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Fever Ray

Fever Ray

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Un village plongé dans une obscurité permanente. Perdu au milieu de nulle part. Des allées et ruelles désertées par l’habitant, barricadé au fond de sa demeure décrépite et affecté par un sentiment d’insécurité hyperbolique. L’air est glacial et le sol boueux. Le souffle du vent a laissé place à une longue plainte émanant de la terre et des cieux. La maîtresse des lieux, étrange et secrète créature, a abandonné sa moitié tranchante et décidé de régner seule sur ce domaine marécageux. Errant sporadiquement sur son territoire, elle envoûte et assujettit les passants malencontreusement égarés de leur route initiale. Ils oublient alors soudainement leurs origines et leur lieu de destination. Condamnés à divaguer éternellement, ils meurent de froid et de faim, rendant leur dernier souffle sous le regard assouvi de la prédatrice.

« Fever Ray » constitue le premier essai en solitaire de Karin Dreijer Andersson. Entretenue par une atmosphère inquiétante, cette œuvre est propice aux idées noires. La Suédoise prouve, en dix morceaux, sa capacité à composer des incantations dignes de The Knife, même sans son frangin. D’ailleurs, les fans qui se sont laissé ensorceler par le ténébreux « Silent Shout » devraient se régaler à l’écoute des brumeux « If I Had A Heart », « Dry And Dusty », « Coconut » ou « Keep The Streets Empty For Me ». « Fever Ray » n’a donc rien de surprenant mais prend aux tripes sans demander son reste.