Etabli dans l’état de Washington, au nord de la Côte Ouest, ce chanteur/guitariste compte déjà quelques années d'expérience à son actif. Il a côtoyé maint artistes notoires ; et en particulier Too Slim (des Taildraggers), Little Bill Engelhart (des Blue Notes), DK Stewart et les Seattle Women. En 2003, il a enregistré et produit "Confessions of a mad man" de Mark Riley, un disque qui a été plébiscité meilleur album blues de la Washington Blues Society. En 2001, il milite au sien d’un tribute band de blues à Seattle : la Blues Power Revue. Une sorte de réplique aux Blues Brothers. De passage à Portland, il se mue en directeur musical pour la chanteuse Margo Tufo, tout en lui apportant son concours à la guitare. Mais Dean drive également sa propre formation. Une équipe qui vient donc de commettre « Misty´s joint », un opus dont la musique est le fruit d’un savant mélange de blues, de R&B, de funk, de rock et de soul. Il est soutenu par une brochette d’excellents musiciens locaux, dont une majorité sévissaient déjà chez la Blues Power Revue. Il signe dix des onze plages, a opéré toutes les prises de son et assuré la production de cet elpee.
L'album s’ouvre par une compo funk : "One way". La section rythmique est solide. Le piano et l'orgue de Ric Ulsky épousent aisément ce rythme. Les cordes de Dean s’autorisent déjà un solo aérien de très bonne facture. "Something I said" est une superbe ballade digne de la quintessence de Steely Dan. Les arrangements rythmiques complexes font mouche. La ligne mélodique imperturbable. Blues lent, "Cold love" évolue dans un style proche du Memphis blues. Rick Ulsky se charge de l'orgue Hammond. Son ami Mark Riley lui donne la réplique aux vocaux. Les parties de guitare sont élégantes, parcimonieuses, mais efficaces. Le titre maître est sculpté dans le soul funk. Une ballade au cours de laquelle Steve Peterson imprime de ses drums, des rythmes probablement calqués sur ceux de Little Feat. Inspiré, Reichert exécute un solo très original, à la saveur jazz, face à une section de cuivres dont le concours enrichit le spectre de cette plage! Excellent ballade funky/blues/rock, "Movin" trace des lignes de guitares fort originales, tantôt sous la forme de courtes phrases à la Albert King, tantôt en amplifiant judicieusement certains passages. Probablement le meilleur morceau de l’opus ! Dean affiche un profil plus classique, tout en conservant sa singularité, pour attaquer "Let the groove". L'orgue Hammond de l'excellent Buck England se dégage de l'ensemble avant de céder le relais à un Reichert très en verve sur ce titre proche d’un BB King en rythme. Empreint de mélancolie et de tristesse, "Bad day" reflète un sentiment que tous les humains connaissent lorsqu’ils sont atteints par le spleen. Superbe et puissant, le chant de Reichert est ici bien mis en évidence face à l'orgue de Buck. "Opportunity" marque un retour au funk, un funk cuivré par le sax ténor de Keith Klawitter et la trompette d’Andy Omdah. Une seule reprise : "Body & Fender man", une compo signée Doc Pomus/Duke Robillard. England est aux claviers et Dean reste aussi enchanteur tout au long de cette version blues/funk aux accents jazzyfiants. De bonne facture, cet opus se referme comme il avait commencé. Dans un registre funk. Lors d’une compo qui s’intitule "Just won't stop"…