Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Les Gens d’Ere 2019 : vendredi 26 juillet

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Le festival Les Gens d’Ere est né d’une initiative peu commune entre une bande de copains qui, pour fêter la fin des examens, avait décidé de boire un godet autour d’un peu de musique dans l’enceinte d’un hangar. C’était en 1998.

Aujourd’hui, il s’agit d’un véritable festival dont le succès et la renommée croissent au fil du temps et dépassent les frontières.

Sans oublier les têtes d’affiche à faire pâlir de jalousie ses grands frères tout en gardant à l’esprit un côté intimiste, bon enfant et une mixité sociale rarement observée dans ce genre d’événements. Comme quoi, on peut faire du sérieux, sans s’y prendre vraiment…

A l’instar de l’année précédente, les festivités s’étalent sur trois jours. Le premier est essentiellement destiné aux (re)découvertes, à travers une programmation plutôt intergénérationnelle, le second est consacré aux covers bands et enfin, le dernier s’adresse à un public un peu plus jeune. Un line-up dont la diversité est intéressante et très susceptible de satisfaire un large public…  

Si au cours des jours précédents, il n’était vraiment pas indiqué de pointer le bout du nez, vu la température caniculaire, la prudence est aujourd’hui conseillée, car des orages violents sont attendus. Les K-ways sont d’ailleurs visibles à perte de vue…

Lorsque votre serviteur débarque, déjà s’envolent les dernières gammes de la jeune singer/songwriter belge Tanaë.

A entendre sa voix soul et ses mélodies pop accrocheuses, nul doute que sa prestation aura laissé quelques bons souvenirs auprès de la poignée de spectateurs présents.

Epsylon prend immédiatement le relais. Pas des jeunes premiers puisqu’il y a plus de dix ans qu’ils militent dans l’univers du rock celtique. Le groupe a déjà tourné en Chine, au Koweït, au Kazakhstan, Chine, Canada, Angleterre et un peu partout en Europe.

La veille, il se produisait en Bretagne. Aussi avant d’entamer le concert, comme pour se justifier, le porte-parole signale avoir roulé 10 heures pour assurer sa participation dans le plat pays. Un effort vite récompensé par une salve d’applaudissements bien méritée.

Le bassiste a le pied dans le plâtre. Il doit rester en position assise ; ce qui ne facilite pas ses mouvements.

La formation, née entre Nantes et la Vendée, est responsable d’une musique qui mêle rock, folk et pop, mais surtout notoire pour créer une ambiance celtique. Ce qui lui permet de se positionner un peu en marge par rapport à la palette de sons proposée aujourd’hui. Pourquoi pas après tout ? Il en faut pour tous les goûts !

Interprétées dans la langue de Molière et à l’aide d’instruments traditionnels, les compos, telles que « La même histoire », sentent l’air marin, le vent iodé et le coquillage ensablé.

Si la ballade « Aux hommes debout ! », soulignée par un accordéon, marque les esprits, c’est surtout « Requiem » qui incarne le mieux l’univers mystérieux voire mystique de ces hommes venus d’ailleurs.

Mustii est maintenant attendu par une horde de femmes en chaleur sous un chapiteau tout aussi brûlant. Faut dire que le gaillard est plutôt beau gosse. Dents blanchies pour sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques, il profite de sa plastique de mannequin pour lécher du regard, sans trop de scrupules, les plus jolies filles. Et apparemment, elles sont ravies. Ceux qui les accompagnent un peu moins…

La salle est pleine à craquer. Les quelques piliers de comptoir à moitié éméchés ont déserté le bar, déposé leur pinte et sont venus tendre l’oreille.

Un grand drap blanc trône au milieu du podium. Il est agité par de gros ventilos plantés en arrière-plan. Chaque balancement laisse entrevoir un ‘21st Century Boy’ luminescent.

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois.

La trentaine, le gamin diplômé de l'IAD jouit déjà d’une sacrée expérience scénique. Depuis pas mal de temps, il écume à tour de rôle des centaines de salles de concerts et des festivals.

Il arbore une tenue pour le moins étrange ce soir : une cape noir ornée de brillants. Ses musicos sont habillés de blanc. Seul le drummer est drapé d’un vieux marcel, histoire de ressembler à un vieux belge…

Thomas Mustin, à l’état-civil, s’est fait connaître auprès du grand public en publiant un Ep fraîchement réussi baptisé « The Darkest Night ».

Aujourd’hui, c’est un premier album qu’il est venu présenter. C’est donc par un « What a day » qu’il entame un tour de chant, rythmé par des chorégraphies à couper le souffle.

Sueur perlant sur le front, il avoue que la canicule n’a pas fini son œuvre et enchaîne de suite par le puissant et inévitable « 21st Century Boy ».

Tom fait bien davantage que chanter. Il vit sa musique, la respire, la transpire, joue avec le son et les rythmes. Tout est millimétré. Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est très énergique. Lorsqu’il ne sautille pas, il court d’un bout à l’autre de l’estrade, monte sur les praticables, se roule par terre ou se met à feindre une gestuelle quasi-érotique.

De nombreux spectateurs sont surpris de constater que lorsqu’il s’agit de mouiller sa chemise, il n’a pas froid aux yeux. D’un pas décidé, il s’élance dans la foule pour s’essayer au crowdsurfing… avec succès !

Les chansons conventionnelles et de jolies ballades ténébreuses alternent. Etrangement, la puissance de sa voix haut-perchée contraste avec son physique de jeune premier.

Sa reprise du tube séculaire « Tainted Love », un titre signé Ed Cobb du groupe The Four Preps, et popularisé par le duo britannique Soft Cell, emmené par Marc Almond, constitue un des moments forts du spectacle. Une compo très intelligemment réappropriée.

Les détracteurs estimeront le set sans doute un peu trop prévisible. Mais manifestement, le petit sait y faire et attire un public de plus en plus réceptif aux frasques pourtant parfois poussives.

Torse nu, Mustii clôt sa prestation d’une rare intensité par « Feed Me »…

Skip the use, va mettre le souk pour cette première journée !

Fondé en 2008, ce combo a vu sa notoriété grimper en flèche au point d’être rapidement invité à se produire lors des festivals internationaux, en assurant même des premières parties pour Trust et Rage Against the Machine.

Le line up a connu quelques changements depuis ses origines, notamment lors du départ d’une de ses chevilles ouvrières, Mat Bastard, qui va embrasser une carrière solo auprès de ses potes de Carving, tandis que d’autres membres formeront The NoFace. Un divorce par consentement mutuel acté fin 2016.

De courte durée puisque le couple Bastard/Yan Stefani est à nouveau en lice pour une nouvelle aventure que l’on espère la plus longue possible.

L’explosivité du black n’est pas une légende. Dès les premiers riffs entraînants, irrésistibles même, son corps transgresse les lois de la gravité. Une seule certitude, le ‘live’ sera explosif !

Le son est bien rock. Il lorgne même souvent vers le punk. Comme l’attitude des musiciens d’ailleurs.

Très vite, on ressent l’envie de sautiller, de se déhancher et de pogoter. D’ailleurs, à quelques mètres du podium, un noyau réunissant une centaine de personnes s’excite. Ils s’évertuent à se cogner corps contre corps.

Il ne faudra pas cinq minutes pour que le public succombe dans une frénésie schizophrène. Et tout particulièrement, lorsque l’illuminé lui demande de réaliser un déplacement de masse de la gauche vers la droite et inversement provoquant une certaine cohue. Le tout dans un esprit bon enfant, bien évidemment.

De temps à autre, le singer égratigne les VIPs en justifiant le fait qu’il a l’envie de leur casser les couilles parce qu’ils ne paient pas…

Plus qu’un showman, le saltimbanque de la chanson marque un engagement assumé à travers ses compositions très incisives, notamment lorsqu’il évoque son indignation envers des partis politiques de droite et au cours desquelles il ne manquera pas de brandir un majeur en hurlant ‘fuck you’. Certains y verront de la provocation, les autres une démarche militante…

Moment d’émotion lorsque la petite fille de Yann vient lui rendre une petite visite sur les planches, le temps d’un bisou.

« More Than Friends » rappellera combien le talent du combo est puissant.

Il est difficile de se frayer un chemin pour assister à la prestation de Kyo. Pour les distraits, c’est le groupe de midinettes qui s’est fait connaître en gravant sa « Dernière Danse », ballade soutenue par une rythmique nonchalante figurant sur « Le Chemin », second opus du band, mais premier à être popularisé auprès du grand public, le premier du nom, éponyme, ayant passé complètement inaperçu.

Fondé en 1994, ce combo français est drivé par Benoît Poher (chant et guitare) et implique ses potes Florian Dubos (guitare), Nicolas Chassagne (guitare) et Fabien Dubos (percussions et saxophone). Ce soir, un gars est flanqué au synthé.

Kyo semble clairement incarner le groupe destiné aux ados vu les centaines de milliers de jeunes filles qui poussent des coudes pour débarquer les premières sur le site.

D’un bleu profond, la pénombre laisse à peine entrevoir le minois du chanteur qui approche maintenant la quarantaine…

Le drummer habituel est remplacé par un inconnu. Impossible de connaître la cause de cette défection aussi soudaine qu’imprévue. Il semble d’ailleurs qu’elle ne soit pas la première…

C’est alors que « Le Chemin », autrefois interprété en compagnie de Sita, ouvre les hostilités. Une histoire d’amour de presque vingt ans.

Si la recette de Kyo repose avant tout sur des textes introspectifs et des accords passe-partout, elle n’en demeure pas moins efficace.

Des textes incisifs couchés sur une bande son moderne et modulaire comme « Je cours », chanson racontant le destin d'un adolescent, rejeté de tous, qui cherche le bonheur malgré lui dans un univers ténébreux. Un sujet toujours autant d’actualité.

Dans un registre aussi sombre, sur fond de violence familiale, de maltraitance et d'alcoolisme, « Sarah » prend une dimension très profonde lorsque Benoît pose son grain de voix délicat et éthéré sur une nappe synthétique du plus bel effet.

C’est alors que les smartphones illuminent une chanson dont la morosité est vite mise au placard à cause de « Ton mec », dont la thématique brosse un adultère devenu la règle et non plus l’exception.

Le temps de quelques compos, Florian Dubos, bassiste/guitariste, s’empare du micro et de sa voix suave, livre de belles ballades, pour ensuite revoir Ben « Tout envoyer en l’air » avec ses « Poupées russes », deux chansons qui ont permis au groupe de montrer toute l’étendue de son énergie et de sa maîtrise de la musique.

Bref, un live à la hauteur de ce que tout festivalier est en droit d’attendre. Résultat : « Je saigne encore ».

Enfin, le singer revient armé d’une GoPro (une caméra d’action) pour tourner le clip d’une nouvelle chanson qui devrait figurer sur le prochain album. On ne mesure pas toujours la sincérité des propos, mais force est de constater qu’ils communiquent le sourire aux organisateurs et renforcent leur confiance pour les années futures…

Fort du succès rencontré, gageons que la bande à Benoît s’efforcera, comme lors du rappel, de garder le « Contact » !

Enfin, l’Orchestre Zénith joue les prolongations. Un cover band issu du coin. Un de plus. Peut-être un de trop. Comme quoi, l’affiche d’un tel événement peut également receler des faiblesses…

Pour les photos, c'est ici

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Tanaë + Epsylon + Mustii + Skip the use + Kyo + Orchestre Zénith

Wovoka Gentle

Start clanging cymbals

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Si votre serviteur est rétif à tout ce qui est électro ‘tchack tchak boum’ ou ‘pouète pouète’ ainsi qu’aux artistes ou groupes qui s’y convertissent ou en consomment, pour être dans l’air du temps, il reste ouvert à celles et ceux qui y ont recours dans un esprit créatif. A l’instar de ce Wovoka Gentle, un trio londonien qui vient de graver son premier album. Intitulé « Start clanging cymbals », il recèle 13 pistes à la fois expérimentales et mélodieuses. Première constatation, les harmonies vocales sont lumineuses, parfois polyphoniques (« Small victory »), gospel (« Tell ‘Em, Makoto ! » un titre hanté par Mahalia Jackson), aussi limpides que chez les Beach Boys, mais complexes que celles exécutées par Animal Collective (« 1 000 Opera singers working in starbrucks ») voire XTC (« Xerxes ‘19ft », qui bénéficie, en outre de chœurs tribaux assurés par une chorale enfantine). Sophistiqués, les arrangements peuvent se révéler symphoniques. A l’instar de « Oystercatcher », un morceau au cours duquel un violon et un hautbois se libèrent subrepticement, mais aussi une guitare sèche en picking, qui enlumine par ailleurs de nombreuses compos. Et si une trompette free jazz (NDR : celle de Freddie Gavital ») s’invite sur « Punxsutawney Phil », boîte à rythmes, machines judicieusement exploitées et synthés/claviers sophistiqués et/ou en couches s’intègrent naturellement dans un ensemble harmonieux et surprenant. Enfin, non seulement le groupe aborde le sujet de la mort imminente sur « (I saw a bright white light) », mais achève l’opus par le remarquable « Sin Is Crouching At Your Door (Sad Puppy !!!1 !), une plage electro/psyché/folk qui nous plonge dans un univers ‘sydbarrettien’, alors que la voix évoque… Donovan. Une œuvre audacieuse qui devrait figurer parmi les Tops albums de votre serviteur pour 2019.

Better Oblivion Community Center

Better Oblivion Community Center

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Derrière le patronyme de ce centre de bien-être fictif baptisé Better Oblivion Community Center se cache deux songwriters plus que talentueux. Le premier, Conor Oberst (Bright Eyes, Desaparecidos, Monsters of Folk, ...), n’est plus à presenter. A presque 40 ans, sa discographie est longue comme le bras ; en outre, il est incontestablement devenu un des compositeurs les plus brillants de sa génération dans l’univers de l’indie folk. La seconde, Phoebe Bridgers, émarge à un panel de jeunes compositrices biberonnées à la musique de Bright Eyes. Outre sa carrière solo entamée voici quelques années, la Californienne a notamment formé, en compagnie de Julien Baker et Lucy Dacus, Boygenius. Leur rencontre remonte à une collaboration opérée en 2016 sur un morceau du premier elpee de ladite Bridgers.

Sur cet opus paru chez Dead Ocean, les deux artistes se partagent équitablement l’écriture ainsi que le chant. Circonstanciellement, ils sont épaulés par des collaborateurs, dont John Congleton, le guitariste Nick Zinner (Yeah Yeah Yeahs) ou encore la drummeuse Carla Azar (Autolux, Jack White). Sans surprise, leur coopération accouche de morceaux folk/rock qui ne demandent pas trop d’efforts pour s’installer durablement dans un coin de votre matière grise. Parmi les pépites folk, on épinglera le splendide “Service Road”. Un morceau dans le pur style Bright Eyes qui donne la chair de poule lorsqu’on sait que le frère de Conor est récemment décédé suite à une consommation excessive d’alcool. Outre ces plages plus acoustiques, le duo n’hésite pas à hausser le ton sur “Big Black Heart” ou encore “Exception to the Rule”, une plage abordée dans l’esprit de Desaparecidos. 

Conor Oberst et Phoebe Bridgers ne réinventent rien. Il serait d’ailleurs dommage qu’ils changent leur fusil d’épaule, vu la facilité avec laquelle ils composent de simples et beaux morceaux sculptés dans le folk. Bref, ce duo fonctionne à merveille et nous réserve un superbe album qui ne sera peut-être pas éternel mais risque de trotter durant un bon moment dans nos têtes. Espérons simplement que cette collaboration ne soit pas qu’un one shot !

Ex Hex

It’s real

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Compositrice, chanteuse et multi-instrumentiste (guitare, claviers, violoncelle), Mary Timony compte déjà plusieurs projets à son actif. Après Autoclave, Helium, Mind Science of the Mind, The Spells, Green 4 et Wild Flag, sans oublier ses aventures en solo, elle a donc décidé de fonder Ex Hex, un trio qui avait déjà publié un premier elpee baptisé « Rips », en 2014. Et « It’s real » constitue le second opus de la formation. Souvent hymniques, les compos sont découpées dans des riffs binaires, mais par la technique de l’overdubbing, elles sont traversées par des solos bien sentis, parfois tintinnabulants, comme sur l’allègre « Radiate ». Et comme la voix de Mary est légèrement réverbérée, on ne peut s’empêcher de penser à Chrissie Hynde et bien sûr aux Pretenders. Même que certaines pistes nous replongent dans l’univers du glam/rock (The Runaways ?), alors que d’autres baignent dans la power pop, réminiscente de Blondie (« Diamond Dive »), « Another dimension » nous réservant même des harmonies vocales dignes des Spice Girls. Un album agréable à écouter, mais qui manque quand même de relief…

Iron & Wine

Our Endless Numbered Days (Deluxe Edition)

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Alors que Sam Beam, alias Iron and Wine, met la gomme pour promouvoir son dernier album enregistré en compagnie de Calexico (quatorze ans après coopéré pour réaliser l’excellent « In the Reins »), le label Sub Pop réédite « Our Endless Numbered Days » dans le cadre du quinzième anniversaire de sa sortie. C’est grâce à ce deuxième elpee que Sam Beam est parvenu à se forger un nom sur la scène folk américaine. Pour la première fois, alors âgé de 30 ans, le natif de Caroline de Sud bénéficie d’un enregistrement en studio et reçoit l’aide du producteur Brian Deck (Modest Mouse, Califone, Gomez, …) Ce magnifique album de folk minimaliste, largement acclamé par la critique, ouvrira la voie, quelques années plus tard, à des artistes tels que Bon Iver. La voix douce de Sam Beam est parfaitement mise en avant, soutenue par la sèche, parfois par une slide, un banjo ou une mandoline. Les douze morceaux de son deuxième opus nous invitent à l’introspection en traversant les forêts américaines.

Concrètement, cette nouvelle édition, outre une légère modification de l’artwork, nous réserve huit démos inédites, dépouillées, de « Our Endless Numbered Days ». Bref, hormis pour les fans de la première heure, cette nouvelle mouture n’est pas vraiment indispensable…  

PoiL

Sus

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Non content d’avoir le sens de l’humour, ce trio lyonnais semble vouloir cultiver l’équivoque. Et il n’en est pas à son coup d’essai. Il a ainsi adopté pour patronyme PoiL, mais également baptisé son cinquième opus, « Sus ». Les elpees « Dins O Cuol », paru en 2011, et « Brossaklitt », en 2014, ont d’ailleurs certainement dû susciter une même polémique. De quoi bien faire rire les membres du groupe dans leur barbe…

Néo prog, excentrique et expérimentale, la musique de ce groupe lyonnais agrège une multitude de styles qui oscillent du math rock à l’électro, en passant par la noisy, le punk, le metal, l’avant-garde (Stockhausen ?), le jazz (Herbie Hancock ?), la prog (NDR : ce moog attaqué à la manière de Keith Emerson !) et la liste est loin d’être exhaustive ; le tout abordé dans l’esprit de feu Frank Zappa. Souligné religieusement par des chants polyphoniques occitans, ses textes sont inspirés par la poésie de Max Rouquette et Théodore Aubanel, vocaux qui font souvent penser au langage ‘Zeuhl’, pratiqué par Magma. Truffé de breaks, arythmique, quand elle n’est pas frénétique, l’expression sonore est à la fois nerveuse et terriblement complexe. Réunissant cinq titres, dont deux plages qui dépassent les 12’, l’album est partagé en deux volets de 20 minutes, comme un vinyle, « Luseta » nous réservant trois premiers morceaux, et « Lou Libre De L’Amour », les deux derniers. Si vous n’êtes pas réceptif à ce type de musique, vous risquez de vous arracher les cheveux. A moins que vous n’ayez la boule à zéro… ce qui n’est pas le cas des trois musiciens, on vous le confirme…

Green River

Rehab Doll (reissue)

Écrit par

C’est à nouveau Jack Endino qui est sollicité pour mettre en forme le premier et seul elpee du band, « Rehab Doll » ; mais il est remplacé au beau milieu des sessions par Bruce Calder, la formation changeant alors même de studio d’enregistrement.

Tout comme l’Ep « Dry as a bone », l’opus a été enrichi de bonus tracks. Ces deux disques, qui font l’objet d’une seconde réédition (NDR : la première date de 1990) figuraient sur une compile, parue en 1990. Huit démos complètent cependant ce nouveau long playing. De quoi rendre les supports suffisamment copieux pour satisfaire les collectionneurs. Mais pas seulement, car pour la circonstance, Jack a parfaitement réussi sa remasterisation. L’album recèle quelques perles comme la cover du « Queen bitch » de Bowie, le titre maître de l’opus, l’excellente plage semi-acoustique « One more stitch » et le blues autant enlevé qu’électrique « Take a dive ». En outre, les autres pistes sont aussi percutantes que soignées, le sens mélodique rappelant même parfois le Floyd circa « A saucerful of secrets ». Un véritable testament, Green River étant considéré comme un des principaux instigateurs du futur grunge, la présence de musiciens qui vont le développer plus tard, n’y étant pas étrangère… 

Green River

Dry as a bone (Reissue)

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Patronyme inspiré d’une compo de Creedence Clearwater Revival, Green River est né en 1984 à Seattle. On y retrouve alors le drummer Alex Vincent, les futurs Mudhoney Mark Arm (chant) et Steve Turner (guitare solo) ainsi que Stone Gossard (guitare rythmique) et Jeff Ament (basse), qui vont ensuite rebondir au sein de Mother Love Bone et surtout Pearl Jam. Que du beau monde pour enregistrer un second Ep intitulé « Dry as a bone », mais sans Steve Turner, déjà remplacé par Bruce Fairweather, qui militera ensuite chez Love Battery. Paru chez Sub Pop, ce disque bénéficie alors de la mise en forme de Jack Endino.

Ce disque avait déjà fait l’objet d’une réédition en 1990, mais sous la forme d’une compile impliquant également l’album « Rehab Doll ». C’est donc la seconde, et pour la circonstance, il a été enrichi de bonus tracks. En l’occurrence le premier Ep, des singles ainsi que cinq inédits, parmi lesquels figure une version furieuse du « Ain’t nothing to do » des Dead Boys. Mais malgré la remasterisation opérée par Endino, les morceaux sont toujours aussi bruts de décoffrage et souffrent d’une carence en mélodie. Cet Ep a un intérêt purement historique et ne devrait intéresser que les collectionneurs, Green River étant considéré comme un des principaux instigateurs du futur grunge, la présence de musiciens qui vont le développer plus tard, n’y étant pas étrangère… 

Patience

Dizzy spells

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Roxanne Clifford a donc décidé de mettre un terme à l’aventure Veronica Falls. Elle a quitté Londres pour la Californie, où elle a fondé son propre label, Winona. Et en même temps, elle s’est convertie à la synth pop inspirée des 80’s. Après avoir publié trois Eps, elle a gravé un premier album sous son nouveau patronyme, un LP baptisé « Dizzy spells ». Et l’opus démarre en force par « The girls are chewing gum », un titre irrésistiblement dansant. Contaminé par la Chicago House, il a bénéficié du concours de Todd Edwards (Daft Punk), à la mise en forme. Bien que l’artiste expérimente aussi bien les synthés analogiques que de nouvelle génération, le reste de cet elpee, qui navigue entre new wave, avant-pop et italo disco perd, au fil des morceaux, de son intensité. Et malgré la superbe voix de Roxanne, ainsi que quelques interventions à la gratte, apportée, sur deux plages, par Marion Herbain, ex-Veronica Falls, un sentiment de lassitude finit par vous envahir l’esprit… 

Wild Nothing

Indigo

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Wild Nothing, le projet solo de Jack Tatum, voit poindre ses 10 ans d’existence en gravant « Indigo », un 4ème album tout en nuances dans ce genre vaporeux qualifié de dream-pop (mouvement lancé par des artistes comme Violens, Twin Shadow, Neon Indian, Washed Out) … Aujourd’hui établi à Los Angeles et bénéficiant du concours de Jorge Elbrecht (Violens encore…) à la production, l’Américain lorgne vers la pop des années 80 –celle de Roxy Music, Prefab Sprout ou encore Tears For Fears– à travers ses saxos (« Partners in Motion ») et synthés de circonstance. Le son est toujours mélancolique mais moins ‘brumeux’ via une voix mixée plus en avant. Un album parfaitement réalisé auquel il manque peut-être quelques mélodies imparables…

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