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Cursive

Mama, I’m Swollen

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On attendait énormément du quatuor suite à la sortie de l’irrésistible « Happy Hollow », publié en 2006. Trois ans plus tard, Cursive revient plus sombre que jamais. « Mama, I’m Swollen » marque l’arrivée de Cornbread Compton, un drummer enrôlé suite au départ anticipé de Clint Schnase, l’un des membres fondateur de la formation. Une perte qui ne passe pas inaperçue tant l’aspect déstructuré qui marquait la majorité des compositions de Cursive, semble ici inexistant. En résulte une œuvre beaucoup trop inoffensive, comparé à ce dont Tim Kasher et ses compagnons nous avait accoutumés. Certains morceaux (« What Have I Done ? », « We’re Going To Hell »…) auraient même pu figurer dans l’une des œuvres de The Good Life, le projet parallèle plus en retenue de Kasher.

« Mama, I’m Swollen » est donc loin de s’aligner sur la discographie exemplaire de Cursive. Les textes de Kasher sont toujours aussi percutants mais l’ingéniosité des mélodies semble avoir pris la poudre d’escampette en même temps que Compton. Malgré quelques sursauts de sagacité (« Mama, I’m Satan », « Caveman », « I Couldn’t Love You »), « Mama, I’m Swollen » constitue l’œuvre la moins passionnante du quatuor à ce jour.

 

Cursive

Happy Hollow

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Ok, on l’avoue, on avait jusqu’aujourd’hui considéré « The Ugly Organ » comme étant le travail le plus abouti de Cursive. La formation ayant perdu l'un de ses membres en cours de route, on craignait un retour faiblard et peu convaincant. Et c’est avec un immense plaisir que l’on tend la joue pour recevoir la nouvelle grosse claque du quatuor. Celui-ci revient armé de son éternelle maîtrise de la plume incisive et des mélodies rédemptrices ainsi que d’une passion exponentiellement décuplée. « Happy Hollow » nous transporte dans l’Amérique de Dorothy, pauvre âme condamnée à taire ses rêves (le single « Dorothy At Forty ») et vivre éternellement au sein d’un village de ploucs aux discours religieusement hypocrites, là où valeurs familiales et patriotisme font office de lois (« Dorothy Dreams Of Tornadoes », « Bad Sects » « Flag and Family »). En 14 chapitres, Cursive conte le malaise d’une peuplade enterrée dans une société bien-pensante d’où elle ne peut s’extraire. Une société au sein de laquelle aucune opinion ne peut être émise et la moindre déviance est intolérable (« The Sunks », « So-So Gigolo »). Dédié à tout païen qui se respecte, « Happy Hollow » en appelle à un soulèvement intelligent dans lequel les mots sont les armes les plus tranchantes (« Rise Up ! Rise Up ! », « Hymns For The Heathen »). Utopique mais efficace. A nouveau, Cursive frappe un grand coup et classe sans difficulté cet essai parmi les meilleures productions de l’année.