La musique adoucit les mœurs, ô mes frères !
Recraché sur le tard par le sphincter du tunnel Rogier, je pénètre dans le cirque accompagné de mes fidèles Droogies.
Alors que les premières salves de tzarribles sons pénètrent mes écoutilles, et que je m’abreuve de mes premiers spoutniks, je commence par sloucher les musicos branques de Teeth Of The Sea.
Un rictus frondeur zigourniche mon faciès ainsi qu’ils zantibulent l’air de leurs algorithmes vicelards.
Me faufilant à coups de botte et de canne à travers la foule, je viens me poster juste en-dessous d’eux et je matte ces bringues astiquer l’air avec une énergie brutale.
Le batteur se campe sur ses guiborchas, et martèle des rythmes qui dévirlochent direct mon appendice cérébral. Sous le joug de ce traitement de choc, il se raidit de plaisir et s’empourpre de liquide séminal sanguinolent.
Dans un final que n’aurait pas renié le grand Ludwig Van, une trompette me balance une bolchoïe toltchocke raide sur le kliouv et je vois planer au dessus du chapiteau des tsarakistes illuminés de bonheur comme dans une improbable collision entre Sabre Of Paradise et Nine Inch Nails.
Heureux de ce sort enviable qui m’est réservé ce soir, je m’apprête à passer une de ces soirées bercée d’une douce félicité.
Mais hélas ! Mon enthousiasme sera bien vite zamboulagri par la tournure que vont prendre les événements.
A commencer par Mater Suspiria Vision.
Une paire de prêtres zarbinoclards qui se met en tête de frémoussiller nonchalamment des potentiomètres, tandis qu’une dévotchka aux traits asiatiques semble attendre la fin des temps en prenant des poses maniacodépressives. Agitant des interminables doigts fruguleux et se caressant lascivement les groudnés prépubères.
Lorgnant sur le tropoutin salace qui verziguonde sous mon krokvi pifeu, j’oublie de monter sur scène, histoire de frapaillouter ces irzigutes mal farimanchés et donner quelque leçon de va-et-vient arrimanché à ce ravissant morceau de gironde anesthésié.
Tout masezchkefié suite à cette heure suspendue entre néant et frénésie crépusculaire, j’hésite encore à me prononcer, intrigué par la musique et foncièrement frustré par cette fichue chorégraphie monocorde.
Pas étonnant qu’il me faille alors laisser dégouliner quelques rasades de spoutnik dans ma gorge sèche pour me préparer à la transe suivante.
Psychic Ills et son charisme chouravé au culte mormon déploie alors son aura particulière et d’emblée me colle une bolchoïe dans les pruneaux.
Ainsi que je reçois une décharge de travaïmluk électrifiant, mon sourcil droit se soulève en un mouvement de franc étonnement en surprenant les drôles de zogournottes interpréter deux fois le même morceau en l’espace de dix minutes.
Ok, me dis-je, sans doute est ce pour donner tout son sens au titre du morceau (en l’occurrence « One More Time ») ?
S’ensuit une franche dégoulinade de mazavitch pétillant pour ce qui sera l’apothéose de cette soirée barrée.
Parce que la suite ne va pas être triste.
Mais carrément à pleurer ses balouchkines de désespoir !
Toute mignonne qu’elle soit, la petite Zahia Anika n’a pas sa place sur un strapontin.
Je savais déjà qu’elle chantait comme un zapickard vermiloché sur disque, mais j’ignorais qu’elle pouvait zalopifier tout un set en affichant la grâce d’une condamnée à mort en posture délicate (NDR : un gourdiche dans le fion).
Bon Dieu, quel massacre !
Pourtant, lez ziccos assurent leur part de travail. Mais on dirait qu’un farcimozotche fallacieux inocule délibérément une toute autre musique dans les oreilles de la fantoche pozdanette.
Au bord de la crise de nerfs, je préfère me rabattre sur un veneck titubant.
Par contre, j’attends beaucoup des hallumovitches de Gnod.
Sans doute trop ?
Faut dire qu’il y a un an, ils m’avaient donné une fameuse leçon de trémoutcha.
Et puis, déception.
Pas de guitare (ah, si, une malheureuse orpheline).
Je scrute les abyzoutches à la recherche des deux basses.
Point de basses.
En lieu et place, les vichokchavistes nous la jouent bizucardistes de sound system.
Deux cent-trente trois pédales connectées les unes aux autres et vas y que je te tricounute le phaser par ci, que je te trémoluste le delay par là.
Et bien sûr, pas en reste, le chanteur s’égosille en vain, vu que sa voix, ses mots et toute sa gablovitz sont avalées, réverbérées, dotchamilées dans un tunnel infini qui rend bien entendu le tout quelque peu confus.
De toute façon, le voisinage en a déjà plein les polmoches. Il faut faire taire ces galotchozouks !
Absolument drovtilisé, je m’excovatilize dans la nuit moite et pérkezulte à vive allure vers le paravitch banlieusard où chècrétchent papa et maman.
Décidément, la prochaine fois, on se creusera le rassoudok avant de quitter le Korova Milk Bar.
(Organisation : Beursschouwburg, Mad About Music et Buzz On Your Lips)
Gnod + Anika + Psychic Ills + Mater Suspiria Vision + Teeth of The Sea + Magdalena Solis