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Le parfum de vie de Goudi

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Danny Van Hemelen

Danny Van Hemelen

mardi, 15 août 2006 05:00

Pop essentielle!

Sur les photos de presse, elles portent des robes très kitsch. Leur patronyme évoque les groupes pop des années soixante comme les Ronettes. Leur musique est d'ailleurs imprégnée du climat musical de cette époque. Elles en sont même contaminées. A fond les manettes. Et le résultat est… génial ! Sans rire, l'écoute de leur premier album, « We Are The Pipettes », apporte un sérieux coup de frais. Agréable mélange de mélodies pop fugaces et de tonicité rock bien calibrée, leurs chansons, toutes en simplicité et en saveur, accrochent très facilement. En outre, elles ont l'intelligence de ne pas en rajouter. Ainsi, leur disque est assez court, mais très marquant. Visiblement, ces filles (Gwenno, Becki et Rose) visent l'efficacité. Pari gagné haut la main !

« Musicalement, on a vraiment cherché à aller à l'essentiel », nous confie Rose, « A exprimer l'essence même de la musique que nous aimons et que nous jouons. Bien sûr, nous avons été séduites par les sonorités des sixties, mais nous n'en faisons pas une fixation. Nous ne sommes pas un groupe revivaliste. Nous avons une identité propre et nous comptons bien le démontrer en proposant, dans le futur, des disques constamment différents ». En attendant, c'est vraiment à travers une musique pop très 'philspectorienne' que les Pipettes se révèlent. Et la formule fonctionne très bien : en Angleterre, on parle beaucoup d'elles et ailleurs, on semble leur faire confiance. Le groupe a ainsi été invité à participer à quelques gros festivals, dont le Pukkelpop ce week end !

« Evidemment, on est ravies du déroulement des événements. Mais bon, on a bossé sérieusement aussi, pour arriver à un tel résultat. Ce que l'on peut entendre sur l'album, c'est la somme de deux années de travail, même si le disque (NDR : enregistré à Londres) a été mis en boîte en deux… semaines ! Et nous avons déjà accordé plein de concerts. Nous disposons donc des bases solides ». Et, visiblement, un bon degré de maturité, aussi. « A ce niveau là, nous ne pouvons que louer le travail de Andy Dragazis et Gareth Parton, qui ont produit et mixé l'album. Ils ont très clairement compris où nous voulions aller et se sont parfaitement fondus dans le moule du groupe. Leur apport a été important ».

S'il met en avant trois nanas, The Pipettes n'en est pas moins, de l'aveu même de Rose, un groupe plus complet qu'il n'y paraît : « Sept personnes sont véritablement impliquées dans le line up, en tant que musiciens, compositeurs, etc. Bien sûr, avec Gwenno et Becki, nous représentons l'impact visuel du band mais, en réalité, les autres sont aussi importants que nous. J'insiste sur ce point parce que le groupe tire sa consistance de l'apport de chacun. Nous sommes tous de vrais passionnés de musique et chacun alimente le parcours du groupe avec son héritage musical, ses intérêts pour tel ou tel registre et son énergie. Nous misons sur cette cohésion pour durer et faire évoluer The Pipettes ».

Le nom du groupe serait-il un clin d'œil adressé Ronettes ? A ce que ce groupe représente ? Et dans un contexte plus contemporain aux Raveonettes ? La réponse fuse : « Les Raveonettes, on ne les connaissait pas avant que notre entourage nous en parle. En outre, on avait déjà choisi le nom du groupe. Mais il est vrai que la connotation 'pop sixties' nous plaisait ; et puis, aussi, il ne faut pas oublier que les pipettes sont des tubes utilisés en laboratoire. Or, nous avons de notre groupe, une vision vraiment orientée vers l'expérimentation ».

Bon, on retiendra surtout le premier élément, tout de même plus rigolo et sympathique que le second… Et on salive en tout cas d'impatience à l'idée de découvrir ces Pipettes en live, ce week-end au Pukkelpop. Pourvu qu'il y ait du soleil et un petit vent frais ; ce serait le contexte idéal pour qu'elles puissent se mettre en évidence !

 

mardi, 09 mai 2006 05:00

Petits Cauchemars entre amis

Oui, bien sûr, le jeu de mot est très facile mais manifestement, le groupe français Asyl, dont le premier véritable album (« Petits cauchemars entre amis ») sort le 12 mai, mérite une attention certaine. Pas que ce groupe soit terriblement révolutionnaire, mais au moins il est vrai, sincère, ouvert et ses références sortent de l'ordinaire aseptisé d'aujourd'hui. Vous leur parlez 'influences' et ils vous citent un tas de noms, des Sex Pistols à Berurier Noir, en passant par Das Ich, Strychnine, Taxi Girl, les Stranglers, Bauhaus, Joy Division ou encore Fugazi ainsi que la vague hard core new-yorkaise en général. Bref, ces quatre jeunes gars originaires de La Rochelle ont le rock – le vrai et au sens large! - dans la peau et ils le revendiquent! Nicolas Freidline, le guitariste, s'est fait le porte-parole de la formation

Nous sommes avant tout de vrais fans de musique. C'est pour ça qu'on est là et qu'on joue déjà ensemble depuis plus de dix ans. Quant on a commencé, en 95, on avait quatorze - quinze ans. En 97, le groupe était au complet et recensait les musiciens actuels. Depuis, on a tout vécu ensemble, par passion. On a toujours écouté beaucoup de musique et de tout. Mais il est clair qu'un groupe comme Nirvana a été une grande influence, tout comme les Pistols, la scène punk française, les sorties du label Sub Pop. Aujourd'hui, on a notre personnalité, mais on ne peut nier avoir été marqués par plein de groupes... 

Vous avez tourné pour une vingtaine de dates en compagnie des Stranglers. Un bon souvenir, probablement … 

On adore ce groupe en plus. Nous avons eu un très bon contact avec Jean-Jacques Burnel. On a aussi tourné en compagnie des Buzzcocks ; un vrai groupe mythique à nos yeux. Pour nous, côtoyer ces gens là valait plus que jouer avant Blink 182, qui sont pourtant plus actuels. 

Comme la majorité des groupes rock, vous avez écumé les bars et les petits festivals avant de prendre une dimension supérieure. Grâce à votre premier cd auto-produit, sorti il y a quatre ans ? 

Certainement, oui. Il nous a bien servi de carte de visite. On a pu jouer dans des festivals plus importants, rencontrer des gens qui nous ont aidés, signer sur un label (Because, distribué par Warner), en 2004, après avoir arrêté nos études pour nous consacrer uniquement à la musique. On a dû vivre, à cette époque, du RMI (revenu minimum d'insertion) ; mais on connaissait clairement quel était le but de notre vie. On a sorti un EP l'an dernier et puis ce fut l'enregistrement de l'album, à Londres sous la houlette d'Andy Gill.

Qui est le guitariste de Gang of Four et a produit des gens comme Killing Joke, les Red Hot, Jesus Lizard ou Boss Hog, pas mal… 

On a été super contents de bosser en sa compagnie. Surtout que c'est lui qui nous a contactés. En fait, il était intéressé de nous produire. La collaboration a été bonne, car la vision d'Andy est proche de la nôtre. 

Actuellement, vous tournez avec Indochine. On sait que Nicolas (Sirkis) apprécie donner un coup de pouce à des jeunes groupes, comme Daisy Box il y a peu… 

Au départ, on était potes avec sa femme, qui a accroché à notre musique. Par la suite, lui aussi est venu nous voir et a bien aimé ce qu'on faisait. Mais sa relation entre nous n'a rien de 'paternaliste' ; c'est uniquement de l'amitié. 

Vous semblez aimer les titres d'albums à consonance un brin énigmatique. Votre cd autoproduit s'intitulait « Maquillage, Substance et Modernité » ; l'EP paru l'an dernier, « Hiroshima Mis à Mort », et l'album qui vient de sortir « Petits Cauchemars Entre Amis ». Ces mots là ne sont pas associés par hasard… 

Non, c'est évident. « Petits cauchemars » est un clin d'œil au film « Petit Meurtre entre amis » (de Danny Boyle, le réalisateur de « Trainspotting »). C'est aussi un titre qui figure sur notre tout premier cd et qui correspond bien, selon nous, à certains textes du nouveau. On y parle de serial killer, d'amour pervers, ce genre de sujets qui ont inspiré Mathieu (Lescop, le chanteur). Mais je reconnais qu'on aime assez jouer avec les mots. 

Avec les références, aussi. Trois titres du nouveau cd sont intitulés « Zeppelin », « Pierres brûlantes » et « Generation ». Difficile de ne pas penser à Led Zep, aux Stones et aux Who… 

On revendique complètement notre culture rock et ces groupes là en font forcément partie, également. Mais nous ne sommes pas non plus braqués sur le passé. Notre démarche est quand même tout à fait contemporaine. 

Après votre tout récent passage à Liège, vous comptez revenir bientôt en Belgique pour y jouer ? Lors de l'un ou l'autre festival ? 

On ne demande pas mieux. On jouera partout là où on nous demandera de venir.  On apprécie être confrontés à un public qui nous découvre. Il y a six mois, on s'est produit à Prague et cela c'est super bien déroulé. Les gens avaient l'air contents ! Donc avis aux promoteurs, appelez nous ! 

Votre prochain projet ? 

On retourne bientôt à Londres pour enregistrer une version anglaise de « Je Sais (Tout de Vous) ».  Une nouvelle étape, peut être…

Quelle agréable sensation que de retrouver un groupe fétiche qui renoue, presque subitement, avec son meilleur niveau ! Au cours des dernières années, Andy Cairns et son Therapy ? étaient loin de proposer des albums proches, en qualité, du génial « Troublegum », sans aucun doute leur meilleur opus. A chaque fois, il manquait ce petit quelque chose, cet éclair de génie qui fait la différence. A moins d'être trop optimistes, nous pensons que ce niveau de qualité, celui de l'album phare de la discographie du groupe (750.000 exemplaires vendus, quand même, et ce sans démarche commerciale puante !), le trio irlandais vient de le retrouver par la voie d'un « One Cure Fits All » particulièrement percutant, lui aussi. Et, sincèrement, on s'en réjouit car, invariablement, Therapy ? est avant tout resté lui-même, même quand la 'magie' n'avait plus trop cours. Jamais le groupe n'a cherché à quitter sa voie, son parcours. A croire que celui-ci ne devait pas être linéaire. Sinon pourquoi après « Troublegum », fallait il pondre un successeur aussi différent que cet « Infernal Love » qui, probablement, marqua le déclin du trio ? Andy Cairns est, aujourd'hui, très optimiste. Pour son onzième album, Therapy ? a fait fort et, clairement, il le sait. Il manifeste pourtant sa confiance avec prudence et doigté. Récemment de passage à Bruxelles, il nous a expliqué…

Nous avons choisi de revenir à l'essentiel de notre musique : soigner les mélodies et l'impact de nos compositions ; c'est ce que nous avons eu envie de faire. « One Cure Fits All » est donc, prioritairement, habité de titres courts, nets et marquants. Nous n'avons pas compliqué la mécanique : juste livrer l'essentiel et aller droit au but ! Quand j'écoute le disque, je retrouve très bien notre état d'esprit !

Le cd est court aussi, il fait à peine une quarantaine de minutes…

Pour moi, cela n'est pas important. Pendant la phase d'enregistrement, qui n'a duré que deux semaines, nous avons mis en boîte dix-huit titres. Nous n'en avons finalement gardé que treize ; ceux qui nous paraissaient être véritablement indispensables. Notre credo était la qualité ; le nombre et la durée n'étaient pas des critères primordiaux.

Vous avez enregistré dans l'urgence où avez-vous œuvré l'esprit serein ?

Nous étions surtout très bien préparés. Avant d'entrer en studio, nous avions toutes ces compos très bien en main. On les avait déjà jouées à maintes reprises. Donc, les sessions d'enregistrement ont été très efficaces. On a capté chaque titre cinq ou six fois et on a gardé les meilleures prises. Mais on ne devait rien apprendre en enregistrant, c'est important.

Le choix du producteur de l'album est malgré tout assez étonnant. Pedro Ferriera a produit le « Permission To Land » de The Darkness. Ils n'évoluent pas vraiment dans le même registre que Therapy ?

C'est vrai mais, au décompte final, Pedro a fait ce qu'il fallait : il nous a laissé sortir de nous-mêmes ce qui y résidait au naturel. Nous avions cette hargne, cette dose d'énergie qui ne doit pas être canalisée. Et comme nous avions déjà très bien préparé nos compos, son travail s'en est trouvé simplifié. Toutefois, je tiens à préciser que c'est vraiment un bon producteur. La preuve : c'est lui qui nous a proposé de produire l'album. Il suit le groupe depuis longtemps déjà. On peut donc dire qu'il a du goût, c'est certain ! (il se marre).

Honnêtement, tu n'as jamais paniqué en voyant les ventes de disques du groupe dégringoler, au cours des dernières années?

On réalisait ce que nous pensions devoir concevoir. A partir de là, le reste est forcément aléatoire. Qui plus est, nos ventes d'albums sont croissantes depuis quelques temps. C'est vrai qu'on n'est plus au niveau de « Troublegum » mais, enfin, la courbe se dirige vers le haut. Tout ne va donc pas si mal.

Vous allez probablement reprendre la route très vite…

Dès à présent. Nous débutons dans quelques jours (comprenez le 6 mai), une série de concerts en Angleterre. Nous jouerons, dans la foulée, dans le reste de l'Europe. Nous sommes terriblement motivés et heureux de partir en tournée tant nous avons envie de jouer les compos de « One Cure » en live.

Le line up actuel du groupe (le même depuis trois ans) implique l'inévitable Michael (McKeegan, le bassiste) et le batteur Neil Cooper. Satisfait ?

Parfaitement. Pour moi, il peut rester inchangé le plus longtemps possible. C'est d'ailleurs la qualité, la cohésion actuelle du groupe qui a permis d'enregistrer un bon album. Nous nous trouvons les yeux fermés et nous nous comprenons très facilement. C'est essentiel.

Vous vous produisez dans quelques jours, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles (le 17 mai). On vous retrouve par la suite pour l'un ou l'autre festival ?

Probablement, oui. Ce sera, en tout cas, le cas à l'Octopus festival. Et il n'est pas impossible qu'il y ait encore l'une ou l'autre date au programme. Le calendrier est occupé de s'élaborer.

 

mardi, 21 novembre 2006 04:00

Les bons états Daan !

Même s'il y a déjà quinze ans qu'il arpente la scène musicale belge (dont une sacrée période au sein de Dead Man Ray), Daan Stuyvens n'a jamais paru aussi en forme qu'aujourd'hui !  Peut être parce qu'il semble avoir trouvé bonheur et équilibre dans sa vie… Daan vient tout juste de sortir « The Player », son quatrième opus en solo. Un disque, en effet, pétant de forme, très mélodique, diversifié et inspiré. Le registre électro-pop-rock-dance n'a pas changé mais il semble encore mieux exploré.

C'est vrai que je me sens bien. Je rencontre moins de soucis qu'avant et ma vie privée m'intéresse de plus en plus. C'est sans doute la raison pour laquelle il y a vraiment beaucoup d'énergie et de joie de vivre dans le nouvel album…

« The Player » est un album très accrocheur. As-tu voulu élargir davantage ton audience, après le succès de « Victory » ?

Avant, j'avais un peu une réputation de 'marginal', aux yeux du public. « Victory » a fait évoluer les appréciations dans la mesure où il a beaucoup mieux marché que mes autres albums et cette situation m'a forcément ouvert des portes et octroyé un statut plus relevé. On écoute donc peut être plus facilement mes disques. Ce que j'ai cherché à faire ici : créer un lien entre ma vie personnelle et la musique. Depuis que j'habite Bruxelles, je rencontre plein de monde, je vis plus de moments parfois inattendus. Tout cela m'a beaucoup inspiré et quand j'avais une idée, je la chantais sur la boîte à messages de mon GSM. Ce disque c'est donc un peu le contenu de ma boîte, si tu veux.

L'album file un peu dans tous les sens. C'était voulu ?

J'ai toujours travaillé très vite. Je pars dans un trip et il en sort des idées. Après, j'opère un certain tri, mais forcément il y a des tas de couches différentes qui restent. C'est très bien, c'est justement ce dont j'ai besoin. Je ne me flanque pas automatiquement derrière un instrument pour écrire une chanson ; je laisse libre cours à mon inspiration. J'ai besoin de ces conditions un peu chaotiques.

Le disque est aussi ton plus fort sur le plan simplement mélodique. Y as-tu apporté une attention particulière ?

Une approche assez binaire, en somme : laissons les belles choses être belles. J'ai simplifié mon jeu mais sans méthode scientifique, juste à l'esprit !

Ton clip tourné à Berlin ?

Juste une idée un peu folle. Ce sont souvent les meilleures !

Sur « The Player », tu chantes aussi en français (« Le Vaurien ») et en allemand (« Adrenaline »)!

Oui, c'est un peu inattendu aussi. Mais je trouve que le résultat sonne bien. Alors pourquoi pas ? Mes proches ont été un peu surpris. Le ton général de l'album pas du tout, par contre. D'ailleurs, il y recèle beaucoup de références qu'ils ont comprises tout de suite !

Le Daan 2006 a-t-il des idées expansionnistes ? Genre faire le forcing pour marquer le coup à l'étranger ?

Comme tout le monde, je ne dirais pas non. On partira d'ailleurs donner quelques concerts à droite et à gauche en février/mars prochains. Mais bon, chaque chose en son temps. J'ai vraiment envie de profiter de ce que je vis. Plus que jamais !

Ton approche des concerts évolue ?

Elle se complète, je dirais. Je peux désormais aborder plusieurs formules. En festival, je joue les morceaux les plus dansants ; en salle, je peux introduire plus de nuances et je donne des 'concerts piano' pour m'amuser aussi avec le reste. Chaque pièce a sa place dans le puzzle ! 

 

 

 

 

mardi, 21 novembre 2006 04:00

Le feu sacré

On est forcément suspect quand on est branché 'pop rock' et qu'on cartonne en radio et dans les charts ? Sans doute, oui. Et pourtant, il existe parfois de vraies qualités derrière les frais minois jetés en pâture sur MTV. Tiens, prenez Nerina Pallot, dont le « Everybody's Gone To War » a fait un carton magistral il y a peu : il semble évident que la fille a autre chose en tête que la prochaine plage sur laquelle elle ira se vautrer en compagnie de son nouveau boy-friend, après avoir pris le soin de faire passer le message aux paparazzis du coin… De père franco-anglais et de mère indienne, la (très) jolie Nerina manie même l'humour avec beaucoup d'à propos, comme pour le clip de son hit planétaire, vraiment bien taillé ! Cela ne marche pas toujours, notez…

J'ai sorti un premier CD, « Dear Frustrated Superstar », en 2001. Mais aujourd'hui, quand je repense au titre de cet album, j'ai honte ! J'ai voulu faire de l'humour mais je crois que personne n'a compris, à part moi !

Tu as donc pris un départ un peu loupé et les choses se sont compliquées…

Je me suis plantée sur différents points pour ce disque. Ce qui m'a permis d'acquérir une certaine expérience de manière à ne plus reproduire les mêmes travers par la suite, mais bon... Au niveau business, les événements ne se sont pas trop bien déroulés non plus puisque ma firme de disques de l'époque (Polydor) et moi avons rompu le contrat signé. Je suis donc repartie à zéro, ou presque, et j'ai donc repris des études, tout en continuant à écrire des chansons.

Pour un second album qui est sorti quatre ans après. C'est long…

Peut être, oui, mais j'avais envie de faire quelque chose de franchement bien. « Fires » est sorti sur mon propre label et on ne disposait que d'un budget modeste octroyé par la société d'édition qui a toujours travaillé avec moi (NDR : Nerina a même du hypothéquer sa maison pour payer une partie des frais). On a fait le tour des potes pour enregistrer l'album. Il est sorti, initialement, début 2005. Trois singles en ont été extraits et ils ont, au moins, attiré l'attention. Mais quand il est re-sorti l'album, début de cette année, le label 14Th Floor Records (qui est aussi celui de Damien Rice) a décidé de le remasteriser et de changer quelques arrangements.

Formule gagnante puisque l'album a cartonné !

Oui. « Everybody's Gone To War » a été relancé par le clip, et l'opération a marché. Les télés et les radios ont accroché et, à partir de là, tout s'est précipité (NDR : le single a été Top 14 en Angleterre et l'album est devenu disque d'or).

« Fires » affiche de belles qualités mélodiques. Tu voulais vraiment les mettre en évidence ?

Pour moi, il n'y a pas de bonne chanson, même bardée de guitares, sans une bonne mélodie à la base. Je suis, effectivement, très pointilleuse à ce propos.

« Fires » a été produit par des gens qui ont bossé avec Prince, Tori Amos ou les Smashing Pumpkins. Est-ce pour favoriser la diversité ?

J'estime important de bosser en compagnie de gens qui ont du métier et qui savent te faire progresser tout en prenant le soin de ne rien dénaturer. C'est ce qui s'est produit. Lorsque les événements de déroulent de cette manière, c'est forcément profitable.

Apparemment, tu joues de différents instruments depuis un bout de temps ?

J'ai suivi des cours de violon et de piano quand j'étais gosse. Je me suis achetée une guitare quand à l'âge de onze ans. Lorsque j'ai vraiment commencé à pouvoir en jouer, j'écoutais Bon Jovi et j'admirais ce qu'il faisait alors. Il a enregistré des trucs incroyables ! « Livin' On A Prayer », j'adore ! 

Ton sujet de prédilection pour les textes ?

Il n'y en a pas un qui soit inévitable mais je suis très concernée par les relations entre les êtres humains. Elles m'interpellent !

 

 

 

Dans le sillage de Nirvana et en compagnie de groupes comme Soundargen ou Alice In Chains, Pearl Jam restera, à coup sûr, un combo dont l'aura sera associée à celle de la vague 'grunge'. Même si le groupe mérite sans doute plus que cela. Son vocaliste, Eddie Vedder, n'a eu de cesse de vouloir 'casser le moule'. La preuve encore aujourd'hui via un nouveau cd éponyme tranchant à tous les points de vue... 

Alive ! 

Alors que le balancier rock amorçait son mouvement de retour, au tout début des nineties, secouant au passage des ténors tels que Simple Minds ou The Cure, Eddie Vedder (de son vrai nom Edward Louis Seversen, né le 23 décembre 1964 à Evanston, dans la banlieue de Chicago) bossait comme pompiste dans une station service à San Diego, en Calfornie. Un pote à lui avec lequel il vide des verres, Jack Irons, par ailleurs batteur de Red Hot Chilli Peppers (NDR : le monde est p'tit, hein ! Surtout qu'on le retrouvera plus tard chez Pearl Jam), lui file une cassette d'un type nommé Stone Gossard et lui dit sans doute quelque chose du genre : "Tiens mec, ça c'est bon pour tes insomnies !" (car Vedder souffre déjà de ce mal chronique). Vedder écoute la bande, qui contient cinq instrumentaux, dont un certain 'Dollar Shot' l'inspire plus particulièrement. Il colle un texte dessus, y plaque sa voix et renvoie le truc à Gossard, dont le groupe, Mother Love Bone, vient de splitter, suite à la disparition de son vocaliste, Andrew Wood, décédé des suites d'une overdose. De 'Dollar Shot', Vedder a fait 'Alive', en racontant son histoire, à savoir celle d'un gosse qui apprend sur le tard qui est son vrai père (un ami de la famille qui s'est tiré sans demander son reste) et voit ce père biologique mourir (d'une sclérose en plaques). Un gosse sur lequel sa mère reporte toute son affection car la ressemblance entre le fils et le père est énorme. En entendant "Alive", Gossard tombe de son sofa et appelle illico cet inconnu providentiel, Eddie Vedder, pour lui demander de rappliquer aussi sec à Seattle. Vedder accepte mais prévient qu'il n'a pas beaucoup de temps à perdre et qu'il viendra directement au local de répet'. Une semaine plus tard, Pearl Jam est devenu un vrai groupe et Gossard, le bassiste Jef Ament, l'autre guitariste Mike McCready et le batteur Dave Kruse, flanqués de Vedder donc, se mettent au boulot. En quelques mois, le groupe s'est taillé un album et a fait 'flamber' quelques clubs. A Seattle, un label, Sub Pop, fait solidement parler de lui. Evidemment attentives, les 'grosses pointures' suivent 'l'affaire' et Epic fait rapidement les yeux doux à Pearl Jam. Mi 91, le groupe sort son premier album, 'Ten', sur ce label.  Au début, le succès commercial n'est guère au rendez-vous. Il faudra, en fait, qu'un certain Nirvana sorte son 'Smells Like Teen Spirit' pour que la vague grunge se transforme en raz de marée véritable et qu'elle emmène Pearl Jam dans son sillage.  Du coup, début 92, "Alive" se retrouve catapulté dans les charts et, dans la foulée, 'Ten' se met à cumuler les ventes pour finalement culminer à près de treize millions d'exemplaires ! 

L'histoire de Pearl Jam a commencé ainsi. La suite sera à l'image du groupe : remarquable, inégale, sincère, faite de luttes et de combats. En 93, Pearl Jam est un groupe énorme. Son second cd, 'VS', se vend à plus d'un million d'exemplaires dès sa sortie, aux States, en une... semaine ! Tout lui réussit et même Kurt Cobain semble jaloux de ce succès (il allume Pearl Jam dans la presse, lui dont le 'In Utero', sorti quasi en même temps, n'a guère marqué les esprits). Par contre, "No Code", paru en 96, passe (relativement) à travers, comme on dit.   

'I fought the business and...' 

A ses débuts, en tout cas, Pearl Jam a, immédiatement, voulu prendre ses distances avec certains aspects du business qui ne cadraient pas avec sa philosophie (quand il parle de l'évolution du groupe, Vedder met toujours en avant le fait que "Ce band est sincère et que c'est ça qui compte !"). Depuis quelques années, il semble s'être 'un peu calmé', à ce propos; on le sent en tout cas moins vindicatif et rebelle concernant certaines pratiques... Il a, en tout cas, clairement, trouvé sur sa route, plus fort que lui !  Découragé ?  

- les abus du business 

Pearl Jam n'a jamais apprécié les abus commerciaux qui eurent lieu dans son dos. Ainsi, en pleine gloire, en 94, le groupe annule sa tournée US d'été et poursuit la société Ticketmaster, initialement en charge de la tournée, en justice parce que celle-ci profite de manière abusive, selon le groupe, de son statut pour faire pression sur les promoteurs locaux pour qu'ils augmentent le prix des tickets. Le combat est beau, mais la justice américaine refuse, un an et demi plus tard, de condamner Ticketmaster pour ses pratiques commerciales. N'empêche, Pearl Jam a clairement affirmé sa philosophie. "Je suis un fan de musique, moi aussi, et je n'ai pas toujours eu du fric. Je sais ce que c'est de devoir sortir vingt dollars pour acheter un ticket de concert" (Vedder). 

Le groupe avait aussi refusé que le moindre 'single' soit extrait de l'album 'VS', avant la sortie du disque, en 93. Il avait aussi insisté pour jouer dans des salles de taille raisonnable, début 94, troquant même des concerts dans des stades contre des shows organisés sur des campus universitaires ! 

- la surexposition médiatique 

Contrairement à un paquet d'autres, les mecs de Pearl Jam n'ont jamais cherché à défrayer la chronique, à profiter de leur gloire pour prendre des attitudes de divas. Au contraire, même. "J'en ai vraiment marre de voir ma tronche partout  et je suis certain que plein de gens partagent ce sentiment. Ce business ne devrait pas se focaliser autant sur les personnalités mais plutôt se concentrer d'avantage sur l'apport musical des groupes. C'est cela qui compte. On ne devrait pas vénérer des personnalités. Malheureusement, certains fans sont déçus lorsque je leur dis que je ne suis pas un messie" (Vedder) ou encore "Je suis un fan absolu des Who, mais il ne me serait jamais venu à l'idée de demander un poil du nez de Pete Townsend ! " 

Le groupe semble même entretenir une sorte de relation amour/haine avec son propre succès. "J'aurais préféré que nos vidéos ne soient jamais passées sur MTV", assène Vedder, en 94. Quelques semaines plus tôt, le groupe avait obtenu quatre MTV Videos Awards, au cours d'un grand show, à Los Angeles.

Vedder s'en est même pris à Bono, de U2, sur scène, lors d'un concert à Rome, en support-act des Irlandais.  Agacé par le 'gigantisme' de l'organisation, Vedder était monté sur scène affublé d'un tee-shirt sur lequel il était écrit 'Paul Is Dead' (Paul est le vrai prénom de Bono qui, parait-il, n'a pas trouvé cela drôle !). 

Près de quinze ans après l'avènement de Pearl Jam, le business a encore accentué sa 'pression commerciale' sur les fans de musique (le prix d'un ticket de concert n'a cessé d'augmenter, le prix des cds est resté élevé), MTV reste un must pour se payer une tranche de succès et le culte de la personnalité des musicos n'a certainement pas diminué. Seul le MP3 et le piratage dans son ensemble font trembler le business de la musique, aujourd'hui. Les efforts du groupe n'ont donc pas été payants. Mais, au moins, il a dit ce qu'il avait à dire...

Torturé, Vedder ? 

Le rock des années nonante a été plutôt sombre; normal puisque les leaders de la scène ont tous - ou presque - bouffé du malaise sans ketch up ! Trent Reznor, Jonathan Davis, Eddie Vedder, pas vraiment des 'foldinguos' et on sait ce qui est arrivé à Kurt Cobain. A croire que distribuer les décibels, ça rend vraiment malheureux ou névrosé...  

A Encinitas, son bled, Vedder était connu comme 'the man who doesn't sleep'. Insomniaque chronique, Vedder a passé, ado, énormément de temps à développer sa culture et son âme musicale. Fan des Jackson 5 quand il était gamin, il a découvert le rock via les Who et est toujours resté un énorme admirateur du groupe.  Par la suite, il s'est tourné vers des personnages comme Henry Rollins ou Ian MacKaye (Fugazi) qu'il respecte énormément pour leur volonté à sortir des sentiers balisés du business musical. Il apprécie aussi beaucoup quelqu'un comme Neil Young, avec lequel, faut-il le rappeler, Pearl Jam œuvra en véritable partenariat pour l'abum "Mirror Ball". Ses potes l'ont souvent d'écrit comme un type ayant deux facettes bien distinctes : l'une assez cool du gars timide, réservé, qui s'exprime en parlant très bas ; l'autre version âme torturée, supra-réaliste, incapable de supporter l'injustice et qui n'hésitera pas à affronter des moulins de face s'il le faut (on a pu le constater !). 

Eddie Vedder s'est méfié du succès, tout de suite ! "Ce n'est pas facile d'avoir de l'argent", a-t-il expliqué; "Cela peut être tentant d'en donner à des amis pour les aider, mais tu ne peux pas donner comme ça, sans quoi tu finis par entretenir une centaine de personnes qui arrêtent de se débrouiller par eux-mêmes et comptent seulement sur toi. L'argent peut créer davantage de problèmes qu'il en résout". 

Vedder reconnaît qu'il n'est pas quelqu'un qui est 'facilement heureux'. "Et la popularité n'aide pas", a-t-il expliqué; "Tu restes le même et tu n'es certainement pas mieux dans ta peau parce que tu es connu. Les autres membres du groupe parviennent à tirer profit de la situation, d'une certaine manière, c'est bien plus compliqué pour moi". 

Le drame de Roskilde 

Cet épisode là de la vie du groupe n'a évidemment rien amené de positif. Neuf morts dans une bousculade, en plein festival, cela ne peut évidemment pas laisser indifférent. Le groupe a très mal vécu cette tragédie. On se souvient que, à l'époque, il a annulé son passage prévu au Rock Werchter, deux jours plus tard. Au moment des faits, des rumeurs de responsabilités du groupe dans l'incident avaient été largement répercutées dans les médias.  Les conclusions tirées par la justice danoises balayeront tout cela. Mais il est évident que le 'Roskilde' aura, à jamais, marqué l'esprit du groupe. Dans "Love Boat Captain", sur "Riot Act" (sorti en 2002), Eddie Vedder a écrit ces mots : "Its an art to live with pain / Mix the light into grey / Lost 9 friends well never know / 2 years ago today / And if our lives became too long / Would it add to our regret ?" 

Engagé 

Eddie Vedder supporte activement diverses causes à travers diverses associations. Et notamment "Not In Our Name", qui mène un combat contre la peine de mort, "Surfrider Foundation USA", qui milite pour des plages propres aux Etats Unis, ainsi que "Home Alive" qui forme les femmes à l'autodéfense. 

Discographie 

Pearl Jam a sorti huit albums studio : 

"Ten" ("Alive", "Jeremy", "Black") en  1991 (Epic)

"VS" ("Go", "Animal") en 1993 (Epic)

"Vitalogy" ("Spin the Black Circle", "Not For You") en 1994 (Epic)

"No Code" ("Sometimes", "In My Tree") en 1996 (Epic)

"Yield" ("No Way", "Faithfull") en 1998 (Epic)

"Binaural" ("Breakerfalls", "Light Years") en 2001 (Epic)

"Riot Act" ("Ghost", "You Are") en 2002

et "Pearl Jam", donc, qui vient tout juste de sortir 

Citons encore quelques sorties annexes comme un très bon EP quatre titres ("Oceans"), paru en 92 et comprenant trois titres live (dont "Alive") enregistrés au Pinkpop); le live "Dissident", enregistré à Atlanta en avril 94, une collection d'inédits ("Lost Dogs", toujours chez Epic, en 2003) et le double best of "Rearviewmirror", paru en 2004. 

 

 

 

 

mardi, 06 juin 2006 05:00

Tool : intense et magnétique !

La principale qualité de Tool procède de sa capacité à rassembler en un seul groupe un nombre considérable d'approches musicales et d'éléments sonores divers qui lui confèrent une identité aussi étendue qu'impressionnante. Au gré de ses albums, on le découvre successivement alternatif, sombre, trashy, complexe, pointu, esthétique, progressif, mélodique, percutant, visuel, aéré,... Et si on doit le rapprocher à des références connues, on pense à King Crimson (dont Maynard Keenan, le mentor du groupe est d'ailleurs un fan avéré) ; mais aussi à Jane's Addiction pour le côté troublé, ainsi qu'à Korn pour les aspects métalliques épais et noirs qui nappent le tout. Ce qui explique peut-être pourquoi, à sa façon et sans faire énormément de remous, Tool parvient à captiver autant de monde et à créer, à chaque sortie d'album, une saine curiosité et une sensation d'urgence. Et probablement également pourquoi il vend autant de disques ; même si ceux-ci sont livrés avec énormément de parcimonie : quatre albums en treize années de carrière, ce n'est tout de même pas un rythme frénétique (en fait, Tool a sorti un nouveau cd tous les cinq ans depuis « Aenima » en 1996). Lors d'un récent passage de Tool à Luxembourg, Justin Chancellor, le bassiste du groupe, nous a confirmé :

Nous tournons beaucoup. Cela prend du temps. Et nous ne sortons un album que lorsque nous en sommes vraiment satisfaits. L'important pour nous n'est pas d'être présents coûte que coûte mais d'apporter quelque chose et de concocter des disques qui valent la peine d'être entendus.

Et vus aussi ! « 10.000 Days », votre dernier cd, est un véritable modèle à ce propos (NDR : on raconte même que le groupe a poussé l'industrie du disque dans ses derniers retranchements pour fabriquer un boîtier de cd aussi magnifique que complexe. Rien que sa paire de lunettes intégrée et son feuillet peuplé de magnifiques images à découvrir en 3D valent le coup d'oeil). Souhaitiez-vous voulu marquer les esprits ?

On cherchait surtout à proposer autre chose que nos têtes pour illustrer le disque ! Non, sérieusement, on a voulu créer à travers ce digipack, une sorte de relation particulière avec la musique, via une expérience visuelle sensiblement élaborée et fine. En réalité, c'est Adam (Jones, le guitariste du groupe) qui a imaginé ce concept (il est d'ailleurs crédité en tant que 'art director' pour l'album). Nous avons toujours eu, néanmoins, un penchant pour les côtés visuels associables à notre musique. L'un de nos plus grands souhaits est d'ailleurs d'avoir, un jour, l'occasion de travailler sur une bande son pour un film. Je pense que ce serait un exercice très intéressant pour le groupe.

Revenons en à la musique : comme toujours, vous avez enregistré un disque à la fois conforme à ce que l'on peut attendre de vous ; c'est-à-dire susceptible d'aller plus loin et destiné à surprendre ; mais également hors normes dans la mesure où ce que vous jouez ne peut l'être que par Tool et ne s'entend que grâce à vous...

L'essentiel pour nous, quand nous travaillons sur un nouvel album, est de pouvoir matérialiser ce que nous avons en tête et qui est le résultat, à la fois de ce que nous avons appris et de ce que nous avons envie de découvrir et de développer. C'est la raison pour laquelle « 10.000 Days » est aussi bien un album qui contient quelques bases de Tool entendues sur les premiers albums ; mais aussi des éléments différents, dans la mesure où nous avons pu oeuvrer dans de très bonnes conditions, entre nous, et que cela a certainement favorisé le foisonnement d'idées. Nous étions tous dans un excellent état d'esprit, lorsque nous avons élaboré l'album ; et la communication au sein du groupe n'a jamais été aussi bonne...

« 10.000 Days » est un disque très intense...

C'est un bon terme pour qualifier l'album. Nous avons, nous, ressenti à l'intérieur, en tout cas, cette sorte d'intensité et ce 'magnétisme' qu'on nous rapporte aussi souvent. On ne peut qu'en être satisfaits, évidemment...

On sait que vous vous remettez invariablement et régulièrement en question. Est-ce un mode de fonctionnement élaboré ou un processus plus naturel ?

Il est vrai que nous prenons soin de nous 'challenger' nous-mêmes mais nous avons, aussi, c'est clair, des attraits innés pour ce genre de pratique. Je pense également que, comme nous ne sommes pas à la base des gens prétentieux, nous nous posons facilement des questions sur la valeur et les contours de ce que nous réalisons. Ce qui est toujours très sain. Quoi qu'il en soit, cela nous pousse à aller de l'avant et nous réussit bien.

On parle beaucoup de vous en Europe, en ce moment : d'une part parce que vous êtes à l'affiche de quelques gros festivals (dont le Rock Werchter, où le groupe se produira le 29 juin, juste avant les Red Hot Chilli Peppers et...  Manu Chao !) ; mais aussi parce que votre firme de disques à mis la gomme pour la promotion de l'album.

Nous sommes venus passer trois semaines en Europe, en février, pour nous présenter et exposer l'album aux gens de SonyBmg. Cette rencontre a eu des effets bénéfiques : ils ont bien compris qui nous sommes et ce que nous pouvons faire. Tant mieux pour nous, donc, s'ils 'poussent' Tool aujourd'hui.

Votre programme des prochains mois, ce sont ces festivals d'été en Europe et puis des shows aux States ?

Exact. Et puis nous reviendrons ici pour tourner en salle. Nous adorons les concerts car ce sont, à chaque fois, de vrais moments de vie, de partage. Nous sentons les gens de près, c'est enthousiasmant. A l'inverse, une phase d'enregistrement d'album est assez statique et ne permet aucun retour en arrière à partir du moment où tout est mis en boîte. Quand tu joues tes morceaux en concert, même dix ans après, tu peux encore les faire évoluer ! 

 

 

mardi, 06 juin 2006 05:00

Archive en pleine lumière !

Sans verser dans le tragique à deux balles, on peut dire que le futur d'Archive semblait relativement compromis, suite au départ du vocaliste Craig Walker. On connaissait l'importance que celui-ci avait prise au sein de ce groupe qui, en quelques années, est passé par toutes les couleurs (musicales, s'entend !). Heureusement, et le nouveau cd « Lights » est là pour le démontrer, il n'en est rien. Au contraire même, le collectif Archive, recentré autour du noyau initial Darius Keeler / Danny Griffiths, semble se porter mieux que jamais et son nouvel album n'est vraiment pas loin d'atteindre les sommets d'un « You All Look The Same To Me ». En plein forme et de passage à Bruxelles, Danny Griffiths nous confirme d'emblée qu'Archive n'est pas mort, très très loin de là même…

Non, nous n'avons jamais pensé à arrêter le groupe après le départ de Craig. D'ailleurs pourquoi aurions nous dû le faire ? Depuis que nous avons lancé le groupe (NDR : il y a douze ans déjà !), nous avons toujours travaillé en compagnie de personnes différentes ; et il ne fait aucun doute que c'est ce que nous continuerons de faire. Archive n'est pas la propriété créative d'une seule, ni même de deux personnes. Nous fonctionnons même de manière complètement opposée à ce concept. Nous sommes très ouverts et tout ce qui peut apporter quelque chose de vraiment positif au groupe est le bienvenu.

C'est clairement le cas de Pollard Berrier, ex-vocaliste au sein du groupe autrichien Bauchklang, un jeune type originaire des USA et dont les prestations vocales sur « Lights » sont remarquables…

Je trouve aussi. Ceci dit, Dave Penney et Maria Q sont excellents, également, sur certains titres de l'album. Mais il est vrai qu'avec Pollard on s'est vraiment trouvés très très vite et c'est réellement de ce genre de symbiose, de déclic dont profite Archive pour avancer au niveau créatif.

Sans faire de mauvais jeu de mots, « Lights » est un album sensiblement plus lumineux que ses prédécesseurs.  Vous avez voulu tabler sur le contraste ?

Nous souhaitions en tout cas proposer un album plus positif, plus clair que « Noise » et notre cd « Unplugged ».  Sur ces deux disques, nous avons bien abordé le côté tortueux et sombre d'Archive. Il aurait été inutile, je pense, de pousser le bouchon encore plus loin. Pour « Lights », nous voulions laisser s'exprimer à nouveau la dynamique, l'énergie positive qui est aussi en nous, forcément. Pollard nous a bien aidé à y parvenir.

Il y a tout de même encore des moments très profonds, intérieurs et mélancoliques sur l'album ; comme la plage titulaire, longue de plus de dix-huit minutes ou le « I Will Fade », magnifiquement chanté par Maria Q.

Bien sûr, mais d'un autre côté, il y a de nombreux titres plus pop, plus toniques (comme la plage initiale « Sane », par exemple), et ils confèrent une coloration très contrastée à l'album, c'est vrai. « Lights » est un cd qui nous a autorisé à expérimenter pas mal de choses ; mais aussi imposé de travailler parfois sur des bases inconfortables.  Nous avons eu du mal à élaborer de vraies compositions au départ de certains rythmes. Mais c'est ce qui a, aussi, rendu l'exercice intéressant. En tout cas, on a pris un sacré pied en bossant sur l'album.

Vos textes restent, globalement, assez troublés, tristes parfois…

C'est vrai. Les chansons de l'album sont, pour la plupart, des petits témoignages des comportements des gens, dans des domaines divers. Leurs actes, leurs sensations, leurs états d'esprits sont abordés de manière très naturelle ; sans voyeurisme mais sans complaisance non plus. L'expression était notre priorité ; ce n'était pas un travail sociologique.

Comme toujours, il y a un côté visuel très imposant et complémentaire aux (magnifiques) mélodies…

Exact. Mais nous-mêmes fonctionnons ainsi. Quand on travaille sur des chansons, on voit des images qui vont avec. C'est une dimension qui nous attire beaucoup et qui donne, je pense, plus de relief encore à nos compos.

Est-ce la raison pour laquelle quelqu'un comme Luc Besson vous a proposé de travailler sur la bande son de 'Michel Vaillant' ?

Sans doute, oui. Cet exercice a été intéressant pour nous. Ce fut un bon apprentissage, en fait, de travailler en fonction d'un certain contexte ; de devoir observer une discipline. Jusqu'alors nous avions toujours bossé de façon très libre. On aimerait bien refaire quelque chose du genre mais pour un meilleur film, si possible… (il rigole)

Vous vous lancez dans une vaste tournée. En ce qui nous concerne, vous participerez à différents festivals cet été, en Belgique, et puis on vous retrouvera aussi en salle, le 6 octobre à l'Ancienne Belgique de Bruxelles.

On se produira au festival de Dour et puis aussi à l'Octopus festival, en effet. On participera à toute une série de festivals cet été ; un peu partout. On apprécie ce type d'exercice. Plus tard, vers l'automne, on accomplira une tournée des salles. Ce sera la plus longue qu'on ait entreprise. On est ravis. On a une pêche d'enfer et une envie furieuse de la partager… 

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