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Blue Moon Marquee

Gypsy Blues

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Blue Moon Marquee est un duo canadien. Originaire des Montagnes Rocheuses, plus précisément. Il pratique une forme de gypsy blues, fruit d’un mélange entre blues originel, swing et de ragtime. Le tandem réunit A.W. Cardinal et Jasmine Colette, alias Badlands Jass. Métis, le premier se consacre au chant et à la guitare. La seconde, se réserve la basse et les percus ; des percussions qu’elle commande aux pieds. "Gypsy blues" constitue le troisième opus de la paire. Il a été enregistré à Vancouver, en Colombie Britannique, là où le duo réside désormais.

Cardinal possède une voix plutôt rugueuse, éraillée même. Une voix caractéristique qui alimente le premier morceau, "Trickster Coyote". Jasmine double bien la basse acoustique et les percussions sur cette piste imprimée sur un tempo rigoureux. A la guitare, A.W. possède une excellente technique. Il a bien assimilé le jazz manouche. Et le démontre tout au long de "Hoodoo Lady". Le swing coule naturellement. Des cordes subtiles –elles sont le plus souvent sémillantes et constamment en éveil– amorcent le rythmé "Saddle sore". La voix est écorchée ; mais Cardinal se libère rapidement sur sa gratte. Et sa comparse le seconde à la perfection. BMM est parfaitement à l’aise dans cet univers parfaitement homogène. Le tandem déverse un véritable concentré d’énergie tout au long de "Pour me one". Toujours sur le qui-vive, il ne prend aucune pause. Cardinal brille encore tout au long de "Double Barrell Blues". Merveilleux, son solo est digne de Django Reinhardt. Jasmine n’y tient plus et rejoint son compagnon au micro. C’est elle qui chante le blues lent "Ain’t no stranger" ; et il est magistral. Elle pince les cordes épaisses de sa lourde contrebasse, alors que les interventions du gratteur débordent de feeling. Emoustillé, Cardinal accorde alors sa meilleure intervention. Toujours au bord de la rupture, il parvient cependant garder le contrôle. En avant-plan, les percus impriment le tempo de "Spy Hill", une piste singulière au cours de laquelle les cordes conjuguent fragilité et expression. "Tossin’ n’ turnin’" opère un retour au blues. Le tempo est emprunté au notoire "Help me" de Sonny Boy Williamson. Jasmine exécute parfaitement le riff rythmique sur sa basse. Cardinal en profite alors pour libérer ses cordes. Excellent, "Shading tree" bénéficie d’une mélodie soignée. La gratte s’y autorise un envol audacieux. En final, "Gypsy Blues" synthétise le climat qui domine cet LP ; c'est-à-dire un blues manouche à la fois personnel et parfaitement exécuté… 

 

Blue Moon Marquee

Lonesome ghosts

Écrit par

Blue Moon Marquee est un duo canadien. Originaire des Montagnes Rocheuses, près d'Alberta plus précisément, il est considéré comme un gypsy blues band. Le duo réunit le guitariste A.W. Cardinal et Jasmine Colette, une charmante dame commise à la (lourde) contrebasse. Mais également aux drums, un mini kit qu’elle actionne à l’aide de ses pieds. Les deux musiciens se partagent le chant. Ils puisent leurs racines musicales dans un passé lointain. Depuis Lonnie Johnson à Charley Patton, en passant par Django Reinhardt. Après avoir beaucoup bourlingué, A.W. décide de s’établir dans l’Ouest canadien. Il grave alors l’album "Stainless steel heart", en 2012. Il rencontre ensuite Jasmin. Rapidement, le couple décide de faire vie musicale commune. Blue Moon Marquee vient de naître… Pour concocter "Lonesome ghosts", la paire a reçu le concours de quelques invités, dont Mal Temple et Kenton Loewen, tour à tour préposés à la batterie, et circonstanciellement d’un claviériste et d’un violoniste. Cardinal signe la majorité du répertoire.

"What I wouldn't do" est un blues teinté de jazz. Les accords dispensés par Jasmin à la contrebasse sont très alertes. Ceux du piano, assurés par Simon Kendall, complètent parfaitement l’ensemble. Manouche, "Pipeliner blues" accroche instantanément l’oreille. Tout en s’intégrant à l’ensemble, le violon de Cameron Wilson rappelle les bonnes vibrations produites naguère, par le Quintette du Hot Club de France, lorsque Stéphane Grapelli donnait la réplique à Django Reinhardt. "Trouble's callin'" libère un swing naturel, une plage que chante A.W. chante d'une voix volontairement fatiguée, alors que Nathan Shubert se consacre aux ivoires. "Scotch Whiskey » trempe dans un Gypsy blues dynamique. Cardinal semble très inspiré à la gratte électrique, alors que Kendall double impeccablement au piano et à l’orgue Hammond ! Et ce dernier remet le couvert sur l’excellent blues "In the henhouse". La voix douce et séduisante de Jasmine rejoint celle de son partenaire sur "Bishop street", une piste qui allie simplicité et élégance. Cameron Wilson dispense ses interventions slaves, envoûtantes, tout au long du judicieusement intitulé "Gypsy's life". Le duo vit passionnément son blues, tout au long de "Sugar dime". Et en finale, les deux acteurs du Blue Moon Marquee se réservent encore le titre maître, "Lonesome ghosts", des fantômes solitaires qui peuvent tant nous apporter…