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mardi, 11 mars 2008 20:18

The tinge

A l’origine, Al Basile était écrivain et poète. C’est en rencontrant le célèbre guitariste Duke Robillard qu’il se rapproche de l’univers musical. En 1973, il devient ainsi le trompettiste du big band notoire de Rhode Island, le Roomful of Blues. Depuis une dizaine d’années Al a entrepris une carrière sous son propre patronyme, un parcours ponctué par la sortie d’excellents albums. "The tinge" constitue déjà son sixième. Mr Basile ne manque pas d’atouts. Sa voix est remarquable. C’est un excellent musicien et il jouit d’un don de compositeur inégalable. Et pour couronner le tout, dès qu’il entre en studio, il est rejoint par ses amis. Pour la plupart, des musiciens hors pair ! Duke Robillard se charge de la production et joue de la guitare, Marty Ballou se réserve la basse et Mark Teixeira, la batterie. Sans oublier Bruce Katz aux claviers ainsi que Rich Lataille et Doug James aux saxophones. Excusez du peu ! En présence de cette équipe d’élite, il n’est pas difficile d’imaginer le niveau au sein duquel la musique évolue. Et autant l’avouer tout de suite, vous ne serez pas déçus. Car ce nouvel opus est d’excellente facture. Il ne souffre d’aucune faille et dépasse même en qualité, le précédent elpee, "Groovin’ in the mood room" ; un disque paru en 2006. La production met en exergue les capacités vocales puissantes et tellement expressives de Basile. Une œuvre au cours de laquelle il use et abuse enfin de son cornet. Véritable plaisir pour les oreilles et festival musical permanent, elle est truffée de trouvailles et souligne les exploits individuels de l’ensemble. Particulièrement cool, la musique baigne au cœur d’une atmosphère délicieuse et sophistiquée. Essentiellement alimentée par un jazz libérant un maximum de swing, mais empreint de délicatesse. Un style que l’artiste estime relevant du soul jazz et du swing (NDR : pensez à Kansas City) tout en étant inspiré par le blues traditionnel. Voilà pour l’étiquette !

Dès les premières mesures de "Go back home to the blues", nous pénétrons dans cet univers où se côtoient jazz, blues et swing. Al possède une très bonne voix ; chaude, assez proche de celle de son ami Duke Robillard. Son premier solo au cornet nous situe l'étendue de ses compétences d’instrumentiste. Le schéma est très classique. Il est ainsi suivi par Duke qui libère ses notes en picking, comme un Albert Collins converti au jazz! "Just wait and see", est une ballade bien agréable, irradiée par l'orgue Hammond de Katz. Cuivrée, également. Et en particulier à cause du solo de cornet qu’il module à l’aide d’un obturateur. Slow blues très langoureux, "Airlift my heart" est d’une pure beauté. Basile accorde une merveilleuse partie sur son cornet, dont il étouffe les tonalités à l’aide d’une ventouse (NDR : une idée refilée par Cootie Williams). La présence d’un piano aux accords délicats et raffinés accentue le climat de mélancolie. Saturé de swing, "Not the wrong woman" trempe dans le jazz pur. Marty et Mark soutiennent l'ensemble en libérant beaucoup de groove. Tous les souffleurs (Al, Doug et Rich) se réservent un billet de sortie. "Give me the rainbow" relève également du jazz pur. Al se prend pour un crooner devant le piano acoustique de Katz. L’orgue nous réchauffe le cœur tout au long de "Can I trust you with a kiss?", une ballade, ma foi, fort agréable. "Too slow" reflète ce que Basile fait de mieux. Cette plage indolente, complètement imbibée de jazz et de blues, est ici hantée par l’esprit d’Eddy Cleanhead Vinson. Rich se charge de l'intro à l’aide de son sax alto. Duke se fait plus T-Bone que nature, pendant qu’Al nous enchante de son cornet. Al a de nouveau recours à son obturateur pour "Daddy got a problem" ; une ballade allègre proche du R&B dansant, caractérisée par sa rythmique syncopée. La plaque recèle encore deux ballades sublimes. Mr Basile les aborde à la manière d’Eric Clapton. Tout d’abord "She's in love with losing". Katz joue de l'orgue Wurlitzer en reproduisant les sonorités très 70’s de feu Ray Charles, tout au long de cette plage empreinte de tendresse et d'émotion. Le charme féminin submerge la mélodie de "Losing my cool". Et c’est toujours tendrement qu’Al clôt son opus le plus accompli à ce jour, par "Strawberries and cream". 

mardi, 04 mars 2008 22:56

No other way

Ray Austin est né en Angleterre. Il s’est cependant établi en Allemagne. A Fribourg. En 1970. Il est chanteur, guitariste et compositeur. On lui attribue six elpees à ce jour, « No other way » constituant son sixième. Il pratique un folk/rock largement teinté de country et parfumé d’un soupçon de blues, même s’il privilégie la forme acoustique. Ses amis sont tous de nationalité allemande : Niels Kaiser aux guitares électrique et acoustique ainsi qu’à la pedal steel, Michael Zumstein à la guitare, la mandoline et l’harmonica, Ingo Rau à la basse ainsi que Vladi Kempf à la batterie. Le disque est sous-titré “Old songs & new songs, blue songs & true songs”. Toutes les plages sont signées par Ray. Un œuvre agréable à écouter, évoluant dans un style très roots, propice au songwriter. La voix passe bien la rampe et l’instrumentation est irréprochable. Enfin, la plaque réunit une majorité de ballades aux mélodies soignées.

Tant “No other way” en ouverture que “While flowers die” se distinguent par leurs délicieux échanges de cordes. Balayés par une pedal steel, “A friend” et “Thirty hours a day” baignent dans la douceur. Indolent, “Long hard road” recèle un refrain susceptible de nous inciter à participer aux chœurs ! “Mean old motor car” est une chanson qui date de trente ans. On lorgne manifestement vers la country tout en trempant dans une ambiance boogie cow boy. Enfin, “Freiburg steel” entretient un climat de bonne humeur. Le combo adresse bien sûr quelques clins d’œil au blues. Et en particulier sur “Riverboat”, une plage qui évolue sur un axe Mississippi-Louisiane. Michael double à l’harmonica et au dobro tout au long du country/blues “Thin times”, un morceau imprimé sur un tempo lancé au galop. Et on a encore droit à un fragment laidback : “Peace of mind” ; mais country/blues/rock, et abordé dans l’esprit de JJ Cale.

Chris Rea avait accordé, il y a quelque temps, une tournée d'adieu, une décision qu’il avait prise pour des raisons de santé bien compréhensibles. Il nous avait gratifiés, en 2006, d'un coffret de douze albums. Intitulé "Blue guitars", il s’était quand même vendu à plus de 150.000 exemplaires. Et bien, le vieux Chris a décidé de dépendre sa slide qu’il avait mis au clou et de repartir en tournée. Apparemment il semble avoir repris du poil de la bête, puisque non seulement son périple passera par chez lui, en Angleterre, et aussi en Europe, mais comme il ne fait pas dans la demi-mesure, il a concocté un nouvel opus : "The return of the Fabulous Hofner Brothers". Un œuvre qui retrace l'aventure d'un groupe instrumental de la fin des fifties : les Delmonts. Une formation qui deviendra au cours des années 60 un blues band répondant au patronyme des Hofner Blue Notes. Le projet inclut un livret musical de 80 pages, deux vinyles et trois CDs.

Le premier cd est consacré aux Delmonts. La musique est exclusivement instrumentale. Les guitares sont réverbérées, un rien trash. Et des titres légers et pétillants comme "Jimmy Bond", "BB was a commanche", "Theme from the Pink guitar" ou encore "French football", en sont la plus belle illustration. On a même parfois l’impression de nous retrouver à l’époque des Shadows ou des Ventures… Le coffret reproduit l'image d'une vieille pochette défraîchie. L'exemplaire promo qui a été fourni se résume à cd audio et nous propose trois extraits de chacun des albums ainsi qu'un CDrom destiné à fournir un maximum d'informations sur les extraits du livre et les albums. Du disque des Delmonts, on retiendra les tendres épisodes d'une époque révolue, caractérisée par le son des guitares Hofner et l'orgue Farfisa. A l’instar du très divertissant et rythmé "Dirty new town", de l'amusant "The power of love" et du bluesy "BB was a comanche", une compo empreinte de douceur mais surtout dont la sonorité et le doigté sont tout simplement dignes d'un certain BB King!

Mais c'est bien chez les Fabulous Hofner Bluenotes que Chris Rea a commencé à être apprécié. A cause de sa voix rauque, au bord de la rupture, mais tellement expressive et voluptueuse. Du deuxième cd, se détache "Rock and roll tonight", un blues rocker contagieux et aux éclats de guitares bien de notre époque. Authentique et profond, Chris nous rejoint pour "Legacy blues". Son timbre vocal est plus proche, plus grave. Il nous envoûte tout au long de cette ballade pleine de douceur. Minimaliste, la guitare nous rappelle le grand Peter Green. Rea caresse ses cordes ; mais quand il s’arrête, elles laissent une sensation de vide et de douleur… 

Sur son dernier Cd, il concède un cri d’amour. Son charme et sa tendresse séduisent. Des sensations éprouvées tout au long du nonchalant "Blues for Janice", proche du Dire Straits de Mark Knopfler. Excellent blues, "Because it's you" est un morceau complet. La mélodie est superbe, le chant généreux et les claviers judicieux. En outre, ce morceau développe les plus belles lignes de guitare blues de l'ensemble! Serait-ce dû aux cris désespérés de la slide ? Une chose est sûre, "Twister inside" nous entraîne dans un monde particulièrement lugubre, effrayant. Chris y synthétise tous les éléments qui forgent sa personnalité musicale. N'hésitez pas à investir quelques dizaines d'euros pour vous procurer la production artistique de ce tout grand bonhomme !

Il se produira ce 11 mars à la Lotto Arena d'Anvers, lors de sets successifs. Tout d’abord en compagnie des Delmonts, et puis des FHB.

mardi, 26 février 2008 18:43

Post-industrial blues

Agé de 54 ans, ce New-yorkais est considéré comme un artiste complet et génial. Un esthète de la guitare acoustique. Sa musique embrasse une multitude de styles : le blues, le jazz bien entendu, mais aussi le manouche, le swing, le calypso et la world (NDR : de l'Inde, du Japon, des Iles Hawaii, des Caraïbes et issue de bien d'autres endroits de notre globe).

« Post-industrial blues » s’ouvre par "Follow the money". Constituée de Jim Norris à la batterie et de Stan Poplin à la basse, la section rythmique est très présente. La voix de Bob est assurée. Trois guitares National illuminent cette entrée en matière. Mais la technique de Brozman est déjà stupéfiante. "Look at New Orleans" est une plage beaucoup plus atmosphérique. D’abord mielleuse, la voix de Bob libère toute sa colère. Il hurle son amertume devant le sort des déshérités de la Nouvelle Orléans, après le passage du typhon Katrina. Les cordes se détachent comme autant de braises dans ce climat lourd et lugubre. Au cœur de cette solitude ultime, Bob chante le blues du vieil homme ("Old man's blues"), armé d'un banjo à sept cordes aux accents tranchants. Une constante : la    finition et l’excellence de la production de cet opus. Si Brozman se révèle un brillant multi-instrumentiste, il accorde une attention toute particulière à ses vocaux. Bien posés, ils s’intègrent parfaitement à son répertoire. "Airport blues" et "Green river blues" exhalent un subtil parfum d'avant-guerre. "Crooked blues" révèle toute la puissance des cordes. Signé Redd Evans et Joe Ricardel, "Chafafa" est une gourmandise amusante et curieuse. Un plat composé de trois différentes variétés de chou. "Lonely children" campe, à première écoute, une ballade empreinte de charme. Mais rapidement, elle laisse la place à un sentiment de tristesse que Bob éprouve en pensant aux orphelins qui peuplent la terre. Flux et reflux de cordes balaient l’espace sonore : glabama grec, guitare hawaïenne, chaturangui, guitare slide indienne à 22 cordes… Toutes ces sonorités différentes apportent une richesse à l’ensemble. Mais si la mise en place est complexe, elle est surtout majestueuse. D'une voix fatiguée et caverneuse, il interprète le terrible blues des trois familles ("Three families blues"). Cette plage ne respire pas la joie de vivre. Elle évoque les sentiments des émigrés, déçus du rêve américain. Mais aussi des militaires qui assistent à la disparition de leurs camarades dans une guerre aussi inutile que meurtrière : celle de l’Irak. Des compatriotes blessés dans leur peau, leur cœur et leur esprit! "Slow motion blues" constitue sans doute le meilleur blues de cet elpee. Un cri d'amour et de désespoir. Une compo saturée d'intensité, au bord de la rupture. Le disque recèle également une cover plutôt surprenante du "People are strange" des Doors. A nouveau caractérisée par la diversité instrumentale, que se réserve le même artiste, elle est soulignée par la conjugaison des voix entre Bob et de Haley Sage. La plaque se ménage quelques plages instrumentales. Tout d’abord, "Let's get it boy!", un fragment parcouru par les sonorités aigues d’un ghandarvi indien à 14 cordes. Et puis ravissant et fragile "Strange ukulele blues", un morceau irradié par les cordes hispanisantes d'un… ukulélé (of course !) Bob Brozman est à nouveau l’auteur d’un opus franchement brillant!

 

mardi, 26 février 2008 18:40

Once was a big man

Geoff est né au Canada. Chanteur, drummer et parfois compositeur, il drive son propre blues band. « Once was a big man » constitue son premier opus. Il a monté son groupe à Halifax. Tout d’abord en compagnie de son ami et bassiste Paul McNeill responsable de l’écriture d’une bonne partie du répertoire, et du gratteur Bruce Timmins.

Rien de tel qu'un boogie rock pour propulser cet opus. "Boogie through the years" démontre la solidité du line up. Geoff dirige la manœuvre derrière ses fûts. Sa voix est rugueuse. Bruce Timmins se réserve les cordes, Roger Howse la slide, Gerry Carruthers le piano et Phil Potvin l'harmonica. Mais c'est la slide gémissante de Howse qui tire ici son épingle du jeu. Jardine possède un jeu percussif, plein de groove. Il chante "It's about my time", une plage signée Nick Gravenites (Electric Flag, Big Brother, etc.) Très rythmique elle lorgne vers le funk. Les compositions sont riches et séduisantes. A l’instar de "Lonely lonely lonely". Emaillée d’accès d'harmo et de piano, elle est ponctuée par l'envolée finale de Timmins. Blues lent, "High steppin' woman" est hanté par la voix très particulière de Geoff, passé à l’orgue pour la circonstance. Bruce confirme qu'il a bien assimilé les ficelles du bon gratteur de blues. "Rough dried woman " (NDR : une compo qui figurait au répertoire de Big Mac flanqué de Hubert Sumlin) est une plage imprimée sur un tempo élevé. Geoff se concentre sur les vocaux. Il cède ses baguettes à son jeune frère A.J, un musicien qui a milité pendant 23 longues années au sein du band de Dutch Mason. De brillants échanges de cordes fleurissent entre Bruce et Roger Howse. La reprise du "Ready to ride" de John Mayall (NDR : elle figurait sur l'album "Blues from Laurel Canyon, voici près de quarante ans déjà) est impeccable. Il est vrai que le vieux John constitue une des influences majeures pour Mr Jardine. Bruce se réserve un solo comme le Clapton des jeunes années. A moins que ce ne soit Mick Taylor (NDR : il figurait sur l'original. Jardine persévère dans le même style tout au long du "Something inside of me" d'Elmore James. Un blues lent et subtil balayé par l'orgue de Carruthers. On croirait entendre John Mayall et ses Bluesbreakers, au beau milieu de cette glorieuse période qui a marqué le cœur des sixties. Et je vous le confesse, la sonorité est parfaitement restituée. Bien sûr la voix est plus fatiguée, mais manifestement boostée par le british blues, la guitare s'envole vers des nouveaux sommets. Et j’avoue apprécier tout particulièrement cette compo… Je vous invite d’ailleurs de réécouter "Have you heard", un extrait de l'album "Bluesbreakers" impliquant Clapton! Très rythmé, "Gotta past people" change de registre, un morceau enrichi par le violon surprenant et offensif de Dave MacIsaac. "Pay the price" est un autre blues lent. Traversé par l’harmonica plaintif de Potvin, il nous replonge dans une atmosphère spécifique à ce type de compo. Interprété à la Mayall, "Santa Cruz" aurait pu relever du répertoire de Slim Harpo. Cet opus de toute bonne facture, s’achève par une gentille ballade intitulée "Once was a big man". Geoff a longtemps souffert de sérieux problèmes d’éthylisme. Il semble avoir remonté la pente. Et apparemment, c'est la musique qui l'a guéri. A ce titre, je lui tire mon chapeau !

mardi, 19 février 2008 20:10

Texas Cantina

Que devient Mike Morgan? Peu de nouvelles de ce redoutable gratteur. Il a bien filé un coup de main à l'excellent Randy McAllister, mais de Crawl il n'en est plus guère question. L’aventure avait débuté au cœur des années 80, en compagnie de l'imparable Darrell Nulish, au chant. Ce dernier sera cependant remplacé par un autre héros : le chanteur/harmoniciste de Kansas City, Lee McBee. L'aventure du Crawl enfantera une bonne dizaine d'albums et sera ponctué par un superbe elpee live, paru en 2004 : "Live in Dallas". Sur ce disque, Morgan avait reçu le concours d’un autre chanteur/guitariste : Chris Zalez. Chris est également né à Dallas. Il y vit d’ailleurs toujours. Il avait rejoint le Crawl en 2000, comme second guitariste. Il y militera quatre années. Au retour d'une tournée européenne, il fonde ses Stingers. Un ensemble responsable de deux opus : "Hotel Texas" et ce "Texas Cantina" ; autant de manifestations de son attachement au Texas. Cet elpee était paru à l’origine en août 2005. Sur le catalogue californien, Pacific Blues Recordings. Depuis fin 2006, Zalez a pris la tête des Tejas Brothers, une formation responsable d’une musique qui mêle le blues, la country, le rock'n'roll et le tex mex. Un combo impliquant l'accordéoniste Dave Perez, le bassiste John Garza et le batteur Danny Cochran. Depuis on n’a plus de nouvelles, sinon que Chris a accompagné quelques musiciens pour se produire au célèbre Moulin Blues Festival, à Ospel (NDR : c’est aux Pays-Bas). En mai de l’an dernier.

Mais revenons à ce "Texas Cantina". Il a été enregistré le 30 juin 2003. Aux studios Fort Horton, à Austin. Par le maître des lieux : Billy Horton. Il est épaulé par Jon Bradley à la basse acoustique, Philip Law à la batterie et un certain Christian Dozzler au ivoires (souvenez-vous, ce longiligne pianiste avait sévi au sein du Mojo Blues Band autrichien).

Dès les premiers soubresauts d’"I love you honey", le rythme est soutenu. Et on se rend compte du rôle important que jouait Chris sur le fameux "Live in Dallas". Sa voix est nasillarde et plutôt aiguë. Vivace et virevoltante sa guitare se lâche dès que le piano tout en boogie de Dozzler se retire. Le swing des Stingers manifeste beaucoup de légèreté tout au long de "Knockin' blues", une plage aux accents West Coast. Le chant expressif et les cordes vibrantes rivalisent de talent devant le saxophone baryton de Jeremy Fuller. Excellent! "Justine" est un rock'n'roll dont l’impact est direct. Dozzler se déchaîne sur ses touches d'ivoire. Pas de fioritures, mais du concret. Tout le monde se balance de la tête aux pieds. "Never let you go" est un titre funky interprété par le trio de base. La guitare occupe tout l'espace, empruntant au passage quelque inspiration à Albert Collins et Stevie Ray Vaughan, tout en préservant son originalité et sa personnalité. Shuffle à la texane, "Sugar mama" coule de source et déborde d'énergie. La section rythmique porte son leader. Dozzler se démène. A cet instant, Zalez se retrouve plongé dans la chaude ambiance du Crawl. Signée Albert Collins, "All about my girl" est une plage instrumentale. Le niveau reste élevé. Issu de la plume de Christine Kittrell, "Sittin' & drinkin" campe un blues lent sévèrement contaminé par le Chicago southside. Les acteurs prennent beaucoup de plaisir tout au long de cette compo chargé de feeling. Autre cover, le "I'm in love" de Little Milton est un rock'n'roll direct conduit à la manière de Little Richard. Armé de sa slide, Chris chante le "Give me a break" de Chuck Willis. Il y est convaincant. Bénéficiant du concours décisif du piano sautillant, ce morceau rappelle également le Crawl. Impossible de passer sous silence le blues lent "All my love". Un titre abordé comme seul un Texan peut le faire. Saturée d’émotion, la guitare est insatiable. Dès que le leader s'éloigne du micro, elle se libère et autorise même Chad Pope, invité comme guitariste à le rejoindre. Il se retire sur "Something right for me". C'est le cas de le dire : un pur rockabilly, rehaussé par le soutien du spécialiste Billy Horton, à la basse acoustique. Un très bon album! 

mardi, 19 février 2008 20:01

Flying high while staying low down

Chanteur/compositeur/multi-instrumentiste, McAllister est texan. De la petite ville de Novice, très exactement. Très en verve dans le domaine de l’écriture on le compare même à des stars comme Doug Sahm, John Hiatt et Delbert McClinton. C’est loin d’être un débutant, car il compte à son actif une discographie impressionnante. Son premier elpee, "Diggin' for sofa change", est paru en 1997. Sur le label anglais JSP. Tout comme "Grease, grit, dirt and spit", l'année suivante. Dans la foulée il commet "Temporary fixes" en 2000, "A little left of center" en 2001 et "Grivers and takers" en 2002, chez Freedom First. Cet elpee est en fait un "Best of Compilation" de l'artiste. Il réunit six plages de "Temporary fixes", cinq de "A little left of center" et autant de "Dope slap soup", un opus qui devait sortir plus tard en juillet 2007, alors que la compile ne date que de 2006 ! (NDR : vous m’avez compris ?)

Confessons-le de suite, ce disque est d'une richesse incroyable. Solides et variées, les compositions tiennent toutes parfaitement la route. La voix est impeccable. Les musiciens manifestent une présence incroyable. La classe et aussi la claque! Extraites des trois elpees, les plages sont mélangées ; mais on ne s'en rend guère compte, tant l’ensemble est homogène. Randy chante et joue de l'harmonica. Il a reçu la collaboration de pas moins de sept guitaristes différents. Talentueux, en outre. Ce qui ne gâche rien.

Par ordre chronologique, "Take me out of New Orleans" nous replonge en 2000. Une rythmique implacable donne le ton à ce boogie rock'n'roll, caractérisé par la guitare incisive du notoire Stephane Burton. "That chicken you're fixin'" semble émaner de la même cité louisianaise. La démarche rappelle Little Feat. La slide donne froid dans le dos. Todd Blalock nous transperce de ses notes impitoyables. L'harmonica est mis en exergue tout au long de "Stronger vice/Better hobby". Mais également les percus de Jimmy Morgan ainsi que l'accordéon de Tim Alexander. Le climat baigne allègrement dans le tex-mex et le zydeco. "Never had a lot of faith" est un titre très riche. A cause de l'orgue, de la voix féminine ainsi que des cordes de Blalock et de Jim Suhler, le voisin de Dallas. Mais après plusieurs écoutes nous découvrons encore de nouvelles sonorités. Et on n’est pas au bout de nos surprises. Flux et reflux d’harmonica balaie "Man who went for cigarettes" et "The chain", alors que deux nouvelles guitares apparaissent : celles d'Andrew ‘Jr Boy’ Jones et de Mike Morgan (oui, celui du Crawl).

De l'album édité en 2001, la sublime ballade "Why" a été retenue. Randy chante admirablement cette compo. Sa présence est sidérante. Il souffle sans trop se forcer dans sa musique à bouche. Des chœurs féminins le soutiennent. Tom Blalock gratte doucement ses six cordes. Empreinte d’accents métalliques, la slide acoustique de Rollo Smith est divine. Son attaque est incisive sur "The sound of leaving". Rollo tire à nouveau son épingle du jeu. Le redoutable Tim Alexander siège derrière les claviers. Uniquement épaulé par le piano d’Alexandre, Randy interprète "Wandering shepherd" d’une voix solennelle. Shuffle louisianais dominé par le piano et la slide, "What moves you" retrouve la Nouvelle Orléans.

Pour le dernier elpee, on a droit ici à deux titres d'ouverture. Tout d’abord l'énergique "The girl ain't right". Une véritable perle illuminée par les cordes de Matt Woodburn et de Mike Morgan ainsi que la voix très présente de Miss Banita Arterberry-Burns. "Clear my head" ensuite. Peut-être la plus belle plage. Tout en affichant un évident potentiel commercial, elle permet à l'orgue d'Alexander et à la slide de Woodburn de faire la différence. Le recueil recèle encore la ballade soul "Close your eyes" et un "Baptist church van" caractérisé par un chant majestueux et un orgue imposant, une plage au cours de laquelle le riff est imprimé par la rythmique de Mitchel Smithet et la slide de Woodburn. Une œuvre majeure que je vous conseille vivement.

mardi, 12 février 2008 20:23

Buddy Whittington

Buddy est texan. Il est né à Fort Worth. En 1956. En 1993, il remplace Coco Montoya chez les Bluesbreakers de John Mayall. Quinze années plus tard, il y milite toujours. Il est ainsi devenu le gratteur resté le plus longtemps auprès du vieux John, gage certain de son talent. Au cours des années 80, il drivait son propre groupe : les Sidemen. En 91, Mayall découvre les Sidemen au club Dallas Alley. Le vieux renard mentionne immédiatement le nom du guitariste ; et inutile de vous raconter la suite… Une majeure partie de l’année, il tourne en compagnie des Bluesbreakers. Le reste du temps, il vit chez lui, au Texas. Ce qui lui permet de jouer auprès de ses nombreux amis et bien sûr des Sidemen…

Ce premier elpee de Buddy s’ouvre par un véritable brûlot : "Young & dumb". Il prononce quelques phrases avant que n'éclate sa slide ; un violent coup de tonnerre libérant une puissance inouïe. Le personnage a du coffre. Son chant se met au diapason des cordes. Michael ‘Mouse’ Mayes est préposé à la seconde guitare. Il fallait s’y attendre, il donne une réplique énergique attendue. L’ex-Black Oak Arkansas, également impliqué sur le Dr. Wü Project, se révèle un partenaire de choc. "Pay the band" conserve cette force naturelle. Le chant est surpuissant. Les guitares sont à l'affût. Derrière ses fûts, Mike Gage imprime une assise rythmique idéale pour soutenir les solistes. L'intro de "Minor blues" est plus subtile. A cause du rythme syncopé réminiscent des îles exotiques. Cette excellente composition démontre l'originalité de l'écriture et met en exergue le talent sur les cordes. Buddy se révèle ici inventif, concis, léger et très adroit, pendant que Rex Mauney se consacre à l'orgue Hammond. Buddy est texan. Evidemment, il aime les bonnes guitares texanes. Plage funky, "Stevie rave on", vous l'aurez deviné, adresse un clin d'œil à l'ange disparu d'Austin, Stevie Ray Vaughan. Lors de la partie réservée au soliste, Mouse Mayes relève bien le gant. Billy Gibbons est un autre gratteur apprécié par Buddy. "Second banana" en est la plus parfaite démonstration. On croirait presque entendre ZZ Top : la voix, la manière de chanter, et puis les deux guitares qui se conjuguent à l'unisson pour concocter ce ‘rock’ ravageur et terriblement aguicheur. Whittington doit être un véritable fan du trio barbu ; car, en fin de parcours, il reprend l'un de mes titres favoris de ZZ Top. Une longue plage lente aux accents bluesy : "Sure got cold after the rain fell". Ce titre figurait sur le deuxième elpee des Texans, "Rio Grande Mud". La version de Buddy et cependant sans surprise. Proche de l’originale même. Mais elle est très belle… Deux guitares participent à l’instrumental atmosphérique, "Greenwood". Sa ligne mélodique est infaillible. Rocking R&B, "Can't be good for me" bénéficie du concours d’une section complète de cuivres. "Romance classified" constitue le moment le plus bluesbreaker de l'album. Issue de la plume de Buddy, cette plage figurait sur l'album "Stories" de Mayall. Cet opus de classe s’achève par "Every goodbye ain't gone". Le chant est passionné. Michael Hamilton siège derrière les claviers. A mon humble avis on va encore parler de ce Buddy Whittington. Un phénomène, c’est une certitude ! Je vous invite donc à fermer les yeux pour réécouter ce superbe "Sure got cold after the rain fell", un morceau empreint d’une telle tristesse, mais empreint d’une telle sensibilité et reflétant une telle beauté intérieure…

mardi, 12 février 2008 20:18

At Notodden Blues Festival

Si vous appartenez à la catégorie des nostalgiques qui ont encore la larme à l'œil, en pensant au fameux British blues boom des sixties, tendez l'oreille, car ce disque devrait vous consoler. En effet, quelques stars de la grande époque ont décidé de se réunir pour partir en tournée. Il y a environ trois ans. Cette initiative s’est concrétisée à la demande des organisateurs du Blues festival de Notodden en Norvège. Ils souhaitaient rendre un hommage au blues anglais. Et ce souhait a été exaucé. En 2004. Le pianiste de blues et boogie, Bob Hall, avait été chargé de réunir une équipe. Mais au fil des concerts, la liste des participants a changé. Pour la circonstance, Long John Baldry (chant), Kim Simmonds, Tom McGuinness et Peter Green (guitare et chant), Bob Hall (piano et chant), Colin Allen (drums), Gary Fletcher (basse) et Steve Beighton (saxophones) avaient répondu à l’invitation. Mais lorsque les BBAS se sont produit à Harelbeke, le chanteur guitariste Tony McPhee des Groundhogs était également de la partie.

Kim Simmonds, le leader intemporel de Savoy Brown, ouvre les hostilités. Il chante son "When it rains". Une bonne composition issue de l'album "Strange dream", un disque paru en 2003. Sa voix n’est pas toujours assurée, mais sa guitare offensive répercute son style très particulier. Il embraie par le "Mississippi steamboat" de Fenton Robinson (NDR : qui figure sur l’elpee "Blues keep me holding on"). Le tempo est assez vif.  Kim manifeste une certaine agressivité dans l’attaque de ses cordes ; mais sans jamais souffrir de la moindre lourdeur. Il développe ses idées dans un registre qui lui appartient. Inopinément, un autre gratteur lui donne la réplique. Sa réserve voire sa timidité trahit la présence d’un Peter Green contemporain. Kim chante "Where has your heart gone?", un morceau qu'il interprétait sur l'opus live de Savoy Brown, "You should have been there". Une plaque également éditée en 2004. Un excellent blues lent caractérisé par cette intensité qui n’appartient qu’au british blues. La guitare demeure en retrait jusqu'au moment où incapable de se contenir, elle éclate et libère ses cordes. Tom McGuinness chante son "Standing by the window". Il est convaincant. Tom n'a jamais été une star, mais sa longue carrière mérite le respect. Quarante-cinq ans plus tôt, il militait déjà chez Manfred Mann. Il collabore toujours au projet du Blues Band, tout comme Bob Hall et Gary Fletcher, ici présents. Sur cette plage, Peter Green joue de l'harmonica. Tom interprète également "I got my eye on you", une ballade accrocheuse au cours de laquelle Peter se réserve un solo d'harmonica très cohérent. Peter assure les vocaux de son fabuleux "Black magic woman". Un instant d'intense émotion ! Depuis son retour, il n'est bien sûr plus que l'ombre du géant qu'il a été. Mais sa voix est toujours hantée par ce feeling unique. En outre, je suspecte fort l’omniprésence de Simmonds à la six cordes. Bob Hall jouit d’une solide réputation dans le boogie woogie. Sur les 88 touches d'ivoire. Et il le démontre tout au long du célèbre "Pinetop's boogie woogie". Il est même brillant ! Bob chante "Beehive blues", un blues relax. Nous sommes sur l'axe Chicago - New Orleans. Ah, si seulement il était aussi bon chanteur que pianiste! Lorsque Long John Baldry prend le relais sur "Midnight in New Orleans", nous savons de suite que nous sommes ici en présence du seul véritable chanteur des Stars. Sa voix est chaude. Mieux, brûlante. Ce crooner était un pionnier du british blues, à l’instar d’Alexis Korner et Cyril Davis dans Blues Incorporated. L'atmosphère est très jazz. Très à l’aise, Kim Simmonds est dans son élément. Le sax de Beighton tire enfin son épingle du jeu. Long John en remet une couche et dans le même style, sur "Shake that thing". Le rythme est frénétique. Le climat passe au R&B ; et les mêmes solistes, Kim et Steve, décollent. Il faut cependant attendre la fin de l’elpee pour pouvoir goûter au style incarnant la genèse du blues anglais. Long John chante une nouvelle fois "Everyday I have the blues" comme il le faisait au début des sixties, lorsqu’il côtoyait Korner et Davies, et que le regretté Dick Heckstall Smith soufflait dans ses saxophones. Cette petite tranche de souvenir bien sympathique s’achève par "Baldry's out", un boogie allègre et vivifiant. Cette œuvre est dédiée à la mémoire de Long John Baldry qui s'est éteint le 21 juillet 2005. 

mardi, 12 février 2008 20:16

Texas Blues Project Vol 1

Ce projet est le fruit de la collaboration entre deux amis texans qui jouent ensemble depuis trente ans au sein de diverses formations, et ont coécrit plus de 200 chansons. Jim Ashworth et Bryan Freeze ont baptisé ce nouveau concept Dr. Wü, en référence à une chanson de Steely Dan, autre duo constitué des célèbres Donald Fagen et Walter Becker, régulièrement épaulés par de brillants musiciens. Ashworth et Freeze ont donc décidé d’adopter cette même philosophie en engageant des collaborateurs issus de leur bonne ville de Forth Worth (NDR : c’est près de Dallas !) Surprise, lorsqu’on consulte les notes du booklet, on constate que Bryan Freeze joue de toute une série d’instruments différents, alors que Jim Asworth est crédité de ‘nothin'’ ; autrement dit, il ne joue de ‘rien’ ( ?!?!?!). Le duo signe toutes les chansons. Une exception, une ! Omniprésents, le chanteur Charlie Bassham et le bassiste Gary Owen participent cependant parfois à l'écriture.

L’opus s’ouvre par le puissant "I don't need no woman like you". Buddy Witthington, concitoyen célèbre, crache des flammes à la guitare. Pas pour rien qu’il est un Bluesbreaker indissociable de John Mayall depuis 15 ans. Charlie Bassham se révèle excellent chanteur. "Stop your lyin" manifeste davantage de sérénité.  La voix de Charlie reste claire. Il pousse ses cordes vocales en affichant beaucoup d'autorité et d'aisance. Gary Grammer souffle dans son harmonica. Freeze se réserve les guitares. La seule cover a été immortalisée en public : le "Jacksboro highway" de Gary Nicholson. Buddy Whittington se taille à nouveau la part du lion. Sa voix est surpuissante. La slide bien présente et créative. Jacksboro Highway était un strip bar de Fort Worth, dans les fifties. De nombreux bluesmen comme Jimmie Reed, Ray Sharpe et Delbert McClinton s'y produisaient. "I don't care blues" est un bon blues rythmé inspiré par le Delta. Grammer est à l'harmo et Rollo Smith, autrefois gratteur des Naughty Sweeties, maîtrise divinement la slide. Ballade séduisante, "Sister blue" trempe dans le R&B. Bassham semble incarner le troisième homme du projet. Une révélation au chant ! Bryan Freeze siège derrière l'orgue Hammond. Le bassiste Jerry Hancock (ex-Smokin' Joe Kubek Band) et le drummer Mike Kennedy (un ancien du Freddie King Band) forment la section rythmique. Elle déborde de groove. Blues rocker, "I wanna love you" est balisé par la guitare de Lee Pickens. Très roots, "When I get to heaven" nous replonge dans le Delta blues. Les cordes du même Pickens sont bien amplifiées. Ce gratteur milite toujours chez Bloodrock, une formation de hard rockin' blues ayant vécu naguère, dans cette ville de Fort Worth, un succès certain ; et qui se reforme épisodiquement. Entretenu par le saxophone de Rodney Bowens, "The fool around" est un R&B dansant. "Storm watch warning" constitue enfin le long slow blues attendu. La démarche dramatique est marquée par la guitare de Danny Hubbard et l'orgue Hammond omniprésent de Red Young (NDR : membre de Red & the Redhots). De sa voix grave et expressive Charlie domine ce grand blues ! Ce recueil demeure intéressant jusqu’à son terme. Légèrement funky, "Come back baby!" est à nouveau nappé par l'orgue de Red Young et balayé par les cordes du brillant Stephen Burton (remember Storyville!). Le pétillant "High maintenance baby" s’avère une des meilleures plages de l’opus. Le talent de James Pennebaker est ici mis en exergue. Cet autre gratteur subtil et impeccable est un ancien partenaire de Leroy Parnell et Delbert McClinton. Buddy Whittington opère son retour en compagnie de Mouse Mayes, un ancien de Black Oak Arkansas et de Point Blank, pour accorder l’inévitable "Nothin' like Texas blues", une sorte de résumé de cette œuvre. A suivre, car Dr. Wü envisage déjà un deuxième volume de ce projet. En attendant, je vous invite à vous régaler en dégustant cette solide tranche de blues texan.