Au fil du temps, Renaud Patigny est devenu une des valeurs sûres du boogie woogie international. Sa frêle silhouette, surmontée de son Stetson inamovible, est bien connue des milieux blues et boogie de notre pays. S'il est déjà apparu plus de mille fois sur les scènes de nombreux pays, ce pianiste de 40 ans accorde de plus en plus d'exercices de style pianistiques, en compagnie de quelques uns de ses pairs. Il compte déjà pas mal d'enregistrements à son actif, dont "Tritons dance" en 1997, qui incluait des covers de Cow Cow Davenport et de Jimmy Yancey, "Live 98", et enfin "Tribute to the Giants" en 2000, un opus qui rend hommage aux grands ; en autres : Albert Ammons, Pete Johnson, Meade Lux Lewis et Big Maceo. Ce sont ses trois derniers elpees officiels. Sur ce disque, il est accompagné de Carl Sonny Leyland. Carl est né en Angleterre en 1965, mais s'est établi aux Etats-Unis depuis 1988. A New Orleans tout d'abord. A Orange, en Californie, ensuite. Carl ne se cantonne pas au seul boogie woogie. Il n'hésite pas à attaquer le blues classique, le R&B, le rockabilly et le rock'n'roll. Il a, lui aussi, beaucoup enregistré. Ces deux pianistes se partagent cet album live. En solo ou en duo ; mais en bénéficiant du concours du batteur de jazz belge, Bob Dartsch. Bob n'et pas un inconnu, puisqu'il a sévi, tout comme le pianiste Marc Herouet (ex-Wallace Collection, Salix Alba, Ragtime Cats), chez Buddy and the Swing.
Leyland ouvre le feu. Seul ou flanqué de Bob, il passe en revue les excellents boogies "47th Street Jive" et "Swanee River boogie", ou encore les blues purs "Old before my time" (NDR : de sa plume) ainsi que "Four o'clock blues" de Roosevelt Sykes. Il est aussi un vocaliste talentueux, doué d'une voix autoritaire, taillée pour le blues, à la manière d'un Big Maceo Merryweather ou d'un Memphis Slim. Renaud Patigny embraie par les boogies "Daily stream boogie" et "Willie the Strider", puis dans un style plus velouté, poursuit par "Low down Walk". Si sa voix est plus grêle que celle de son comparse, il chante d'un ton juste le traditionnel "My baby left me". Enfin, le duo termine par quatre plages intéressantes dont les boogies puissants "Boogie party" et "Big finish boogie". Signalons que cette plaque est encore au stade de la maquette. Elle devrait, en outre, inclure deux titres enregistrés 'live' au dernier Spring Blues Festival d'Ecaussinnes, en mai dernier.