suite d’une nouvelle démission au sein du line up ; en l’occurrence celle de Scott Roberts. Il a donc fallu attendre 2023, pour qu’il refasse surface. Et en particulier, dans le cadre des festivals Lokerse feesten (NDR : la journée consacrée au metal) et l’Alcatraz, en Belgique. En 2024 il se produisait au Graspop meeting ; et c’est donc une belle opportunité de le revoir, dans une petite salle, ce soir.

A 21h30 précises, les lumières se tamisent d’un bleu profond. Après un court prélude d’une chanson de Blondie, l’auditoire s’agite. Pas de doute « Urban discipline » (NDR : le titre éponyme de ce long playing ; sans doute la meilleure compo du band, à ce jour) va entamer le set. Cette sirène et le drumming musclé le confirment.

Enfin, la ligne de basse et les chœurs du charismatique Evan Seinfeld, la voix de Billy Grazadei, ses riffs de sixcordes, ainsi que ceux, enflammés, qui virent souvent aux exercices en solo, au beau milieu des morceaux, de Bobby Hambel : la musique de Biohazard semble ne pas avoir pris une ride en plus de 38 ans d’existence. « Shades of grey », « Tales From the Hard Side » et en fin de parcours l’inévitable « Punishment » ainsi que l’épilogue, « Hold mye own », constituent autant d’occasions pour déclencher des circule pits, wall of death, crowdsurfings et autres pogos endiablés tout au long de la soirée. Et avant de quitter définitivement les planches, la formation prend encore le temps de saluer les premiers rangs ou d’accepter de poser pour quelques selfies. Après le show, certains musicos sont même venus papoter avec des fans, à l’extérieur de la salle… (photos Romain Ballez ici et page 'Artistes' )

Pour être exhaustif, sachez que LYLVC (NDR : prononcez Lylac) complétait l’affiche. Programmé à 19 heures, il n’a été possible, pour votre serviteur, que de voir et écouter la fin de sa prestation limitée à 30 minutes. 

Quoique demeuré poli, le public ne semblait guère s’enthousiasmer. Une explication ? Les voix des deux vocalistes paraissent antagonistes. Métissé, le chanteur balance une sorte de rap hardcore, alors que la voix de sa comparse, plutôt charmante, est capable de grimper dans les aigus, suivant la plus pure tradition des chanteuses de metal mélodique. Enfin, il faut reconnaître que l’expression sonore du sextuor naviguait à des années-lumière des deux têtes d’affiche…

Néanmoins sympathiques, aussi bien sur les planches que dans la salle, les deux vocalistes se sont baladés dans la foule ou se sont postés à proximité du stand de marchandising pour discuter avec les aficionados, tout au long de la soirée… (lien page ‘Artistes’ et photos Romain Ballez ici).

(Organisation : Live Nation + Biebob)

DITZ

DITZ trans-cende !

Écrit par

Ce dimanche soir a beau être frisquet, la grande foule s’est donné rendez-vous à la Rotonde du Botanique, pour le très attendu concert de DITZ. La preuve, il affiche complet depuis belle lurette. Et ses derniers passages dans notre plat pays ont déjà fait forte impression. Un an plus tôt, il se produisait en supporting act d’Idles à la Lotto Arena, mais il avait également participé aux festivals Micro de Liège et Sonic City de Courtrai.

Brighton regorge de talents musicaux. Auprès des anciens Kooks, Royal Blood et autre Fujiya & Miyagi, une nouvelle scène émerge depuis quelques années. On y recense, notamment Squid, mais aussi DITZ.

Ce soir c’est avec un peu d’avance sur l’horaire, et sur une intro des Canadiens de Big Brave, « I felt a funeral », que le quintet débarque sur les planches. Et directement le chanteur Callum Francis (dit Cal) focalise l’attention. D’abord, à cause de son look. Son accoutrement (il a enfilé une robe de couleur bleue) et sa coupe de cheveux de travesti contrastent avec sa voix rauque et son physique masculin. Mais aussi de son attitude. On dirait qu’il est possédé. Il (NDR : faut-il écrire iel ?) s’avance en front de podium, ne regardant pas le public, mais examinant les hauteurs et contours de la salle (NDR : on comprendra vite pourquoi).

Dès le titre d’ouverture, « V70 », il invite la foule de se séparer en deux, préparant un Wall of death. Enfin, un muret, vu l’exiguïté de la Rotonde. Une trentaine de fans exécutent une charge médiévale, amorçant des pogos qui seront quasi-permanents. « Taxi man » et « Four » sont soutenus par les solides interventions du batteur, rapidement torse nu. Il faut dire que la température ambiante a rapidement augmenté de quelques degrés, conférant même des allures de sauna à l’hémicycle. Et il n’y a pas que la température qui grimpe, puisque pendant un autre titre phare, « Hehe », le leader traverse rapidement la foule, alors que les spectateurs l’aident à dérouler le fil de son micro. Il escalade ensuite l’arrière de la salle et atteint les palissades plusieurs mètres au-dessus de nos têtes. Le chaos est donc autant musical (les guitares se lancent dans riffs noisy tonitruants) que visuel. Le tout pendant que Cal chante d’une voix rauque sur une musique aux relents post-punk. Évocateurs et propices au déchaînement, les titres parlent d’eux-mêmes : « I am Kate Moss » ou encore « Smell like something died here » (NDR : dont le refrain est repris par une fan à droite de l’estrade, qui semble avoir accompli le voyage depuis Brighton). « Summer of the shark », « Seeking arrangement » et l’explosif « No thanks, I’m full », évoquant le final de Gilla Band, viennent clôturer un set tout en intensité et surprises.

La bande son d’outro « I’m glad » de Captain Beefheart tombe d’ailleurs à pic pour calmer les esprits, et faire retomber la température en douceur, alors que la foule s’empresse de rejoindre le bar ou se rafraîchir sur la terrasse extérieure.

Pour celles et ceux qui ont manqué le show, DITZ revient à deux pas de la frontière belge, à l’Aéronef de Lille ce vendredi 8 mars. Malheureusement, à l’instar de nombreuses autres dates de la tournée, ce concert est également sold out.

Photos Dieter Boone ici

(Organisation : Botanique)

David Kushner

Une voix en or…

Écrit par

David Alan Kushner est un auteur-compositeur-interprète américain de 23 ans. Élevé dans la banlieue de Chicago, dans l'Illinois, il a déménagé à Los Angeles, en Californie, et a commencé à publier de la musique. Ce jeune prodige s’est principalement fait connaître via Tik Tok en y postant ses chansons dont les plus célèbres, « Miserable Man » et « Mr. Forgettable », des plages issues de son premier Ep, « Footprints I Found » (2022), ont déjà dépassé le milliard de streams, en à peine un an. Son single « Daylight », paru en 2023, a également connu un succès fulgurant, devenant disque de platine quelques mois seulement après sa sortie. Ce 25 février, il a gravé un nouvel Ep 7 titres, « 20 Years From Now » et « In My Bones », un single, pour lequel il a reçu la collaboration du Belge, Lost Frequencies. David est en tournée pour défendre son dernier opus, « The Dichotomy », paru en août de l’an dernier. Il devait déjà se produire, la veille, au même endroit. Malade, il a dû déclarer forfait. Heureusement, aujourd’hui, le spectacle a été maintenu. Et le concert est, bien entendu, sold out.

Le supporting act est assuré par Jenna Raine. Née le 17 février 2004 à Westlake, au Texas, elle est actrice et s’est initialement illustrée comme membre du groupe pop exclusivement féminin L2M. Elle y a milité pendant quatre ans, avant de se lancer en solo. Elle a publié son premier single, « Us » en 2018, suivi de deux Eps baptisés « Nen » et « Be Like You », en 2019. Elle est surtout connue pour sa chanson « See you later (ten years) ».

Très jolie, elle est accompagnée d’un claviériste/guitariste/bassiste. Elle ouvre son set par « Cruise Control » et embraie par « Crickets ». Son dernier single, « 21 », est un morceau très familier que ses nombreux fans présents dans la foule semblent définitivement adorer. Après la troisième chanson, Raine remercie Kushner de l'avoir invitée à cette tournée et dédié la suivante à leur amitié. Raine siège derrière son clavier pour interpréter « Nights Like These ». A l’issue du tube accrocheur « It Is What It Is », elle invite la foule à participer à un petit concours de chant, divisant le public en deux parties pour déterminer si le côté gauche ou droit pouvait chanter ces paroles plus fort. Un petit moment court mais agréable avant d’attaquer, à la guitare, l’inédit, « Donnie's World », alors que l’auditoire éclaire toute la pièce avec les lampes de poche de leurs smartphones. Cette compo raconte la rencontre d'un sans-abri dans les rues de Londres, qui l’a marquée.

Très interactive, elle plaisante et rit fréquemment, interrompant et recommençant souvent sa chanson. Une prestation accordée à la manière d’une certaine Anne Marie (page ‘Artistes ici).

Setlist : « Cruise Control », « Crickets », « 21 », « Nights Like These », « It Is What It Is », « Donnie's World », « see you later (ten years) », « Roses ».

Le décor est sobre, sans artifices, hormis des lumières puissantes (stroboscopes, gros spots Leds et bas de l’estrade illuminé par une rampe -également constituée de lampes de même type- qui s’étend sur toute la longueur de celle-ci), six grands paravents presque transparents installés sur le pourtour et un à l’arrière d’une estrade où vont s’installer un claviériste, un guitariste/bassiste un drummer.

Enthousiaste, les spectateurs sautillent, balancent les bras en l’air de droite à gauche, en empoignant leur téléphone, la lampe allumée vers un Kushner impérial qui déboule sur le podium.

Le light show inonde la scène et la foule dans toutes les directions. Soutenu par des claviers et des beats dévastateurs et enivrants, le puissant « Darkerside » ouvre le set.

Sur les planches, David Kushner possède une présence scénique imposante. Il envoûte et capture l’attention de chacun. Il se dégage une certaine douceur de sa voix caverneuse qui flotte au-dessus de la musique, enveloppant la salle même lorsque les fans tentent de la couvrir de leurs acclamations. Il exécute ses chansons en te tenant la tête avec les mains tel un prédicateur dans une chorale.

Onze titres de la setlist seront extraits de son dernier long playing.

Mais il régale ses fans en n’oubliant pas « Mr. Forgettable », « Love Worth Saving », « Cigarettes », « Miserable Man » et « Burn », issus de ses précédents elpees.  Avant d’aborder « Burn », Kushner signale que la chanson parle d’une relation toxique qui a mal tourné et la dédie à tous ceux qui ont vécu une telle mésaventure. Cette compo met vraiment en valeur la profondeur de sa voix. Elle commence doucement et se transforme lentement en un refrain au rythme plus soutenu. Les paroles répétitives accentuent l'émotion du morceau.

Quant à « Cigarettes », malgré ses nombreux changements de rythme, ses refrains profonds dégagent une atmosphère apaisante, cool.

De temps en temps, il empoigne une gratte semi-acoustique ou électrique pour accompagner sa voix… en or.

Dommage qu’il n’ait abordé aucune plage de son dernier Ep, « 20 Years From Now ».

« Miserable Man » clôt une superbe prestation d’à peine 60 minutes. Un moment magnifique. La mer de voix se rassemble presque comme une seule entité, interprétant ‘All We Wanted Was A Place To Feel Like Home ‘, les paroles correspondant parfaitement à la mélodie.

Bien sûr il y a le rappel. Le public attend le hit intemporel « Daylight », qui a consolidé le succès de David. Déchaîné, l’’auditoire scande une dernière fois le refrain, de plus en plus fort, jusqu'à ce que Kushner réapparaisse. Dès qu'il commence à chanter, l'énergie devient électrique. Tout le public reprend le refrain avec lui, mot pour mot…

Setlist : « Darkerside », « Humankind », « Poison », « Sweet Oblivion », « Mr. Forgettable », « Dead Man », « No High », « Burn », « Heaven Sees », « Love Worth Saving », « Cigarettes », « Skin And Bones », « Buried At Sea », « You And Me », « Miserable Man ».

Rappel : « Daylight ».

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Colt

Prêts à conquérir le monde…

Écrit par

Après avoir milité au sein du duo Coline & Toitoine, Coline Debry et Antoine Jorissen ont décidé de changer de patronyme et d’opter pour celui de Colt, en 2018. Depuis, l’ascension du tandem belge est constante. A tel point que son concert programmé à l’Ancienne Belgique, ce jeudi 20 février, est complet. Son premier elpee, « Mille Vies », sur lequel figure le tube « Insomnies », a cartonné.

Antoine joue du piano depuis l’âge de 5 ans. Il a étudié la composition de musiques de films au Conservatoire de Mons. Coline –qui est la sœur du rappeur DIEGO, avec qui le groupe a écrit « Break Up With Your Cellphone »– a pratiqué du chant lyrique et a participé à de nombreuses comédies musicales, dès sa tendre enfance.

En basculant de l’anglais au français, le mélange rafraîchissant d’électro pop et de rock urbain de la formation est parvenu à séduire le public, notamment francophone.

Votre serviteur avait découvert le duo au Manège de Mons, en 2019, dans le cadre de l’’Envol Des Cités. Et il pressentait ce futur succès.

Le supporting act est assuré également par un autre duo électro/pop, Ambrose Dust. Il réunit le chanteur/guitariste Adrien et le claviériste Théophile. Entre douceur aérienne et puissance brute, sa solution sonore ‘dark’ invite à l’introspection. L’identité visuelle du band est accentuée par le côté sombre de sa musique caractérisée par un jeu de contrastes audacieux. La voix est étonnante. Cristalline et androgyne, elle amène une dimension intéressante à l’ensemble. En outre, les compos sont dansantes. Ce qui sert d’entertainer idéal pour la tête d’affiche page ‘Artistes’ ici).

Multigénérationnelle, la foule trépigne d’impatience en attendant Colt. Elle crie, sautille ou jette les bras en l’air. La scène est dépouillée : un piano droit placé à l’extrême- gauche et au centre, un synthé, le MPD et le bidouilleur de sons. Une tenture sépare le podium en deux, dans le sens de la largeur.

Antoine s’installe derrière ses machines (MPD, programmateurs, etc.), les tapote en douceur et entame « Milles Vies » au chant. Des lumières bleues inondent le podium, et Coline vient le rejoindre pour l’accompagner aux vocaux. Puis les beats électro dispensés par les percus et les synthés s’emballent. Coline bondit un peu partout sur les planches et occupe pleinement l’avant-scène. Fortement applaudie, elle salue chaleureusement l’assemblée. Avant de passer à « Première », elle clame : ‘Bonjour Bruxelles, vous assistez au dernier concert de la tournée ’Mille Vies’ et au début de la suivante’. Antoine se plante devant le piano droit et Coline raconte ses premières fois et son parcours depuis son adolescence, ses premiers concerts, les premiers 10 ans. A l’issue du morceau, elle confesse son émotion de se produire dans une Ancienne Belgique sold out. Elle ajoute même : ‘On est entre nous’. Elle signale qu’une personne, dont le duo a déjà pas mal parlé sur les réseaux sociaux, n’est pas foutue d’être présente. Elle s’épanche alors sur l’intimisme de ses chansons. Pendant les refrains de « Reboot », l’auditoire chante à pleins poumons. Elle annonce que le concert va vraiment commencer. Puis, le rideau tiré à l’arrière tombe et laisse apparaître une estrade que se partagent le drummer Gaspard et deux claviéristes, Mazarine et Charline, cette dernière se chargeant également de la basse.

« Esquive » relate une histoire d’amour et « La Salle Aux Lumières », paru en 2022, un coming-out, très personnel, qui a déclenché, chez Coline, l’envie d’écrire et de chanter l’opus « Insomnies », dans la langue de Molière.

Elle explique la raison pour laquelle il y a une bougie allumée au-dessus du piano. C’est pour rendre hommage aux personnes discriminées dans le monde. Les premiers rangs brandissent des ballons de baudruche lumineux. Et l’effet est accentué par les smartphones qui s’allument dans la pénombre.

Elle empoigne une sixcordes électrique pour attaquer « Démarre », mais la gratte n’est pas branchée. Elle doit recommencer la chanson. Sur le ton de l’humour, elle déclare : ‘Ma guitare n’était pas allumée. Pas à L’AB, non c’est scandaleux. Faudra le signaler à ceux qui s’occupent des balances !’ Ce qui déclenche l‘hilarité dans l’auditoire. Ce morceau traite paradoxalement de la mort. Puis les claviers entrent en conflit, se déchirent. Coline adopte une voix falsetto. « Chaos » est un hit qui a bien évolué. Il lui permet d’inviter le public à s’accroupir. Et à son signal, il saute et jumpe de partout. Dingue !

Après le légèrement plus rock « Invisible », le set replonge dans l’électro, mais dynamisée par la ligne de basse de Charline. Coline demande à la foule de serrer les rangs afin de lui permettre, ainsi qu’à Antoine, de se lancer dans un crowdsurfing. Puis ils accomplissent un aller-retour jusqu’aux ¾ de la fosse.

« ODIO » est interprété en chant lyrique et dans la langue de Verdi. Antoine est posté derrière le piano, alors qu’un faisceau lumineux de couleur bleue se focalise sur lui. Pendant ce temps, un brass band s’installe derrière le duo, sur l’estrade : deux cors de chasse, une trompette, un trombone à coulisse et un bugle. Nouveau titre, « Saveur Cœur Abimé » évoque la relation avec la mère et la famille de Coline. Elle salue d’ailleurs sa maman présente dans la fosse. Le brass band poursuit son intervention.

Pendant la petite chanson d’amour, « Oublie Pas Ok ? », elle sollicite la foule, pour allumer les petites lumières. Une compo qui prend aux tripes. Youssef Swatt’s est invité sur les planches pour partager un duo avec Coline, tout au long du rap doux, indolent et poétique « Etoile filante »..

Elle présente « Demi-Mot », une compo destinée à faire revivre l’amour. Et « Fleuve » achève le concert proprement dit. Coline remercie le public. Pour elle, un rêve de gosse s’est réalisé : faire l’AB. Petite, elle y a découvert ses premiers artistes.

Un des meilleurs concerts auxquels votre serviteur a assisté cette année. Et quelle superbe ambiance ! Les novices découverts dans la cité du ‘doudou’ sont prêts à conquérir le monde. De futures stars !

Setlist : » Mille vies », « Première », « Reboot », « Esquive », « La Salle Aux Lumières », « Démarre », « Chaos », « Invincible », « ODIO », « Saveur Coeur Abimé », « Oublie Pas Ok ? », « Etoile Filante » (avec Youssef Swatt’s), « Demi-Mot », « Fleuve ».

Rappel : « Reboot, Insomnies » (Acoustique), « Insomnies ».

(Organisation : Backinthedayz + Ancienne Belgique)

Pour les photos, c’est

 

Lambrini Girls

Une tornade venue des Îles… Britanniques…

Écrit par

Le trio Lambrini Girls se produisait ce mardi 25 février 2025. Le concert est sold out et la tête d’affiche est programmée à 22h15.

Fondée en 2019, à Brighton, la formation britannique a seulement sorti son premier elpee, « Who Let The Dogs Out », ce 10 janvier. Un opus produit par Daniel Fox, du Gilla Band, et dont les textes abordent des problèmes sociétaux actuels combinés à un style lyrique mordant et ironique qui correspond parfaitement à son attitude punk.

Le line up a subi quelques changements depuis sa création. Seule membre originelle, Phoebe Lunny se consacre au chant et à la guitare. Arrivée en 2022, Lilly Macieira-Boşgelmez se réserve la basse et les backing vocaux. Quant au drummer, il est souvent intérimaire et pour la nouvelle tournée, ce serait un certain Micha (un transgenre ?) qui siège derrière les fûts.

Mais entrons dans le vif du sujet. Bien maquillées et sexy, les filles portent des robes courtes. De couleur noire pour Lilly et rouge pour Phoebe. Dès le premier morceau, « Big Dick Energy », cette dernière descend dans la fosse. Une compo, lacérée de brefs breaks, qui critique la masculinité toxique des mecs dont la société célèbre leurs supposées grosses queues, qu'ils exhibent constamment.

Phoebe a demandé au public de s’accroupir autour d’elle, puis à son signal, il se redresse et se lance dans un solide pogo. A cet instant, des gobelets de bière volent dans les airs (NDR : au prix de la chope !)

Tout au long du concert, elle va transiter du podium à la salle et vice-versa avec micro et/ou guitare pour haranguer la foule.

La ligne de basse est charnue, un peu comme chez FACS, et supplée l’absence de sonorités de sixcordes, lorsque Miss Lunny l’abandonne pour se consacrer au micro. D’ailleurs la musique n’est pas vraiment exceptionnelle, mais qu’importe, puisque Lambrini Girls est avant tout un groupe à vivre en ‘live’. Et il va le démontrer.

Lilly la rejoint lors du second titre, « Help Me I'm Gay » ; alors que la leader juchée sur les épaules d’un spectateur, chante dans le microphone que lui tend un autre individu. Mais avant d’entamer ce morceau, Phoebe en profite pour dire tout le mal qu’elle pense de Trump et toute sa bande…

Vocalement, Phoebe déclame sur un ton hip hop, quand elle n’emprunte pas des intonations criardes. Elle lance un circle pit au cours de « Lads », et est hissée au niveau des épaules de et par deux solides gaillards pendant « Mr Lovebomb », avant de partir en crowdsurfing. Evidement il en est aussi question dans la foule, mais les audacieux s’y risquent un(e) à la fois.

Face à cette tornade, l’ambiance est très chaude, dès le début du concert, dans la salle. Et elle ne va jamais baisser d’un cran.

Lilly se fend d’un long discours avant « The boys in the band », expliquant que la communauté LGBTQIA+ est régulièrement victime d’agressions, et que la police se montre passive face à cette situation. C’est aussi la bassiste qui incite le public à frapper dans les mains.

« Love » et « Filthy Rich Nepo Baby » constituent les deux morceaux les plus structurés de cette déferlante sonore.

Et lors du dernier titre, « Cuntology 101 », les deux filles descendent, sans leurs grattes, accompagnées du batteur, uniquement armé d’une cowbell et d’un stick,  afin d’entretenir cette ambiance de feu ; préenregistrée, la musique privilégiant les synthés. Votre serviteur est convaincu, qu’à l’instar des Fleshtones, si l’Aéronef avait une sortie sur la rue, le band y aurait entraîné la foule…

Et lorsqu’il remonte sur l’estrade, c’est pour prendre congé de l’auditoire. Qui a beau reprendre le slogan ‘CUNTOLOGY’, en découpant bien le mot par lettres, même lorsque les lumières se rallument et qu’une musique de fond est diffusée dans les haut-parleurs, rien n’y fait, Lambrini Girls n’accordera pas de rappel…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

 Setlist

1) Big Dick Energy

2) Help Me I'm Gay

3) God's Country

4) Company Culture

5) Lads

6) Bad Apple

7) Mr Lovebomb

8) Love

9 Filthy Rich Nepo Baby

10) Boys in the Band

11) Craig David

12) Cuntology 101

(Organisation : Aéronef, Lille)

Laura Cox

Biberonnée au blues et au heavy rock vintage…

Écrit par

En quelques années à peine, Laura Cox s’est imposée sur la scène musicale. Considérée comme l’une des chanteuses-guitaristes les plus en vue du rock français, grâce à ses deux premiers albums « Hard Blues Shot » (2017) et « Burning Bright » (2019), elle peut s’enorgueillir de s’être produite lors des plus grands festivals européens (Hellfest, Pol’and’Rock, etc.) et d’avoir participé à la célèbre émission allemande consacrée au rock, Rockpalast.

Ce jeudi 13 février, elle est programmée au Zik-Zak, à Ittre, soutenue par un backing group au nouveau line-up, puisque le guitariste Mathieu Albiac a été remplacé par un claviériste. Une belle occasion d’évaluer ses compos sous un angle neuf, sur les planches. D’autant plus que son nouvel opus devrait sortir bientôt et qu’inévitablement, elle va nous en proposer des extraits. Et le concert est sold out.

Le drummer, le claviériste et le bassiste entament « Freaking Out Loud », un extrait du second long playing, « Burning Bright », en attendant l’arrivée de Laura Cox. Elle débarque ensuite, armée de sa dobro. Accentuée, la ligne de basse communique des accents bluesy old school au morceau.

Extrait du futur elpee, « A Way Home » embraie. Un rock idéal pour le ‘live’ ! Issu du premier LP, « Too Nice For Rock’n’Roll » macère dans un climat hard rock bluesy et crasseux. A cause des sonorités de la sixcordes, proches de celles de la Gibson SG d'Angus Young, alors que la voix de Laura rappelle plutôt celle de Lita Ford.

Autre nouveau titre, « Grosse Bouche » se distingue par ses riffs huileux et graisseux, poursuivis par des claviers Hammond tout droit sortis des seventies. 2’30 de pure intensité ! Et lorsque ces riffs sont sculptés dans le southern hard blues, on ne peut s’empêcher de penser à Lynyrd Skynyrd et ZZ Top.

La voix de Laura est vocodée tout au long de « So Long » (« Head Above Water ») et lorsqu’elle s’emballe, elle semble hantée par Pat Benatar voire Joan Jet, et en particulier sur « Take Me Back Home », alors que l’expression sonore fleure bon le heavy metal à la AC/DC.

Laura explique qu’il lui arrive de proposer des versions acoustiques de ses chansons, à l’instar de « Fire Fire », mais aussi de reprises dont « Personal Jesus » de Depeche Mode (NDR : ou encore « Hallelujah » de Leonard Cohen, mais pas proposée ce soir) qu’elle a le bon goût de nous réserver. Un moment magique !

« Before We Get Burned » nous entraîne, dans notre imaginaire, à travers les grandes plaines du Far West, aux States. Et à l’écoute de l’inédit, « No Need to Try Harder », pas de doute : on a hâte de découvrir ce nouvel opus.

Deux plages du troisième long playing, « Head Above Water », s’enchaînent : le titre maître et « Wiser ». Le son est bien gras et lourd, tout en restant mélodique. De quoi confirmer que Laura a été biberonnée au blues et au heavy rock vintage.

Le concert s’achève par l’efficace « Bad Lucky Blues », un hard rock teinté de blues.

Excellente prestation pour Laura Cox qui aura également brillé par son interactivité face à un public conquis d’avance, il faut le reconnaître. Laura se produit souvent en Belgique, mais c’est la première fois qu’elle foule les planches du Zik-Zak ; et elle signale que ce ne sera pas la dernière.

Setlist : « Freaking Out Loud », « A Way Home », « Too Nice for Rock 'n’Roll », « Grosse bouche », « So Long », « Take Me Back Home », « Set Me Free », « Fire Fire » (acoustique), « Personal Jesus » (Depeche Mode cover) (acoustique) (mail), « Before We Get Burned », « Last Breakdown », « No Need To Try Harder », « Head Above Water », « Wiser », « One Big Mess », « If You Wanna Get Loud (Come to the Show) », « Bad Luck Blues ».

Jasper Steverlinck

Un concert cinq étoiles…

Écrit par

Une fois n’est pas coutume ! Alors que les tensions politiques Nord-Sud sont vives, votre serviteur fait irruption chez les Vlamingen. Et par les temps qui courent, les Wallons ne sont pas nécessairement les bienvenus en Flandre.

Direction Gand précisément, une bien jolie ville belge, située en Région flamande, au confluent de la Lys et de l'Escaut.

Jasper Steverlinck se produit au Capitole, un ancien cinéma transformé en eldorado des amateurs de musique, de comédie, de cabaret, de ballet ou encore de stand-up. Bref la culture y est bien implantée !

L’endroit compte environ 1 500 places. La date est sold-out depuis un bon bout de temps. Autant le signaler, les spectateurs francophones se comptent eux aussi sur les doigts d’une main, alors que la vedette qui livre son show jouit d’une renommée internationale.

L’intérieur, de type Art Déco, est drapé de tissus rouges tant au sol qu’en élévation, ce qui lui confère un côté intimiste. Adéquat pour la prestation de ce soir, l’artiste ayant choisi de s’armer d’une gratte semi-acoustique le temps d’une tournée.

Son nom est inévitablement associé à celui d’Arid, qui a pas mal sévi sur les ondes. Un groupe de rock belge incontournable réunissant des figures de proue de la scène rock indépendante comme le guitariste David Du Pré, le bassiste Filip Ros et le drummer Steven Van Havere.

Jasper et son groupe ont été finalistes du ‘Humo's Rock Rally’, en 1996. En 2000, Arid a sorti son premier opus, « Little Things of Venom » et sa suite « All Is Quiet Now », en 2002. Le band s’est également produit au festival ‘Rock Werchter’, à plusieurs reprises…

La formation a suspendu son aventure dès 2012, en partie à cause de ce succès. Il ne se reformera qu’exceptionnellement et notamment à l’occasion du vingtième anniversaire du premier long playing, acclamé par la critique. L’album y sera joué dans son intégralité.

Pas étonnant donc que le peuple se soit déplacé en masse.

Après avoir monté divers projets, dont un consacré à un album de reprises intitulé « Songs of Innocence » et entrepris une carrière de coach dans ‘The voice’, version néerlandophone, Jasper Steverlinck décide alors de se remettre à l’écriture, sous sa forme la plus pure et la plus subtile. Et depuis, il embrasse une carrière solo avec le succès qu’on lui connaît.

Après une brève intro laissant augurer le meilleur, le Gantois sert un « Here’s To Love », d’une justesse imparable, immédiatement suivi de « That’s Not How Dreams Are Made », tous deux issus de « Night Prayer », son précédent (et excellent) disque. Une vision personnelle de la guérison comme l’homme aime à le signaler.

Aucun doute, l’expression sonore fait immédiatement penser aux regrettés Jeff Buckley et Freddie Mercury, l’artiste parvenant à accomplir de grands écarts dans les octaves. Mais, c’est dans les aigus qu’il est le plus à l’aise comme ses deux pairs.

L’utilisation des projecteurs est réduite à sa plus simple expression ; ils mettent en exergue les principaux acteurs, Jasper Steverlinck évidemment, mais aussi son comparse, l’excellent pianiste Valentijn Elsen.

Afin d’agrémenter le spectacle, l’un ou l’autre morceau bénéficie du concours de musiciens additionnels, alternant contrebasse et violoncelles. De quoi rassurer quant à la qualité de la prestation !

Et si le live est prétexte à servir les titres de « The Healing », son nouveau-né, à l’instar de cette ravissante « Annabelle », le chanteur n’est pas en reste en ce qui concerne l’intégralité de sa carrière.

Ainsi, le spectateur a pu se délecter d’un moment de grâce, lorsque plongé dans une quasi- pénombre, blotti dans un recoin de la scène, Jasper s’est mis à nu lors de « Night Prayer », le titre maître de son précédent elpee. Un moment grandiose ; et c’est peu dire !

Une compo ayant pour effet d’immortaliser l’instant. Les accords des instrumentistes sautillent joyeusement comme des gouttes d’eau sur le sol et plongent l’auditoire dans une atmosphère empreinte de douceur.

JS maîtrise assidument sa gratte ; c’est un sacré musico. Ses doigts glissent agilement sur le manche. La complicité qu’il voue avec son équipe fait plaisir à voir. Des sourires s’échangent même entre deux petites blagues que seuls ceux qui maitrisent la langue de Vondel peuvent comprendre.

Un « Cold » du feu de Dieu, dévoile une facette encore inconnue de son répertoire. Sa voix haute percée atteint des sommets. Le public en reste bouche-bée.

Après avoir exploité au mieux les aigus de son organe vocal, c’est avec une réinterprétation de « Life on Mars » que le Sieur rend un hommage vibrant à une grande voix de la sphère musicale, David Bowie. Un titre qui figure par ailleurs sur « Songs Of Innocence », un elpee paru en 2005.

En guise de clin d’œil à ses comparses d’antan, c’est « You Are », en mode fast tempo, qui est proposé, plaçant ainsi le millier de spectateurs dans une forme olympique et dont les applaudissements fusent encore aujourd’hui. Une chanson qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté, réanimant de vieux feux sacrés.

Comme s’il avait encore quelque chose à prouver, l’homme de cœur et de talent entame alors un « Nessun dorma », extrait de l'opéra « Turandot » de Puccini. Une interprétation d’une précision époustouflante, rappelant au passage le regretté Luciano Pavarotti qui peut, de là-haut, être fier de notre compatriote.

Et des reprises, il en sera encore question, à l’instar de ce « Somebody To Love » de Queen ou encore de « Domino », un titre de Clouseau, un combo fondé formé en 1984 autour du chanteur Koen Wauters et qui vient de signer sa tournée d’adieu.

Le concert touche doucement à sa fin. Steverlinck se livre alors en toute humilité et se positionne en résilient tout au long de « Rivers », un titre dans lequel il se livre en toute humilité face aux doutes qui l’ont submergé pendant longtemps. Mais, c’est dans la nature qu’il a pu retrouver les ressources nécessaires face aux vicissitudes de la vie. Une compo qui lui sert de pansement, en quelque sorte…

Généreux et altruiste, Jasper, en parfaite forme, est entré en communion totale avec ses musiciens et un public qu’il parvient constamment à choyer.

« Raise my voice » intervient naturellement pour se dire, non pas adieu, mais un aurevoir. Les loopings (séquences musicales destinées à être répétées indéfiniment) s’effacent peu à peu, sa voix retentit encore et encore et le refrain devient entêtant. Au fil du temps, les musiciens quittent la scène eux aussi, ne laissant plus distinguer que des notes qui s’estompent. Steverlinck, dans un dernier élan, salue le public et prend congé. Les boucles s’arrêtent alors définitivement, les lights s’éteignent, le vide s’installe insidieusement et la solitude s’invite alors dans l’auditoire.

Le concert est à présent terminé. L’artiste s’est dévoué corps et âme durant plus de deux heures.

Aucun doute, grâce à ses chansons aigres-douces, le public se souviendra encore longtemps de cette prestation cinq étoiles...

 

 

High Vis

Une énergie communicative !

Écrit par

Initialement formé en 2016, sur les cendres de nombreux groupes punk hardcore, High Vis est un groupe établi à Londres, mais dont les membres sont originaires des quatre coins du Royaume-Uni et de l'Irlande. Le chanteur, Graham Sayle, a grandi dans une famille ouvrière du nord-ouest de l'Angleterre ; ce qui explique pourquoi la lutte des classes est un thème régulièrement abordé dans les paroles, mais aussi, pourquoi le patronyme a été inspiré d’une marque connue de vêtements de travail.

Son troisième elpee, « Guided tour », est paru ce 18 octobre 2024, une œuvre empreinte d'une énergie et d'une mentalité street punk, tout en intégrant des références post punk, britpop, néo-psychédélique, hardcore progressif, house, garage, gothique et shoegaze.

La tournée de la formation passait par la Belgique et s’arrêtait, notamment, ce 5 février, au Trix à Anvers et le 8 du même mois, au Cactus Muziekcentrum de Bruges, avant de poursuivre son périple en Grande-Bretagne. C’est le concert accordé au Trix auquel nous avons assisté. Compte-rendu.

Narrow Head assure la première partie. Issu du Texas, il a également publié un troisième long playing, « Moments of Clarity », mais il remonte à février 2023. Lors d’un set de presque 40 minutes, il a enchaîné les morceaux de cet opus. Et les amateurs de shoegaze ont manifestement apprécié les riffs saturés des grattes et l’énergie dispensée par le chanteur/guitariste, Jacob Duarte (photos Romain Ballez )

Place ensuite à High Vis. Dès le premier titre, « Talk For Hours », extrait du premier LP, « No Sense No Feeling », Graham Sayle, met littéralement le feu à l’auditoire. Son influence punk hardcore se retrouve dans l’énergie explosive qui anime spontanément la foule, amassée au bord de la scène. Et un flot constant de stage diving va déferler jusqu’à la fin du spectacle.

A aucun momenl le public ne s’est calmé. Lorsque les aficionados ne grimpent pas sur le podium, pour se jeter aussitôt sur la foule, ils chantent à tue-tête avec Graham en s’empoignant joyeusement pour participer à cette fête.

Graham semble toujours aussi surpris du succès fulgurant de High Vis. Ce qui peut cependant s’expliquer, car la colère qui nourrit les textes, il la partage avec son public.

Le combo n’en oublie pas ses plus gros hits, à l’instar de « Altitude » et « Walking Wires », qui figurent sur ce même album de 2019.

Et bien évidemment il nous réserve plusieurs extraits du dernier, « Guided Tour », dont « Drop Me Out » et le morceau éponyme. Finalement Graham Sayle a tombé le tee-shirt, lors du final, « Choose to Lose ».

Si l’heure de concert est passée en un clin d'œil, elle a laissé les fans ravis…

(Photos Romain Ballez ici

Setlist :

    Talk for Hours

    Altitude

    Walking Wires

    Drop me Out

    Guided Tour

    0151

    Out Cold

    Farringdon

    Mob DLA

    Forgot to Grow

    Fever Dream

    Mind’s a Lie

    Trauma Bonds

    The Bastard Inside

    Choose to Lose

(Organisation : Live Nation + Trix, Anvers)

 

Page 4 sur 152