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Atari Teenage Riot

Reset (b)

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C’est en 1999 que votre serviteur a découvert Atari Teenage Riot, dans le cadre du festival de Dour, et sous une chaleur étouffante. Et il reconnaît avoir pris une claque monstrueuse… 

Peu après, la seconde choriste, Hanin Elias, avait tiré sa révérence. Mais c’est surtout le décès de Carl Crack, dans des conditions obscures, qui avait remis l’aventure du band en question. Cependant, malgré un long hiatus traversé jusqu’en 2010, il a continué sa route, de manière intermittente. Et tout particulièrement sur les planches, ne publiant qu’un seul elpee studio, en 2001, « Is this hyperreal ? ». 

Le duo charismatique Alec Empire et Nic Endo a donc gravé un nouvel opus, en 2015, « Reset », tout en continuant à enflammer les scènes. Une œuvre découpée en 10 pistes qui entretient la flamme du digital hardcore.

D’entrée « J1M1 » démontre que non, non rien n’a changé, mais tout a évolué. Les beats numériques cognent toujours aussi dur. Dans l’esprit de leurs cousins germains Scooter ou encore des Insulaires The Prodigy. Surtout en ce qui concerne le rythme breakbeat. Les guitares sont perpétuellement tranchantes et c’est le backing vocal de Nic qui vient booster l’ensemble.

Le titre maître du long playing rappelle que l’engagement sociopolitique du combo est intact (‘Nous vivons dans une décennie au cours de laquelle la violence engendre davantage de violence. Les forces destructives sont au travail ! Il est temps de se poser les bonnes questions. Prenez votre destin en main’).

Certains morceaux semblent avoir été enregistrés en public ou carrément au milieu d’un centre urbain (« Modern liars »). 

L’énergie est palpable tout au long de cet album, et il a fort à parier que ces compos devraient prendre davantage d’ampleur en ‘live’. Atari Teenage Riot se produira d’ailleurs dans le cadre de l’Ieper Fest, ce 13 août 2016.

 

Atari Teenage Riot

Reset (a)

Écrit par

Au cours des 90’s, cette formation teutonne était devenue culte. Elle était même considérée comme dangereuse par la pensée unique. Elle s’était séparée en 2001, suite au décès de MC Carl Crack, un de ses membres fondateurs, une disparition consécutive à une overdose médicamenteuse. Atari Teenage Riot avait repris du service en 2011, publiant par ailleurs « Is This Hypereal ? », un LP qui n’a jamais atteint ma platine. Je rattrape donc aujourd’hui mon retard en découvrant « Reset », nouvelle œuvre du groupe anarchiste et antifasciste, drivé par Alec Empire ; et c’est un euphémisme de dire que leur mélange d’électro hardcore et de punk est toujours aussi difficile d’accès et même éprouvant à écouter ! La chanteuse d’origine japonaise Nic Endo s’époumone sur une fusion de synthés trafiqués et stridents (« New Blood »), des samples furieux, des rythmes technos martiaux (« Modern Liars ») et des riffs de guitares distordus et métalliques (« Death Machine ») ; une expression sonore qui véhicule des lyrics engagés et extrêmement politisés, abordant des thèmes comme la violence au boulot (« Reset ») ou le contrôle d’Internet par les Etats modernes (« We Are From Internet »).

Atari Teenage Riot est avant tout un groupe de scène. Son message est plus important que sa musique. Aussi se farcir « Reset » est une fameuse épreuve ; et je ne vous parle pas de son écoute au casque… Mais le discours politique et la révolte prônés par le band restent plus d’actualité que jamais, bien que parfois à la limite du cliché.

 

Atari Teenage Riot

1992-2000

Un best of d’Atari Teenage Riot ? Alec Empire et ses trois sbires (Hanin Elias, Nic Endo et (feu) Carl Crack, alias « The Black Sid Vicious ») ont toujours craché sur le capitalisme, et pourtant les voilà compilés comme de pauvres victimes de notre ère marketing. Elle est bien bonne ? A moitié, puisqu’une telle entreprise (ici un gros mot) semble en totale contradiction avec le message véhiculé par le groupe berlinois pendant ces huit années d’irascible existence. « Revolution Action » ? En mid-price au Media Markt, 18 titres, que de la balle. En à peine dix ans, ATR a quasiment inventé un style musical, entre breakcore et techno-trash, le ‘digital hardcore’. Un mix revêche de beats hardcore et de riffs diaboliques, sur lequel nos quatre amis teutons gueulent ‘Rage ! Fight ! Die ! Get Up ! Destroy !’, ce genre de slogans marteau-piqueur. Dommage que Carl Crack soit mort en 2001 de trop d’excès : on attendait l’album « nine eleven » d’ATR… Trois albums (« Delete Yourself », 1995, « The Future of War », 1997, « 60 Second Wipe Out », 1999), quelques Ep’s, assez de bruit pour inquiéter maman et vivre à fond toute crise de puberté. ‘Make some fucking noiiiise !!!’, dit le proverbe : sans Atari Teenage Riot, ça va sans doute être difficile. N’ayons pas de remords (« No Remorse », feat. Slayer, ici absent), la migraine va passer.