Ce trio vient de Cincinnati dans l'Ohio. Il réunit les frères Gabbard. Andrew se réserve la guitare et Zachary, la basse. Ils chantent tous les deux. Ils sont soutenus par le drummer Joseph Sebaali. "Dig, sow, love, grow" constitue leur quatrième opus. Parfaitement soudée, la formation brille dans un style largement influencé par le rock de la fin des sixties et du début des 70s.
Excellente entrée en matière, "Get it" autorise une première sortie de la guitare. Trempé dans le fuzz, le son est remarquable. Très rythmique, le piano dynamise la compo. Superbement orchestré, "Hey girl" est hanté par le spectre de Buffalo Springfield. A cause du sens mélodique soigné, de la voix très proche de celle de Steve Stills et puis de la guitare, rappelant celle de Neil Young à ses débuts. Un esprit qui erre également tout au long de "Rolling wheel", même s’il y rencontre également Joe Walsh, Band et Grateful Dead. Ces Tueurs de Bisons sont très à l’aise quand ils ralentissent le tempo. Leur style est alors bien mieux mis en évidence. Les frangins chantent "Blood on your hands", un morceau contagieux plus proche du southern rock, même s’il adresse un clin d’œil au blues. Chez ce combo étasunien, les riffs de guitare sont souvent très structurés. "Those days" est alimenté par une rythmique plus rock, alors que les vocaux empruntent une forme davantage pop. Andrew libère un solo de gratte acide, torturé. Les chœurs y adhèrent tel un collage, rappelant les 45trs de l'époque flower power, baptisés nuggets. Petit joyau, "I'm always here" est subtilement bercé de psychédélisme. Plus expérimental mais majestueux, "Farewell" témoigne d’un passé qui a apporté beaucoup de noblesse à la rock music. Les guitares sont déjantées. Les vocaux se conjuguent sur une rythmique volontiers lourde. Inévitablement, on pense au chef-d’œuvre des Beatles, "Sgt Pepper's lonely hearts club band". Plus sucré, "Graffiti eggplant" trempe dans le country rock. "My sun" s’illustre par des vocaux impeccables. "Moon daisy" achève l’elpee. Une plage tendre, ouatée et finalement, à l’instar de l’elpee, très agréable à écouter…