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Dave Gahan & Soulsavers

Imposter

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« Imposter » constitue le troisième album de Dave Gahan et du producteur de musique électronique Rich Machin des Soulsavers qui, pour la circonstance, ont bénéficié de la collaboration d’une bonne dizaine de musicos. Pour cet elpee, le chanteur de Depeche Mode a choisi d’adapter des chansons de ses artistes préférés, des morceaux auxquels il inocule sa propre sensibilité.

Il y privilégie une majorité de ballades, souvent enrobées de chœurs (gospel), dont « Smile », une chanson écrite par Charlie Chaplin, popularisée par Nat King Cole, et dont la nouvelle version pourrait agrémenter les veillées de Noël. Ou encore « Always on my mind », qui a fait l’objet de multiples versions, dont les plus célèbres demeurent sans doute celles d’Elvis Presley et de Willie Nelson.

L’hymnique « The dark end of the street », un vieux standard soul (James Carr) est nappé d’orgue Hammond, dans l’esprit du slow ‘tubesque’ « A Whiter shade of pale » de Procol Harum. 

Marc Lanegan signe l’excellent « Strange religion », un titre country/folk (cette pedal steel !) que Dave interprète d’un ton désabusé. Et « Where my love lies asleep » (Gene Clark) est de la même veine.

Malgré ses chœurs et ses claviers rognés, « Lilac Wine » (un titre signé feu Jeff Buckley) reste relativement minimaliste, mais n’atteint pas le niveau de l’original.

Fragile, mais indolent, « A man needs a maid » (Neil Young) accroche surtout par sa mélodie.

Plus intéressant, « Metal heart » (Cat Power) monte progressivement en intensité, bénéficiant d’arrangements et de textures lumineuses.

Rowland S. Howard (au cours de sa carrière, il a collaboré avec un tas de musicos ; mais a surtout milité au sein de Birthday Party, en compagnie de Nick Cave, de These Immortal Souls et de Crime & The City Solution) avait composé « Shut me down » alors qu’il était en phase terminale d’un cancer. Sa cover est à la fois douce-amère et déchirante…

DG&S nous propose une mouture plus rock et marécageuse de « Not dark yet », une composition issue de la plume de Bob Dylan.

Compo dépouillée de PJ Harvey, « The desperate kingdom of love » est ici traduite en ballade électrique brûlante.

Elmore James est crédité du blues « I held my baby last night ». Fleetwood Mac en avait réalisé une version très personnelle. Dave Gahan et ses Soulsavers l’on traduite en blues/rock grinçant.

Un bel exercice de style, mais qui aurait sans doute mérité quelques titres un peu plus percutants.


 

Dave Gahan & Soulsavers

Angels & ghosts

Écrit par

« Angels & ghosts » constitue le deuxième volet de la collaboration entre Dave Gahan et Soulsavers. Il fait suite à « The light the dead see », paru en 2012. Soulsavers est un duo de producteurs réunissant Rich Machin et Ian Glover, qui outre ses deux elpees commis en compagnie du chanteur de Depeche Mode, a gravé quatre long playings, dont le dernier, « Kubrick » est paru en décembre dernier.

Paradoxalement, si les productions du tandem privilégient l’electronica, le projet Dave Gahan & Soulsavers se veut davantage organique. D’ailleurs, pour enregistrer cet opus, plusieurs musiciens de studio ont apporté leur concours.

Découpé en 9 plages, ce long playing affiche deux visages. Et il s’avère le plus intéressant sur la première moitié de l’œuvre. Deux titres sont carrément hantés par Depeche Mode. D’abord le plus blues « Shine », dont le refrain rappelle quelque peu « I feel you ». Puis « Tempted », une ballade rognée de claviers vintage, mais surtout caractérisé par sa jolie mélodie. Un autre spectre tourmente le fiévreux « You owe me » : celui de Chris Isaak. Alors que l’esprit de Greg Dulli (Afghan Whigs) rôde tout au long du remarquable « Don’t cry », une compo déchirée entre bayou, soul et gospel ; crépitantes, le cordes de gratte rappelant même les digressions de Rick McCollum.

Les fantômes sont passés ; places aux anges. Qu’illustrent les chœurs gospel. Outre l’introspectif « One thing », ils envahissent la fin de parcours. Tant la berceuse hymnique « Lately », l’indolent « The last time » que la valse lente « My sun », malgré les superbes et dramatiques arrangements de cordes. Les séraphins ont chassé les revenants ; ce qui n’était pas finalement une bonne idée. D’ailleurs, si le climat des compos s’était avéré davantage malsain qu’angélique, cet opus aurait pris une autre dimension…