Ellis est né à Bayminette, en Alabama. Il est le treizième enfant d'une famille qui en comptait seize. A l’âge de 15 ans, il quitte sa famille et part à l’aventure. Il sillonne les USA et se produit dans la rue où il chante en s’accompagnant à la guitare acoustique. Diana Ross le remarque un peu par hasard. Alors qu’il joue au Central Park de New York. Mais Ellis est trop jeune et ne saisit pas l'opportunité d'enregistrer aux studios de Central Station. Il traverse alors l'Atlantique pour changer un peu de décor, animant les rues et sorties de métro des grandes villes européennes. De retour à New York, il tape dans l’oreille du producteur Jon Tiven. Ce qui lui permet de commettre son premier opus : "Undeniable". En 2002. Sur le label Zane, qui lui colle le sticker de jeune Wilson Pickett. Il retourne en Europe en compagnie des Stax Pistols, une formation au sein de laquelle milite un certain Glen Matlock… ex-Sex Pistol!!! L’année suivante, paraît "Up your mind" (NDR : chez Evidence) un disque taxé de ‘southern soul and blues’. Puis en 2004, "Uncomplicated" (pour Artemis) que Hooks estime relever de l'Americana soul (NDLR : bonjour les étiquettes !).
A trente ans à peine, Ellis vient donc de concocter son quatrième elpee. Toujours chez Evidence. Les sessions d’enregistrement ont été opérées à Nashville sous la houlette de l’incontournable Jon Tiven, un personnage à qui l’artiste doit beaucoup. Ellis possède un excellent organe vocal. Puissant en plus.
"Five times" ouvre l’opus. Une superbe ballade soul, illuminée par cette voix lumineuse. La mise en forme de Tiven est impeccable. Tout est parfaitement en place. Les vocaux dominent l’instrumentation. Tramé sur une bien jolie mélodie, "Black nights, blue moon" est sculpté dans le même moule. La voix d'Ellis scintille comme un joyau dans un écrin de soul ; une voix extraordinaire que souligne Jon, de son piano électrique. Presque toutes les plages (NDR : 14 !) sont signées Jon Tiven ou Hooks/Tiven. Véritable homme orchestre, Jon joue de la guitare, du piano, de l'orgue Hammond, du saxophone, de l'harmonica et de la batterie. Sally Tiven (NDR : sa femme) de la basse, Billy Block ou Chester Thompson des percussions. Peu de changement de tempo pour "High Roller", un fragment cependant plus funky. Le R&B est souverain. Tiven extirpe de ses six cordes des phrases très bluesy. Le tempo s'envole pour "Little bitta lovin". Un R&B dynamique. Le timbre d’Ellis est ici très proche de celui de James Brown. La guitare s'évade à coups d'arpèges devant les cuivres de Tiven et de Wayne Jackson des Memphis Horns. L’ombre de Brown hante de nouveau "Show me your love". Signé Tiven/Hooks/Steve Cropper, "Was it something I said?" est un blues bien enlevé. La rythmique est chargée de groove. Cropper, le maître de Memphis, se réserve la guitare, pendant que Bobby Womack donne la réplique au téléphone. Autre ballade, "Chainsaw" est taillée sur mesure pour la puissance de feu de Hooks. Pour la circonstance, il partage le chant avec la vedette country honky tonk, Marty Brown. "Honeysukle" est un R&B très bluesy, une plage au cours de laquelle des chœurs féminins soutiennent les vocaux d’Ellis. Ballade, "You changed my life" aurait pu relever du répertoire de l'Irlandais Van Morrison. Et la fin de l’album offre encore d’excellentes surprises. A l’instar du funky "Go for it". Ellis force un peu la voix comme l'Anglais Steve Marriott pouvait si bien le faire. Lors du titre final, Ellis joue de la slide acoustique et Mason Casey se réserve l'harmonica. Un autre brûlot intitulé "Rock my stone". Nonobstant son jeune âge, Hooks fait déjà partie des grands. Non seulement il est régulièrement comparé à Wilson Pickett, mais il est parvenu à puiser la quintessence des meilleurs du blues (Don Covay, BB King), de la soul (Marvin Gaye, James Brown) ou encore du jazz (Ray Charles).