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Le rire de Will Paquin

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Blues Traveler

Blow up the Moon

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Blues Traveler est un jam rock band. Il est né 1989, à Princetown, dans le New Jersey. Le fer de lance est sans nul doute le chanteur/harmoniciste John Popper. Il est soutenu par le guitariste Chan Kinchla, le claviériste Ben Wilson, le bassiste Tad Kinchla et le drummer Brendan Hill. "Blow up the Moon" constitue leur douzième album. Il fait suite à une compile baptisée "25", et parue en 2012, sur le label Hip-O.

"Hurricane" ouvre l’elpee. La compo la plus percutante. Pas pour rien qu’elle soit sortie en single. La ligne mélodique est bien palpable. Le chant bien mis en exergue. Les claviers et les percus sont cependant programmés. Heureusement, l'harmonica de Popper fait déjà la différence. "Blow up the moon" ne manque pas d’allure, mais il est excessivement chargé de sonorités synthétiques. La responsabilité en incombe au duo 30H!3, réunissant Nathaniel Motte et Sean Foreman (NDR : ils sont issus de Boulder, dans le Colorado). Rome Ramirez produit, se réserve les guitares et signe "Castaway", une plage qui adopte le rythme du reggae. Formation californienne de hip hop et de ska punk, Dirty Heads est dans le coup. La même équipe attaque "Vagabond blues". Ce n'est pas du blues, mais bien du hip hop, bien construit, parfaitement mis en forme, mais complexe. Ce projet est le résultat de la collaboration entre Blues Traveler et différentes entités musicales très différentes. "Top of the world" bénéficie de la synergie entre BT et Hanson, un groupe pop/rock formé par les frères Hanson (NDR : Le trio est originaire de Tulsa). Et le résultat est plutôt réussi. L'harmonica est balisé par les cordes d'Isaac Hanson et l'orgue de Taylor Hanson. "Nikkia's Prom" est le fruit d'une coopération avec un autre groupe pop/rock, Plain White T's. Pas mal du tout ! La plage la plus réussie à mon goût est certainement "Matador". John Popper y est épaulé par Thompson Square, un couple impliquant Keifer et Shawn Thompson qui pratique de la country. Les voix et les arrangements sont absolument superbes. Et la même équipe s’attaque à "I can still feel you", une excellente piste ponctuée par un envol extraordinaire de l'harmonica! Secondhand Serenade est le projet de John Vesly, un musicien de rock californien. Les deux John chantent ensemble "The Darkness We All Need", une jolie ballade au cours de laquelle Mark Evitts (un jeune multi-instrumentiste issu de Nashville) joue du violon, de la viole et du violoncelle. New Hollow est un jeune trio rock originaire de l’Ohio. Associé à BT, il nous propose "Jackie's Baby", une piste de pop/rock assez savoureuse. Jewel (NDR : elle est née à Payson, dans l’Utah) est actrice de cinéma et de séries TV. Elle chante également. Elle pose sa voix suave et fragile sur "Hearts are still awake". Bowling for Soup est un quatuor pop/punk texan. Il participe à deux morceaux auxquels il communique de bonnes vibrations. La voix de Jarett Reddick et les deux guitares sont épatantes, tant sur l’intense "I know right" que le nerveux "Right here waiting for you". L'elpee s’achève par "All the way", une pop song que John Popper et l'acteur/réalisateur Thomas Ian Nicholas chantent de concert. Si la production est particulièrement soignée et a certainement nécessité un énorme boulot, l’œuvre s’avère inégale, vu la disparité des différents intervenants. 

 

Blues Traveler

Suzie cracks the whip

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Blues Traveler est, à l’instar de nombreuses formations rock américaines, réputée pour ses jams. Elle aime se produire sur scène, pour y dispenser des concerts interminables, et chaque soir différents. Dans l’histoire du rock le plus célèbre est manifestement le Grateful Dead, un combo californien (San Francisco) qui a marqué de son empreinte l'acid rock des sixties. Depuis, d’autres lui ont emboîté le pas. Dont l’Allman Brothers Band, Widespread Panic, Phish et Govt Mule…

Blues Traveler est originaire du New Jersey. Ce groupe est né en 1987. A sa tête, le génial harmoniciste John Popper et le gratteur Chan Kinchla. Le line up implique également trois autres musiciens. Son expression sonore est assez complexe. Fondamentalement rock, elle invite néanmoins une foultitude d’autres courants, comme le blues, le funk, la soul, le folk ou le psychédélisme. Eponyme, son premier long playing est paru en 1990. Il faut attendre le quatrième opus, "Four", pour atteindre la reconnaissance internationale. Ce sera en 1994. Le combo se produit lors du 25ème anniversaire du festival de Woodstock, et y récolte un certain succès. Il tourne même en première partie des Rolling Stones. En août 1999, leur bassiste Bobby Sheehan, est retrouvé mort, suite à une overdose. Le band décide néanmoins de poursuivre l’aventure, en compagnie de Tad Kinchla, le frère du guitariste. « Suzie cracks the whip » constitue leur 14ème elpee, si on compte leurs trois disques enregistrés ‘live’.

"You don't have to love me" ouvre les hostilités. L’impact est immédiat. Une compo, par ailleurs, sortie en single. Tout est bien en place. Le lead vocal est enrobé de chœurs. Popper s’autorise déjà une sortie sur sa musique à bouche, en distillant très rapidement ses notes. "Recognize my friend" débute tout en douceur. Le rythme s'accélère progressivement, mais la mélodie est naturelle. On ressent le bonheur des musicos de chanter à l’unisson. "Devil in the details" baigne au sein d’un même climat empreint de sérénité. C’est Chan qui se réserve alors un billet de sorite sur ses cordes. "All things are possible" trempe dans le reggae. L’orgue de Ben Wilson se fond dans le tempo. Popper en profite pour dessiner des arabesques sur son instrument. Solide blues rock, "Things are looking up" est propulsé par les solides percussions de Brendan Hill. Le refrain est enchanteur. La machine, parfaitement huilée. Un climat propice aux envolées. Ce dont profite, sans attendre, John. La voix féminine de Crystal Bowersock  rejoint Popper sur "I don't wanna go", une plage fluidifiée par l’orgue. Tout comme sur "Nobody fall in love with me", un morceau plus pop, avant que l’harmonica ne déchire, tel un coup de tonnerre, l’univers sonore. Popper est vraiment un prodige sur son instrument. Caractérisé par les changements de rythmes parfaitement combinés, "Cover me" constitue manifestement une des meilleurs plages de l’elpee. Sautillant, le piano est insatiable, alors qu’on assiste à une nouvelle fête de la musique à bouche. Le long playing ne souffre d’aucune faiblesse. La production est soignée. L’ensemble, homogène. Et puis, il y a ce petit côté pop qui transparaît instantanément des compos. Signé Chris Barron, un ami de jeunesse de John à l’époque où Blues Traveler et Spin Doctors partageaient le plus souvent la même affiche, "Saving grace" est sculpté dans le rock…

 

Blues Traveler

Bastardos

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Blues Traveler est un jam band qui évolue au sein d’un créneau particulièrement dynamique depuis une quinzaine d'années. Il n’a, bien sûr, pas inventé le style ; la paternité revenant au Grateful Dead, il y a déjà plus de quatre décennies. Et parmi les jam bands de référence, on pourrait également citer Allman Brothers Band, dont la notoriété et la longévité n’est plus à démontrer. Comme son nom ne l'indique pas, Blues Traveler n'est pas un blues band ; même si d'évidence le blues n'en est pas absent. Le groupe s'est formé à Princeton, dans le New Jersey, en 1983. Cette formation compte déjà plusieurs elpees à son actif, dont "Blues Traveler" paru en 90, "Travelers & thieves" en 91 et "Save his soul" en 92. Commis en 1994, "Four" rencontre un succès considérable. Un engouement qui va les décider à immortaliser un double live : "Live from the Fall", en 1996. Et l’année suivante, ils gravent "Straight on till morning". "Bastardos" constitue le huitième album studio. Au sein de B.T. sévit un harmoniciste fabuleux, unique en son genre : John Popper. Il est épaulé par le guitariste expérimenté Chandler "Chan" Kinchila et le drummer Brendan Hill tient. Pourtant, c’est à cette époque que le combo décide de faire un break. En 1999, le bassiste originel (Bobby Sheehan) disparaît. Mais le quartet se mue en quintet, le line up s’enrichissant du bassiste Tad Kinchila, le frère de Chan, et du claviériste Ben Wilson. Sous cette formule, B.T. a concocté deux elpees : "Bridge" en 2001 et "Truth be told" en 2003. "Bastardos" est un opus très élaboré tout au long duquel les musiciens ont appris à se discipliner.

L'initiation au voyage débute par "You can't stop thinking about me". Aucune trace de blues ici. Un périple quelque peu psychédélique opérant un travail sur les voix tout en libérant la guitare aérienne de Chan. En outre, les claviers confèrent un aspect grandiose à cette plage. Cette expérience se poursuit tout au long d’"Amber awaits". Le son est chiadé. John sort l'harmo de sa poche. Mais son intervention est trop brève. Un puissant riff rythmique introduit "After what". La ligne mélodique est stable. La voix de John est excellente, mais la musique est complexe. L’œuvre est tellement homogène qu’on éprouve de grosses difficultés à discerner les différentes plages, lors de la première écoute. Popper opère quelques sorties savoureuses sur son harmonica. A l’instar de "Can't win true love". Mais ces instants de bonheur s’avèrent de trop courte durée. "Bastardos" est un opus au cours duquel les chansons prennent le pas sur l’instrumentation. Une plaque qui recèle encore deux ballades empreintes de douceur ("Leaning in" et "She isn't mine") et le très puissant "Rubberneck". Quoique solide, Blues Traveler n’a pas sculpté son "Bastardos!" dans le blues, mais dans le blues roots.