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Espers

Espers

Trio de Philadelphie composé de Greg Weeks, Meg Baird et Brooke Sietinsons, Espers s’ajoute à la liste déjà longue des ‘revivalistes’ acid folk apparus à la suite de Banhart et de sa barbe en fleur. Ou comment nous faire croire que les clochettes, la flûte et le clavecin peuvent côtoyer dans un même élan les larsens et les drones… La suite ? Tout le monde s’en fiche, parce que tout le monde est défoncé. Ben Chasny (Six Organs of Admittance) est leur pote et le nôtre, il en connaît un bout question hypnose, mantras babas et fingerpicking. « Needle of Death », chantait Bert Jansch, et on ne parle pas de Robin Williamson, le génie fou d’Incredible String Band… Bref, ce disque sent la défonce, surtout quand l’acoustique se transforme en cerbère, et qu’il lance des éclairs de ses naseaux fumants. Des types portant des masques de grenouille s’incrustent dans le salon, la BO du « Wicker Man » en fond sonore. Ils insèrent le disque d’Espers dans le tiroir hi-fi. C’est la chenille qui redémarre, le Sacré Graal en forme de pipe à eau. On n’y comprend que pouic, mais à la droite du druide qui écoute Perhacs, on aperçoit un type qui lèche la moquette. ‘Yo mec ! Espers, ça te branche ?’ Avant de s’évanouir, les locataires crient ‘Oôôhm’. L’acid folk ? Un petit buvard et hop ! C’est comme en 69.

Espers

Espers II

L’immaculée perfection folk, entre traditionalisme païen et modernité marketing. Espers surfe sur la vague ‘new weird folk’, et ses complaintes boisées sonnent comme un retour aux sources : après le déluge, la fin du monde, le 11 septembre, chacun désire revenir aux plaisirs des choses simples. A l’instar de Pentangle, de l’Incredible String Band et de Fairport Convention, les six bardes d’Espers (Philadelphie) chipotent au violon, à la harpe, aux clochettes, à la flûte (de Pan ?), au synthé, à la guitare, aux percus, au doumbek, au dholak (etc.), en espérant raviver la flamme (la flemme ?) d’une musique ancestrale, parce que sans âges. Au milieu de cet amas fumant de prog-folk composté, les diamants sont éternels : ils garnissent la couronne d’un roi ou d’une reine, sans doute morts en plein tourment médiéval. De quoi parlent ces chansons à la psyché mélancolique ? De cyclopes, de dieux et de veuves éplorées, bref de légendes acculées qui s’avèrent le miroir de nos hantises profondes. Et quand les riffs de Weeks fendent l’atmosphère de ses crachins sanguins, mieux vaut prier le Saint-Sulpice pour le salut de notre âme. On a le temps de voir venir (sept minutes par titre, en moyenne), mais restons sur nos gardes : un coup de barbe peut rendre aveugle n’importe quel blaireau qui croit encore que Devendra Banhart a inventé l’eau chaude.