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Cheer-Accident

Fear Draws Misfortune

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Pas étonnant que ce groupe originaire de Chicago reste confiné dans le milieu underground, malgré près de 25 ans d’existence et 16 albums à son actif. Et pour cause, sa musique est particulièrement hermétique. Enfin, à premier abord. Car il serait dommage de passer à côté de Cheer Accident et de son dernier méfait : « Fear Draws Misfortune ». En fait, si sa solution sonore est difficile d’accès, elle n’en est pas moins exceptionnelle.

Cheer Accident réunit un noyau dur de 3 instrumentistes : Thymme Jones (batterie, claviers, trompette, vocaux), Jeff Libersher (basse, guitare, trompette, vocaux) et Alex Perkolup (basse, guitare) auxquels viennent se greffer 15 musiciens additionnels (NDR : qui se partagent violons, violoncelles, flûtes, saxophones, clarinettes, trompettes, trombones, tubas et chœurs) pour déconstruire le rock tel qu’on le connait et créer une forme alambiquée de musique alliant le progressif, le jazz rock, l’art rock, le krautrock  et le rock d’avant-garde. « Fear Draws Misfortune » est un disque virulent où forniquent Magma, Frank Zappa et King Crimson. Les sections de cuivres dissonantes se mélangent à des vocaux qui sont l’antithèse de ce que l’on a l’habitude d’entendre dans le monde du rock. Carla Kihlstedt de Sleepytime Gorilla Museum, assure les parties de violon (et certains vocaux), preuve s’il en est que les déjantés ont fait cause commune sur ce disque pour nous offrir quelque chose d’absolument unique. « Fear Draws Misfortune » est un disque moderne, mais qui aurait très bien pu paraître au cours des seventies, à l’époque où le rock n’était pas encore tout à fais soumis aux canevas actuels et où tout était encore possible. A écouter avec une très grande ouverture d’esprit. De l’art. Du vrai !

 

Cheer-Accident

Introducing Lemon

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Les chroniqueurs de disques ne rigolent pas tous les jours. Surtout quand ils doivent s’envoyer les 70 minutes de choucroute ‘frankzappaesque’ que nous proposent ces vétérans chicagolais, mis en circulation depuis 1981. Cassures rythmiques à gogo, solos de guitare alambiqués et moments de « noise » pur et dur se succèdent donc imperturbablement. Les Cheer-Accident jouent très bien et ils tiennent à nous le faire savoir par des démonstrations techniques stériles qui s’allongent parfois au de-là des 20 minutes au cours desquelles il essayent de placer le plus de gimmicks musicaux possible. Ajoutez-y un sens de l’humour second degré qui ne fera rire que les joueurs de « Donjons et Dragons » ainsi que les analystes-programmeurs dépressifs et le tableau est complet. Les moments où la formation s’essaye à la chanson classique révèlent sa grosse lacune ; c’est-à-dire une incapacité à pondre un morceau digne de ce nom. Le reste est totalement vain, ces gaillards se contentant de déverser ces litres d’onanisme musical dans la première malheureuse oreille qui passe. En résumé, pour fans et téméraires uniquement.