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Department of Eagles

Archive 2003-2006

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On connaît surtout Daniel Rossen pour ses prouesses accomplies au sein des déjà classiques Grizzly Bear. Pourtant, depuis l’an 2000, et bien avant de se forger une notoriété chez les Ours Gris, il faisait déjà équipe en compagnie de Fred Niclaus pour le compte de Department of Eagles. Ce duo s’est formé à l’Université de New-York (NYU), alors que les deux compères vivaient en colloc’. C’est après avoir bidouillé et samplé dans leurs chambres, qu’ils sont parvenus à concocter leurs propres compos. Progressivement, ils sont ainsi parvenus à écrire un répertoire particulièrement conséquent, et en particulier toutes les chansons du magnifique elpee qui paraîtra en 2008, « In Ear Park », un disque devenu notoire pour sa pop grandiose et atmosphérique. Dans l’intervalle le tandem va graver quelques Eps et puis deux autres albums. Tout d’abord « The Whitey on the Moon », en 2003 (NDR : c’est le premier !), puis « The Cold Nose », en 2005 (NDR : c’est leur deuxième !) « Archive 2003-2006 » est bien sûr une compile. Elle permet de mieux comprendre l’évolution de leur processus d’écriture et en révèle les chaînons manquants. C’est après avoir publié leur premier opus que Daniel Rossen écrit les 5 actes de « Practice Room Sketch », tout simplement à l’aide d’un piano, dans sa chambre d’université. « Practice Room Sketch 1 » constitue d’ailleurs l’ébauche d’« Easier » de Grizzly Bear. C’est à partir de ce moment que les influences de SMiLE et de Van Dyke Parks vont davantage s’affirmer, et gommer les références hip hop des débuts, leur permettant d’embrasser alors une forme d’americana sombre et sophistiquée On peut déjà ressentir cette évolution à l’écoute des quelques esquisses proposées ici.

En 2006, lors des séances d’enregistrement, baptisées ‘Sessions de Janvier’, Daniel et Fred affinent leurs ambitions et utilisent du matériel pro qu’ils ne parviennent pas à maîtriser complètement. Ils se permettent des sessions de cordes. Il en résulte la magnifique composition « Golden Apple ». Mais ces ‘Sessions de Janvier’ constituent un échec retentissant, quoique nécessaire pour leur future évolution… A côté des restes de ces sessions douloureuses, figurent d’autres productions composées en compagnie de Chris Taylor (leur voisin à l’époque et actuel leader des Grizzly Bear…), comme ce « While We’re Young » qui rappelle les arrangements raffinés opérés tout au long d’« In Ear Park »

Très inégal mais passionnant de bout en bout, « Archive 2003-2006 » capte quelques moments clé de l’évolution de leur songwriting, des débuts confidentiels jusqu’à « In Ear Park »… une plongée intéressante dans l’univers naissant et dans le cerveau en ébullition des plus dignes héritiers pop de Brian Wilson ! Sans aucun doute à la hauteur des Grizzly Bear…

Department of Eagles

In ear park

Écrit par

« In ear park » est un petit miracle issu de l’improbable. Un baiser volé. Arraché au quotidien. Né des heures perdues, des temps morts grappillés ça et là au cœur de l’affairement new-yorkais. Daniel Rossen (guitare et chant), tête pensante de Grizzly Bear, œuvre dans les interstices laissés entre la sortie de « Yellow House » et les tournées internationales. Fred Nicolaus (beats et samples) fugue de ses horaires de bureau pour de courtes escapades au studio. « In ear park » est l’histoire de quatre ans d’enregistrements hâtifs, d’école buissonnière, de virées nocturnes et de correspondances animées pour maintenir le fil entre les deux potes de fac ; petite flamme entretenue par la patience et la détermination, forgée par la maturité. Tendre l’oreille quelques secondes suffisent pour en caresser les formes généreuses.

Des univers toujours en évolution s’ouvrant sur l’émotion d’un folk décharné soudainement débridé par un piano-cabaret (« In Ear Park ») ; touchés à vif, il n’y a plus qu’à cueillir la suite le plus simplement du monde. « No One Does It » emporte instantanément par sa mélodie martelée avec nonchalance, façon Beatles. Un instant de répit en forme de ballade introspective hantée (« Phantom Other ») et de clin d’œil baroque (« Teenagers »), avant que le coup de grâce ne soit asséné par « Around the Bay ». Troublant de justesse. La suite se poursuit à la hauteur des cimes. Des crescendos puissants, des chœurs psychédéliques, des envolées cinématiques, des ‘handclaps’ vintage. Et, sans faiblir, le doux psychédélisme de « Floating on the Lehigh » vient à point aérer l’album.

« In ear park » scelle cette juxtaposition d’ambiances évasives, mises bout à bout, mais toujours  subtilement soupesées. Fini l’éclatement passionnant mais instable du précédent « Cold Nose » (2005). Ici, le fil ne rompt jamais, tendu par un l’équilibre parfait entre la nonchalance des Fab Four, la mélancolie de Midlake, les vocalises habitées du « Shepherd’s dog » d’Iron and Wine et la densité façon Menomena, émiettée dans un parfait éclectisme. Sans aucun doute, un disque précieux pour l’imprévisible label Melodic comme pour les mélomanes à fleur de peau. Un opus profondément émouvant, légèrement décousu, habilement éclectique, lascif à souhait.