Baby Dee et l’enfant de l’amour

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Centro-Matic / South San Gabriel

Dual Hawks

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Split album plutôt étonnant, puisqu’il réunit le nouvel opus de Centro-Matic et celui de South San Gabriel sous le même écrin. C'est-à-dire les deux projets de Will Johnson. Manquait plus qu’il soit triple et consacre un exercice en solitaire (NDR : aventure qu’il a déjà tentée à deux reprises : en 2002 et 2004). Si l’artiste explore sa face la plus rock chez Centro-Matic, il embrasse des desseins plus acoustiques au sein de South San Gabriel.

Le line up de base est identique au sein des deux formations ; mais chez SSG, on y rencontre une belle brochette d’invités. Et pour la circonstance Matt Stoessel (pedal steel), Bryan VanDivier (basse, guitare, percussions), Jeffrey Barnes (clarinette, saxophone, flûte, etc.), Buffi Jacobs (violoncelle), Tamara Cauble (alto, violon), David Pierce (trombone), James Driscoll (contrebasse) ainsi que Robert Gomez aux arrangements. Une solution sonore qui pourrait sembler luxuriante, vu la présence de ces collaborateurs. Et pourtant on est loin du compte, ces musiciens se révélant d’une grande efficacité, mais aussi d’une remarquable sobriété. Atmosphériques, mais également particulièrement sombres, les 12 plages de ce disque manifestent ainsi une grande richesse dans les subtilités. Depuis le majestueux « Kept on the sly » au légèrement psyché, exotique, « Trust to lose », en passant par un remarquable « When the angels will put out their lights » aux influences vocales nettement soul et le menaçant, sinistre « Of Evil/For evil », déchiré entre blues et musique de chambre, on ne peut que se montrer admiratif face à une telle puissance d’écriture. Tout ceci sur un rythme lent, parfois même slowcore ou au moins imprimé sur un mid tempo. Et lorsque la solution sonore vire vers la lo-fi (« My goodbyes »), le spectre de Bonnie ‘Prince’ Billy se met à planer…

Plus électrique, l’opus de Centro-Matic s’illustre d’abord par une grande sensibilité mélodique. Les compos contagieuses et souvent hymniques sont balayées de savoureux accès d’électricité. Jamais envahissants, mais toujours judicieux. Inoculés dans l’esprit du mouvement Paisley Underground (Dream Syndicate en tête) et bien sûr du légendaire Neil Young. Une des ses influences majeures. Tout Bruce Springsteen et Bob Dylan, « Twenty-four », me rappelant étrangement « Blowin’ in the wind », mais en plus allègre. Bref si l’essentiel de ce disque est agité par des riffs de guitare grésillants, crépitants, déchiquetés, crazyhorsiens, quoique insidieux voire rampants (NDR : ces accès d’électricité vivifiants sont même parfois enfouis sous la ligne de flottaison instrumentale, avant de remonter à la surface, comme s’ils avaient fait le plein d’énergie), la fin de parcours en revient à une formule plus acoustique. Minimaliste et semi-acoustique sur « Counting the scars » (NDR : on entend les doigts glisser sur les cordes de la gratte) et le final « A critical display of sankes », morceau étrange mais romantique évoluant à mi-chemin entre Centro-Matic et South San Gabriel. Ben tiens !

 

Centro-Matic

Love you just the same

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Quelques semaines après la sortie de l'album de South San Gabriel, Centro-Matic nous revient avec son septième opus. Pour rappel, je vous signale que SSG est le projet à géométrie variable de C-M. A l'instar de " Distance and clime " et d'" All the falsest hearts can try ", ses deux précédents elpees, " Love you just the same " recèle des mélodies pop contagieuses empreintes de douce mélancolie, découpées par une six cordes acoustiques bourrée de feeling ou alimentée par l'intensité blanche sale, crazyhorsienne, chargée de feedback, des riffs de guitare. Des mélodies pop fragiles, hantées par des accords de piano au mauvais œil ou des claviers gémissants, agitées par un tempo aride, poussiéreux, écorchées par le violon grinçant de Scott Danbon, et égratignées par le timbre vocal, légèrement éraillé, déchirant, mais tellement attachant de Will. Un compositeur prolifique qui n'a pas besoin de moyens extraordinaires pour composer des chansons qui sortent de l'ordinaire. Pour cet opus, la formation a voulu recréer le son le plus brut possible ; celui qui a fait leur réputation sur les planches. Matt Pence, le producteur/drummer l'a donc un peu joué à la Steve Albini, parvenant ainsi à réaliser une combinaison étrange entre urgence émotionnelle et accessibilité pop. Une chanson comme " Reset anytime ", n'a d'ailleurs jamais été aussi proche de l'univers d'un Grandaddy. Mais sans le moindre artifice électronique…

Centro-Matic

La limpidité enivrante des complaintes sudistes...

Soirée néo-country à l'AB, en compagnie de Centro-Matic, Saint Thomas et My Morning Jacket en fougueux cow-boys échappés de leurs bourgades désertiques, les cheveux pleins de sable et d'épines de cactus, ruminant leur rock emprunt d'americana sous les loupiotes de l'ABBOX.

Sous ce ciel étoilé d'une salle à moitié remplie, Will Jonhson brave très vite l'indifférence de début de soirée en enfilant les perles de « Love You Just The Same », le dernier album de son groupe Centro-Matic. Neil Young, figure tutélaire de tous ces jeunes mélodistes hors pair, veillera tout au long de ses trois heures intenses de concerts habités. Après 20 minutes, Centro-Matic finit par séduire le public, tout émoustillé par ces complaintes sudistes d'une limpidité enivrante.

Mais le vrai déluge viendra de My Morning Jacket, combo psyché-country d'une virtuosité et d'une hargne insolentes : Creedence Clearwater Revival, Flaming Lips, Pink Floyd, At The Drive-In, Pinback,… Les références se bousculent devant l'étendue des talents de Jim James et de ses quatre potes de Louisville. Et quels talents ! Marier ainsi la violence tourbillonnante du psychédélisme et la mélancolie bucolique de la country donne souvent pour résultat d'infâmes bouillons sans aucune magie. Chez My Morning Jacket c'est le contraire, et c'est magnifique. « It Still Moves », leur troisième album, est un chef d'œuvre. L'un des albums de l'année, pas moins… Mais ce soir, Jim James avait mal à la gorge, s'excusant après trois titres sublimes de ne pouvoir continuer à chanter sous peine de devenir aphone pour le restant de ses jours. Pourtant ce « Mahgeetah » en ouverture, qui justifie à lui tout seul l'achat de l'album, annonçait un concert grandiose. Et il le fût, en un certain sens… A condition d'accepter que même sans la voix magnifique de Jim James, My Morning Jacket est un grand groupe. Techniquement bluffant. Instrumentalement ahurissant. C'est là qu'on reconnaît le génie de ces types : même sans paroles, leur musique reste tout bonnement fantastique. Même s'il faut dire qu'on aurait préféré un concert normal… Mais au moins pourrons-nous dire qu'on a vu My Morning Jacket dans des conditions singulières. Pour leur prochain concert, Jim James nous a déjà promis d'être en forme, jusqu'à jouer « deux fois plus longtemps » pour se racheter une conduite. D'ici là, on se repassera en boucle « One Big Holiday » et « Easy Morning Rebel » en tapant du pied et en chantant nous-mêmes, avec l'espoir qu'un autre rhume ne dissipera pas toutes nos chances d'un jour voir ces rockeurs à 100 %… Quand même, quelle claque !

Et s'il y avait des récalcitrants dans la salle, leur déception n'aura pas été de longue durée, grâce à la prestation sympathique de Thomas Hansen, alias St Thomas, au club, en clôture de cette soirée déjantée. Le Norvégien, qu'on avait déjà vu ici même il y a plus d'un an en première partie de Lambchop, n'a rien perdu de son humour et de sa décontraction. Alternant les titres de ses deux albums (« I'm Coming Home » et « Hey Harmony »), notre cow-boy venu du froid aura vite fait de redonner un peu d'entrain aux plus déçus des fans de My Morning Jacket. Entre sa musique, de la néo-country mélancolique, et ses blagues potaches à l'accent scandinave, un monde : comme quoi on peut chanter des histoires de ruptures et puis en rire… C'est déjà ça de pris !

 

Centro-Matic

Peindre des images avec des phrases...

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Will Johnson a fondé Centro-Matic en 1995. Mais à l'époque, ce n'était qu'un projet alternatif au groupe Funland. Chez qui il jouait des drums! Aussi, lorsque la formation a splitté, il a décidé de transformer son projet en véritable concept. Au sein duquel il joue, tout naturellement, de la guitare, chante et surtout compose. A une cadence frénétique ! En cinq à six années, il doit avoir écrit plus de 200 chansons. Dont il n'a pu, à ce jour, reproduire l'intégralité sur CD. Faut dire qu'à ce régime, il en aurait sorti près de 20 ! " All the falsest hearts can try " constitue donc et seulement le quatrième opus de Centro-Matic. M'enfin, Will semble avoir trouvé une solution pour écouler son stock de compos, puisqu'il a créé un nouveau projet alternatif : South San Gabriel. En compagnie duquel, il avait sorti un excellent opus essentiellement acoustique, " Song / Music ", début de cette année. " All the falsest hearts can try " explore la face la plus électrique de l'esprit de Johnson. Will n'a d'ailleurs pas besoin de moyens extraordinaires pour composer des chansons qui sortent de l'ordinaire. Et il s'en explique…

" Centro-Matic demeure mon dessein principal ; mais j'ai toujours pensé qu'il était judicieux d'imaginer de nouveaux débouchés pour créer de la musique. Une alternative qui me permet d'éviter la routine. De m'extraire d'un canevas rigide au sein duquel beaucoup de groupes se sont enfermés. Nous avons fondé South San Gabriel, parce que nous disposions d'un tel stock de chansons qu'il était devenu quasi impossible de toutes les enregistrer. J'ai donc choisi de réserver les plus électriques à Centro-Matic, et les plus calmes au projet parallèle. En outre SSG nous a permis d'inviter des amis en compagnie desquels nous avions toujours eu envie de jouer… " Will s'est même lancé dans la musique électronique. Mais il n'aime pas trop en parler : " Elles sont bien cachées sous mon lit ", précise-t-il. ‘Songs/Music’, l'album de South San Gabriel a très bien été reçu par la presse. Une réaction qui a beaucoup touché Will. Parce que si au départ cet opus n'a guère suscité de réactions, au bout de quelques semaines, elles ont commencé à se multiplier. " En fait, ce disque nécessite un cadre bien spécifique pour être apprécié. Parce qu'il est beaucoup plus calme et dégage une atmosphère intimiste… " Essentiellement acoustique, il contraste très fort avec celui de Centro-Matic. En fait, pour Will, le meilleur test pour une chanson, c'est de pouvoir la jouer aussi bien très fort que très doucement. De voir si au volume minimum ou jouée en acoustique, elle passe encore. " Les deux styles interpellent l'auditeur, mais de manière différente. Il est amusant et enrichissant de pouvoir aborder ces deux perspectives. Puissante, rock qui apporte une satisfaction physique ou bien calme, sans scratches ni feedback … "

Si Centro-Matic, à l'instar de Sebadoh, Pavement ou Silkworm émarge à la lo fi, c'est beaucoup plus par manque de moyens que par volonté de respecter une quelconque ligne de conduite. " En vérité, lorsque nous avons commencé à enregistrer, nous avions tellement peu de thunes pour entrer en studio, qu'on a effectué le boulot chez nous. Avec des moyens limités. D'ailleurs, avant que le groupe ne commence, c'était déjà ma manière de procéder. Aujourd'hui, c'est le drummer qui s'occupe de cette tâche. Et vu les conditions au sein desquelles il travaille, j'estime qu'il fait du bon boulot. Nous ne sommes pas des musiciens hors pair, mais nous faisons le maximum pour produire la meilleure musique, tout en gardant notre identité. Et puisque le public semble apprécier notre son rugueux, je ne vois pas pourquoi nous lui arrondirions les angles… " Des conditions qui ne sont probablement pas favorables à l'engagement éventuel d'un Ric Ocasek pour assumer la production. En outre, vu le rôle d'ingénieur du son, joué par le batteur, Will pense qu'il serait sain d'en discuter au sein de la formation avant de prendre la moindre décision. Et puis, il y a toujours cette question d'argent…

Will n'est pas du tout gêné de parler des artistes et des groupes qu'il aime, qui l'influencent et qui l'ont influencé. Neil Young, tout d'abord. Qu'il considère comme une grande star et dont les albums ‘Rust never sleeps’ et ‘Tonight the night’ constituent des références incontournables. " Il n'y a que quelques années que je me rends compte de l'influence qu'il a exercée sur moi. Pas seulement à cause de ses chansons et de sa manière de jouer. Mais par rapport à ce qu'il représente dans l'histoire de la musique. De ce qu'il a réalisé au cours de ces 30 dernières années. De l'intégrité qui le caractérise et qui m'impressionne… " Avant chaque tournée les musiciens de Centro-Matic ont même pris l'habitude de regarder le film ‘The year of the horse’. " Rien que regarder le Crazy Horse jouer me stimule, m'enflamme. Personne n'a jamais joué comme eux. C'est vraiment un des groupes les plus inspirateurs, même si cet avis n'engage que moi… " Autre influence majeure : les Replacements. " J'étais encore très jeune, et un cousin m'a prêté un de leurs disques. Après l'avoir écouté une seule fois, j'ai vraiment flashé. C'est devenu mon idole ! Il était très populaire à l'époque. Tu sais à l'école secondaire on s'identifie souvent à un artiste ou un groupe. Celui-là est nul et par contre celui là est génial. Et j'ai commencé alors à collectionner toute leur discographie. Je suis originaire d'un bled où il n'y avait pas de disquaire. Donc toutes les raisons étaient bonnes pour acquérir ses disques dans une grande ville voisine ou par correspondance. Ma platine doit s'en souvenir… "  

Will considère Guided By Voices comme un exemple à suivre ; parce que nonobstant les difficultés qu'ils ont rencontrées à leurs débuts, ils ont réussi à prendre leur propre destin en main, à créer leur propre univers. " Leur production est phénoménale. Ils symbolisent l'histoire d'un succès américain. A leur place, beaucoup de formations, auraient attendu qu'un label les prenne en charge. Ils sont parvenus à enregistrer de superbes disques avec très peu de moyens. Ils sont uniques en leur genre… " Dinosaur Jr, Uncle Tupelo et les Flaming Lips constituent des références communes aux musiciens de Centro-Matic. Ils ont assisté à de nombreux concerts de ces groupes. " Au début des 90's, il n'était pas évident de rencontrer un bon combo capable d'écrire de bonnes chansons. Car le mouvement grunge, qui était plutôt une histoire de son, avait écrasé les véritables auteurs/compositeurs. Dinosaur Jr, les Replacements et les Flaming Lips avaient été épargnés par ce mouvement. Ils sont devenus, en quelque sorte, des précurseurs. Et c'est grâce à eux que la musique a pris une nouvelle impulsion. Alors, tu comprends que lorsque tu apprends à écrire des chansons, il est difficile d'ignorer de telles influences. Surtout au début ! "

Les musiciens de Big Star habitent un bled sis juste à côté de celui où Will a passé son enfance. " Nous sommes voisins. Nos chiens mangent ensemble… " Mais pourquoi leur a-t-il fallu près de 20 ans de travail pour atteindre un peu de notoriété ? " Ils possèdent une sensibilité pop incroyable. Mais ils ne sont pas arrivés au bon moment. C'est ce qui explique, sans doute, pourquoi leur succès a été si tardif… " Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sont les grands parents de Will qui lui ont communiqué le goût de la musique country. En lui faisant découvrir, tout gosse, des artistes comme Johnny Cash ou Hank Williams, dont ils possédaient tous les disques. " C'est à eux que je dois mon approche musicale de l'écriture. Une approche qui s'est gravée dans mon subconscient depuis cette époque. Et cet aspect sombre, meurtrier, des chansons, se retrouve plus présent dans le répertoire de South San Gabriel. Des chansons qui consomment un tas de pedal steel, un orgue hammond, et d'autres instruments spécifiques à cette musique. A une certaine époque, j'avais peur de les jouer devant ma mère. Et puis je me suis rendu compte que c'était ces chansons là qu'elle préférait. Je ne remercierai jamais assez mes grands-parents pour m'avoir fait écouter un tel répertoire, plutôt que Village People… "

Mais venons-en justement aux lyrics de Will. Très difficiles à décortiquer, voire à comprendre, ils sont aussi ambigus que ceux de Michael Stipe du REM. Ce qui provoque, instantanément, un grand éclat de rires chez l'intéressé. De nombreux journalistes lui ont déjà posé cette question. Et lorsqu'il leur explique le sens qu'il veut leur donner, ils s'en retournent déçus. Ainsi, il a décidé de ne plus donner d'explications à ce sujet. Parce que pour Will, le plus important est l'expérience que chacun peut retirer de la chanson. " Au lieu de décrire quelque chose en noir et blanc je tente de suggérer plutôt des images. Un peu comme si on peignait des images avec des phrases. Et puis on s'arrête. On s'assied. Et on remet une couche… " C'est sans soute la raison pour laquelle ses lyrics sont souvent comparés à ceux de Stipe. " Il y a même des chansons qui prennent même, après un certain temps, un sens nouveau. Une signification que je ne m'imaginais pas lorsque je les ai écrites. Oui, je sais, ce n'est pas évident. Mais c'est aussi le plaisir que l'on peut tirer lorsqu'on entretient le mystère qui les entoure. Mais je n'écris pas que des textes ambigus. J'en ai également composé de plus directs… " (Il cherche, mais ne trouve pas)

Issu de Denton, donc du Texas de George Bush, il était intéressant de poser une petite colle à Will : son avis sur la peine de mort. Il n'est pas encore parvenu à se faire une opinion définitive sur le sujet. " Je crois que c'est une prise de conscience individuelle. La question est aussi importante que la réponse. Et ma réponse n'est pas définitive. Je suis conscient qu'il y a eu des erreurs. Tout dépend des cas. Parfois c'est justifié. Parfois, pas du tout. Mais je suis encore occupé de réfléchir à la question… "

Merci à Vincent Devos

 

Centro-Matic

All the falsest hearts can try

Écrit par

Will Johnson a fondé Centro-Matic en 1995. Mais à l'époque, ce n'était qu'un projet alternatif au groupe Funland. Chez qui il jouait des drums! Aussi, lorsque la formation a splitté, il a décidé de transformer son projet en véritable concept. Au sein duquel il joue, tout naturellement, de la guitare, chante et surtout compose. A une cadence frénétique ! En cinq à six années, il doit avoir écrit plus de 200 chansons. Dont il n'a pu, à ce jour, reproduire l'intégralité sur CD. Faut dire qu'à ce régime, il en aurait sorti près de 20 ! " All the falsest hearts can try " constitue donc et seulement le quatrième opus de Centro-Matic. M'enfin, Will semble avoir trouvé une solution pour écouler son stock de compos, puisqu'il a créé un nouveau projet alternatif : South San Gabriel. En compagnie duquel, il avait sorti un excellent opus essentiellement acoustique, " Song / Music ", début de cette année.

" All the falsest hearts can try " explore la face la plus électrique de l'esprit de Johnson. Will n'a d'ailleurs pas besoin de moyens extraordinaires pour composer des chansons qui sortent de l'ordinaire. Mais surtout des chansons fragiles, contagieuses, qu'il envoûte de son timbre vocal grinçant, traînant, écorché, mais tellement attachant. Centro-Matic a probablement hérité du génie pop de Big Star, du dynamisme popcore de Hüsker Dü, de la mélancolie ténébreuse de Neil Young circa " Tonight the night ", de la lo fi de Sebadoh et de la power pop de Replacements. Ce qui ne l'empêche pas de tâter au garage, au folk, au psychédélisme et à la country. Dans ces conditions, vous comprenez bien que cet album devrait plaire au même public qui a succombé aux albums de Guided By Voices et d'Uncle Tupelo…

 

Centro-Matic

Distance and clime

Écrit par

Will Johnson compose comme il respire. Non content d'avoir commis plus de 90 singles et six albums en moins de cinq ans pour Centro-Matic, mais il parvient encore à alimenter de sa plume deux autres projets parallèles : The Static vs. The Strings et surtout South San Gabriel, pour lequel un nouvel opus est en préparation. Un régime infernal qui ne l'empêche pas de partir régulièrement en tournée tout en apportant un soin tout particulier à la finition de ses enregistrements. Faut dire que dans le domaine de la mise en forme, il peut compter sur son drummer, Matt Pence, capable de faire des miracles à l'aide de moyens plus que rudimentaires. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Centro-Matic a longtemps été étiqueté de groupe lo-fi, alors qu'il répond surtout à une logique garage. C'est d'ailleurs dans ce style que son précédent opus, " All the falsest hearts can try " et le nouveau, " Distance and clime " s'inscrivent. Raison pour laquelle vous ne décèlerez que peu de différences entre les deux œuvres. On y retrouve ainsi ces mélodies pop contagieuses empreintes de douce mélancolie, découpées par une six cordes acoustique bourrée de feeling, ou alimentée par l'intensité blanche, sale, chargée de feedback, des riffs de guitare. Des mélodies pop hantées par ces accords de piano au mauvais œil, agitées par un tempo aride, poussiéreux et égratignées par la voix grinçante, gémissante, écorchée de Will, responsable de lyrics qui traitent tantôt de politique, de nucléaire ou d'écologie. Et pourtant, aucune des 15 chansons incluses ici ne ressemble à une autre issue des précédents elpees. C'est sans doute là que se situe la force de cet ensemble texan…

 

Centro-Matic

Truth flies out (single)

Écrit par

Ce nouveau single de la formation texane, de Denton très exactement, prélude la sortie d'un nouvel album. Le sixième en cinq ans. Si le titre maître figurera bien sur cet opus, les deux autres chansons adoptent un profil qui correspond davantage à celui de South San Gabriel, l'autre projet de Will Johnson. " Fidgeting wildly ", tout d'abord. A cause du recours à la slide, des accords si particuliers, si sonores, du piano, et des harmonies vocales presque obliques (voix/contre voix). " Actuator's great ", enfin et surtout. Un fragment acoustique aux vertus intimistes. Quant à " Truth flies out ", il consume une intensité électrique blanche, sale, torride, lo fi, vivifiante, semblable à celle qui sera dispensée sur le futur elpee…