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Bill Johnson

Cold outside

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Chanteur, guitariste et compositeur, Bill Johnson est âgé de 52 ans. Ce Canadien roule sa bosse depuis les années 70. Il faudra cependant attendre les eighties pour le voir passer progressivement au blues. Il monte alors son Bill Johnson Blues Band. Nous sommes alors en 1993. Et publie son premier elpee solo, "Why I sing the blues". Il faudra cependant attendre 2005, pour le voir enregistrer un deuxième opus. Un "Live". En 2005. Il grave alors "Worksongs" en 2007 et "Still Blue" en 2010. Bill a décroché plusieurs Blues Awards, au Canada. Pour concocter "Cold outside", il a reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Rick Erickson, le claviériste Darcy Philips et le batteur Ross Hall.

"Baggage blues" est un blues qui fait mouche. La voix de Bill colle parfaitement à son répertoire. Aux ivoires, David Vest meuble tous les espaces libres. "Nine dollar bill" élève le tempo. Les cordes de Johnson son déjà bien affûtées pour attaquer cette plage nerveuse aux accents West Coast. Le ténébreux "Cold outside" est davantage country, un morceau au cours duquel les cordes tracent une ligne mélodique imparable. Le spectre de Johnny Cash plane. Tout comme sur "Night train", un titre qui adopte le rythme du chemin de fer. Et chargées de feeling, les cordes sont vraiment agréables à l’oreille. Darcy siège alors derrière l’orgue Hammond. Shuffle, "True love" emprunte un tempo flemmard. David Vest est de retour au piano et entre en duel avec la gratte, décidemment bien attachante de Phillips. Vest est un vétéran de la scène blues. Dans le passé, il a notamment apporté son concours à Big Joe Turner, Floyd Dixon et Jimmy T99 Nelson. Darcy double piano et orgue tout au long du blues lent classique "My natural ability". Bill égrène ses notes parcimonieusement, mais en y injectant un max de sensibilité. Et David épaule encore Bill sur le rock’n’roll vivifiant "Makes a fella nervous". Nonobstant sa forme contemporaine, "Free from my trouble" nous entraîne progressivement vers le delta. La guitare est généreuse. L’orgue Hammond, bien présent. Joby Baker (NDR : c’est le producteur !) double basse et batterie sur "Angry guitar". Et communique une touche funky à la compo. Bill ponctue son chant de petites phrases finement ciselées sur ses cordes. "Driftin’ and driftin’" est une ballade subtilement country. La voix est devenue douce, tendre même. Le recours au bottleneck apporte une sonorité métallique à l’ensemble, sans jamais nuire au sens mélodique. Ballade acoustique, "Angeleen" clôt cet opus, une piste qui puise ses racines dans l’americana…