Blue Mountain est devenu une véritable légende chez lui. A Oxford, dans le Nord du Mississippi. Mais Blue Mountain c’est avant tout est le nom d'un patelin, situé entre la ville d'Oxford et le Tennessee tout proche, près de la Holly Springs National Forest. Ce groupe a vécu une première aventure entre 1991 et 2001. Et s’appuyait déjà sur le couple légitime Cary Hudson/Laurie Stirratt. Le premier est chanteur/guitariste. Sa charmante épouse bassiste. Elle est également la jumelle de John Stirratt, également bassiste, mais chez Wilco. A cette époque, Blue Mountain avait beaucoup tourné et enregistré pour le label Roadrunner. Et avant de se lancer dans ce projet, le couple avait sévi au sein des Hill Tops. Depuis l’été 2007, ils viennent donc de remettre le combo sur rails. Ils ont à nouveau fait appel au drummer Franck Coutch, qui les avait déjà épaulés pendant sept ans, lors de la première mouture du band. Réunissant de nouvelle compos, ce "Midnight in Mississippi" paraît au même moment qu’"Omnibus", un autre elpee qui rassemble de nouvelles versions d'anciennes chansons.
L'opus s’ouvre par "Groove me". Un titre de country/folk/pop empreint de charme, de douceur et surtout très accessible. Le groupe véhicule une étiquette alt country. Je ne vois pas trop ce qui est alternatif ici, tant leur sens mélodique est aiguisé et leur production léchée. Ou si vous préférez, tant ce type musical est susceptible de plaire à toutes les oreilles. Encore que côté lyrics, on y décèle d’évidentes références à la drogue. Ce qui explique sans doute pourquoi on les traite de marginaux… Leur country/rock me botte quand il évolue dans un registre proche des Byrds du début des 70’s. Lorsqu’ils étaient drivés par Jim McGuinn et Graham Parsons. Tonique, "She's a wild one" en est une belle illustration. Les échanges entre cordes acoustiques et électriques sont superbes. Tout comme sur "Free state of Jones", par ailleurs. L’opus recèle quelques compos sculptées dans des mélodies tendres, doucereuses, parfois un peu trop sucrées à mon goût. A l’instar de "Butterfly" ou encore "70's song", un morceau qui me rappelle furieusement une ballade de Joe Dassin. Par contre, dans le style, "Rainy day" est de toute beauté. Dommage que la formation ne laisse pas plus souvent éclater sa réserve, se contentant trop souvent de laisser les portes entrouvertes. C’est d’ailleurs un dessein que je leur souhaite, afin que le band puisse véritablement se réaliser. Et il le démontre sur le très percutant "Midnight in Mississippi". La voix est beaucoup plus rageuse. Le timbre me rappelle même Bob Dylan. Les petites interventions à l’harmonica aussi. Cette manière paresseuse de chanter colle bien au style de Hudson. Et on en a une nouvelle illustration sur "Emely smiles" ou encore "Pretty please", un morceau très riche, inflitré par des nappes d’orgue. Et comme nous sommes dans le Mississippi, le blues n'est jamais bien loin. "Gentle soul" trempe dans un frome de country laidback instituée par JJ Cale. Les parties de cordes en slide y sont fort intéressantes. Et le couple n'oublie pas de célébrer les dimanches soirs d'autrefois, quand ils partaient vers le juke joint de Junior Kimbrough à Chulahoma, écouter le Mississippi blues pur et dur de Junior et de R.L Burnside. Ce qui nous vaut en final, un "Skinny dipping" aux accents du Delta très métalliques…