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mardi, 29 avril 2008 20:24

I've been hurt

Les NiteCreepers nous viennent de Californie. De la région de Santa Cruz. Une obscure formation drivée par le chanteur/harmoniciste Richard Rodriguez et soutenue par le guitariste Tony Gullo ainsi que le claviériste Thom Merida. Pour la circonstance, elle a reçu le concours d’une section rythmique composée de Mark Carino à la basse et de June Core à la batterie. Le redoutable guitariste de Charlie Musselwhite, Chris ‘Kid’ Andersen, est tombé sous le charme de ce band. Pas étonnant dès lors qu’il ait décidé de produire leur premier elpee. Il assure même quelques solides parties de cordes dont il a le secret. Les sessions ont également bénéficié de la participation d’un autre guitariste : Johnny Cat. Résident à San Francisco, c’est le gratteur du saxophoniste Terry Hanck et le leader de ses Pleasure Kings.

Nous sommes en Californie et cela s'entend dès les premières secondes de "Mr Dollar". Du west coast jump tonique et dynamique. Richard possède une voix qui passe aisément la rampe. La section rythmique est solide et pétillante. Sa cohésion est plutôt impressionnante. Les doigts de Thom parcourent les 88 touches d'ivoire de son clavier. Chaque intervention de la ou des guitares est d’une incroyable efficacité. Ballade R&B, "I've been hurt" semble sortie d'un jukebox de la fin des années 50. Richard peut s’appuyer sut des chœurs ‘doowop’. Il se réserve une nouvelle sortie éclatante sur les cordes. Signé Mitch Kashmar et Randy Chortkoff, de l'écurie Delta Groove, "Nitecreper" est un blues dont le schéma rythmique, ma foi classique, est inspiré de Jimmy Reed. Richard souffle dans son harmo à la manière de Reed. Merida est très efficace derrière son piano, et le guitariste n'est guère en reste, étalant tout son potentiel. Rodriguez apprécie les harmonicistes de l'école instituée par Jay Miller, à Baton Rouge, en Louisiane. Il reprend deux titres de Slim Harpo et un de Lazy Lester. "Tip on inn" est imprimé sur un tempo élevé. Thom est à l'orgue. C’est probablement Kid Andersen qui se charge des parties de guitare ; mais ses interventions sont meurtrières. Swamp blues d’une grande limpidité, "Rainin' in my heart" est restitué selon son rythme classique. Le "Woman" de Lester enfin, évolue un ton encore au-dessus. La section rythmique porte littéralement les accords de piano dispensés par Thom Merida. Et il s’y révèle étincelant ! Les NiteCreepers ne composent pas ; et c'est dommage ! Cependant, ils puisent leur répertoire à de multiples sources. Ils s’attaquent même au rock'n'roll pur et dur de Chuck Berry, un exercice de style qui se transforme progressivement en surf music sur "Let it rock/Rawhide". Et on peut dire que ça déménage ! A mon humble avis, les concerts ne doivent pas être tristes. Deux guitares entrent en conflit tout au long de la cover du "Walked all nite long" d'Albert King. Kid Andersen doit figurer parmi les belligérants. Il se prend même pour Albert King. Kid, un prodige des cordes, exécute sans aucun doute son meilleur solo sur "The things I do for you", une plage issue de la plume de Mel London. Autre jump blues participatif, "Chonnie on chon" est une nouvelle démonstration de la cohésion de l’équipe. "Keep it to yourself" est digne de Sonny Boy Williamson. Son esprit hante le soufflé de Richard. Impressionnant ! Ce superbe album s’achève par une version vivement colorée du "Tell me what have I done wrong" de James Brown. Adapté en Chicago blues, ce morceau autorise une dernière sortie des cordes ; et le résultat est tout bonnement remarquable.

mercredi, 23 avril 2008 23:53

That's what I found out!

Sur la pochette de cet elpee, on peut lire ‘Featuring Sugar Ray Norcia’. Et pour l’illustrer, notre bon Ray pose auprès du modeste Maurizio. Quoi de plus naturel, car pour allécher le consommateur, il fallait mettre en place une stratégie. Or cet illustre Américain jouit d’une solide réputation. Que ce soit à la tête de ses propres Bluetones (NDR : au sein desquels militait Ronnie Earl, lors des débuts, en 1977), des Broadcasters du même Earl ou du Roomful of Blues. Maurizio est guitariste. Un Italien qui s’est révélé au sein du groupe local, Rico Blues Combo. Il y a côtoyé le chanteur/harmoniciste Rico Migliarini (NDR : ce dernier a commis quatre albums, dont le dernier "House of blues rags", a bénéficié de la participation de Sugar Ray). Il a également apporté son concours à la confection de deux albums ‘live’ du réputé Tad Robinson ; deux disques qui paraîtront bientôt.

Balisé sur un thème très jazz et swing, "Opening act" permet aux musiciens de prendre la température ambiante. Pugno est bien un guitariste versatile. Très à l'aise dans le registre, il échange des chorus avec l'organiste Alberto Marsico. Un concitoyen notoire qui impressionne sur instrument. Gio Rossi est impérial derrière ses caisses. De classe internationale, ce drummer a longtemps côtoyé Egidio Ingala et Enrico Crivallero. Sugar Ray entre en scène. Il chante d’une voix chaude et puissante "That crazy girl of mine", une plage qui swingue et jumpe. Maurizio a assimilé l'essentiel des grands gratteurs du style : Junior Watson, Kid Ramos, Alex Schultz et Hollywood Fats. Norcia chante son "Bite the dust", un slow blues ravageur. Pugno tire de ses cordes des sons originaux. Saccadée, son attaque des cordes rappelle le meilleur de Jimmie Vaughan. Norcia joue de l'harmonica acoustique sur "Keep on sailin", une chanson intimiste parcourue par le piano de Marsico. L’Italien marque puissamment le rythme tout au long du shuffle "It must be you". Ce qui permet à Sugar Ray de tirer son épingle du jeu à l’harmo. "That's what I found out" libère encore une bonne dose de swing, une plage au cours de laquelle Alberto nous réserve un remarquable solo sur l'orgue. A sein de cet écrin sonore, "A mind to give it up" constitue un autre petit bijou. Du Memphis R&B au son Stax. La section de cuivres est au complet, et surtout très présente. Le son dispensé par Pugno est saturé, dans le style du grand Albert King. La reprise d’"I love you baby" campe un shuffle louisianais explosif. Sugar emprunte les intonations de Lester. Il est soutenu par le Rico Blues Combo au grand complet. Rico Migliarini souffle dans les aigus comme Lester mais aussi Jimmy Reed. Maurizio est une nouvelle fois hanté par l’esprit de Jimmie Vaughan. Blues lent propice au corps à corps, "Take it all back baby" nous entraîne dans une ambiance fin de soirée, très T-Bone Walker. Les arrangements de cuivres rappellent les big bands de jazz. Rock'n'roll à la texane, "Louise" lorgne manifestement vers les T-Birds originels ! Remuant et d’excellente facture, "Five long legs" est davantage qu’un simple hommage. Il est même triple ! Et il est rendu à la fois au R&B des sixties, à Slim Harpo ainsi qu’à John Lee Hooker. La section de cuivres refait surface pour une version swing du "I love the life I live" de Willie Dixon. Marsico brille au piano électrique. L’elpee recèle également l’un ou l’autre instrumental intéressant. Et je pense tout particulièrement à "When my father met Charlie's uncle", une plage imprimée sur un rythme jazz manouche. Les images de Charlie Christian et de Grant Green semblent traverser constamment l’esprit de Maurizio. "Black angel" nous invite à assister à un grand spectacle auquel participeront de nombreuses et voluptueuses stripteaseuses. Et c’est l'harmo chromatique Norcia qui sonorise ce show ! L’elpee s’achève par "The preacher", une plage au cours de laquelle Alberto excelle… Un album de toute bonne facture !

 

mercredi, 23 avril 2008 23:36

Hope radio

Ronnie Horvath est aujourd’hui âgé de 58 ans. Il vit aujourd’hui à New York, mais a réalisé l'essentiel de son parcours musical à Boston. Il avait monté un groupe en compagnie de Sugar Ray Norcia, les Bluetones. Il a vécu son heure de gloire, lorsqu’il a remplacé Duke Robillard au sein du big band, le Roomful of Blues. Il a ensuite entamé une carrière de leader, en dirigeant ses Broadcasters. Depuis, il a aligné un nombre important d'albums. Ronnie est un guitariste respecté, vénéré même. Un esthète qui allie une profonde sensibilité et une technique irréprochable. Sa musique semble parfois presque trop parfaite et manquer de chaleur. A cause de sa recherche constante de la perfection. Ronnie ne chante pas. Il se consacre donc exclusivement à son instrument. Ce nouvel album a été concocté ‘live’, au sein des studios Wellspring Sound. A Acton, dans le Massachussetts. En avril 2007. C’est un opus instrumental. Lors des sessions, il a reçu le concours de Dave Limina au piano et à l'orgue Hammond B3, de Jim Mouradian à la basse et de Lorne Entress à la batterie. Son vieil ami Michael ‘Mudcat’ Ward intervient circonstanciellement à la basse et au piano. Tout au long de cet elpee, Ronnie étale sa connaissance et sa profonde compréhension des musiques qu'il aime : le blues d'Otis Rush, de Magic Sam et de T-Bone Walker ainsi que le jazz de Kenny Burrell et de Wes Montgomery. En outre, il reprend ici certains thèmes qu'il avait déjà abordés dans le passé.

Ronnie ouvre son concert privé en faisant la part belle au rythme et aux percussions. "Eddie 's gospel groove" nous entraîne au cœur d’un voyage proche des sphères musicales de Carlos Santana. Les interventions de Lumina à l'orgue Hammond sont superbes. "Bobby's bop" pénètre dans l’univers du jazz. Lumina se met alors dans la peau de Jimmy McGriff, tandis que Ronnie produit son flux ininterrompu de notes lumineuses. L’œuvre aligne alors une (trop) longue suite de blues lents. Des plages fort intéressantes, il faut le reconnaître, mais dont le registre rythmique souffre d’une trop grande uniformité. Ce n'est pas la première fois qu'il nous réserve son "Blues for the West side", un hommage aux gratteurs de Chicago qui ont immortalisé ce style : Magic Sam, Otis Rush, Buddy Guy, Luther Allison ou encore Luther Johnson. La transition vers la compo suivante, "I am with you", s’opère tout naturellement. Mais qu'est-ce qu'il joue divinement, ce Ronnie ? Il met son cœur et son âme au service de sa musique. "Katrina blues" ouvre une parenthèse. Earl y joue seul de la guitare acoustique. Le climat est empreint d’une grande tristesse. Guère étonnant lorsqu’on sait que les lyrics évoquent la tornade dévastatrice qui a défiguré la vieille cité de la Nouvelle Orléans. Une bonne dose de vivacité irradie "Wolf dance". La trame rythmique de base est aussi solide que celle du géant Howlin' Wolf. Ronnie se prend pour Hubert Sumlin. Il ne manque pas de panache. Lumina le seconde au piano. "Kay my dear" replonge aussitôt dans le blues bien lent. Un style très classique, institué par BB King. Bien mis en exergue, l’orgue Hammond contribue à une écoute confortable. "Blues for the homeless" adopte un même tempo. Une ancienne composition au cours de laquelle Lumina joue passionnément du B3. "Beautiful child" baigne dans la douceur et la mélancolie. Une plage très atmosphérique, magnifiée par ce véritable esthète des cordes. Plus explosif, "Blues for Otis Rush" constitue sans doute le meilleur blues de cet opus. A l’instar d’Otis, qu’il apprécie tout particulièrement, Ronnie y injecte toute sa passion et sa fougue. Ce "Hope radio" s’achève par "New gospel tune", un gospel instrumental caractérisé par ses échanges de piano et guitare. 

 

mardi, 15 avril 2008 22:36

Stronger every day

Mike Morgan est un musicien que j’apprécie tout particulièrement. Et le Texan nous revient flanqué de son Crawl! C’est à Dallas qu’il avait fondé ce groupe. En 1986. En compagnie de Darrell Nulish. Ce dernier sera cependant remplacé en 1989, par le chanteur de Kansas City, Lee McBee. Premier album, "Raw and ready" paraîtra quelque temps plus tard. En 1990. "Live in Dallas", le dernier elpee, remontait déjà à 2004.

« Stronger every day » constitue le dixième opus du collectif. La section rythmique est constituée du drummer Brian Ferguson et du bassiste Drew Allain. Deux invités se partagent les vocaux : Lee McBee et Randy McAllister. Et leur présence n’est guère étonnante, puisqu’ils sont des amis de longue date. Cet opus recèle un seul instrumental : "Okie Dokie stomp", un morceau nous rappelant le regretté Clarence Gatemouth Brown! L’interprétation de Mike est talentueuse, rapide et concise. Pour le reste de la plaque, Mike a écrit ses compositions sur mesure en fonction des chanteurs en présence. Et tout d’abord pour lui-même ; et même s'il souffre de la comparaison avec Randy et Lee, son chant s'adapte fort bien à son style. Il travaille ses cordes vocales sur quatre titres. Tout d’abord en ouverture. Un shuffle auquel il nous a habitués depuis ses débuts : "All night". "You're the one", ensuite. Le tempo est rapide. Lee McBee est probablement préposé à l'harmonica. "The birthday song" est une autre plage rocker de toute bonne facture. La rythmique qui lui colle à la peau imprime le tempo. La guitare démarre au quart de tour. Ballade acoustique au départ sans grand intérêt, "How much more time" prend de l’ampleur en fin de parcours. Notamment lorsque Mike dispense un énorme solo tout en mélodie et en sensibilité, un exercice de style qui monte en puissance progressivement. Son ami texan et chanteur de gospel, Joe Wayne Reynolds, en assure les chœurs. Randy McAllister chante sur cinq plages. Mike lui a réservé essentiellement des ballades soul. Elles correspondant parfaitement à son profil. Randy jouit d’une voix taillée pour chanter la soul. Stefano Intelisano se charge de l’orgue pour "Where's the love", pendant que Mr Morgan affiche beaucoup de créativité et de subtilité sur les cordes. "Stronger every day" est une plage qui allie beauté, simplicité et pureté. R&B, "When I get back home" est une ballade lente comme les aimait Otis Redding. L'orgue Hammond de Mike Hanna est un tremplin idéal à la performance vocale torride de la chanteuse noire de gospel, Benita Arterberry Burns. "97 times" est plus rapide. La voix soul blue se détache nettement. Les soli de Mike brillent de mille feux. Mais c'est bien en compagnie de Lee McBee, son vieux complice, que Mike Morgan se montre sous son meilleur jour. C’est également le moment au cours duquel les compos affichent leur face la plus blues. De sa voix inimitable et si chaleureuse, Lee chante "Sweet angel", un de ces blues lumineux sortis tout droit du pays des swamps. "I cried for my baby" constitue le texas blues lent attendu et espéré. Taquiné par les courtes phrases assassines de son pote Mike, et sur fond d'orgue Hammond, Lee se fait shouter de charme. Cet opus d’excellente facture s’achève par un autre shuffle made in crawl : "Time".

 

mardi, 15 avril 2008 21:59

Radio blues

Steve Guyger nous vient de Philadelphie. Harmoniciste depuis la fin des années 60, il a découvert le blues à l’initiative de Paul Butterfield. A partir de cet instant, il s'empresse d'aller écouter les grands bluesmen de Chicago. Il y a maintenant plus de trente ans qu'il a monté son groupe : les Excellos. Il a eu le bonheur de jouer longtemps (de 1980 à 94) au sein du backing band de Jimmy Rogers. Son premier album est paru en 1997 : "Last train to Dover". Sur Blues Leaf. Il a ensuite embrayé par "Live at Dinosaur". En 98. Un disque pour lequel il avait reçu le concours de Steve Freund et Dave Maxwell. Puis par "Past life blues", l'année suivante. Un elpee paru chez Severn. Il avait également concocté "Knockin' on the devil's door". En 1996. En compagnie de son ami Paul Osher, un ancien musicien du Muddy Waters Band. Une expérience en duo qu’il renouvèlera en 2000, pour "Living legends". Son dernier elpee, il l’avait également concocté en tandem : "Down home old school country blues". Paru en 2006, il épinglait pour partenaire Richard Ray Farrell.

Pour concocter ce nouvel opus, il a reçu le concours du Texan Johnny Moeller (NDR ; un remarquable guitariste qui milite aujourd’hui chez les Fabulous Thunderbirds), du claviériste Bill Heid, du drummer Robb Stupka (un ex-Darrell Nulish Band) et de son ami et bassiste Steve Gomes. Rick Estrin, le chanteur/harmoniciste de Little Charlie and the Nightcats s’est chargé des notes consignées dans le booklet.

Johnny Moeller introduit "Lookie here" par un puissant riff sur ses cordes. Steve chante d'une voix assurée, assez proche de Charlie Musselwhite. Claire et précise, sa première intervention à l’harmo déchire l'espace sonore. Plus léger, "You're so fine" est imprimé sur un tempo assez rapide. Les musicos manifestent énormément de cohésion. Le solo de Guyger est très créatif. Très expérimenté, il sait et fait ce qu'il veut. Pour la circonstance, il chante à travers son micro astatique. Préposé aux cordes, Moeller est un plaisir permanent. Blues alangui destiné aux soirées enivrées, "Cool in the evening" s’étire en toute décontraction. Réputé pour sa technique à l'orgue Hammond, Bill Heid joue ici du piano à la manière des seigneurs de Chicago. Plage allègre, proche de la bonne humeur entretenue par le zydeco, "Little Rita" recrée les rythmes dansants des bayous de la Louisiane. Heid siège enfin derrière son orgue, pour fluidifier "I can see by your eyes", une jolie ballade bercée par le rythme nonchalant des swamps. Guyger maîtrise aussi parfaitement l'harmonica chromatique. A l’instar de "Blues won't let me be", un blues lent, superbement chanté, au cours duquel le souffle libère une tristesse infinie. Des rythmes syncopés et exotiques contaminent "School is over". Stupka les alimente de ses fûts. Les tonalités des cordes de Moeller semblent hantées par Otis Rush. Le même Stupka excelle sur "Oh Red", une plage au cours de laquelle Steve est manifestement inspiré par Sonny Boy Williamson II. Boogie blues, "Won't you come on out tonight" déménage. La section rythmique réalise un travail remarquable. Il est vrai que Gomes et Stupka ont longtemps joué ensemble derrière Darrell Nulish. Caractérisé par un rythme participatif, élaboré par Steve et Robb, "Hey little baby" lorgne manifestement vers Billy Boy Arnold. L’elpee recèle l’une ou l’autre reprise. On en retiendra une excellente version du "I'm shakin" de Rudy Toombs (NDR : célèbre pour avoir écrit "One scotch, one bourbon, one beer") et, sans surprise, "Let me hang around" de Muddy Waters, une immersion dans le Southside, au cours de laquelle Moeller se révèle à la fois explosif, insatiable et intenable. Et on n’oubliera pas les performances instrumentales opérées par Guyger sur les courtes plages instrumentales, telles qu’"Afghan rumble" ou en finale, la cover du "Honeydripper" de Joe Liggins. Un excellent album!

mardi, 08 avril 2008 20:52

Bring yo' ass to the table

Ce duo nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Mais en écoutant attentivement leur album, on finit par détecter les références de leur musique. Car manifestement, elle balayée par le souffle des collines du Nord Mississippi. A cause des sonorités dispensées. Déjantées. Réminiscentes de leurs lointains parents de chez Fat Possum! Joe Evans, alias Freddy J IV, chante et joue de la slide. Brenn Beck siège derrière sa batterie rudimentaire et sa panoplie de percussions. Difficile quand même de définir leur style. Sans trop prendre de risque on pourrait le décrire comme du heavy/boogie/punk/blues. Enumération à écrire dans l'ordre ou le désordre. Au choix. Une solution sonore manifestement primaire, sale, sans guère de production. En prise directe. Et pour cause, les prises de son en studio se sont déroulées comme si la formation affrontait son public, au sein d’un vieux juke joint enfumé. Brenn, le drummer, n’hésite jamais à en rajouter, une couche. Et même plusieurs. Il est d’ailleurs surnommé ‘Sausage paw’. Un véritable déménageur !

Frénétique et parfaitement intégrée dans le Sud profond, la musique de LLC puise donc bien des sources dans le Delta du Mississippi. Dès les premiers accords de "Wash it", la slide s'enfonce dans nos oreilles. Bien en profondeur. Elle n’en sortira plus qu’en fin de parcours. Et si d'aventure, elle s’autorise une pause, Brenn prend immédiatement le relais, histoire de nous asséner de violents coups percussifs. Un véritable enfer ! Pas le temps de reprendre son souffle et on embraie sur la plage suivante : "Set me down". Brenn doit avoir des bras en acier. La slide s'éclate. Et la pause de brève durée sert de tremplin aux deux possédés, déterminés à aller aux bout de leurs forces. Boogie ravagé, "Pork n' beans" aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Mais un ZZ Top, passé en enfer. Tout brûle en ce lieu maudit ; mais cette slide est tellement dense, qu’elle vous envoûte, vous pénètre, vous met à nu. "Big Momma" adopte un schéma semblable. Un boogie rageur, proche de la démesure. Les douze chapitres de cette aventure défilent en un éclair et sans jamais susciter le moindre ennui. Une homogénéité dans l’intensité et l’agressivité. La musique ne souffre pourtant pas d’une quelconque uniformité. La fureur constitue le dénominateur commun. Et reconnaissons qu’une plage comme "KFD" nous la ramène dans des limites plus sensibles. Brenn souffle dans un harmonica aux tonalités fantomatique. Le doigt d'acier fait vibrer les cordes, durant de brefs instants. Freddy y révèle un potentiel inattendu, empreint de délicatesse tout en surfant sur les différentes modulations de l'espace sonore. "Justify" émarge presque au punk. Enfin, surtout le chant. Le rythme épousant plutôt un Bo Didley beat. "Busket" et "Amerika" affrontent du garage punk. Le combat terminé, le tandem nous abandonne blêmes et livides. Et impossible de reprendre sa respiration. La paire impressionne lorsqu’elle se met à table. Elle avait démontré cet art culinaire, en avalant le plat de "porc et haricots". Et le confirme tout au long de "Amy's in the kitchen", une plage au cours de laquelle les riffs de la slide nous dévorent. En finale, "Heavy" reflète parfaitement son titre. Un opus à conseiller vivement aux fans des Black Keys ou encore North Mississippi All Stars. Remuez-vous, la musique continue!

mardi, 08 avril 2008 20:44

If my first song don't hitcha (demo)

Alias Rolf Lott, Freddy Red est de nationalité allemande. Leader du New Chump Change, ce chanteur/guitariste s’est établi dans le sud de l'Hexagone, voici déjà quelques années. Freddy Red & Hotails constitue son nouveau projet. Une nouvelle aventure musicale opérée sous la forme d’un trio. Eric ‘Dutch Stonewall’ Litaudon s’y réserve la basse, alors que les drums sont assurés circonstanciellement par Jeff Gauthier ou Stéphane Mekki. Lors de l’enregistrement de cette démo, immortalisée en octobre 2006 et mixée en septembre dernier, Jeff s’est chargé des percussions. Le booklet ne mentionne pas l’identité Rolf/Freddy. Pourtant c'est bien lui qui signe sept des douze plages.

La plage maîtresse ouvre l’opus. Le message de Freddy est clair : ‘Si ma première chanson ne vous plait pas, je me barre’. Pas de souci, c'est une bonne composition, très laidback, légère. Fred chante posément. Empreinte d’une sonorité feutrée, sa guitare ne demande qu'à s'évader. Une excellente mise en bouche ! La musique du trio est assez minimaliste. Pas de fioriture. Volontairement discrète, la section rythmique porte Red, le leader incontesté et incontestable du band. Il tisse de bien jolis sons de sa guitare… de couleur rouge. Son style créatif sert parfaitement une voix assurée et bien expressive. "Three times nothing" maintient l’attention. Mais on passe aux choses sérieuses, lors de la reprise du "I just got to know" de Jimmy McCracklin. L’univers sonore lorgne du côté du quartier westside de Chicago plutôt que vers la banlieue de L.A. Il est vrai que Rolf est un adepte inconditionnel de Magic Sam Maghett ; et cela s'entend. Il y injecte toute sa sensibilité. Il se libère. Pas de filet ! Parfois il est au bord de la rupture, mais jamais il ne perd le contrôle de son instrument. Les Hotrails ont trouvé leur style ; un blues dont l'épicentre de l'inspiration est bien implanté à Chicago. Dépouillé, sans artifice, nonchalant, ce style leur va à ravir et permet au leader d’ouvrir son âme. Son chant désespéré balise le classique "Further on up the road", une cover de Bobby Bland. Au cœur de cette ambiance intimiste, on entend presque le mouvement des doigts de Red qui caresse ses cordes. Ce feeling et cette perfection rappellent le Peter Green des années 60. Des aptitudes également perceptibles sur une autre composition maison : "I give you all I can give". On sent bien l’émotion qui hante Freddy. Aussi bien dans la confection de son solo que lors de ses silences. Des silences qui ont autant d'importance que les notes ; et, croyez-moi, il tient aisément la distance! Il adapte enfin Magic Sam. En l’occurrence "That's all I need". Une ballade soul blues illuminée par la voix chevrotante. Son timbre transpire le vécu. Red vit bien un blues très personnel. Instrumental nerveux, "I need some more" rend hommage au style de BB King. Cet elpee reflète le talent naturel de Freddy. Pas une seule faute de goût n’est à relever. Et tout au long de cette œuvre, il partage bien d’excellents moments en compagnie de l'auditeur. Rolf Lott vit dans le Sud de la France ; et comme tout bon bluesman qui se respecte, il aime regarder les jolies filles locales. Certaines le font même frissonner. Il l’avoue sur "Southern french woman blues", un excellent slow blues au cours duquel il laisse libre cours à ses fantasmes pendant plus de 8'. Musicalement, il respecte un schéma classique, plus proche du quartier sud de Chicago. L'ami Pascal Martin est venu souffler dans son harmonica. Tantôt voluptueusement, tantôt pudiquement. La démo s’achève par une nouvelle version du "Cut you loose" de Mel London, une compo reprise en son temps par Buddy Guy et Junior Wells, ainsi que Luther Allison. Du tout bon blues!    

 

mercredi, 19 mars 2008 00:07

Let me in

Ce n’est pas la première fois que je vous en parle, mais le blues brésilien est actuellement en plein essor. Il est riche et recèle une multitude d’artistes talentueux. Des harmonicistes, tout particulièrement. Dont Flavio Guimaraes et Robson Fernandes. Alex Rossi appartient également à cette catégorie. Aussi, lorsque les bluesmen américains tournent en Amérique du Sud, il est régulièrement invité à les rejoindre. Et notamment Honeyboy Edwards, Billy Branch, John Primer et Phil Guy. Sans oublier feu Jeff Healey. Mais là, c’est du passé… Alex aime se rendre au Texas, afin de prendre son pied dans les clubs de Dallas. Il a ainsi côtoyé, sur les planches, Lee McBee, Mike Morgan, Hash Brown, Smokin' Joe Kubek et même des légendes locales comme Sam Myers, Robert Ealey et Curly ‘Barefoot’ Miller. C’est à Dallas qu’il a également rencontré Richard Chalk, le patron de Topcat. Ce dernier lui a donné l'opportunité d'enregistrer un album. Un opus au cours duquel il s’est focalisé sur les reprises plutôt que de prendre le risque de présenter ses propres compositions. Un choix qui a cependant l'avantage de nous démontrer l'étendue de son registre. Pour réaliser cet elpee, il a reçu le concours de quelques collaborateurs. Et pas seulement du coin. Rossi adore se produire en compagnie d’autres souffleurs comme son compatriote Flavio Guimaraes, Billy Branch ou encore les regrettés Sam Myers et Carey Bell! Chez lui, il dirige son blues band : Alex Rossi and the Crazy Dogs. Il est cependant aussi capable de se frotter à d'autres styles. Qu’il aborde au sein d’un autre combo : le Trem27 Bluegrass Band. L’opus a bénéficié de deux sessions d’enregistrement différentes. L’une s’est déroulée à Porto Allegre, au Brésil et l’autre à Dallas. Quelques compatriotes ont donc participé à la confection de cette œuvre ; mais aussi des artistes notoires… Une chose est sûre, tous les invités semblent ici heureux d’avoir pu rendre service à ce musicien ambitieux.

En ouverture, Alex attaque "Tell me how you like it" en puissance. Il adopte un schéma musical proche de Howlin' Wolf. Les cariocas manifestent une excellente cohésion. Christiano Ferreira est le premier à s'envoler sur sa guitare. Luciano Leaes se montre très versatile sur son piano. Imprimé sur ce rythme très populaire, le "The sun is shining" de Jimmy Reed est interprété plutôt nerveusement par le chanteur/guitariste Omar Esteban Itcovici. Luciano maîtrise à la perfection ses 88 touches d'ivoire alors que le boss, Richard Chalk, semble totalement ravi de mettre sa gratte au service de l’équipe. Le célèbre thème instrumental "Caravan" rend un hommage à Duke Ellington. Rossi y démontre tout son talent, prouvant en même temps qu’il est parvenu à intégrer des styles bien différents. Le Chicago southside des années 50 occupe une large part dans cette œuvre. Les mêmes musiciens défient royalement le "Rock me" de Muddy Waters. Les partenaires ont choisi une version unplugged. Phil Guy chante d’un timbre profond, très sombre, singeant au passage la façon de vocaliser de Waters tout en empruntant la tonalité de John Lee Hooker. Il se charge également de la guitare acoustique, tout comme un autre Brésilien : Fernando Norhana (NDR : il a déjà tourné chez nous). Rossi s’y révèle un véritable virtuose. Guy chante autoritairement le "That's alright" de Jimmy Rogers. Luciano impressionne dans le rôle d'Otis Spann. Rossi souffle comme Sonny Boy II. Les plus belles réussites de cet opus impliquent régulièrement des artistes sud-américains. Itcovici est convainquant au chant et à la six cordes tout au long du "Crosseyed cat" de Muddy Waters et du classique "I just want to make love to you" de Willie Dixon. Le rythme participatif de Jimmy Reed refait surface sur "Good lover", un compo signée par sa compagne Mary Lee. Mais si Omar Dykes et Jimmie Vaughan, lors de la confection de l’album hommage à Reed, avaient invité Lou Ann Barton pour chanter ce titre, Rossi a fait appel à une autre chanteuse texane : Kathy Prather. Et elle se débrouille plutôt bien. Un fragment au cours duquel Hash Brown déménage à la gratte pendant qu’Alex souffle dans les aigus comme le vieux Reed. Instrumental allègre et rythmé, "Hawaian eye" déborde de swing. Alex est passé à l'instrument chromatique. Il souffle à la manière de George Smith. Le gratteur texan Holland K Smith et Leaes, préposé à l'orgue Hammond, entretiennent l’excellent niveau de cette plage. Phil Guy chante "Show me your Bombacha". Une plage issue d’une plume qu’il partage, pour la circonstance, avec Alex. C’est également le morceau final de cet elpee de bonne facture. Un boogie léger, hypnotique, balayé par un harmo atmosphérique et hydraté par l’orgue de Luciano.

mardi, 18 mars 2008 23:58

Unique taste

Cette formation nous vient de Hildesheim, en Allemagne. Fait remarquable, depuis sa constitution, elle est considérée comme une des plus solides évoluant en Europe. Les Blues Shacks, c’est avant tout les frères Alt. Michael au chant et à l’harmonica ainsi qu’Andreas à la guitare. Ils sont épaulés par Bernhard Egger à la batterie, Henning Hauerken à la basse et Dennis Koeckstadt au piano. Bernhard est le petit nouveau. Il remplace Andreas Bock, un Autrichien qui avait milité au sein du Mojo Blues Band, auprès de Hans Theesink et Christian Dozzler. En outre, il avait drivé son propre band, en compagnie duquel il a réalisé 5 albums. Les Shacks signent ici leur dixième opus. Il fait suite à “Live at Vier Linden”, un elpee commis en 2005. Et, croyez moi, le band a opéré un solide pas en avant ; car il constitue un véritable juke-box consacré à la musique des années 50 : le blues et le R&B. Le tout recouvert par une solide couche de soul. Rien n’est tiré en longueur. Dix-sept plages écrites de leur plume, dont le temps moyen dépasse à peine plus de trois minutes. Car leur espace sonore n’est plus uniquement limité, pour la circonstance, au west coast jump. Un style largement inspiré par T-Bone Walker. Franchement, l’ombre de BB King plane bien plus ici que celle du légendaire Texan.

Deux courants forts guident cet opus. Et tout d’abord le blues. Celui du King de Memphis. Charriant ainsi d’excellentes compos. A l’instar de "Little pins", un morceau lent, brûlant, chargé d’émotion, à la sonorité exceptionnelle. Andreas Alt s’y révèle divin. Et lorsque le tempo s’élève, la qualité est toujours au rendez-vous. "Like a woman that just bought shoes" (quel titre!) en est la plus belle démonstration. Dennis assure vigoureusement derrière son maître gratteur. "So glad I’m in your mind" est du même calibre. "When the night comes down" est sculpté par de courtes phrases qui s’épanchent comme si elles émanaient de Lucille. Oui, oui, celle de BB King ! Les Shacks flirtent aussi avec le boogie, injectant une énorme dose de swing à "Not the one for me" et de rock’n’roll tout au long de "Do my will". Par contre, je ne décèle guère de jump ni de swing sur l’imparable "Three handed woman" ; un morceau modulé par la basse acoustique de Henning et caressé par les balais aériens de Bernhard, au cours duquel le piano laisse les cordes de Mr Alt s’envoler. “The fool I am” émarge aussi au Shacks de conception classique.

Le reste de l’elpee est essentiellement consacré au B.B nouveau. Un climat franchement imbibé de soul et de R&B. L’omniprésence de Raphael Wressnig à l’orgue Hammond B3 y est sans doute pour quelque chose. Il y colore les compos de notes chaleureuses, à l’aide de son clavier. Tout un art mis en exergue sur le R&B "Keep my promises" et le titre maître, trempé dans le soul blues. Toute la générosité et la délicatesse de Wressnig envahit "I understand", alors qu’"Anything but you" épouse un format funky R&B. Concocté dans un esprit fort proche de Sam Cooke, le caractère tex mex et exotique de "Fool when you’re cool" surprend. Tout comme la qualité du chant de Michael Alt. Il s’est réservé pour les parties vocales et ne joue que très peu de son harmonica. "Step back a little" constitue assurément un des meilleurs moments de l’elpee. Bénéficiant d’une partie vocale absolument remarquable, cette ballade soul campe une superbe mélodie. Et "Tears about to fall" mérite également une mention spéciale. Le climat écrasant du sud est ici accentué par les interventions de Michael, qui souffle nonchalamment et paresseusement dans sa musique à bouche! Enfin, signalons encore la présence d’un instrumental digne du géant Texan Freddie King : "Cut it!". Un excellent album ! 

mardi, 11 mars 2008 20:20

Yip Yip!

Quartet allemand, Velvetone est réputé pour son roots rock, une solution sonore née d’un cocktail de rockabilly, de soul, de R&B et de country. A leurs débuts, ils s’inspiraient de Robert Gordon, Link Wray et les Paladins. Leur premier album remonte à 1998. Intitulé "Vari-O-Sonic", il était paru chez « One Million Dollar Records ». Edité en 2001, "Dark blossom" marque leurs débuts sur Crosscut, un elpee suivi par "Switchback ride", en 2004. Le line up réunit Ray Devaryo au chant, Tammo Luërs aux guitares et à l’orgue Farfisa, Andy Merck à la basse et Steff Ulrich aux drums. Un invité : le pianiste Edwin Hettinger.

Le groupe opère son entrée en douceur par "Desperate heart". On imagine presque être en présence du Roxy Music de la bonne époque. Sans saxophone, ni synthés, mais Devaryo aurait bien revêtu son costume de Brian Ferry. Il est un rien plus paresseux, mais s’appuie parfaitement sur la riche panoplie de cordes de Mr Lüers. Tempéré, "The kooler " est caractérisé par une rythmique hypnotique appuyée par les cordes de Tammo. La musique baigne dans un climat captivant. On a envie de remuer, de danser. Tammo joue de la lap steel sur "Lil' bad thing". Il apporte des accents métalliques à ce pur rockabilly. "It ain't right" évolue dans le même créneau. "Hot rod killer" lorgne même vers les Stray Cats, tout en prenant soin de conserver cette spécificité qui n’appartient qu'à l'univers de Velvetone. De son orgue, Tammo inocule des sonorités surannées à "Mighty hand". Le rythme galope, alors que la voix de Ray reste imperturbable, se confinant dans son registre, tout en canalisant l'atmosphère Velvetone. Adoptant un tempo plus syncopé, "Smuggle" se rapproche du R&B. A moins que ce ne soit le bayou rock louisianais. A cause des courtes notes qui s’échappent des cordes. La formation réserve également un espace à la country. A travers quelques bien jolies ballades. A l’instar de "Guess things happen that way". On pourrait penser à Johnny Cash, si Ray possédait sa voix grave et uniforme. "Seven" ensuite. Un rien plus nerveuse. Une démarche assez comparable à celle que défendait Dan Stuart chez Green On Red. Balayées de guitares inquiétantes, cette plage est excellente. Véritable petit joyau, "Limbo" repose sur une rythmique travaillée. Un morceau guidé par les percussions de Steff. La tonalité de la guitare est légèrement réverbérée. Le tempo lancinant. Les chœurs envoûtants se détachent de ce climat dont un écho lugubre semble provenir de cette lune blafarde. Cette rythmique implacable nous invite à pénétrer dans le monde du rock'n'roll revu et corrigé par nos Teutons. Les cordes entretiennent un son sale, pourri tout au long de "Paycheck". Evoluant à une cadence hypnotique, "Hurt me no more" nous invite au déhanchement. Lüers nous entraîne au sein d’un monde lysergique à l’aide des sonorités libérées par les cordes déjantées, aventureuses, de sa guitare hyper amplifiée ; mais toujours en adoptant un même schéma : des plages assez courtes. La voix monocorde de Devaryo continue à se traîner tout au long "Go on home" ; mais cette impression d’indolence n’exclut pas l’un ou l’autre changement de rythme inattendu. L’opus s’achève par le titre maître : "Yip – Yip!", un exercice vocal accompli lors de ce rockabilly amusant et sautillant. La musique de Velvetone est très personnelle, c’est le moins que l’on puisse dire…