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A.C. Newman

The slow wonder

Écrit par
Premier album solo pour Carl Newman, principal compositeur chez les New Pornographers. Il s’y réserve même 80% de l’écriture. Et paradoxalement, l’absence de son comparse, Dan Bejar, est instantanément palpable. En fait, tout au long de cet opus, l’aspect psychédélique a été négligé. Pour laisser place à de la power pop à la fois soignée et contagieuse. Parfois aussi hymnique. En 11 fragments pour 34 minutes, Carl démontre tout son art à maîtriser le sens mélodique. Tout en posant un regard personnel et ironique sur le monde contemporain. Qu’il transpose dans ses lyrics, un peu à la manière de Ray Davies (Kinks). Des lyrics chantés de son timbre presque falsetto, accompagné le plus souvent de Sarah Wheeler, qui prend en quelque sorte le relais de Neko Case. Ensemble, ils participent ainsi à la confection d’harmonies vocales impeccables. Un peu comme chez Fountains of Wayne ou Big Star. La guitare a même son mot à dire. Ou encore Ben Folds Five, sensation accentuée par le recours à un piano sonore (l’uptempo « On the table »). Finement ciselés, les arrangements peuvent également se révéler somptueux. A l’instar du légendaire ELO. Et je pense tout particulièrement à « 35 in the shade » et à l’excellent « The town halo », dont le tempo est tramé par un violoncelle. Des Nits également. Petite musique de chambre « Come crash » bénéficie ainsi du concours de cordes et de cuivres. Tout en s’écartant de l’ensemble, deux plages méritent une mention particulière. Tout d’abord « Secretarial », new wave ensoleillée réminiscente des Cars. Et puis l’énigmatique et menaçant « The battle for straight time », fruit d’une collision imaginaire entre les Pixies et Guided By Voices.