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Art of Empathy

End of I

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Art of Empathy, c’est le projet de Jef Janssen, dont le précédent elpee, « Posthuman Decadence », remonte quand même à 10 longues années. Et « Art of Empathy » constitue son troisième opus. Si la structure des compos est fondamentalement folk, elle est régulièrement enrichie de synthés, d’orchestrations symphoniques solennelles, d’arrangements délicats, de percussions martiales et de chœurs. Des chœurs, en général de ténors (Laibach ?), qui plongent les compos au sein d’un climat austère et ténébreux. Et puis il y a la voix de Jef, souvent chuchotée ou déclamatoire, parfois même échantillonnée (s’exprimant dans différentes langues), mais quand même capable de s’extraire de son cocon pour afficher toute l’étendue de son timbre et de ses inflexions. Comme sur le titre maître, la berceuse « Legion », une plage atmosphérique, ensoleillée malgré des lyrics plutôt moroses, et enrichie de sonorités d’orgue d’église, qu’il chante en duo avec Nina Van der Auwera. Ou encore « Revelation of ignorance », une valse enchanteresse soulignée de superbes harmonies vocales, que traverse quelques cris d’oiseaux (hibou, corvidé). Le premier morceau du long playing s’ouvre d’ailleurs par des bruits de la nature. Enfin, l’album s’achève par le titre le plus pop et le plus accrocheur auquel ont participé ses filles Liv et Finne. Une sorte de B.O. pour western spaghetti (Ennio Morricone ?), mais allègre, que sifflote Jef, tout en jouant de la sèche en picking ou du banjo. Enfin, on épinglera encore ses textes très contemporains qui stigmatisent le consumérisme et le capitalisme.

Tous les albums d’Art of Empathy sont téléchargeables gratuitement sur son site web (voir ici) mais une édition Collector, en édition limitée (100 exemplaires), a été mise en vente. Elle contient 32 pages d’illustrations et de paroles dans un Media Book numéroté à la main.