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Anja Garbarek

Briefly shaking

On découvrait Anja Garbarek il y a cinq ans lors de la sortie de l’étonnant « Smiling & Waving », mélange audacieux de trip-hop, de jazz cool et de pop alambiquée. Fille du saxophoniste Jan Garbarek (ECM), la Norvégienne parvenait à rallier à sa cause aussi bien les tenanciers d’une musique dite ‘sérieuse’ (le jazz) que ceux lui préférant le carcan douillet de la pop tout-terrain. Une révélation, dont on avait pourtant perdu la trace depuis lors… Pendant ce temps, ailleurs sur le continent, d’autres (jolies) filles tentaient de la localiser, par disques interposés (Emilie Simon, Stina Nordenstam, Emilian Torrini, et récemment les fantastiques Midaircondo). Mais aucun de ces appels du pied ne firent sortir du bois la Garbarek, dont on priait ardemment le retour, au plus vite et en forme. Un tour de passe-passe chez l’horrible Luc Besson (la B.O. de sa dernière bouse, « Angel-A »), et c’est tous nos espoirs qui connurent un coup dur. Anja Garbarek, en remplacement d’Eric Serra ? Une aubaine, sans doute, pour refaire surface, mais une grosse bêtise si l’on en vient à parler d’image et de réputation… Et voilà que sort ce nouvel album, « Briefly Shaking », plus pop que son illustre prédécesseur. La voix se veut coquine, les arrangements espiègles, et la note bleue d’être ternie par ces guitares rebelles. Anja Garbarek aurait-elle décidé de faire sa crise de puberté ? Le beat crapahute, le riff étrangle tout rêve de romantisme… Certes, la débandade n’est pas encore inscrite au programme de la belle, mais l’on n’y croit plus trop. C’est bien joli tout ça (« The Last Trick », un tube, et « Shock Activities », comme du Tori Amos rajeuni), alors quoi ? Sans doute qu’a disparu l’‘inquiétante étrangeté’ dont Garbarek s’enivrait sur « Smiling & Waving »… Du coup le rictus s’avère plus figé, et on ‘tremble’ d’angoisse. C’est charmant, mais ça ne suffit pas.