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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Didier Deroissart

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samedi, 30 janvier 2016 00:00

Et pourtant, Tim n’était même pas là !

Ce samedi soir, la cave à chicons du Botanique accueille Nicki Bluhm & The Gramblers, un groupe d’alt country yankee réunissant la chanteuse Nicki Bluhm, les gratteurs Deren Ney et Dave Mulligan (électrique ou acoustique), le bassiste Steve Adams et le drummer Mike Curry. Si Nicki est originaire de Lafayette –pas les galeries parisiennes, mais en Californie– le groupe s’est établi à San Francisco.

C'est la première fois que Nicki tourne sur le Vieux Continent. Elle est venue défendre son second elpee, « Love Wild Lost ». Produit par Brian Deck (Iron & Wine, Modest Mouse, Josh Ritter), ce disque fait suite à un opus éponyme paru en 2013.

Pas de supporting act. Guère de monde, non plus, en début de set. Mais la salle va se peupler au fil de la soirée. L’alt country de Nicki Bluhm & The Gramblers est contaminé par une foule d’autres styles, comme le bluegrass, le blues, le psychédélique, le rock, la soul et le folk.

Hormis un des guitaristes, qui porte une casquette, tous les musicos sont coiffés de chapeaux de cow-boy. Longue chevelure de jais, Nicki est plutôt jolie. Elle est capable de moduler sa voix –solide par ailleurs– en fonction des compos.

« Burnt » ouvre le show. Un rock, ma foi classique, caractérisé par des sonorités de grattes, aux réminiscences californiennes. « Deep Water » est balayé par des riffs de slide bien poisseux. Les interventions du soliste sont lumineuses. Faut dire qu’à la six cordes, c’est loin d’un manchot. Il semble avoir tout compris de la technique de Joe Bonamassa et du toucher tout en feeling d’Eric Clapton. Et nous accorde un remarquable solo sur « I'M Your Woman ».

Lors de ce morceau, Nicki –qui l’admire un bon moment dans son exercice de style– s’autorise quelques vocalises à la Beth Hart. Elle appuie subtilement ses interventions vocales, en tapotant sur son tambourin. Slow crapuleux souligné de superbes harmonies vocales masculines, « Check Your Head » replonge dans l’atmosphère californienne. On a envie de prendre par belle Nicki par la taille, pour la faire danser (NDR : c’est proscrit, elle est mariée à Tim –il vient d’ailleurs parfois apporter son concours au groupe en ‘live’–, m’enfin, il n’est pas là). Bon morceau ! Il y a des chapeaux mais pas de chevaux. Néanmoins, on peut entamer un périple à travers les grandes plaines de L'Ouest : « Heartache », « Queen Of The Rodeo » et « Mr. Saturday Night ». Les déhanchements de Nicki sont assez sexy (NDR : oui, mais si Tim, son époux –c’est le leader de Mother Hips– n’est pas là, c’est chasse gardée !) Les spectres de Beth Hart, Ricky Lee Jones, Christie MacVie ou Carol King se mettent à planer. Et même celui de Sheryl Crow sur le hit « Waiting On Love ». La reprise du « Somebody To Love » de Jefferson Airplane rend hommage à son guitariste Paul Kantner et sa première chanteuse, Signe Toly Anderson, décédés ce 28 janvier 2016.

La voix de Mrs Bluhm emprunte à nouveau à Beth Hart sur le blues « Me & Slim ». La cover de Linda Ronstadt, « You'Re No Good », souffre quand même de l’absence d’orgue. En rappel, on aura droit à un titre de delta blues libidineux, « Kill You To Call » (NDR : non, non, Nicki n’est pas libre ce soir…), à une version quasi a cappella (NDR : uniquement un mélodica comme support sonore) et étonnante du « Deal » de Grateful Dead et une autre du « Faith » de George Michael. Une soirée bien sympathique ; et pourtant, Tim n’était même pas là !

(Organisation : Le Botanique)

vendredi, 29 janvier 2016 00:00

Tiercé gagnant !

Joe BeL est lyonnaise. A son actif, deux Eps, « In the city », gravé en 2012 et « Hit the roads », en 2015. Au départ, son premier elpee devait paraître le jour du concert. Mais perfectionniste, elle a retardé sa sortie. Bonne nouvelle quand même, pour ce qui devait être ‘sa release party’, l’ABClub est sold out.

Sonnfjord est programmé en supporting act. Issu de Braine-l'Alleud, le groupe est drivé par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est soutenue par son frère Aurelio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, Jérome Van den Bril à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon) aux drums. Le quintet a publié un Ep six titres, « Up The Woden Hills », en février 2015, au sein duquel il va notamment puiser afin d’établir sa set list. Pour 30 bonnes minutes de show. Sur une estrade réduite à son strict minimum.

Et pourtant, le public est chaud boulette pour applaudir la musique de cet ensemble brabançon. Une musique dont la trame est tissée dans le folk. Maria-Laetitia possède une jolie voix (NDR : son timbre est susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon, Claire Louise, et lorsqu’il devient un peu plus graveleux, Ann Arbor). Le set va s'ouvrir par « The Tree », une nouvelle compo. Maria se dandine sur place tout en agitant les bras. Le combo embraie par le « Seagull ». Les éclats dispensés en intro, par la gratte acoustique de Mrs Mattern sont réverbérés, alors que la touche électro du synthé dynamise une compo pourtant… country. Empreint de délicatesse, « Alpinist » est davantage folk. Un morceau atmosphérique, lumineux et sucré qui finit par s’emballer. Les premiers rangs commencent à réagir.

Titre électro/pop dansant à la mélodie irrésistible et au refrain contagieux, « Soldiers Boots » raconte une histoire de godasses. Cocasse ! Les harmonies vocales sont masculines. La mélodie est irrésistible. Armé de sa six cordes, Maria interprète en solitaire le paisible et tendre « Irish Boy». Et le set de s’achever par « City  Lights » et « Carry On ». Une belle prestation, bien plus dynamique que celle accordée au BSF, l’an dernier. Sonnfjord assurera le supporting act de Caravan Palace au Cirque Royal, le 25 février prochain.  (Pour les photos, c'est ici)

Ce soit, Joe BeL se produit en format trio. Qui implique un drummer. Y figure bien sûr le guitariste Benoît Richou, qui l’accompagne depuis ses débuts. Ils sont tous les trois issus de Lyon. Tiercé gagnant ?

Joe est vraiment mignonne. Une rousse aux yeux noisette. Ce soir elle est vêtue de jais : jupe, collant et body. Elle a chaussé des bottes de cow-girl. Mais pas de monture à l’horizon (NDR : et pas davantage de queue de cheval !)…

Timide, Joe est rongée par le trac. Mais elle le cache bien. Sa voix est chaude, et campe un hybride entre Nneka, Selah Sue, Nina Simone, Norah Jones et BJ Scott, le grain soul de Sarah Carlier, en plus.

La première fois, on ne l’oublie pas ; et Joe nous le rappelle à travers « First Time », morceau qui ouvre le concert. Elle est déjà bien en selle. « Ten » recueille une première belle salve d’applaudissements. Sur « All The Boys », elle sautille avant de faire mine d'applaudir. Le public lui emboîte le pas. Elle en profite donc pour placer ses écouteurs dans les oreilles. Petit problème technique, il n’y a pas de retour. Elle n'a pas remarqué qu’une fiche de son boîtier, placé dans son dos, est déconnectée. Sensible, elle signale qu'elle à le trac. Et attaque une toute nouvelle compo, « Nothing In The World », un blues qui nous plonge dans le bayou (NDR : j’ignore pourquoi, mais cette chanson me fait penser aux Black Keys).

« No No » raconte l'histoire d'une personne qui ne tient jamais parole. Une compo progressivement pop, avoinée par des tas de cordes, acoustiques et électriques.

La setlist épingle quelques ballades empreintes de douceur : « Ivory », « Lonely  », « In The City » et « Before ». Joe va même parfois demander le concours du public pour assurer les chœurs.

Le trio est parfaitement soudé. Les trois artistes semblent complices et se regardent souvent. Un bel attelage !

Pour « That Belongs To Me », Joe abandonne sa gratte et part siéger derrière le piano. « Hit The Roads » sert également de bande sonore à la campagne publicitaire de Longchamp. Son étalon l’attendrait-il devant l’AB ? Et set de s’achever par « You Old » et « In Chains ».

Lors du rappel elle va faire fort, à travers un « Stronger », au cours duquel elle se sert des cordes, mais également de la caisse de résonance pour les percus. Et le trio achève le spectacle par « In The Morning ». Elle salue la foule, mais signale qu’elle revient aussi vite, pour signer les pochettes de ses disques. (Pour les photos, c'est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Gros problèmes de circulation pour arriver à Forest National. Plus de 3 heures de parcours entre Soignies et Forest. La cause ? Des bouchons provoqués par des accidents de circulation. Il est 20 heures, lorsque votre serviteur débarque dans la commune bruxelloise. Reste à dénicher une place de parking. Après l’avoir cherchée pendant plus d’un quart d’heure, il a presque envie de faire demi-tour. Finalement, il détectera un emplacement à 800 mètres de la salle. 

Groupe californien, Toto s’est formé en 1976, à Los Angeles (Californie). Les membres fondateurs ? Le drummer Jeff Porcaro et le claviériste David Paich (claviériste), auxquels vont se joindre le guitariste Steve Lukather, l’autre claviériste Steve Porcaro, le bassiste David Hungate et le chanteur Bobby Kimball. Dès le départ, cette formation est considérée comme une réunion de la crème des musiciens de studio. Une situation qui n’a d’ailleurs jamais changé, puisqu’ils ont participé aux sessions d’un nombre incalculable d’albums.

C’est au cours des eighties que le band atteint la consécration en publiant l'album « Toto IV ». C’est aussi à partir de cette époque qu’il va connaître plusieurs changements de line up, et notamment de chanteur. Coup du sort, en 1992, un des ses membres fondateurs, Jeff Porcaro, décède des suites d’un accident de voiture. Il est alors remplacé par l'Anglais Simon Phillips. En juin 2008, Steve Lukather quitte Toto. Le combo ne résiste pas à son départ. Mais après deux années de séparation, il se reforme afin de soutenir financièrement Mike Porcaro, atteint d'une sclérose latérale amyotrophique. Il s’éteint cependant des suites de cette maladie, en mars 2015. Soit l’année de la sortie du dernier opus de Toto, « Toto XIV », qui célèbre pourtant le retour de Joseph Williams au chant et David Hungate à la basse…

En 37 ans de carrière, Toto a publié quatorze albums studio qui se sont vendus à 40 millions d'exemplaires et décroché 7 ‘Grammy Awards’. Il a également gravé quelques hits incontournables, dont « Hold The Line », « Africa » et « Rosanna » demeurent certainement les plus célèbres.

Pour cette première date de la tournée européenne et asiatique, le line up implique le bassiste (NDR : un barbu) Leland Sklar, le chanteur Joseph Williams (NDR : c’est le fils du compositeur de la B.O. des films ‘Star Wars’ et ‘Indiana Jones’), le chanteur/guitariste Steve Lukather, le chanteur/pianiste David Paich, le drummer Shannon Forest, et l'inamovible chanteur/claviériste Steve Porcaro. Sans oublier le percussionniste Lenny Castro qui s’éclipse suivant les circonstances, et bien sûr les deux choristes, soit la jolie Jenny Douglas McRae et Mabvuto Carpenter. Ils sont donc neuf sur les planches.

En arrivant dans la salle, les trois premiers morceaux ont déjà été interprétés. Les photographes quittent la ‘front stage’. Et votre serviteur s’installe en zone ‘111’. La fosse est en configuration assise. Mais toutes les places ne sont pas occupées, y compris au premier étage. En fait, le band souhaitait accomplir une tournées des petites salles ; mais vu le budget nécessaire pour financer les concerts d’un tel groupe, difficile d’exaucer ses vœux (NDR : au Salon de Silly, on aurait quand même dû reculer le murs…) Bref, il y a beaucoup moins de monde que la veille, pour Hozier. Pourtant, il y a bien de l’ambiance.

Votre serviteur avait déjà eu l’occasion d’assister à un set de Toto. C’était, il y a un peu plus de 20 ans ! Et au même endroit. Le son est impeccable et les balances réglées pilepoil. Enfin, le light show, au sein duquel figure de nombreux stroboscopes, est magistral. Bref, on va assister à un super spectacle à l’américaine.

Lenny Castro ne se contente pas d’épauler le drummer, il chauffe aussi l’ambiance. Et derrière ses ivoires, David Paich lui emboîte souvent le pas. Il change régulièrement de couvre-chef (chapeau de cow-boy, haut-de-forme ou casquette).

Très pros, les musiciens vont nous accorder une prestation de 180 minutes. Les hits vont défiler. Perso, j’épinglerai le funkysant « Georgy Porgy », le très électrique « Pamela », la cover du « Bridge Of Sighs » de Robin Trower et bien sûr l’incontournable hit « Hold The Line ». Les différents chanteurs prennent le lead vocal chacun leur tour ; il sont très souvent épaulés par les choristes. Et elles sont talentueuses. Casquette retournée sur la tête, Joseph Williams, dont la voix est toujours aussi claire, imite David derrière les ivoires. Il sort son smartphone dans la main droite et la foule lui emboîte le pas. C’est devenu un rituel !

Le show s’achève par « Rosanna ». L’interprétation est énorme. La communion parfaite. Debout, la foule reprend intégralement les paroles de cette chanson.  

Lors du rappel, Toto se lance dans un medley propice à la présentation et aux solos des artistes. Mais le meilleur est encore à venir. Lenny Castro –vu notamment aux côtés de Fleetwood Mac, Joe Bonamassa et Carlos Santana– se transcende sur ses percus. Un brûlot de 10 minutes, tout bonnement époustouflant. Et c’est lui qui clôture le set. 

En reprenant la route, votre serviteur a des étoiles (américaines ?) plein les yeux et des refrains plein la tête ; surtout celui de « Hold the line ». Et dire qu’il a failli manquer cet événement mémorable… 

(Organisation : Gracia Live)

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Pour accueillir Rhodes et Hozier, Forest National a été aménagé en en mode 'Club'. Autrement dit, les balcons du second étage ont été condamnés ainsi que les latéraux du premier. Ce qui permet d’évaluer l’auditoire à plus ou moins 4 000 personnes. Au sein duquel on remarque la présence d’un public féminin conséquent. Faut dire que non seulement les deux artistes à l’affiche, ce soir, ont de belles voix, mais surtout des gueules d’anges…   

Rhodes est considéré comme la nouvelle étoile qui monte aux Iles Britanniques. Prénommé David, il est souvent comparé à feu Jeff Buckley ; mais également à Josef Salvat, George Ezra ou James Blake. Ce jeune musicien ne se contente pas de chanter, il compose également. Il vient de publier un premier elpee, « Wishes ».

Pas étonnant de voir qu'il passe en supporting act. Une toile noire est tendue en fond de scène, sur laquelle est mentionné en lettres blanches ‘Hozier'. Rhodes est seul sur les planches, armé de sa gratte électrique, pour un set de 30 minutes. Quoique d’apparence timide, il est manifestement habité par sa voix, une voix superbe, haut perchée, cristalline, angélique, atmosphérique qu’il module au fil de ses émotions. « Run » est découpé dans des arpèges de gratte. Dommage cette absence de piano. Et d’arrangements de cordes. Tout comme celle de Birdy aux backing vocaux pour la ballade romantique « Let It All Go ». M’enfin, quoique minimalistes, ces deux versions ne manquent quand même pas de charme… (Pour les photos c’est ici)

Agé de 24 printemps, Andrew Hozier-Byrne a été biberonné par la soul, le jazz et le blues, et tout particulièrement par ce qu’il y a de plus sombre et profond entre Chicago et le Delta du Mississippi. Son single, « Take Me to Church » (14 millions de vues), a fait le buzz sur le net et lui a permis de se faire connaître sur la scène internationale.

Chanteur/compositeur, ce multi-instrumentiste est originaire du Comté de Wicklow (NDR : c’est en République d’Irlande). Eponyme, son premier album est paru en octobre 2014, une œuvre empreinte d’une grande sensibilité.

Une batterie imposante trône sur une estrade. Hozier se plante juste devant. Outre le drummer, le backing group implique deux choristes (une Texane et une Insulaire), une claviériste/guitariste, un autre gratteur, un bassiste, et une violoncelliste.

A 21h00 pile, les musicos grimpent sur le podium. Mais Hozier interprète « Like Real People Do » en solo, en s’accompagnant à la six cordes. Des spots blues se focalisent sur l’artiste. On est immédiatement embarqué dans le delta. Le canot navigue sur le Mississippi. Pas d'alligators en vue, cependant. La voix d’Andrew Hozier est sableuse, rocailleuse même. Déjà aux anges, l’auditoire applaudit chaleureusement. Tous les musiciens s’investissent pour « Angel Of Small Death And the Codeine Scene » ; et bien évidemment, teinté de gospel et de r&b ce morceau prend alors une toute autre dimension.

Plus nerveux, « From Eden » est dynamisé par les interventions du drummer. Assis, le public commence à ce lever et s’anime quelque peu. Le violoncelle –sensé apporter la touche de romantisme– s’enflamme. Et le public également. Normal, puisque la compo adopte un profil plus rock et sauvage.

Hozier change de gratte pour attaquer « Jackie And Wilson ». Celle du second guitariste intensifie le climat. Les riffs crépitent et la pression monte d'un cran. Hozier invite l’auditoire à reprendre ses incantations vaudou. « To Be Alone » est un autre blues décapant, au cours duquel la six cordes s’emballe. Un peu dans l’esprit de Joe Bonamassa. Elle échange alors un duo avec le violoncelle alto, pour le titre soul « Someone New ». Une véritable tuerie ! Reprise des Fab Four, « Blackbird », marque un bref retour au calme, même si les accords de guitare sont funkysants. « It Will Come Back » est un autre blues électrique, enrichi par les interventions de la violoncelliste.

Et elle prête sa voix à « In A Week », un blues crapuleux qui projette dans votre esprit des images de plaines sauvages à l’Ouest des States. A cet instant l’interactivité entre le groupe et la foule est totale, et le public féminin semble ravi. Chœurs, piano Hammond et percus dynamiques alimentent « Arsonist's Lullabye ». Tout au long de ce titre, le light show est agressif. Après « Sedated », « Take Me To The Church » clôt le concert. Un moment très attendu par l’auditoire (Pour les photos, c’est ).

Lors du rappel, Hozier revient en solitaire interpréter « Cherry Wine ». Il a troqué sa gratte électrique contre une semi-acoustique. On est replongé brutalement dans le Delta. Les smartphones s’allument. Un moment à nouveau empreint de magie. Et le band est au complet pour assurer le dernier morceau, « Work Song ». Ce soir on a vécu deux superbes concerts…

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

 

 

Il y avait un petit temps que votre serviteur s'était rendu au Magasin 4. Pas moyen de trouver un emplacement de parking. Il y a des festivités à Tour et Taxis. 25 minutes à tourner en rond afin de dénicher –enfin– mon bonheur, à un petit kilomètre de l'institution.

Ce soir on fête les 40 années d’existence de UK Subs. Mais aussi de la musique punk. C’est en 1976 que cette formation insulaire est née. Happy birthday ! Et ils vont nous le démontrer ce soir, les papys du rock sont toujours bien verts. En supporting act, sont programmés The Dyson’s ainsi que TV Smith. En février 2015, UK Subs et TV Smith avaient déjà squatté les planches du même endroit. Place donc aux retrouvailles !

En débarquant au Magasin 4, je constate que la salle est presque sold out. The Dyson's est sur le point d’achever son set. Donc difficile de relater quoi que ce soit de leur prestation. Ce sera –peut-être– pour une autre fois…

TV Smith embraie. Un autre vétéran. Il est uniquement armé d’une gratte semi-acoustique pour accompagner son chant. TV Smith, c’est le projet solo de Tim Smith, le fondateur de The Adverts, un autre combo punk insulaire qui a sévi entre 1976 et 1979.

Pas de setlist. L’artiste l’improvise son répertoire. Il a une solide voix et propose des covers de son ancien band ainsi que des standards du punk. Etonnant, on a parfois l’impression qu’il est soutenu par un backing group. En fait, il est capable de reproduire sur sa gratte, les sonorités de différents instruments. En outre, il arpente le podium de long en large. Et judicieusement. Balaise le mec ! 

UK Subs est un des précurseurs du mouvement punk insulaire qui a marqué l’histoire du rock. Portant haut le flambeau de cette révolution musicale, à l’instar de Sham 69, Stiff Little Fingers, The Vibrators, Eddie And The Hot Rods ou les Sex Pistols, il est un des rares survivants à ne jamais avoir cessé d’accorder des concerts, en quatre décennies d’existence ; même si ses gros succès, il les récoltés à ses débuts, en publiant des brûlots comme « Warhead», « I Live In A Car » ou « Tomorrow's Girls ».

Agé de 72 balais, Charlie Harper a toujours bon pied bon œil. Ce chanteur charismatique a pris un peu de poids, mais en ‘live’, il est toujours aussi alerte. Cheveux verts assortis aux branches de ses lunettes, il arbore fièrement les couleurs du punk. Alvin Gibbs se charge de la basse. Ex-membre du backing group d’Iggy Pop, il a rejoint le band en 1980. Le line up est complété par le guitariste Jet et le drummer Jamie Oliver.

Le set s’ouvre par « Young Criminals », un morceau issu du premier elpee. Les mauvais garçons sont de retour. Charlie harangue la foule et tout particulièrement les premiers rangs. Sa voix est rageuse. Il se penche parfois même dangereusement au-dessus de leurs têtes, parmi lesquelles on remarque la présence de quelques barbus (bedonnants), mais surtout de nombreuses crêtes. Des individus à qui il manque, très souvent, quelques dents. C’est clair, ça va déménager aux avant-postes. Aussi votre serviteur décide de battre en retraite jusque la table de mixage, où les spectateurs sont plus paisibles. Les tubes ne sont pas bien sûr pas négligés, mais –et c’est étonnant– pas de trace du dernier opus. Rien que des anciennes compos. Enfin presque. Une exception qui confirme la règle, « I've Got A Gun », disponible sur la toile, depuis peu. Charlie lève le micro bien haut en signe de victoire. Pour alimenter le souk, ‘crowd circles’ et pogos se succèdent. Quelques audacieux tentent de monter sur le podium ; mais la sécurité veille… Au bout de 60 minutes, le groupe tire sa révérence. Un peu court, mais manifestement UK Subs a toujours la pêche, même si la nostalgie du passé doit hanter ses nuits… Enfin à sa décharge, sur ordre de police, les concerts doivent s’achever à 22 heures. De quoi, quand même, rester sur sa faim.  

Setlist : « Young Criminals » / « You Don'T Belong » / «Left For Dead » /« Rockers » /« Down On The Farm » /« Hell Is Other People » /« Monkeys » / « Emotional Blackmail » / « Barbie's Dead » / « Limo Life » / « Bitter And Twisted » / « I've Got A Gun » / « Fear Of Girls » / « Suicidal Girls » / « Tomoroow's Girls » / « Warhead » / « Riot » / « Strangle Hold ».

(Organisation : Magasin 4)

De son véritable nom Jamison, Teen Daze est canadien. Issu de Vancouver, en Colombie Britannique, très exactement. A son actif quelques singles (NDR : « Célébrer », son dernier est sorti en décembre dernier), Eps et trois elpees, dont le dernier, « Morning World », remonte à août 2015. Son électro se sert paradoxalement de l’instrumentation organique (arrangements de cordes surtout), une expression sonore destinées à faire danser, et sur laquelle il pose sa voix éthérée…   

Il n’y qu’une soixantaine de personnes dans l’hémicycle, lorsqu’il débarque sur l’estrade pour entamer son set. Un set au cours duquel il jongle entre ses platines et machines magiques.

Un DJ qui remue et chante en même temps, ce n’est pas courant. Et ce l’est encore moins quand il parvient à faire danser son auditoire. L’aspect mélancolique de ses compos est souligné par les sonorités de violons, de harpe, d’ivoires ou de grattes, à l’instar de ce fameux single atmosphérique « Célébrer ». Des images défilent dans votre tête. Celles des grandes étendues qui peuplent le Canada. Grandes plaines, prairies, forêt boréale, grands lacs… que l’on imagine recouverts de neige. D’ailleurs sa musique pourrait servir de bande sonore à un documentaire qui traite de ces thèmes. Parfois, le spectre de Marie-Pierre Arthur se met même à planer. Encore que son humour, son sens de la dérision et sa bonne humeur, qu’il dispense avec un accent si caractéristique, évoquent plutôt Lisa Leblanc. Pourtant, les compos de Jamison incitent aussi à danser. A cause de ces beats électro qui vous remuent les tripes. Et votre serviteur a fini par succomber à la tentation. Comme s’il avait retrouvé ses jambes de l’adolescence… Stupéfait ?

(Organisation : Le Botanique)

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jeudi, 28 janvier 2016 19:41

GrandGeorge si logique…

GrandGeorge organise sa ‘release party’ ce 18 février 2016, à la Rotonde du Botanique. Après avoir décroché un tube, grâce à « So Fine », qui a fait le buzz dans tous les festivals d'été, il publie donc son tout premier album « So Logical ». Et trois semaines avant la date, le concert est sold out.

Si vous n’avez pas réussi à vous procurer une place pour ce concert, sachez qu’il se produira encore à l'Eden de Charleroi ce 4 mars 2016 et dans le cadre du Bel’zik de Herve ce 20 février 2016. D’autres dates devraient suivre

http://lnk.to/SoLogical

https://www.facebook.com/GrandGeorge.official/?fref=ts

https://twitter.com/GRANDGEORGE

 

Le grand rendez-vous des Arts de la Scène se déroulera du 01 au 05 février 2016. Les professionnels de la culture pourront y découvrir 66 projets novateurs à Flagey, aux Halles de Schaerbeek et au Botanique. Il y aura du théâtre, du cirque, de la danse contemporaine et du cirque.

Mais surtout pour les amateurs de belles notes, de la musique classique, moderne, ancienne et du rock dans tous ses états.

En 2012, quand la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait le pari de rassembler les artistes émergents de toutes les disciplines derrière cette belle vitrine qu’est ProPulse, elle ne s’attendait pas à un tel succès. Et pourtant, le bilan est positif. Un anniversaire à fêter pour un festival qui gagne en popularité et en découvertes multiples.

Le programme musical au Botanique est le suivant :

-le 03/02/2016 :

- Lieutenant (partie pro)
- Kings Of Edelgran, Aprile, Coubiac, Siam et Two kids                               
- On Holiday (partie tout public)

-le 04/02/2016 :

- Chicos Y Mendez, Gaëtan Streel, Azerty (partie pro)
- Electric)Noise(Machine, Facteur Cheval, Joy As A Toy, Ulysse, Zomb (partie tout public)

-le 05/02/2016 :

- Grandgeorge (partie pro)
- FaOn FaOn, In Lakesh, Jeremy Walch, Victoria+ Jean, The Summer Rebellion (partie tout public)

A épingler : Lieutenant, Two Kids On Holiday, Gaëtan Streel, Grandgeorge et FaOn FaOn.

http://www.propulsefestival.be/index.php?id=enbo_sectionpublic

https://www.facebook.com/propulsefestival/?fref=ts

https://twitter.com/propulse_bxl

La dernière visite de Lura à l'Ancienne Belgique remonte à 2010. A l’époque, Maria de Lurdes Pina Assunção (NDR : c’est son véritable nom) et Bai Kamara Jr partageaient la même affiche. En débarquant au guichet de l’AB, une affiche ‘Sold out’ a été placardée. Franchement, l’artiste aurait pu remplir la grande salle. La diaspora africaine est peu représentée, mais celles et ceux qui sont venus vont mettre le souk.

Lura est née à Lisbonne en 1975. C’est à l’âge de 17 ans qu’elle participe à l’enregistrement d’un album de Juka. Comme choriste, même si elle finira par chanter en duo avec le chanteur zouk. En 1996, elle enregistre son premier elpee, « Nha Vida ». Depuis, elle en a fait du chemin. Elle a ainsi notamment bossé en compagnie de Bonga, Tito Paris et Paulo Flores. Puis chanté « Morna », dans le film 'Fados' de Carlos Saura. Partagé un duo auprès de la déesse aux pieds nus, Cesarai Evora, pour « Moda Bô ». Et a été nominée en 2006 lors des BBC Awards, dans la catégorie ‘musiques du monde’, comme ‘espoir’, pour son album « Di Korpu Ku Alma ». Lura chante la musique traditionnelle du Cap-Vert, comme le morna, le funana et le batuque, des styles fortement influencés par les musiques africaines et contemporaines.

Le set débute à 20h35. Sur les planches, un imposant piano à queue occupe une bonne partie de l’espace. Il est planté juste derrière un synthé. C’est Tony Viera qui va se charger des claviers et des ivoires. Et Valentino Ramos, des drums. Le line up est complété par Ivan Medina –bonnet enfoncé sur le crâne– à la guitare et Thierry Fanfan à la basse. Ils sont assis sur des tabourets surélevés.

Lura est vêtue d’une robe à fleurs et chaussée de souliers à hauts talons de couleur jaune. Dès le début du set, Lura lève le doigt à plusieurs reprises pour signaler un problème de retour. L’ingé son se rend compte que le deuxième diffuseur n’est pas branché. Bref, après un moment de stress ponctué par quelques éclats de rires, le show peut démarrer.

Le concert s’ouvre donc par « Di Undi Kim Bem », un extrait du nouvel opus « Herança ». Percus et filet de gratte acoustique alimentent cette complainte qui traite de l'exil. Une guitare qui prend le pas sur ces percussions tout au long de « Mantenha Cudado » et « X Da Questão », deux chansons écrites par Mario Lúcio, le Ministre de la Culture de la République du Cap Vert. Et elles baignent dans une atmosphère de samba brésilienne. « Mamba' Des Bes Cumida Da » est davantage dansant. La voix de Lura est à la fois grave et voluptueuse. Thierry fait corps avec sa basse. « Moda Bô » suscite le recueillement. En fermant les yeux, on a l’impression de se retrouver face à la regrettée Césaria Evora. Nouvelle compo, « Sema Lopi » nous entraîne au Cap Vert. La ‘six cordes’ est omniprésente tout au long de ce morceau au cours duquel Lura retrouve ses véritables racines. Tony tapisse d’abord l’ensemble de ses ivoires avant de dispenser des sonorités d’accordéon à l’aide de son synthé. Place ensuite à « Herança », le titre maître du dernier elpee. Il s’agit de la plus longue plage de ce disque. Ce qui va permettre à chaque musicien d’exécuter son petit solo, Valentino se réservant le dernier, en se déchaînant sur ses fûts. La jolie créole se déhanche sensuellement. Elle joint le geste aux paroles et incite régulièrement les premiers rangs à frapper dans les mains. Chantés en créole, « Dze Q Dzê » et « Narina' » sont repris en chœur par l’auditoire. « Maria Di Lida » est un morceau endiablé. Du batuque au cours duquel la féline entame sa danse guerrière. Elle vire même ses chaussures pour être plus à l’aise. Et c’est au sein de cette frénésie que « Somada », « M Bem Di Fora » et « Goré » achèvent le concert.

Lorsque Lura revient pour le rappel, un refrain en créole émane du fond de la salle. Le reste de l’auditoire embraie. Lura également… elle nous réserve alors « Nha Vida » et termine sa prestation par un morceau de funana, « Sabi Di Más ». Un voyage paradisiaque au cœur des îles capverdiennes vient de s’achever…

(Organisation : Ancienne Belgique)

lundi, 25 janvier 2016 19:31

Blueprints

Whocat est une formation issue de Bruxelles. Elle réunit Sara Moonen (chant), Benoît Minon (guitare) Davy Palumbo (drums et percus) et Joris Lindemans (contrebasse). Ce dernier est sans doute le plus expérimenté, puisqu’il a notamment milité chez Sara So far, Sweet Jazz Orchestra, Parbleu et Jens Maurits Orchestra.

Sarah possède une voix de diva. Une voix veloutée, atmosphérique qui évoque tour à tour celle de Véronique Jacquemein (Annarbor) ou de Dani Klein. Captivant, l’univers sonore de Whocat oscille librement entre jazz, pop, funk et nu soul. Les compos ne manquent pas de groove et les mélodies sont très souvent contagieuses.

Des percus attaquent en force « Two Steps Back » Et si la gratte s’autorise l’une ou l’autre envolée vaporeuse, la contrebasse communique un aspect plus lyrique voire même mélancolique à la compo.

Un quatuor à cordes berce « Lady », une plage douce et mélancolique. La gratte adopte un profil prog/rock. Et le timbre vocal se teinte de soul. Une chanson qui évolue dans un registre proche de Gabriel Rios.

« Fishy Five » est dynamisé par des percus tribales. Un titre jazzy/pop (Everything But The Girl ?) dansant au cours duquel la contrebasse finit par devenir obsessionnelle alors que la guitare emprunte à Carlos Santana.

Laurent Blondiau canalise de sa trompette « Citizens », un titre qui ne manque pas de charme. Tout aussi dansant, il semble émaner d’un mix entre funk, hip hop et jazz.

Le titre maître opère un retour au calme, même si la fin de parcours est dynamisée par les accords de gratte.

Et « Speaking Is Silver », le titre le plus long du long playing, clôt cet opus, une piste visionnaire qui parle d’argent, alors que le silence est d’or…

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