Etablie à New York City, Miss Allison Miller est considérée comme une des meilleures drummeuses, dans l’univers du jazz contemporain. Elle a passé sa jeunesse à Washington et a suivi des études musicales dès l’âge de 10 ans, tout particulièrement dans le domaine des percussions. Au fil du temps, elle s’est forgé une fameuse expérience et est partie s’installer dans la Big Apple. Aujourd’hui, elle est musicienne, productrice, auteur-compositeur et professeur. Elle s'est produite sur scène en compagnie d’une multitude de musiciens issus de différents styles, et en particulier Nathalie Merchant, Annie DiFranco, le saxophoniste avant-gardiste Marty Ehrlich ou encore l'organiste Dr Lonnie Smith. Elle a monté Boom Tic Boom, une formation dont l’opus éponyme, paru en 2010, figurait dans le Top 10 des albums de jazz de cette année, suivant le classement établi par le L.A Times. Elle est aussi impliquée dans de nombreux autres projets. Pour enregistrer ce nouvel elpee, elle a donc retrouvé ses acolytes de Boom Tic Boom, en l’occurrence Myra Melford au piano, Jenny Scheinman au violon et Todd Sickafoose à la basse, respectivement âgé de 56, 34 et 39 ans. Soit trois femmes et un homme. En outre, le band a reçu le concours de quelques invités.
Le jazz dispensé tout au long de ce long playing est d’excellente facture. La structure de base repose sur la section rythmique, soit les percus d'Allison et la basse acoustique de Todd. Et c’est bien cette charpente qui balise "Pork Bell", une compo au cours de laquelle entre rapidement en scène le piano de Myra. Les accords sont bien exécutés, parfaitement imaginés, au sein d’un espace sonore qui fluctue suivant l’inspiration. Plus complexe, "Early bird" est parcouru par le violoncelle d'Erik Friedlander, un violoncelle qui finit par dialoguer avec la basse, au sein d’une ambiance qui prend une couleur particulièrement orientale. Une superbe mélodie au piano introduit "Waiting", une compo empreinte de douceur et de sensibilité, avant que la batterie et la basse n’entrent dans la danse, lors d’un exercice de style particulièrement réussi. Superbe ! Plus nerveux et complexe "The itch" implique la trompette d'Ara Anderson, une plage qui ressemble à un cri désemparé emporté dans un tourbillon de sonorités contemporaines maîtrisées. Apparemment débridé, "Speak" est tout aussi coordonné, malgré les interventions de la trompette slide de Steven Bernstein et des ivoires en décomposition. Signé Lisa Parrott, "Six nettes" émarge au jazz moderne, mais de format classique. Il célèbre une rencontre la rencontre idéale entre piano, basse et batterie. Le violon de Jenny Scheinman se libère enfin sur "Spotswood drive", ses interventions naviguant au gré de son inspiration. Une seule compo chantée : "Once". Une plage tendre, câline, conduite par la voix expressive de Rachel Friedman et soulignée par les accords de piano frivoles. Allison se sert de tous ses ustensiles de percus sur "The kitchen". Elle cède ensuite le relais à son partenaire rythmique Todd, avant que ne retentisse une déflagration de piano. Une superbe mélodie alimente "Sun comes up the reservoir", un excellent titre de jazz que se partagent équitablement les quatre musicos de base. Et Bernstein revient alors mettre une touche de folie lors du final, pourtant déjà au bord du délire, "Nun-uh, no sir".