La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Sleaford Mods

Ube valse de styles sous une pluie de gobelets de bière…

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Quatrième passage de Sleaford Mods à l’Ancienne Belgique depuis 2015 : le duo joue ici en terrain conquis, accueilli comme une équipe de football qui revient jouer à domicile. Dans la salle, l’auditoire répond présent, même si la setlist alterne moments tendus et respirations. Compte rendu !

En ouverture, Snayx connaît aussi l’AB : la formation de Brighton (NDR : encore un rejeton de la côte Sud) a foulé le Club, à l’étage, deux ans plus tôt. Lainey s’installe vite derrière les fûts, en pilotant aussi le séquenceur. Puis un grand bassiste, suivi du chanteur — casquette vissée sur le crâne — surgissent à l’avant de l’estrade, comme deux combattants de MMA prêts à disputer le round. Le son penche franchement vers le punk/hardcore, mené par une basse très en avant, auquel s’ajoutent des phrasés rap/hip-hop qui évoquent Senser, Prodigy ou Clawfinger côté années 90, et, plus près de nous, Slaves ou Wargasm. L’énergie se communique et ramène progressivement du monde dans la fosse. Pourtant, en début de set, l’assistance reste clairsemée, il n’y a guère plus d’une centaine de curieux aux premiers rangs. Si les titres donnent un vrai coup de fouet, ils s’appuient souvent sur un beat punk assez rectiligne ; trente minutes suffisent, finalement, pour cerner le concert (page ‘Artistes’ ici). 

Question : pourquoi programmer Sleaford Mods seulement à 21 h, alors que l’inter-plateau pourrait se limiter à un petit quart d’heure ? Vers 20 h 50, Andrew Fearn ajuste son PC, l’ingé son vérifie le micro ; deux minutes suffisent, montre en main.

Le duo arrive sobrement, à l’heure pile. Jason Williamson, t-shirt sans manches, exhibe une collection de tattoos (NDR : dont le célèbre « British Railways » et son lion). Cette entrée sans effets tranche par rapport à l’accueil de la foule, déjà prête à les porter aux nues. Musicalement, la formule demeure minimaliste, mais l’ensemble se met vite en place sur les planches. Andrew aligne les pas de danse derrière son ordinateur, tandis que Jason, voix râpeuse, lâche ses harangues comme un supporter des Three Lions au terme d’un match. Le début de parcours réserve une large place à « The Dismiss of Planet X » (NDR : un opus déjà bien calé dans le top 2026 de votre serviteur). L’ouverture, « The Unwrap », reste d’abord sur la retenue. Deux miroirs encadrent le podium et un écran vidéo sert surtout à afficher les featurings : sur « Good Life », par exemple, apparaissent Gwendoline Christie et Big Special en streaming. « Megaton » réveille la fosse : ça bouge, les premiers pogos se lancent, sous une pluie intermittente de gobelets de bière.

La setlist, comme l’ambiance, connaît pourtant des variations. Ces creux et relances permettent aussi de mesurer l’amplitude du phrasé : Andrew passe d’un ton post-punk à des séquences plus rap, voire à des saillies punk plus nerveuses, sans lâcher ce chanté-parlé aux inflexions de classe ouvrière du Nord de l’Angleterre. Le tout est ponctué de crachats, de bruitages et de ‘fuck’ déclinés à toutes les sauces.

Dans la dernière demi-heure, « Force 10 From Navarone » offre une nouvelle occasion d’envoyer sur l’écran la séquence tournée en compagnie de Florence Shaw (Dry Cleaning). Puis survient une reprise inattendue, mais efficace pour relancer l’auditoire : « West End Girls » des Pet Shop Boys, qui remet les corps en mouvement, mais pas sans esquisser un sourire goguenard.

Le set s’achève en crescendo : d’abord « Tied Up in Nottz » (NDR : clin d’œil aux contrastes de classes sociales dans leur ville d’origine, Nottingham). « Jobseeker », sur une rythmique martelée, déclenche encore des mouvements de masse aux premiers rangs. Le duo boucle ensuite sur l’entêtant « Tweet, Tweet, Tweet », puis prend le temps de saluer l’auditoire et de distribuer quelques setlists, avant de tirer sa révérence.

(Organisation : AB + Live Nation)

Parade Ground

Concours Parade Ground : 2 x 1 ticket à gagner pour le festival "TwoFourThree : The Next Generation" le 11 avril prochain au Drink Drink à Bruxelles

Parade Ground vous propose de gagner 2 x 1 ticket pour le festival "TwoFourThree : The Next Generation" qqqqui se déroulera le 11 avril prochain au Drink Drink à Bruxelles, avec Parade Ground, le duo légendaire belge, qui fêtera son 45e anniversaire, accompagné de Krieg-B, Camy Huot, Extra Bleu Ciel, Bad Time et Mi6.

Comment vous la procurer ? Complétez le formulaire et répondez à la question suivante avant le 2 avril 2026.

Vous devez vous connecter avant de pourvoir participer au concours. Si vous n’avez pas d’identifiant et de mot de passe, vous devez d’abord vous inscrire.

Les gagnants seront avertis personnellement et recevront leurs tickets par e-mail. 

Pour participer, c’est

 

 

Of Monsters And Men

Huit minutes de final avant de disparaître dans le son…

Écrit par

Ce mardi 3 mars, à l’Ancienne Belgique, l’Islande est sous le feu des projecteurs. Et pour cause, Of Monsters and Men et RAKEL sont à l’affiche. Le concert est complet depuis longtemps.

Plus de dix ans après l’impact international de « Little Talks », Of Monsters And Men continue d’élargir son répertoire. Quatre mois après la parution de « All Is Love And Pain In The Mouse Parade », le septuor islandais est parti défendre ce long playing tout au long de son ‘Mouse Parade Tour’, qui passait donc, par Bruxelles.

 En ouverture, il revient à RAKEL, artiste islandaise émergente, responsable d’une musique pop/indie intime et atmosphérique de chauffer la salle.

Le set de la chanteuse et compositrice s’ouvre par « Petrichor ». Aux claviers, Salomé Katrin l’accompagne et pose un cadre calme, presque cotonneux. « Rescue Remedy » glisse sans heurt, puis « Pillows » installe un apaisement proche de la suspension. Les titres sont issus de « A Place To Be », paru le 17 octobre 2025.
Un point de jonction s’impose ensuite : Nanna Bryndís Hilmarsdóttir rejoint le duo pour le dernier morceau. Toutes trois proposent une reprise de « Let It Die » (Feist), interprétée sans effet superflu, qui prépare la transition vers la tête d’affiche. La salle applaudit longuement la fin du set (page ‘Artistes’ ici). 

Place, ensuite à Of Monsters And Men.

Les sept musiciens s’alignent : quatre guitaristes (dont deux préposés aux sèches), un multi-instrumentiste qui passe de la basse aux claviers, un second claviériste-accordéoniste, en surplomb sur une estrade, et, à droite, un batteur planté sur une plateforme plus haute. L’arrivée du combo reste sobre, mais l’impact se fait sentir dès les premières mesures.

Le set démarre par « Television Love » puis embraie sur « Dream Team », deux titres qui installent une atmosphère planante, parfois contemplative, sans se limiter au folk du début des années 2010. La formation circule entre pop cinématographique et folk rock, en alternant retenue et poussées mélodiques. La sélection du soir met logiquement l’accent sur le dernier disque, « All Is Love And Pain In The Mouse Parade ». Dix morceaux y trouvent place, joués comme des classiques déjà installés.

Paru en 2011, « My Head Is An Animal » propulse Of Monsters And Men au-delà des frontières islandaises. Ce soir, l’elpee revient régulièrement dans la setlist, cinq titres à l’appui. « Dirty Paws » et, surtout, « Little Talks » déclenchent les séquences les plus fédératrices : la fosse se met en mouvement, les mains marquent le tempo, et l’auditoire reprend les refrains aux côtés de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar Þórhallsson.

Les nouveautés reçoivent un accueil franc, même si une partie de la grande salle semble préférer les chansons des débuts. « King and Lionheart » relance immédiatement les chœurs et les pas de danse. Côté nouvel opus, « Kamikaze » affiche des teintes pop rêveuses, « Ordinary Creature » appuie un refrain plus nerveux, et « The Block » ouvre une parenthèse plus introspective : les musiciens se rassemblent en cercle, le clavier en point d’ancrage, et le tempo se resserre jusqu’à suspendre l’instant. Lumières basses, ambiance recueillie.

À la demande générale, le band ajoute « Empire » et prolonge le dialogue auprès d’une foule qui ne lâche rien.

Pour le rappel, la formation choisit d’abord l’épure : « Love Love Love », interprété en solo par Nanna. « Fruit Bat » prend ensuite le relais sur un format étiré, huit minutes prolongées par une sortie instrumentale immersive. Sur la fin, les voix se retirent et le son occupe tout l’espace, comme si la salle n’avait plus besoin de paroles pour rester encore un peu dans leur univers…

Setlist : « Television Love », « Dream Team », « King And Lionheart », « From Finner », « Kamikaze », « Styrofoam Cathedral », « Alligator », « The Actor », « The Block », « Mouse Parade » avec RAKEL, « Dirty Paws », « Crystals », « Empire » (à la demande générale du public), « Ordinary Creature », « Little Talks ».

Rappel : « Love Love Love », « Fruit Bat ».

(Organisation : Live Nation)

Les Nuits Bota misent sur les sons émergents

L'édition 2026 du festival “Les Nuits” se tiendra au Botanique à Bruxelles du 14 au 31 mai prochains. Plus de 100 groupes ou artistes se succèdront sur les 3 scènes prévues, confirmant la place majeure occupée par cet événement du centre culturel de la communauté française.

Fred Maréchal, le directeur général, a confirmé, lors d'une conférence de presse, que, fidèle à son ADN, “le Bota misera plus que jamais sur les sons émergents, tout en appliquant sa philosophie basée sur l'artisanat”. Priorité, donc, à la découverte de nouveaux talents avec un accent sur les artistes locaux au travers de créations exclusives et de résidences. La formule tarifaire de type 'festival', testée l'année passée, est reconduite, ce qui signifie que les festivaliers auront accès, grâce à un ticket unique, à toutes les activités de la journée en question.

En lever de rideau, le 14 mai, la Garden Party, fête printanière annuelle en plein air, proposera des rythmes venus du monde entier, en collaboration avec les labels Club Romantico et Nyege Nyege.

Le volet metal des Nuits, appelé Obsidian Dust, pour sa 2e édition, d'étendra sur deux jours en mélangeant sludge, stoner, noise, psyché et doom et ce, en symbiose avec Metadrone. Red Fang et YOB mèneront la danse funèbre.

Le 21 mai, la soirée hip-hop francophone proposera la révélation Ino Casablanca, Jeune Morty, Mandyspie, LinLin, et Angie. Le lendemain, la pop sera à la fête avec, entre autres, Swordes, la nouvelle Grimes, Mura Masa et Danny L Harle.

Place ensuite au “coeur de métier” du Bota: l'indie-rock / postpunk, teinté d'expérimental. Epinglons les wavers biélorusses de Molchat Doma, la tête d'affiche shame, les krautrockers Suuns et Stonks. Ces derniers, originaires de Bruxelles, ont livré un mini-set puissant, progressif et très 'noisy' lors de la conférence de presse. A suivre!

Le 24 mai sera consacré à la crème de la crème de la pop hexagonale et braquera les projecteurs sur Solann, prix de la révélation de l'année aux Victoires de la Musique, la Bruxelloise Camille Yembe et, surtout, Flora Fishbach, une fidèle du Bota, qui proposera un spectacle centré sur l'aspect visuel avec des danseurs et une bande-son remixée façon clubbing.

Cap vers le Brésil, ensuite, avec l'artiste brésilienne du moment, Liniker, flanquée de Mari Froes. Au programme: soul exquise, jazz raffiné et sons captivants. Le lendemain, Les Nuits célèbreront les 50 ans du punk, en mettant à l'honneur Model/Actriz, Maria Iskariot et, en tête de gondole, The Garden, le duo américain qui mélange punk et théâtre, des basses et une attitude débridée.

Retour à l'indie-pop le 18 mai grâce à la star bruxelloise Iliona, la régionale de l'étape, qui jouera pour la première fois au Bota. Ce même jour, Gala Dragot ravira les mélomanes grâce à son jazz pop intemporel, qui fit sensation lors du showcase accordé pendant la conférence de presse et ce, en dépit de cordes vocales diminuées par la maladie.

Après une journée orientée électro et jazz expérimental, la programmation du dernier jour fera la part belle à l'électro-avant-garde-pop. Le duo norvégien visionnaire Smerz apportera une touche scandinave et tant Nick Léon qu'Oli XL feront danser les fans sur les rythmes les plus avant-gardistes du moment. Une “mégateuf” pour clôturer le festival en beauté.

Comme chaque année, Les Nuits proposeront des créations exclusives, développées grâce au soutien du Bota et de la Sabam. Citons Cazaar, un projet ponctuel reposant sur la collaboration entre Amaury Louis (marcel) et Pierre Leroy (Pierres). On peut s'attendre à un spectacle complètement “barré” et à une musique mêlant mélodies sucrées, dissonances surprenantes et influences ultra variées — des Beatles à Brigitte Fontaine, des Choeurs de l’Armée Rouge à Bertrand Belin. A découvrir!

Rappelons enfin les résidences que le Bota offre à une série d'artistes ou groupes. Cette année, il s'agit d'Alice George Perez, cheapjewels, Camille Keller, Gala Dragot, Forsissies, Lipstick Music, Stonks, Margaret Hermant, ANJEES G.G, Sura Sol et Tuesday Violence.

Pour consulter le programme complet et acheter ses tickets, c'est ici: https://www.lesnuits.be/

White Lies

Une voix fatiguée au cœur d’un concert haut en couleurs…

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Paru l’an dernier, « Night Light » marque le retour de White Lies sr la scène alternative indépendante. Le trio a prolongé cette dynamique par une tournée qui aligne des dates en Europe puis au Royaume-Uni, dont un passage à l’Ancienne Belgique. Sur le podium, la formation pioche dans ce disque récent tout en ménageant une place aux morceaux clés de son répertoire. Le combo britannique évolue dans une pop sombre aux contours post-punk et synthwave, où les claviers étirent l’espace tandis que la basse et la batterie imposent une pulsation nette. Harry McVeigh se consacre au chant et à la guitare, Charles Cave se charge de la basse et des chœurs, tandis que Jack Lawrence-Brown pilote les drums. En concert, le band s’élargit : Tommy Bowen rejoint l’équipage à la guitare et aux claviers, ce qui densifie les arrangements et élargit la palette sonore.

En première partie, She’s In Parties ouvre la soirée, un patronyme vraisemblablement emprunté à un titre de Bauhaus, référence gothique incontournable.

Le quatuor de Colchester installe d’emblée un climat shoegaze mâtiné de dream pop, entre nappes de claviers, guitares brumeuses et refrains à l’éclat mélancolique. Au centre du dispositif, l’Irlandaise Katie Dillon mène la danse au chant, tout en alternant synthé, guitare électrique et tambourin. À ses côtés, Herbie étire des lignes de six-cordes plus tranchantes, Charlie verrouille la basse, Matt maintient une rythmique régulière : une base solide qui laisse respirer les textures.

Le set s’ouvre sur « Fallen », extrait de l’EP cinq titres « Are You Dreaming ? », rapidement suivi par le morceau éponyme, plus immédiatement accrocheur. Quand le tempo grimpe, la fosse répond sans peine, et l’accent eighties des arrangements renforce l’unité de la première partie. Avant « The Man », Dillon lance : ‘Qui est prêt à danser ?’ ; la fin de prestation gagne encore en intensité en livrant « The L Word » puis « REM », laissant une impression nette : un combo en pleine progression, déjà armé pour des formats plus vastes (page ‘Artistes’ ici). 

Chez White Lies, le dispositif s’articule autour de quatre immenses parallélépipèdes blancs, traversés par des sources lumineuses multicolores, qui composent une toile de fond géométrique, prolongée par un large rideau gris. Réputé pour ses partis pris visuels, le trio exploite ce décor durant tout le concert, en modulant intensités et teintes au fil des morceaux. La mise en espace reste lisible et resserrée autour du noyau : Harry McVeigh au chant et à la guitare, Charles Cave à la basse et aux chœurs, Jack Lawrence-Brown derrière les fûts. Sur la gauche, Tommy Bowen occupe son poste guitare-claviers, épaississant un son à la fois tendu et cinématographique.

Les tableaux s’enchaînent, passant d’une chaleur orangée presque estivale à des séquences plus austères, noyées de blancs froids et d’ombres. La machinerie lumière impressionne par sa précision et imprime sa logique à l’ensemble du set. « All The Best » démarre sur un registre retenu et installe immédiatement cette dramaturgie visuelle. Un bémol, pourtant : Harry McVeigh ne semble pas au meilleur de sa forme. Les aigus lui résistent par instants et, lorsqu’il s’adresse à l’auditoire, sa voix trahit une fatigue palpable. Le band compense en dégainant tôt un classique fédérateur : « Farewell To The Fairground » déclenche une réponse massive de la foule, qui reprend les paroles sans se faire prier et lance la soirée sur de bons rails.

Côté raretés, « The Price Of Love » réapparaît dans la setlist de la tournée, une première depuis les concerts célébrant les dix ans du premier opus, fin 2019. Le morceau s’adresse à Ed, l’un des tout premiers fans du combo. « Tokyo » s’habille d’un déluge de couleurs, tandis que « Big TV » attise la ferveur et pousse Harry à haranguer la salle : ‘Bruxelles, levez les mains !’. La prestation se referme sur « Bigger Than Us », puis le rappel revient encadré par trois compos issues de « Night Light ». Le morceau éponyme s’installe calmement avant de basculer vers une montée plus abrasive. Les fumigènes, disposés sur les côtés, redoublent d’activité, mais les faisceaux les plus vifs finissent par dominer, un choix qui souligne bien « Death ». « In The Middle » conclut la soirée sur une ligne de basse nerveuse signée Charles Cave, tandis que la voix d’Harry tient le cap malgré les signes de fatigue. Une date solide, dont l’impact gagnerait encore si le chanteur retrouvait l’intégralité de ses moyens.

Setlist : « All the Best », « Farewell To The Fairground », « There Goes Our Love Again », « Hurt My Heart », « My Lover », « Don't Want To Feel It All », « Is My Love Enough », « Keep Up », « Tokyo », « Time To Give », « Juice », « The Price Of Love », « I Don't Want To Go To Mars », « Big TV », « To Lose My Life », « Bigger Than Us ».

Rappel : « Night Light », « Death », « In The Middle »

(Organisation : Live Nation)

Amy Macdonald

Un concert à dimension humaine, malgré l’affluence...

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Le concert d’Amy Mcdonald, programmé ce dimanche 22 février, à l’Ancienne Belgique, affiche complet, malgré quelques dernières places remises en vente. La file s’étire jusqu’au bout de la rue des Pierres. Sous une pluie battante, la foule attend la native de Glasgow. À 39 ans, l’auteure-compositrice-interprète est venue défendre son sixième opus, « Is This What You’ve Been Waiting For », paru le 11 juillet 2025, quatre ans après « The Human Demands ». Cinq elpees classés dans le top 5 en Europe, plus de 12 millions de disques écoulés, 12 certifications de platine à l’international et plus d’un milliard d’écoutes en streaming : des repères qui expliquent l’ampleur du rendez-vous. Réputée sur scène, elle a déjà joué devant plus de 5 millions de personnes à travers le monde.

Côté musique, Amy Macdonald est responsable d’un mélange folk et de rock teinté de country contemporaine. Le titre éponyme regarde vers la nostalgie sans lâcher l’espoir. Ce nouveau long playing aligne des récits de déceptions, de sursauts et de victoires intimes, et confirme une écriture directe, fidèle à l’élan de « This Is The Life », mais nourrie par les années.

La première partie revient à Better Joy, combo pop-rock nerveux, qui chauffe immédiatement la salle.

Originaire de Manchester, la formation ouvre la soirée, drivée par la chanteuse-guitariste Bria Keely. Votre serviteur ne la connaissait pas, mais son versant indie/alternatif accroche d’emblée l’auditoire. Le set s’ouvre sur le single « Carnival » (2024), pop idéale pour les beaux jours : ligne mélodique efficace, refrains qui accrochent. Better Joy affiche déjà un son étonnamment solide pour un projet récent, sans se répéter : « What A Day » installe ensuite une atmosphère plus feutrée, quand « This Part Of Town » déroule des images de campagne anglaise. « Plugged In » mise sur un riff entraînant et une voix mise au premier plan ; le band dose l’énergie sans saturer l’espace. Bria Keely raconte ses histoires sans forcer le trait. Le combo vient par ailleurs de publier l’EP « At Dusk », dont plusieurs titres figurent sur sa setlist. Finalement, une entrée en matière convaincante, qui donne envie de suivre le combo de près (page ‘Artistes' ). 

Setlist : « Carnival », « What A Day », « This Part Of Town », « Quiet Thing », « Steamroller », « Plugged In », « Waiting On Time », « Dead Plants »

Une estrade surélevée court sur toute la longueur du podium. En fond, une tenture sert d’écran, devant laquelle s’alignent 50 spots, répartis sur cinq rangs (par paires). Sous l’estrade, une dizaine de projecteurs plus puissants arrosent la salle d’une lumière tantôt douce, tantôt aveuglante, au gré des riffs de guitare. Le batteur occupe le centre, flanqué d’un guitariste à gauche et d’un claviériste à droite : tout le monde reste sur une même ligne. Au niveau inférieur, Amy Macdonald prend place au milieu, guitare électro-acoustique en bandoulière, micro planté devant elle, voix rocailleuse en avant. À jardin, la bassiste (quatre-cordiste) ; à cour, un second guitariste.

Amy Macdonald ouvre les hostilités par « Is This What You've Been Waiting For ? » : une entrée en matière idéale. Le premier vrai pic, c’est pourtant « Mr. Rock & Roll », imparable en live ; le changement de tonalité dans le refrain met la foule en ébullition. Sur les planches, la chanteuse impose une présence évidente : elle échange souvent, installe une ambiance détendue, glisse des anecdotes entre deux titres et évoque la qualification de l’équipe nationale écossaise pour la Coupe du monde. Son accent, très marqué, ne laisse aucun doute sur ses racines – plus prononcé encore que celui de Sharleen Spiteri (Texas). La formation enchaîne « Dream On », « The Hudson », « Spark » et « Pride », qui gagnent en impact sur l’estrade par rapport à leurs versions studio. Macdonald prend aussi le temps d’aller vers la fosse : elle lit des pancartes au premier rang et offre même un médiator à un fan qui en réclame un. Malgré l’affluence, ces attentions gardent le concert à dimension humaine. Le guitariste Jamie invite ensuite l’auditoire à allumer les lampes torches des téléphones : en quelques secondes, la salle s’illumine, et l’instant suspend le temps. « I'm Done (Games That You Play) », l’un des titres phares du dernier opus, sonne particulièrement bien ce soir ; les six musiciens jouent sans retenue. Au cœur du set, l’enchaînement « Slow It Down », « Poison Prince » et « Can You Hear Me ? » maintient la tension au maximum, toute la salle reprend les refrains en chœur. Et « This Is the Life », évidemment, rassemble tout le monde : la foule la chante d’un bout à l’autre, nouveau temps fort de la soirée.

Le rappel s’ouvre sur « We Survive » en version acoustique et embraie par une reprise de « The Glen » (Beluga Lagoon) qui déclenche un nouveau chant collectif, le band se retrouvant désormais sur l’avant-scène. Pour conclure, « Let's Start a Band », extrait du premier long playing « This Is the Life », laisse la fosse debout : ça danse, ça chante, jusqu’à la dernière mesure. Les spectateurs quittent l’Ancienne Belgique en fredonnant encore.

Setlist : « Is This What You've Been Waiting For ? », « Dream On », « The Hudson », « Spark », « Mr. Rock & Roll », « Fire », « Pride », « Don't Tell Me That It's Over », « Run », « I'm Done (Games That You Play) », « Slow It Down », « Poison Prince », « Can You Hear Me ? », « Statues », « Barrowland Ballroom », « This Is The Life ».

Rappel : « We Survive » (Solo), « The Glen » (Beluga Lagoon cover) (Acoustique), « Let's Start A Band »

Photos  

(Organisation : Live Nation)

Requin Chagrin

Une dream pop aux accents new-wave et garage

Requin Chagrin, c’est le projet de la chanteuse et multi-instrumentiste française Marion Brunetto. Depuis ses débuts en 2014, elle tisse une dream pop où la new wave, le shoegaze, le surf rock et une pointe garage se mêlent à la perfection. Ce soir, elle dévoile, en avant-première, son nouvel album, « Décollage », prévu pour le 27 mars.

En ouverture, le groupe bruxellois Turquoise, mené par Sarah Boom et Maxime Wathieu, est chargé de chauffer la salle. Voix féminine aérienne, dream pop teintée de new wave, compositions ciselées : tout s’aligne avec une précision rare. La présence scénique est magnétique et le son limpide. Maxime Lombaerts, à la guitare, déploie un jeu cristallin qui évoque parfois Charlie Burchill de Simple Minds – référence absolue. Turquoise prépare déjà la suite de son excellent elpee « Avant Demain », paru il y a un an et demi (page ‘Artistes’ ici). 

À 20h30 précises, Requin Chagrin s’empare de la Rotonde, pleine à craquer. Fidèle à sa retenue élégante, Marion Brunetto apparaît dans un style discret mais soigné : mèches blondes effleurant une chemise kaki, sa fidèle Fender Jaguar en bandoulière, architecte de sonorités vaporeuses.

Le set s’articule autour des nouvelles chansons de « Décollage », pour la plupart inconnues du public, hormis le single « Parachute ». Le risque est calculé, mais ces compos captent immédiatement l’attention. « For You » et « Cœur Joie » s’imposent avec une évidence naturelle, s’inscrivant dans la continuité sonore de la formation. On retrouve bien sûr l’empreinte d’Indochine (Nicolas Sirkis est le mentor du combo), mais aussi de La Femme, Cigarettes After Sex, Beach House, et aussi cette touche rétrofuturiste chère à Flora Fishbach.

Cherchant à se réinventer, Marion Brunetto a étendu sa palette aux textures électroniques. Le Roland Juno déroule ses ‘arpeggios’ pendant « Ultra-Fort ». Malicieusement, en introduction du morceau suivant, elle opère le lien en l'appelant « Séma...phore » ! Celui-ci incarne peut-être le mieux l’ADN du groupe : bedroom pop, guitares noyées de reverb, garage subtil. Il capte à merveille le 'zeitgeist' d'une jeunesse désenchantée. Le refrain, entêtant, est repris à l’unisson par une salle conquise.

Le son surprend par son parti pris 'shoegaze', parfois un peu sale. Là où Turquoise privilégiait la clarté, Requin Chagrin ose des résonances saturées dans les médiums, un mixage qui a la fâcheuse tendance de noyer la voix, mais fait merveille sur les titres les plus nerveux comme « BB ». Ce dernier clôt le set principal sur une énergie belle et tranchante.

En rappel, Marion livre une version épurée, seule en scène, de « Rose », une compo extraite du premier opus – un éponyme, paru il y a déjà onze ans. Et après « Volage », place à « Rêveries », une nouvelle épure carrément électro. Dans un geste inattendu, Marion se déplace soudain pour s’installer à la batterie ! (NDR : rappelons que c’était son premier instrument lorsqu'elle s'essayait aux fûts, à l'âge de 10 ans, sur « Boys Don’t Cry » de The Cure). L’effet scénique est ici saisissant. D'autant que la musicienne assure un max ! Un final en apothéose.

On regrettera, cependant, les remarques, qui paraissent un peu acerbes, adressées par Marion à ses musiciens, au fil du concert. Sans doute une forme de taquinerie? Rappelons leurs noms, car ils ont fourni une prestation remarquable: Gaël Etienne (guitare et claviers), Joseph Deschamps (basse) et Axel Le Ray (drums).

Au sortir de la Rotonde, on emporte l’image d’un concert aérien, lumineux et onirique – comme le songe d’un requin glissant dans les eaux profondes de la Méditerranée...

Setlist :

Décollage

Parachute

For You

Coeur Joie

Adelaïde

Mauvais Présage

Love

Forever

Déjà Vu

Altitude

Ciao Rubello

Ultra-Fort

Sémaphore

BB

Rappel :

Rose

Volage

Rêveries

(Organisation : Botanique)

 

Avatar

Un spectacle titanesque !

Écrit par

Ce vendredi 13 février, Avatar présente son Metal Circus sous les projecteurs de l’Ancienne Belgique. Fondé en 2001 à Göteborg, le quintette suédois, maquillé et volontiers théâtral, s’impose depuis comme une formation explosive dont l’identité visuelle et sonore déroute et fascine. Le combo enchaîne chorégraphies millimétrées, effets spéciaux et guitares déchaînées, tandis que Johannes Eckerström se transforme en une créature cinématographique évoquant tour à tour le Joker ou The Crow. S’appuyant sur des opus tels que « Feathers & Flesh » (2016), « Avatar Country » (2018) ou le plus récent « Dance Devil Dance » (2023), le band continue d’explorer un univers foisonnant sans jamais perdre son énergie brute. Sur les planches, Avatar offre une expérience totale, oscillant entre riffs survoltés et extravagance spectaculaire.

Si la tête d’affiche véhicule incarne parfaitement l’image de personnages excentriques, les premières parties repoussent tout autant les frontières du raisonnable. Pour ouvrir la grande messe métallique, Avatar convie dans son sillage les Norvégiennes de Witch Club Satan et les redoutables Néo‑Zélandais d’Alien Weaponry.

Witch Club Satan, trio norvégien fondé en 2022 à Oslo, est une formation entièrement féminine – Nikoline Spjelkavik (guitare et chant), Victoria Røising (basse et chant) et Johanna Holt Kleive (batterie et chant) – dont l’esthétique puise dans le théâtre (également), le féminisme et la sorcellerie. Pour leur première date en Belgique, les trois musiciennes se présentent sur les planches à 18 h 45 précises. Drapées dans leurs robes crochetées, coiffées de cornes, elles surgissent d’un imaginaire rituel plus que d’un banal car de tournée.

Dès que « Hysteria » résonne, le cérémonial démarre sans préambule : les incantations grondent, les hurlements de « Mother Sea » s’élèvent tels des cris perdus dans une forêt infernale. Ce n’est pourtant qu’un prélude à la déferlante qui suit. Les cuivres éclatent, les robes tombent, et le trio, sous « I Was Made By Fire », « Black Metal Is Krig » et la conclusion « Solace Sisters », transperce littéralement nos tympans d’un trident sonore incandescent. Le combo livre une prestation hypnotique, féroce et totalement habitée (page ‘Artistes’ ici photos ). 

La deuxième formation à fouler le podium impressionne immédiatement : Alien Weaponry, trio néo‑zélandais de heavy metal originaire d’Auckland et établi à Waipu, implique le batteur Henry de Jong, le guitariste Lewis de Jong et, depuis 2020, le bassiste Tūranga Morgan‑Edmonds. Tous trois puisent dans leurs racines maories une part essentielle de leur identité musicale, écrivant et interprétant plusieurs titres dans leur idiome.

Le spectacle démarre lorsque Henry de Jong se dresse face à ses fûts, et déclenche un haka fulgurant. Ses deux comparses surgissent ensuite sur le podium et s’en emparent totalement. La puissance du haka, sa tension et son intensité bouleversent l’auditoire. Sous « Rū Ana Te Whenua », extrait de leur remarquable opus « Te Rā », la salle se soulève. Leur métal devient un cri, une incarnation farouche d’espoir et de résistance.

Lewis de Jong impressionne, ses dreadlocks descendant jusqu’aux talons ; le trio joue à corps ouvert, incarnant sa culture avec une sincérité désarmante. Leur présence sur les planches s’avère magistrale. « Te Riri o Tāwhirimātea » embraie : guitare vibrante, rythmique tribale, tension remarquable. Puis « Mau Moko » déploie un groove nourri de thrash metal robuste et inspiré.

Le combo, qui marie ses racines culturelles à des couleurs guerrières et à de massifs riffs nu metal, évoque par moments la démarche de la formation mongole, The Hu. La fosse s’agite : ça pogote sec, les circles s’organisent presque joyeusement. Votre serviteur reste littéralement scotché : ce trio incendiaire réussit à embraser les planches de l’AB et remplit parfaitement son rôle de première partie. Aucun doute : Alien Weaponry, a l’étoffe pour conquérir les stades (page ‘Artistes’  photos ici). 

Setlist : « Rū Ana Te Whenua », « Te Riri o Tāwhirimātea », « Mau Moko », « Taniwha », « Kai Tangata ».

La salle de l’AB est comble lorsque l’heure d’Avatar approche, et l’électricité qui circule dans la fosse ne laisse aucun doute : les Suédois sont attendus comme des héros médiévaux émergeant d’une légende. La dimension théâtrale qu’ils injectent dans chacun de leurs shows fascine déjà avant le premier riff. Leur entrée, digne d’une pièce grandiose, renforce cette impression.

Le décor baigne sous un halo bleu. Dans les haut‑parleurs, un vieux gramophone crépite, puis sa mélodie chancelle avant de se muer peu à peu en une tempête rugissante. On se retrouve projeté au cœur d’un fjord déchaîné, en pleine mer, dans un chaos sonore d’une intensité picturale. Au fond, une estrade imposante accueille une double batterie chargée à bloc. Soudain, l’estrade s’écarte en son centre : une ouverture se crée pour permettre au quintette de surgir depuis les coulisses.

Johannes Eckerström avance en premier, silhouette sombre enveloppée d’une cape à capuche. Il balance une lanterne, dont les oscillations rythment ses pas, suivi de ses deux guitaristes, du batteur et du bassiste. L’atmosphère est posée. Leur rituel d’ouverture explose sous « Captain Goat », et la fosse répond par un hurlement unanime.

Le set s’emballe aussitôt : « Silence In The Age Of Apes » déferle. Johannes abandonne sa cape pour révéler un frac en cuir à queue‑de‑pie, puis « The Eagle Has Landed » transforme l’AB en un véritable carnaval métallique. À peine ce diptyque retentissant s’achève‑t‑il que le frontman interroge la foule : veut‑on accélérer le tempo ? Question presque insolente pour une fosse chauffée à blanc. Une clameur surgit, verdict sans appel.

Le combo enchaîne par « In The Airwaves », qui propulse tout le monde dans un tourbillon dont il s’avère difficile de se remettre. La suite est déjà en marche. Johannes revêt alors son manteau de cirque et, sous le voile macabre de « Bloody Angel », l’auditoire reprend pleinement les rênes.

Puis survient « Death and Glitz », riff glam massif et volontairement graisseux, déclenchant un pogo aux allures de fête foraine sous amphétamines. Depuis le début du concert, divers robots circulent déjà entre les musiciens en charriant d’étranges accessoires. Mais pendant « Death and Glitz », l’absurde atteint un sommet : un homme doté d’une cymbale fixée sur la tête surgit à l’arrière d’un robot. Le drummer frappe une seule fois la cymbale, et comme si l’on enclenchait un mécanisme, la formation relance son assaut sonore en alignant « Blood » puis « The Dirt I’m Buried In ».

Le quintette disparaît ensuite un court instant. Lorsqu’il revient, les cinq membres se rangent en ligne face au public pour entonner « Colossus », avant de reprendre leur configuration habituelle pour « Torn Apart ». Mais Avatar ne se contente jamais d’une simple transition. L’estrade du batteur s’ouvre de nouveau : un piano glisse majestueusement vers l’avant‑scène. Johannes s’installe derrière les ivoires, entame une conversation chaleureuse, évoque son amour pour Bruxelles et confie avoir dégusté des choux de Bruxelles plus tôt dans la journée. Puis il dédie quelques mots aux deux formations qui ont ouvert la soirée.

Il attaque « Howling At The Waves » en solitaire, la mélodie délicate se gonflant ensuite des interventions successives du band. La salle retient son souffle durant ce moment suspendu, rare éclair de douceur dans ce tourbillon théâtral.

Le combo quitte encore les planches. Un trône royal apparaît, massif, presque irréel. Lorsqu’Avatar réapparaît, il procède à un couronnement spectaculaire : Jonas Jarlsby, transformé en monarque mythique, gouverne « Legend of the King » depuis son siège monumental. Ses traits de guitare, à la fois mélodiques et viscéraux, fendent l’air comme des éclairs.

La parenthèse solennelle s’efface ensuite pour céder la place au sprint final. « Let It Burn » déploie un refrain incendiaire et un chaos carnavalesque. Le dernier souffle se joue sous « Hail The Apocalypse », déflagration ultime qui embrase l’AB une dernière fois. Trempé de sueur, Eckerström pousse un rugissement final, quasi animal, qui clôt ce spectacle titanesque.

Le rappel parachève l’épopée : « Tonight We Must Be Warriors », « Smells Like a Freakshow » puis « Hail the Apocalypse » transpercent une dernière fois les enceintes, avant que « We’ll Meet Again » (reprise de Vera Lynn) ne referme cette nuit hors norme.

Avatar a livré, ce soir, une performance démesurée, théâtrale, furieuse et bourrée d’éclats visuels. Une odyssée métallique qui laisse des étoiles dans les yeux et un grondement dans la poitrine.

Setlist : « Captain Goat », « Silence In The Age Of Apes », « The Eagle Has Landed », « In The Airwaves », « Bloody Angel », « Death And Glitz », « Blood », « The Dirt I'm Buried In », « Colossus », « Torn Apart », « Howling At The Waves », « Glory To Our King », « Legend Of The King », « Let It Burn », « Tonight We Must Be Warriors ». 

Rappel : « Don’t Go In The Forest », « Smells Like A Freakshow », « Hail the Apocalypse », « We'll Meet Alain » (Vera Lynn cover)

Photos Avatar ici

(Organisation : Live Nation)

 

 

Suzane

Engagée !

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Une soirée prometteuse s’annonce à l’Ancienne Belgique où Suzane se prépare à investir les planches. Devant l’entrée, la file s’étire : la date affiche complet depuis longtemps. L’artiste séduit la foule par une énergie constante, des prestations remarquées et des textes engagés.

Quand Suzane rejoint le podium, elle ne vient pas seulement chanter : elle entend témoigner, provoquer, parfois même apaiser. Figure libre de la nouvelle mouvance électro‑pop, elle se présente comme une ‘conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro. Son écriture ciselée, ses mélodies efficaces et sa présence incisive structurent un spectacle où le visuel, le rythme et la tension s’entrelacent.

Originaire d’Avignon, Suzane — Océane Colom — se révèle dès 2020 sur son long playing « Toï Toï », certifié disque d’or, et impose un regard frontal sur le monde. « Caméo » (2022) confirme son ancrage sur les planches françaises. Lauréate de la Victoire de la Musique ‘Révélation scène’, en 2020, elle entretient un lien direct et instinctif avec le public : plus de 500 concerts lui ont forgé un territoire où les mots prennent corps, entre sueur, lumière et tension.

Son dernier opus, « Millénium » (26 septembre 2025), ouvre une nouvelle étape. Suzane y questionne la place de l’humain dans un univers ultra‑connecté, les fractures générationnelles et les silences imposés, proposant un disque dense, lucide et profondément ancré dans son époque.

Le supporting act revient à Lou Dassi, qui ouvre la soirée en affichant une élégance discrète.

Elle se présente d’emblée devant la salle : vingt ans, chanteuse‑autrice‑compositrice originaire de Gap. Sa musique baigne au sein d’une pop alternative intense, nourrie de textes à la fois désinvoltes et sincères. Elle explore l’amour, le doute, l’adolescence, la rupture ou encore la remise en question, et combine fragilité assumée et énergie vive pour transformer ce moment en partage authentique.

Révélée à seize ans dans ‘The Voice 11’, en 2022, Lou Dassi rejoint les planches en solitaire pour un set d’une trentaine de minutes. Aucun combo, aucun décor : une table, un ordinateur, un micro, une jupette noire et des bottes hautes. Cette configuration volontairement dépouillée ne lui offre aucune zone de repli — un choix qui, paradoxalement, renforce son interprétation.

Quelques faux départs et quelques hésitations techniques surviennent çà et là, mais elle désamorce chaque accroc grâce à une autodérision naturelle et une réplique spontanée. Elle commente ses maladresses, en sourit, et entraîne la fosse dans ce rapport direct. L’échange demeure simple, franc, immédiat.

C’est la première fois qu’elle se produit au plat pays, et cette entrée en matière s’inscrit sous le signe de la sincérité et de la proximité (Page ‘Artiste' ici). 

Place maintenant à la tête d’affiche.

Le décor et la scénographie restent sobres mais judicieux : une estrade à deux niveaux occupe toute la largeur du podium, perchée à deux mètres cinquante. Sur sa face avant, des rampes de LED longent la structure, tandis qu’un écran monumental couvre l’arrière‑plan. L’espace laissé en contrebas suffira pour que Suzane et ses quatre danseuses circulent aisément. Aucun musicien n’apparaîtra : l’accompagnement sonore sera diffusé sur bandes, comme lors de son précédent passage dans la salle, il y a trois ans.

À 20 h 50, les lumières s’éteignent. Quatre silhouettes apparaissent en ombres chinoises, perruques vissées, corps déjà en tension. Quelques secondes passent sans qu’on puisse distinguer l’artiste de ses danseuses. Puis Suzane surgit sur le palier supérieur de l’estrade, comme si elle prenait d’emblée position avant l’affrontement.

Très rapidement, elle s’adresse à l’auditoire, évoque son absence prolongée, remercie le public et souligne la présence importante de son producteur, Valentin Marlin. Les premiers titres révélés — « Marche ou rêve », « Je t’accuse », « Lendemain de fête » — annoncent le ton : puissance, urgence, mais aussi nuances et vulnérabilité. « Je t’accuse » surgit du silence et aborde frontalement violences sexuelles et luttes individuelles, un cri qu’elle universalise.

Au fil du premier tiers du set, Suzane déploie ses thèmes majeurs : regard des autres, pression sociale, difficulté d’exister hors des normes. Les gestes oscillent entre brusquerie et retenue, comme pris dans des contraintes invisibles. La salle suit attentivement. Musicalement, l’électro‑pop reste l’axe central, ponctuée d’incursions dans la variété française et d’arrangements ancrés dans le présent tout en cultivant une certaine exigence dans l’écriture et le son.

Pour « Champagne », une table est installée au centre du podium. Entourée de ses choristes, Suzane grimpe sur la surface et déclenche son MPD. La scène ne verse jamais dans le léger ou le gratuit : la satire sociale se révèle mordante.

Rien d’inutile ici. Chaque élément répond à une intention précise. Le corps domine l’ensemble, non pour illustrer les titres, mais pour les transmettre par un langage chorégraphique omniprésent. Les mouvements évoquent tour à tour le combat, la résistance et la discipline. Suzane en connaît la portée et l’assume. Elle n’avance pas pour séduire, mais pour affirmer une position.

Sur « SLT », la tension militante s’accentue. La mise en image se réduit à l’essentiel : une danseuse filme le tableau en direct ; l’image, retransmise en noir et blanc sur l’écran géant, crée un contraste brut. L’auditoire se tait. Le propos reste frontal, sans atténuation possible. Suzane expose, insiste et transforme ce moment en espace de témoignage collectif.

« P’tit gars » commence a cappella. Le morceau évoque le rejet familial, l’homophobie ordinaire, la violence des mots. Certaines phrases serrent la gorge, d’autres apportent un souffle. À la fin, Suzane saisit un drapeau LGBTQIA+ tendu depuis la fosse et le lève. Le geste, simple mais assumé, prolonge la vulnérabilité du titre en soutien manifeste.

Plus tard, « Millénium » esquisse le portrait d’une génération lucide, fatiguée, prise entre crises économiques, urgence écologique et perte de repères. Puis revient « Je t’accuse », dans un moment charnière : derrière elle, des chiffres relatifs aux violences sexistes et sexuelles s’affichent. Le morceau devient une accusation adressée non à un individu, mais à un système défaillant. Le poing levé, micro tendu, elle se transforme en porte‑voix déterminé. « Humanoïde » s’attaque ensuite à un monde algorithmique qui érode l’humain. « Lendemain de fête » clôt le set sur un appel simple : agir, aimer, vivre avant qu’il ne soit trop tard.

Au rappel, « Suzane » referme la boucle. L’artiste y retrace son parcours, ses doutes, ses critiques, sa crainte de ne pas entrer ‘dans le bon format’.

Une conclusion qui, sans artifices, laisse des éclats dans les yeux et rappelle combien Suzane vit le moment comme un terrain de lutte et de présence.

Setlist : « Mouvement », « Dégaine », « Marche ou rêve », « Un sens à tout ça », « Champagne », « L'insatisfait », « Virile », « Au grand jour », « SLT », « Plus que moi », « T’as raté », « P'tit gars », « Millénium », « Je t’accuse », « À la vie », « Humanoïdes », « Lendemain de fête ».

Rappel : « Suzane »

(Organisation : Live Nation)

Counterparts

Counterparts + guests, Trix, Anvers le 11 février 2026 – Photos

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Counterparts est revenu en Belgique pour sa tournée “Heaven Let Them Die 2026” et s’est produit le 11 février à Trix. Un concert puissant de la part de ces punks hardcore canadiens !

L’année dernière, ils ont sorti leur quatrième EP “Heaven Let Them Die” ; en outre, sept albums studio sont déjà parus. Counterparts s’est imposé comme une référence dans la scène hardcore et metalcore.

Les special guests de la soirée : Sunami, One Step Closer et les Britanniques de God Complex.

Prêts pour quatre sets ultra intenses…

SUNAMI

Originaire de Californie et sans concession : SUNAMI délivre un hardcore beatdown pur et agressif. Leurs concerts explosifs en font l’un des noms les plus marquants du moment.

ONE STEP CLOSER

Un hardcore mélodique venu de Pennsylvanie, combinant des textes sensibles à des riffs puissants. Ils excellent dans des shows immersifs et une approche rafraîchissante du hardcore traditionnel.

GOD COMPLEX

Dur, sombre et sans compromis : le groupe britannique God Complex mélange hardcore, metal et influences industrielles pour un résultat radical. Attendez-vous à une intensité totale du début à la fin.

 

POUR LES FANS DE

Architects, Knocked Loose, Defeater, Being As An Ocean

(source : Trix/Biebob)

 https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/9025-god-complex-11-02-2026

Découvrez les photos :

Counterparts

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/9028-counterparts-11-02-2026?catid=category

Sunami

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/9027-sunami-11-02-2026?catid=category

One Step Closer

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/9026-one-step-closer-11-02-2026?catid=category

God Complex

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/9025-god-complex-11-02-2026

 

Org : Biebob (en collaboration avec Trix, Anvers)

 

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