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Dan Auerbach

Keep It Live…

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« Keep It Hid », première escapade solo de la moitié chantante des Black Keys, n’a pas entièrement convaincu la presse. Dan Auerbach file donc sur les routes pour tenter de remporter les suffrages du public. Mission accomplie ce 22 mai à l’ABBox !

‘Mais qui c’est ce gars qui vient de saluer la foule ?’ Regards perplexes. Le public accueille timidement un Dan Auerbach rasé de près, donc méconnaissable. Mais à peine se met-il à fredonner les premières notes de « Trouble Weighs A Ton » que le public réalise enfin ce qui se passe et accueille dignement le bluesman. Il est accompagné ce soir des « Fast Five », un backing band composé de cinq musiciens ; et pas n’importe lesquels. Les quatre membres de Hacienda et, surtout, Patrick Hallahan, batteur de My Morning Jacket. Grosse surprise, ce qui paraît incohérent sur disque fait la force de ce live qui transporte l’assistance dans un Sud ricain accueillant.

Affublé d’une affreuse chemise bleue assez kitsch, Dan Auerbach et ses compagnons affichent une bonne humeur contagieuse et maîtrisent leur sujet jusqu’au bout des doigts. La prestation est intense, quasiment hypnotique. Si l’ancien barbu voulait se distancer quelque peu de la discographie des Black Keys, le pari est plus que réussi. Les titres blues, roots ou country de son « Keep It Hid », scéniquement bonifiés, s’enchaînent à une vitesse folle. The Fast Five fait littéralement vibrer la scène, si bien qu’un Patrick Hallahan déchaîné envoie involontairement valser tout ce qui se trouve autour de lui, du triangle au micro en passant par une cymbale. En 1h20, Auerbach déballe l’entièreté de « Keep It Hid », entrecoupée d’une reprise fracassante du « Oh Carol, I’m So Sad » de Rockin’ Horse. Un set tout simplement impeccable.

Organisation : Ancienne Belgique 

Dan Auerbach

Keep It Hid

Écrit par

Pour son premier recueil concocté en solitaire, Dan Auerbach, moitié chantante des Black Keys, retourne aux sources de la discographie de sa formation originelle. Exit la production bien léchée de Danger Mouse caractérisée par « Attack & Release ». Auerbach renifle les terres du Sud, crache un bon coup par terre et déloge le diable terré dans sa guitare. Après une petite détente acoustique sur le porche de sa cabane (« Trouble Weighs A Ton »), le barbu s’en va-t-en guerre. Armé de sa gratte, sa basse et ses distos (« I Want Some More », « Heartbroken, In Despair »).

Sur son chemin, il tente de dénicher de nouvelles sources d’inspiration. Il croise sa protégée, Jessica Lea Mayfield. Ensemble, ils poussent une petite chansonnette (« When the Night Comes »). Mais la simple pensée d’avoir laissé en retrait Patrick Carney, son partenaire de toujours, l’empêche d’approfondir sa recherche de nouveauté. Il se cantonne alors à ce qu’il connaît et sait faire de mieux, comme si « The Big Come Up » et « Thickfreakness » étaient les seules plaques qui constituaient sa collection personnelle de disques. Si votre recherche d’une bonne collection de faces B des Black Keys demeure infructueuse, « Keep It Hid » constitue le substitut idéal.