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Christian Kjellvander

A village : natural light

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Agé de 40 balais, Christian Kjellvander affiche aujourd’hui 20 années de carrière au compteur. Trois ans après avoir publié l’excellent "The Pitcher", il nous propose donc son nouvel opus. Un disque intitulé « A Village : natural light ». Le songwriter reprend les choses là où il les avait laissées. C’est-à-dire en embrassant, à nouveau, une forme de folk intimiste et mélancolique, dont il a le secret. Rien de bien original, cependant, à se mettre entre les oreilles, mais des morceaux impeccablement exécutés.

Tout au long de l’opus, le spectre de Bill Callahan rôde. La sèche sert de fil conducteur à une musique qui invite également piano, chœurs et ingrédients électroniques.

« Shallow Sea » ouvre parfaitement l’elpee. Une voix féminine épaule celle, caverneuse, du Suédois. « Dark Ain’t That Dark » plonge profondément dans le spleen. Les lyrics de « Midsummer (Red Dance) » sont particulièrement sombres, nonobstant un tempo plus enlevé et une certaine distorsion censée réchauffer l’atmosphère. Et le reste du long playing est de la même veine. Une exception qui confirme la règle, le plus intense « Staghorn Sumac », piste au cours de laquelle l’artiste se livre davantage… mais sans jamais se mettre en danger. Finalement, le Scandinave est resté égal à lui-même. On n’en demandait pas plus de sa part…

 

Christian Kjellvander

The pitcher

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Depuis la sortie de « I Saw Her From Here/ I Saw Here From Her », il y a deux ans, Christian Kjellvander n’a cessé de bourlinguer en Europe et outre-Atlantique. Entre deux villes, le Suédois ne s’est pas tourné les pouces et a continué à écrire. Le résultat figure sur cet énième album du songwriter intitulé sobrement « The Pitcher ».

L’opus a été enregistré live en 5 jours ! Difficile de croire qu’il ait réalisé une telle prouesse, lorsqu’on écoute ces neuf morceaux de country-folk. L’instrumentation est luxuriante et variée. Les cordes, les cuivres, les chœurs, tout y est ! Kjellvander crée une ambiance pour chaque titre et prend son temps pour l’installer. Aucun morceau ne descend sous les trois minutes. « The Valley » est par exemple plus entraînant tandis que sur « The Zenith Sunset » et « The Woods » la tension est palpable. Néanmoins, « The Pither » est un album qui exige plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Seule la voix du Scandinave fait un peu tâche d’huile. C’est sans doute le seul point faible de ses chansons. Malgré ce bémol, cet opus vaut clairement le coup !

 

Christian Kjellvander

I Saw Her From Here, I Saw Here From Her

Écrit par

Pour son retour aux affaires, le Suédois Christian Kjellvander arrache son folk chatoyant des neiges et délivre dix compositions pour chanter dans les bois entre deux Kinder Country. Sur ce quatrième album, Kjellvander réaffirme son attrait pour la tristesse et la compassion et couche ses états d’âme sur d’impressionnants arrangements. Car, il faut lui laisser, la mise en son est de toute beauté. Guitare steel, piano, banjo, orgues, trompettes, mandoline et autre mellotron entrent dans la cabane de Kjellvander pour orchestrer ses idées noires, mais jamais dénudées d’espoir. Clairement, on n’est pas ici pour s’amuser. Mais bien pour suivre les sombres aventures de personnages fantasmés dans la tête d’un Suédois obnubilé par l’americana. Souvent comparé à Leonard Cohen pour son chant affecté, Christian Kjellvander n’épouse, pourtant, guère tant de sincérité. Pour remettre les choses à leur place, on affirmerait plutôt qu’il barytone tel un James Hetfield en plein trip mélo. Voilà, le problème est là : on a l’impression de vivre un remake forestier du « Mama Said » (sur l’album « Load ») de Metallica, sous les pins, un harmonica et un banjo à la main. Et, au bout du compte, « I Saw Her From Here, I Saw Here From Her » s’écoute comme une longue déambulation éplorée où Christian Kjellvander tient absolument à nous faire chialer. A choisir un songwriter venu du froid, on lui préférera Mattias Hellberg. En attendant des nouvelles de celui-là, on restera bien au chaud.

Christian Kjellvander

Faya

On n’avait plus de nouvelles du Suédois depuis son premier disque, « Songs From A Two-Room Chapel », paru il y a quatre ans. Il aurait beaucoup voyagé, surtout en Amérique, qu’il connaît bien pour y avoir grandi. Rien d’étonnant dès lors à ce qu’il jongle si bien avec les codes de l’americana, le country-rock, ce genre… Songwriter bien connu de ses compatriotes, Christian Kjellvander continue donc son petit bonhomme de chemin sur les terres désolées de l’acoustique en berne (cfr Thomas Dybdahl, Kristofer Aström, Nicolaï Dunger). Enregistré dans une école abandonnée à Skane, dans le sud de la Suède, et mixé par Craig Schumacher (Giant Sand, Calexico,…), « Faya » compte 11 chansons aux ambiances un peu tristes. Manque plus que le rocking-chair et le plaid en peau de bête pour que tout le monde chiale (« Juanita », « Union Lake », « Chose The City »), mais heureusement il y a Nina Persson des Cardigans. Elle chante les chœurs sur « Roaring 40’s », et ça réchauffe un peu. Sous le plaid en peau de bête avec Nina Persson ? Un instant : je fais chauffer du thé.

Christian Kjellvander

Songs from a two-room chapel

La scène musicale scandinave est partagée, à peu de choses près, en trois courants majeurs : le rock'n'roll (The Hellacopters, The Hives, Turbonegro,… + le black metal), l'électro (Röyksopp, Erlend Oye, Biosphere, le label Rune Grammofon,… + le jazz " numérique " à la Bugge Wesseltoft) et le folk (St Thomas, Nicolai Dunger, Kings of Convenience, Kristofer Aström,…). Christian Kjellvander fait assurément partie du troisième groupe : songwriter précieux bien connu en Suède (il a publié cinq albums avec les Loosegoats et Songs of Soil), il éprouve, comme bon nombre de ses compatriotes gelés 6 mois sur 12, une vive admiration pour l'americana le plus chaleureux, de la famille Carter à Bonnie Prince Billy. Qu'on aime ou qu'on déteste le country-rock galeux et geignard, fort est de constater que ce Kjellvander sait y faire avec les images d'Epinal du grand West : on se croirait presque chez les allumés de Palace. Le meilleur : " Oh Night " et ses violons majestueux, clef de voûte de cette belle collection de chansons souffreteuses, et le solennel " Rid ", d'une puissance chorale incontestable. Parfait pour réchauffer les froides journées d'hiver, ce disque s'écoute comme on boit une bonne tisane : au coin du feu, en pantoufles et l'esprit à la dérive.