La superbe Salle Baudouin 4 de Braine-le-Comte ouvre ce soir ses portes à la formation bruxelloise Colt, un duo en pleine ascension que votre serviteur suit fidèlement depuis l’Envol des Cités en 2018, époque où ils évoluaient sous le patronyme, tout aussi attachant, de Coline et Toitoine, et dont il ne manque aucun concert en Belgique. Cette année, après avoir enflammé l’Ancienne Belgique et traversé les festivals au pays des ‘moules/frites’ ainsi que ceux de l’Hexagone, le tandem composé de Coline Debry et Antoine Jorissen s’apprête d’ailleurs à retrouver un AB complet en février.
L’estrade accueille en première partie la prometteuse epona.
Nouveau visage captivant du rock belge, epona (Epona Guillaume – 23 ans) foule les planches dès l’âge de 7 ans, d’abord en tant que comédienne, que ce soit au théâtre ou devant la caméra, entourée de ses sept sœurs. C’est pourtant dans la musique, et plus particulièrement le rock indé, qu’epona choisit de s’exprimer de façon intime, partageant par le chant les textes engagés qu’elle compose. Un thème essentiel s’impose à elle : les violences masculines subies par ses sœurs, ses amies, elle-même et tant d’autres.
En 2023, elle grave un premier EP de quatre titres, « Help I’m Fine », un opus centré sur des histoires personnelles. Se dévoiler exige du courage et une profonde introspection ; peut-être s’agit-il, pour elle, d’une manière pudique de rendre hommage à toutes ces victimes, voire d’exorciser une douleur enfouie. Le 7 novembre 2025, elle publie un nouvel elpee de cinq morceaux, « Traumas », dont elle nous propose quelques extraits ce soir. Pour la découvrir davantage, la release party de ce disque aura lieu le 30 janvier 2026 à la Rotonde du Botanique.
Le set débute sous l’impulsion de l’éponyme « Trauma » : une formule guitare/voix solide. epona alterne entre la langue de Voltaire et celle de Shakespeare, maîtrisant les deux univers. Positionnée à droite sur l’estrade, elle chante, accompagnée à gauche par un guitariste. Aujourd’hui, elle nous réserve ne prestation particulièrement intimiste. Sa voix, douce et aérienne, touche à la fois les cœurs et les entrailles.
Moment fort, la compo « Peine Pour Toi », interprétée en français, où elle raconte l’histoire d’un homme ayant tenté de la salir en lui subtilisant des photos personnelles, que l’on devine intimes. Plus loin, l’ambiance glisse vers une électro légère qui incite la fosse des premiers rangs à se déhancher, faisant grimper la température.
En fin de set, deux nouvelles compositions, encore sans titre définitif, sont dévoilées. À revoir, cette fois accompagnée d’un band au complet, pour une expérience encore plus riche (page ‘Artistes’ ici).
Setlist : « Trauma », « Peine Pour Toi », « Pour Toujours », « Naked Man (in the Forest) », « Voice », « Oubli » (titres temporaire) », « Simple Envie » (titre temporaire), « Ta Faute A Moi ».
Des lumières nourries enveloppent le duo dès leur arrivée, sous les hurlements de l’auditoire. Toitoine s’installe à gauche, sur le podium, devant ses synthés et ses machines. Les hurlements redoublent. Derrière Antoine, une claviériste/bassiste prend place sur une estrade élevée, tandis que le drummer Gaspard occupe le centre, accompagné à sa droite d’une autre claviériste. Mazarine et Charline, les deux claviéristes, vont enrichir le chœur et soutenir la voix de Coline. La foule s’embrase : ça trépigne, ça crie, ça interpelle. Dès les premières notes, l’alchimie entre Coline et Antoine s’impose. Antoine, pianiste depuis l’enfance et diplômé en composition de musiques de film, insuffle une profondeur mélodique à chaque morceau, tandis que Coline, forte de son expérience en chant lyrique et en comédies musicales, fascine par sa voix envoûtante et sa présence scénique énergique. Réunis sur l’estrade, ils excellent dans leur art : jouer et chanter ensemble, comme le rappelle « Mille Vies », première chanson du spectacle : ‘Tu sais, à nous deux, on a lancé sans le savoir l’histoire que plus vieux on se racontera tous les soirs’. Colt, formation électro-pop intense et envoûtante, conjugue poésie et énergie brute.
« Premier » embraie, une compo qui ouvre l’opus « Saveur Cœur Abîmé ». Antoine s’anime derrière ses machines, tandis que Coline arpente le podium de gauche à droite, crie, sautille, lève les bras. Elle partage ses premières fois et son parcours depuis l’adolescence : ses premiers concerts, ‘les premiers 10 ans’. Les beats s’accélèrent, les claviers s’enflamment, suivis de près par le drumming tribal, alors que les lumières inondent le duo et les premiers rangs.
Après « Lionnes », le set se poursuit par « Oublie pas Ok » (une chanson d’amour), puis le titre éponyme du long playing, « Saveur Cœur Abîmé », qui explore la relation avec la mère et la famille de Coline. « ODIO » s’interprète en chant lyrique et dans la langue de Verdi, Antoine aux ivoires, sous un faisceau lumineux bleu focalisé sur lui.
Une attention particulière est accordée à « Sensible A retardement », un morceau paru il y a deux semaines, où Coline partage le chant avec son frère Diégo, absent ce soir. La chanson atteint 100 000 vues sur la toile : un véritable succès.
Coline signale qu’une personne — dont le duo a déjà beaucoup parlé sur les réseaux sociaux — ne parvient pas à être présente. Ce fait illustre « Reboot », qui clôt le set et embrase à nouveau la fosse. Coline et Antoine savourent un bain de foule bien mérité.
« Mille Vies » révèle la diversité et la maturité de leur art, tandis que des moments plus introspectifs, comme « Insomnies » offert en rappel, captivent l’auditoire par leur sincérité émotionnelle.
Ce soir, le duo est parvenu à captiver l’auditoire le plus éclectique grâce à une fusion singulière d’électro-pop et de rock urbain
Setlist : « Milles Vies », « Premier », « Lionnes », « Oublie pas Ok », « Saveur Cœur Abimé », « Chaos », « Invincible », « ODIOS », « Demi-Mot », « Désolée », « Sensible A retardement », « Reboot ».
Rappel : « Insomnies »
(Organisation : Centre Culturel de Braine-le-Comte)