Les pérégrinations du génie Zach Condon se poursuivent de la plus belle manière qui soit. Après nous avoir offert un splendide panorama des Balkans, à peine un peu plus d’un an auparavant, le jeune homme, aujourd’hui installé en France, a emporté un nouveau chef-d’œuvre dans ses valises. « The Flying Club Cup » reprend là où « Gulag Orkestar » s’était achevé, nous entraînant, cette fois, davantage vers l’Ouest européen. Cette seconde carte postale dresse un portrait à la fois romantique et mélancolique de l’Hexagone et de ses environs, à coup d’accordéons, de glockenspiel et autres ‘french horns’.
« The Flying Club Cup » nous transporte instantanément dans les rues de « Nantes » et autres « Cherbourg », à une époque où l’insouciance était de mise. La beauté des mélodies de Beirut n’est pas sans rappeler l’esthétique architecturale de ces lieux circa mid-20e siècle. Une esthétique que l’on peut presque percevoir à travers ces 13 lettres d’amour intemporelles. Sur ce deuxième recueil, Beirut s’offre la compagnie d’Owen Pallett de Final Fantasy, qui, en plus de jouer sur quasi toutes les compositions, pose sa voix sur « Cliquot ». Les vocalises de Pallett, étrangement similaires à celles de Condon, se fondent tellement bien dans le décor que la confusion entre les deux est presque inévitable. Enfin, complément indispensable au disque, le livret de « The Flying Club Cup » contient quelques jolis textes écrits par Ryan Condon, frangin de Zach ; et ils valent le coup d’oeil.
Beirut, jeune artiste des plus accomplis, vise à nouveau nos cœurs et met dans le mille avec une précision déroutante. « The Flying Club Cup » est définitivement un incontournable de cette fin d’année.