Ce coffret réunit 2 Dvd. Le premier immortalise un set live accordé à Montreux en 1973 ; et sous-titré "Boogie with Canned Heat – The Canned Heat story", le second constitue un documentaire consacré à l’histoire du combo mythique.
Nous sommes au cours de l'été 1973. Au Festival Jazz de Montreux. Pour une soirée ‘Blues’. Le rideau s'ouvre sur le Heat qui démarre en puissance par leur hymne "On the road again". Bob ‘The Bear’ Hite est à l'avant-plan. Il n'est pas trop enveloppé et semble en bonne forme. Il chante et balance ses interventions à l'harmonica. Autour de lui, on retrouve les inévitables Henry Vestine à la guitare et Fito de la Parra à la batterie. Sans oublier son frère, Richard Hite à la basse, James Shane à la guitare et Ed Beyer aux claviers. Le public est nombreux. Les vibrations sont bonnes et la prise de son impeccable. Henry égrène ses notes en guise d'introduction à un blues lent. The Bear s'approche du micro et introduit un grand parmi les grands : Mr Clarence ‘Gatemouth’ Brown. Il a l'air bien jeune. Il épaule sa guitare et se met à chanter d’un timbre chaleureux et rassurant, "Please Mr Nixon". Shane se réserve le premier solo de cordes tandis que Gatemouth glisse au violon. C’est le bonheur complet! Très éclectique, Brown embraie à l'harmonica. Il s’attarde sur cet instrument pour attaquer "Funky", un instrumental vigoureux auquel le public participe largement. A l’époque, Brown était très extraverti. Il se comporte en véritable leader du Heat et délivre ainsi son "About my Oo Poo Pa Doo", laissant même Sunflower s'éclater sur ses cordes, avant de reprendre la manœuvre. Pendant ce temps, Bear semble vivre dans un autre monde, se secouant la carcasse de la tête aux pieds! Clarence termine par "Worried life blues", un classique éblouissant au cours duquel Bob l’hirsute souffle passionnément dans son harmo alors que Brown parcourt son manche avec panache. Le Canned Heat reprend les rennes de son show. James Shane empoigne le micro pour interpréter le classique "Night time is the right time". Hite revient chanter le hit ( ?!?!?!) "Let's work together". Il est excité comme une puce et parvient à faire décoller Vestine. Beyer s’active au piano lorsque Bob chante "Rock and roll music", à la manière de Fats Domino. Shane attaque "Lookin' for my rainbow" de son bottleneck acoustique. Il y partage un duo en compagnie de Beyer. Le concert s’achève. The Bear saisit une Gibson Les Paul et se met à plaquer les accords immortalisés par John Lee Hooker. C’est le signe de départ d'une finale enflammée : "Shake 'n Boogie". La silhouette longiligne de Vestine émerge pour produire son boogie déjanté avant de laisser Fito, bien plus chevelu et barbu qu'aujourd'hui, s'éclater à son tour sur ses fûts!
Le Canned Heat story est découpé en tableaux successifs. Tout d'abord, un hélicoptère survole le site du festival de Woodstock. Nous sommes en 1969. Al ‘Blind owl’ Wilson ne porte pas de lunettes. Il joue de la slide. Le son est puissant. Il introduit le boogie. Larry Taylor est à la basse et, pour la première fois, les cordes sont dévolues à Harvey Mandel.
Le narrateur nous raconte les débuts du groupe à L.A, lorsque Mark Andes se consacrait à la basse et Frank Cook aux drums. Alfredo ‘Fito’ de la Parra va nous guider de sa voix pendant plus de deux heures pour retracer cette aventure extraordinaire. Un documentaire parsemé d'interviews (notamment celles de Skip Taylor, leur premier manager, et de Larry Taylor), de nombreuses photos et courts métrages.
Eponyme, le premier elpee est paru en avril 1967. Il salue le séjour de Larry ‘The Mole’ Taylor à la basse.
Les musiciens du groupe sont jetés en prison. A Denver, au Colorado. Motif : détention de marijuana. Al Bennett, le patron de Liberty, paie 10.000 dollars pour les libérer ; mais en échange, prend désormais 50% de leurs droits d'auteurs. Bennett avait fait la bonne affaire, puisqu’elle allait lui rapporter au moins 2 millions de dollars par la suite!
Fito débarque et remplace Cook avant l'enregistrement du second album : "Boogie with". Vêtu de son incroyable pochette psychédélique, cet elpee recèle le hit éternel "On the road again", un titre au cours duquel la voix aérienne de Wilson et l'harmo de Hite font merveille.
Août 69. C'est le festival de Woodstock. Suite aux disputes incessantes entre Taylor et l'imprévisible Vestine, un nouveau guitariste a été recruté. Ce n’est pas Michael Bloomfield. Il a pourtant été contacté, mais il a refusé l’offre. Harvey ‘The Snake’ Mandel reprend donc ce rôle. Woodstock c'est aussi un hymne célèbre : "Goin' up the country".
"Future blues" est paru en 1970. Al Wilson y lance déjà un cri d’alarme pour la protection de l'environnement. Au passage, on y découvre de superbes extraits de l'émission "Beat club" diffusée sur la TV allemande. Lors de l’interprétation de "Let's work together", Mandel se révèle impérial. La voix de Bear est autoritaire. La slide de Wilson bouleversante. L'histoire de la réalisation de la pochette est épique. Les prises de vue ont été opérées dans le désert, pour recréer les paysages de la Lune. Les musiciens sont vêtus de combinaisons de cosmonaute. Ils plantent le drapeau américain… à l'envers. L’entreprise est couronnée de succès, mais Larry est fatigué. Il quitte le navire et emmène Mandel pour rejoindre le projet de John Mayal, ‘USA Union’.
Taylor parti, Vestine revient et Tony de la Barreda se charge de la basse. Canned Heat et John Lee Hooker célèbrent alors leur première collaboration sur "Hooker 'n Heat". Le roi du Boogie considérait Wilson comme l’harmoniciste le plus brillant de l'époque. Pourtant, ce dernier était de plus en plus déprimé. Et il a fini par se suicider. C'était le 3 septembre 1970. Ce qui n’a pas empêché l’aventure du Heat de se poursuivre. Jusqu' aujourd'hui encore! La suite de cette histoire sur le Dvd…