Chanteur de soul/blues, Charles Wilson est originaire de Chicago. C’est le neveu du fameux bluesman Little Milton Campbell. Il s'est forgé une certaine réputation sur le circuit du southern soul. Son premier single date de 1964. Et son premier elpee de 1991. Intitulé "Blues in the key of C", il est paru chez Ichiban. Il aligne ensuite plusieurs opus sur le label Eecko, avant de fonder son propre label, Wilson Records. Il grave pourtant "If heartaches were nickels", pour la célèbre écurie blues Delmark, un long playing concocté en compagnie de son oncle Little Milton et du guitariste Carl Weathersby. Ce qui va lui permettre de décrocher une nomination aux W.C Handy pour le meilleur album de soul blues paru en 2005. Après avoir édité deux elpees chez CDS, il a décidé d’opérer son retour dans le giron du blues en signant chez Severn.
Pour la circonstance, il a reçu le concours de la crème des musiciens locaux ; et en particulier le guitariste Monster Mike Welsh, le claviériste Benjie Porecki ainsi que le bassiste Steve Gomes et le drummer Robb Stupka. Episodiquement, l’équipe est épaulée par une imposante section de cuivres et de cordes. Les références vocales de Charles sont plutôt solides, puisqu’il cite Bobby Blue Bland, Otis Redding, Sam Cooke et Nat King Cole parmi ses maîtres…
L'album s'ouvre dans le pur southern blues ; et ce n’est pas une surprise. En l’occurrence le "Where my baby went" de Don Robey, issu du répertoire de Bobby Blue Bland. La voix de Wilson est d’une grande pureté. Elle est taillée pour ce répertoire tout en nuances. Un répertoire dont l’homogénéité impressionne. Tant les arrangements de cuivres, de chœurs et de cordes. L’osmose s’opère naturellement, mais ne laisse guère de place aux prouesses instrumentales. De bonne facture, les compos sont mises au service des cordes vocales de l'artiste. Et je pense tout particulièrement à "Someone must have taught you", "I want to shout about it", deux morceaux issus de la plume de Steve Gomes et "Troubled child". L’opus recèle également une reprise rythmée, mais empreinte de douceur du célèbre "Is this love" de Bob Marley. Mais le meilleur moment de l’elpee procède de la cover du "Somebody's tears" de Denise Lasalle. Une compo qui rend hommage à son oncle Little Milton. Sa voix richement texturée s'épanouit devant l'orgue Hammond de Porecki. Et Mike Welsh se permet une de ses rares sorties en solitaire. Cependant, il manifeste un maximum de retenue tout en injectant une fameuse dose de sensibilité dans son intervention. Il se rappelle encore à notre bon souvenir, lors de la finale, "Put something into it". Dans le style, cet opus est impeccable…