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Ganashake

Flirty fishing

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Trio issu du Nord du Pays (NDR d’Erps-Kwerps, très exactement) Ganashake réunit le chanteur/guitariste Jess Jacob, le bassiste Sander Goethals et le drummer Bert Minnaert. Ce groupe flamand jeune et dynamique est né en mai 2009. Six mois plus tard, il met en boîte un Ep 5 titres. Leur style ? Une combinaison de blues, rock et funk. Pour la circonstance, le disque bénéficie de la mise en forme de Jean-Marie Aerts. En 2010, le combo multiplie les concerts et se produit notamment au R&B Festival de Peer ainsi que dans le cadre des Gentse Feesten. En juillet, il retourne en studio (NDR : ICP à Bruxelles, pour être plus précis), toujours sous la houlette de l’ex-TC Matic, et enregistre six autres compositions. Eponyme, l’album sort en octobre de la même année.

Pour concocter « Flirty fishing », le band brabançon est retourné au même endroit, mais cette fois sous la houlette de Michel Dierickx. Le second elpee est découpé en onze plages. Légèrement funk, “I’ve been waiting” ouvre l’elpee tout en douceur. Puis, survient l’étincelle. A cet instant, les cordes de Jess nous plongent dans une ivresse enchanteresse. Les changements de tempo sont légion. Solide, la section rythmique permet au leader de laisser libre cours à ses moments de délire. Ecrasantes, les quatre cordes de Sander tracent le chemin mystérieux de “Dancing dose you trust”. Tout en relief, la voix s’épanche. Patrick Riguelle participe aux chœurs sur cette plage au charme indéniable. Lors du mixing, l’ingénieur du son a ajouté des effets spéciaux, afin d’apporter davantage de nuances à l’œuvre. Changement de cap pour “Keep falling”, un blues rock dont l’impact est direct. Nerveux, le jeu rappelle le Dr Feelgood des débuts. Wilko Johnson est impliqué dans l’attaque rythmique. “Hurts & harms” démontre que Ganashake a plus d’une corde à son arc. Très contemporain, ce rock illustre une forme de recul dont le groupe est capable de manifester, en toutes circonstances. L’intervention lumineuse de Riguelle à la lap steel est lumineuse sur “Picture book”. En studio, le trio n’hésite pas à tenter des constructions complexes, à contrario de leurs prestations scéniques, plus roots. “Are you happy” baigne au sein d’un climat menaçant. Acides, gémissantes, torturées, déjantées, les cordes entretiennent l’atmosphère de cette compo au cours de laquelle la voix de Riguelle rayonne littéralement. Cette incursion dans le psychédélisme contamine également “Little back room”, un blues de l’impossible plongé dans le chaos. Mais un chaos organisé, guidé par une ligne de basse dont la puissance rythmique monte en crescendo. Retour au funk ou plus exactement au soul/rock sur “Rearrange my soul”, une piste irriguée par l’orgue Hammond de Jan Hautekiet. Mr Jacob arrache ses cordes à la manière de Rory Gallagher sur “Temporary shutdown”, une piste énergique taillée sur mesure pour la formule trio. “Stopsigns” achève l’opus. Le funk est ici teinté de jazz. A cause du piano électrique de Hautekiet dispensé à la manière de Steely Dan. Et le résultat est loin d’être déplaisant. De bonne facture, cet album nécessite une écoute attentive (NDR : renouvelée aussi) pour être apprécié à sa juste valeur. L’évolution de ce groupe est, manifestement, à suivre de très près…