Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Barrelhouse

Almost there

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Barrelhouse est une formation issue de Haarlem, aux Pays-Bas. Et il y a des lustres qu’elle roule sa bosse. Elle est donc née en 1974 ; mais malgré une parenthèse d’une dizaine d’années, elle n’a pas changé de line up. Constitué d’excellents musicos. Tout d’abord, le remarquable pianiste Han van Dam. Puis les deux gratteurs –des frères d’origine moluquoise, Johnny et Guus Laporte. Mais également le bassiste/accordéoniste Jan Willem Sligting et le batteur Bob Dros. Sans oublier la chanteuse Tineke Schoemaker. La discographie est conséquente ; mais on en épinglera un live, paru en 1979, un enregistrement en public auquel avait participé le génie de la Telecaster, Albert Collins.

Boogie imprimé sur un tempo enlevé, "Hard feelings" ouvre les hostilités. Tineke est derrière son micro. Et il ne faut guère longtemps pour que les ivoires, ainsi que les cordes des frangins Laporte, ne se libèrent. Le titre maître est un blues lent impeccable. Jimmy s’autorise un envol, mais particulièrement parcimonieux. Le rythme de "I wish I could pray" est plus soutenu. Han siège derrière son piano électrique. Johnny prend un billet de sortie. Il écrase ses pédales avec une belle habileté, bientôt relayé –et judicieusement– par son frère Guus. "I wanna go home" est un morceau co-écrit par Muddy Waters et J.T Brown. La voix de Tineke est fiévreuse. Elle vit son blues. Ivoires et bottleneck se distinguent au cœur d’un accompagnement tout en sobriété. La reprise du "Don’t hold your breath" d’Ike Turner est très réussie. Han van Dam démontre toute sa maîtrise au piano roadhouse. La fratrie met conjointement le nez à la fenêtre. L’un à la slide, l’autre à la guitare classique. Un grand moment! La voix pure de Miss Schoemaker est uniquement soutenue par les ivoires, tout au long du "Goodbye" de Bumble Bee Slim, un blues dépouillé et émouvant. Bref instrumental, le "Holy Poky" met en exergue le talent Johnny Laporte, à la six cordes. "Down in the Alley" en revient au boogie. Au piano, van Dam est à la fois brillant et intenable. Il est talonné par les interventions frénétiques des frangins Laporte, aux grattes. Et elles sont particulièrement inspirées tout au long du "Born to die" de Blind Willie McTell. Un Chicago shuffle au tempo blues/rock. Bien jolie ballade, "Lonely together" puise son inspiration dans le R&B. La voix de Tineke est ravissante. Les guitares réverbèrent des accents hawaïens. La finale est surprenante. Une ballade unplugged, aux accents subtilement tex mex, signée Nick Lowe. Son titre ? "Withered on the vine". Les vocaux y sont bien secondés par les cordes acoustiques et l’accordéon de Sligting.

 

Barrelhouse

Vintage blues

Écrit par

Lorsque le british blues a éclaté au cœur des sixties, la contagion n'a pas tardé à se propager en Europe et tout particulièrement aux Pays-Bas. Flanqué de ses Blizzards, Cuby (Harry Muskee) a rapidement rempli, chez nos voisins du Nord, le rôle des Bluesbreakers de John Mayall, entraînant dans son sillage bon nombre de disciples, parmi lesquels on retiendra surtout Livin' Blues, Oscar Benton, Rob Hoeke, les Bintangs, Flavium et, un peu plus tard, Barrelhouse, une formation que j'ai toujours beaucoup appréciée !

Ce band sillonne les pistes du blues depuis bien longtemps. Et pour cause, il est né en 1974. Au sein du line up figurait déjà la chanteuse à la voix délicate Tina Schoemaker, les deux frères d'origine javanaise Johnny et Gus Laporte, le pianiste Han Van Dam, ainsi que le drummer Bob Dros et le bassiste/accordéoniste/harmoniciste Jan Willem Sligting. A cours de l’hiver dernier, ils ont décidé d'enregistrer des classiques du blues, écrits avant la fondation du combo. Faut dire que c’est ce qu’ils préfèrent jouer ; et aussi ce qu'ils font de mieux!

‘Back in the years when blues started to be original’, nous annoncent-ils avant d’entamer les hostilités par un morceau de folk traditionnel intitulé, "Oh death". Séduisante, cette plage d’excellente facture est marquée par un riff solennel produit par la guitare rythmique des frères Laporte. Bob Dros caresse ses fûts. Le timbre vocal de Miss Tina est délicieux. De brève durée, le solo de guitare est un véritable joyau. Limité à quelques notes, il est cependant gorgé d'intensité dramatique. L'intro du "I love the way I live" de Muddy Waters me rappelle le blues des 60’s. Celui du Chicken Shack de Stan Webb et Christine Perfect, tout particulièrement. C’est-à-dire des débuts du groupe. Face au piano de Han van Dam, les cordes libèrent des sonorités arides et travaillées. Nostalgie quand tu nous tiens… Le tempo s'accélère. Tina secoue sa longue chevelure bouclée avant de croquer (NDR : oh la gourmande !) "Shake 'em on down", un autre traditionnel au cours duquel 'Barrelhouse Bailey' van Dam étale tout sons savoir-faire aux ivoires. Un véritable travail d’orfèvre accompli par un des plus grands disciples de l'inoubliable Otis Spann, pendant que les frères Laporte se démènent à l'arrière-plan. Superbe ! "Comeback baby" est un slow blues issu de la plume de BB King. Dès l’ouverture, le feeling est très présent. Van Dam passé à l'orgue Hammond. La voix de Tina est savoureuse, chargée de passion. Et les quelques notes dispensées par les frangins Laporte tapent littéralement dans le mille. Le "Bring it on home" de Sonny Boy Williamson est aussi convaincant. Une compo au cours de laquelle Jan Willem a troqué sa basse contre un l'harmonica. L’émotion est à son comble tout au long du "God bless the child" de Billie Holiday ainsi que du "Midnight hour blues" de Leroy Carr. Deux compos sculptées dans le préwar blues. Deux duos également. Auxquels participe Tina. Lors du premier, elle murmure face au banjo gémissant de Johnny Laporte. Et du second, elle est soutenue par le piano de Han. L’elpee épingle deux covers de John Lee Hooker : "Groundhog blues", une plage au cours de laquelle Laporte attaque ses cordes sèchement, à la manière du maître, comme le faisait si bien Tony Mc Phee des Groundhogs ; et en finale, une version honnête d’"It serves me right to suffer". Le combo batave ne semble d’ailleurs pas plus inspiré, lorsqu’il adapte "Spoonful" et "Meet me in the bottom" de Willie Dixon. A contrario, leur version du "Mean old world" de Little Walter est superbe. Pas d’harmonica, mais le piano vivifiant de van Dam. Quant à la reprise solennelle du "Weary blues from waiting" de Hank Williams, elle conjugue judicieusement accordéon et cordes. Manifestement, Barrelhouse a pris un énorme plaisir en enregistrant cet opus. Et il est partagé. Dès lors, pas question de le bouder…

Barrelhouse

Walking in time

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Barrelhouse constitue une des plus anciennes formations hollandaises de blues, encore en activité. Le combo s'est formé en 1974. Et au cours des dix années qui ont suivi, ils ont commis pas moins de dix albums. Ils ont eu même l'opportunité de tourner et d'enregistrer avec le maître de la Telecaster : Mr Albert Collins, en personne. De cette collaboration opérée en 1978, est d'ailleurs né un elpee, toujours disponible en CD : "Albert Collins live with the Barrelhouse live". Barrelhouse a toujours été drivé par une femme. Par une chanteuse, plus exactement : Tineke Shoemaker. La formation a même suspendu ses activités en 1986, lorsque Tineke a fondé One Two. Mais il devait y avoir une suite, car Barrelhouse est réapparu en 1993. Depuis, il s'est illustré à travers deux elpees : "Fortune changes" en 1994, et "Time frames" en 1998.

La sonorité de Barrelhouse a toujours été plus proche du british blues que des groupes américains. A cause de la section rythmique. Et on s'en rend compte dès les premiers accords de la plage titulaire, dont le motif est imprimé par la basse de Johnny LaPorte. Tineke est bien en voix, forte et plaintive à la fois. Les guitares des deux frères javanais sont retenues. Guus et Johnny doublent les instruments à 4 et 6 cordes. La célèbre composition de Little Walter, "Last night (I lost the best friend I ever had)", est reprise à la sauce hollandaise. Sans harmonica, mais avec le piano du redoutable vétéran Han van Dam. Un véritable bonheur, car il est un des rares musiciens européens à avoir assimilé le style du maître Otis Spann. Cette approche des touches est unique ; dommage qu'on ne l'entende pas davantage sur cette nouvelle œuvre. "Hang on to the things you do" épouse un style percutant, assez hard, un rockin' blues érigé sur le riff des guitares. "Country road" est une douce ballade country. Reprise ici à la sauce batave, elle bénéficie du concours de l'accordéoniste Jan Willem Sligting. Instrumental, "Far East" nous invite à goûter le son bien gras de la Gibson Les Paul, plongé au sein d'un climat très intimiste ! Intimiste est bien le maître mot de cet opus, car est découpé en chansons que sculpté dans le blues. Tineke interprète "Parting glasses" a capella. Elle s'appuie tout d'abord, avec délicatesse, sur la tristesse infinie de l'accordéon, avant que la section rythmique, puis les claviers ne viennent s'agiter à l'avant-plan. Mais quelle justesse et quelle clarté dans le chant! Deuxième reprise, "Last night (I heard you crying in your sleep)" n'est plus signée Little Walter, mais Hank Williams. Une version dépouillée, au cours de laquelle la voix est épaulée par le piano de Han et le dobro bien métallique et ensorceleur de Gary Lucas, un musicien qui joua jadis dans le Magic Band de Captain Beefheart. Ce "Last night" est superbe et superbement produit. "Like you did before" est un nouveau rockin' blues rythmé, contaminé par un piano électrique, un peu dans le style que les Faces affichaient naguère, lorsqu'ils étaient aux ordres de Rod Stewart. "Dark as a dungeon" navigue entre blues dépouillé et ballade country. Sa densité musicale est accentuée par le tuba basse de Patrick Votrian, le saxophone ténor de Roland Brunt et la trompette de Wouter van Bemmel. "Hard feelings" conclut a capella avec. Album très personnel et bien réalisé, " Walking in time " risque fort de laisser les fans de blues sur leur faim, car les exploits instrumentaux du piano et des guitares demeurent un peu trop sur leur réserve.