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Gary Moore

Live at Bush Hall 2007

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Gary Moore est décédé dans son sommeil, en février 2011, alors qu’il séjournait en Espagne. Il avait 58 ans. Natif de Belfast, ce chanteur et surtout guitariste a marqué son époque, non pas pour sa créativité, mais parce qu’il était parvenu à assimiler la technique des meilleurs gratteurs de blues. A tel point qu’il en était devenu un guitar-hero. Après avoir fait ses premiers pas au sein du trio Skid Row, il s’illustre chez Thin Lizzy, puis participe à la deuxième expérience de Colosseum II, avant d’entamer sa carrière personnelle. Il vouait un culte à Peter Green, le fondateur de Fleetwood Mac. Il lui avait d'ailleurs racheté sa Gibson Les Paul Sunburst, une guitare à la tonalité unique. Pas étonnant qu’en 1995, il lui rende d’ailleurs un hommage, à travers "Blues for Greeny". Et l’année précédente, il avait participé à l’aventure éphémère de BBM (Bruce, Baker & Moore), une réplique du trio The Cream, Gary incarnant alors le rôle d'Eric Clapton. Un épisode au cours duquel, le combo va graver l'album "Around the next dream", chez Virgin. Parmi ses plus grands succès, on épinglera "Parisienne Walkways, sorti en 1979, et "Still got the blues", en 1991.

Cet elpee a été immortalisé le 17 mai 2007, au Bush Hall de Londres. Pour la circonstance, Gary est soutenu par Brian Downey à la batterie (NDR : ils se côtoyaient chez Thin Lizzy), Pete Rees à la basse et Vic Martin aux claviers. Et le leader n’hésite pas à arborer fièrement sa Les Paul Sunburst ! On ne peut pas dire qu’il faisait dans la dentelle, mais brillait dans sa pratique du hard rockin' blues. En outre, il était capable de nous réserver de superbes plages instrumentales, issues de sa plume. Enfin ce blues suramplifié avait séduit bon nombre d’aficionados d’un style, plus que centenaire. Et à se titre, on peut lui tirer notre chapeau.

"If the devil made whiskey" sert d’échauffement. Une attaque primaire chargée de décibels, au cours de laquelle il a déjà recours au bottleneck. Il adapte ensuite le "Thirty days" de Chuck Berry. Si la version ne manque pas d’allure, le traitement est quand même un peu trop hard pour ce classique du rock'n'roll. "Trouble at home" rend un vibrant hommage à Peter Green. Un blues dépouillé, superbement tapissé par les interventions d’orgue Hammond. Il nous réserve également quelques covers de classiques. En l’occurrence le "Eyesight to the blind" de Sonny Boy Williamson II, l’offensif "I'm tired" de Johnny Guitar Watson, le "Walking by myself" de Jimmy Rogers et une version tirée en longueur du "The blues is alright" de Milton Campbell, destinée à faire participer le public ! "I had a dream" est une chanson tendre, au cours de laquelle Gary s’applique au chant. "Gary's blues 1" sert de prétexte à un exercice de style nombriliste. Pas vraiment une bonne idée. "Don't believe a word" est probablement un ‘tribute’ au regretté chanteur de Thin Lizzy, Phil Lynott. Cette plage figurait sur l’elpee "Johnny the Fox", paru en 1976, une superbe ballade d’abord lente qui prend son envol après plus de 5'. Gary n’oublie pas d’interpréter son hit, "Still got the blues". Et en rappel, seul au bottleneck acoustique, il nous réserve l'émouvant "Sundown", une compo signée par le légendaire Son House. R.I.P. Gary!

 

Gary Moore

Live At Montreux

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La sortie de “Live At Montreux” était prévue bien avant le décès du célèbre guitariste irlandais. La plaque, également déclinée en format DVD, fait ainsi figure de premier hommage ‘commercial’ à l’ex-Thin Lizzy. Un show qui présente un Moore dans sa version hard rock et non bluesy. En témoigne, une set list axée prioritairement sur les elpees « Run For Cover », « Wild Frontier » et « After The War ».

C’est dans le cadre du célèbre Montreux Jazz festival, en juillet 2010, que ce flamboyant témoignage a été enregistré, et filmé. En ouverture, on se prend le puissant « Over The Hills And Far Away », titre qui a connu une seconde jeunesse avec la version bien ficelée de Nightwish.

Gary n’a rien perdu de ses qualités guitaristiques, et la prise de son est excellente. En revanche, sa voix n’est plus celle qu’il avait au beau milieu des années 80. Une performance qui fort heureusement s’améliore au fil des morceaux. « Military Man », « Blood of Emeralds » et « Out In The Fields », sont autant de classiques du hard eighties qui nous filent le frisson.

L’autre intérêt de ce bel ouvrage procède de trois titres inédits, et fort probablement, des dernières compos de Gary. Un titre très heavy, aux accents celtiques (« Days of Heroes »), une ballade au solo ravageur (« Where Are You Now ? ») et un bon tube rock en puissance (« Oh Wild One »). Le final, constitué d’un « Johnny Boy » joué en acoustique et d’une version longue durée du grand classique « Parisienne Walkways » est tout simplement époustouflant. Un grand moment d’émotion indispensable à tous les amateurs de ‘classic rock’.

 

Gary Moore

Back to the blues

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Et un retour de plus au blues pour Gary, un!! Agé de près d'un demi siècle, cet Irlandais a vécu sa première expérience intéressante à l'extrême fin des 60's. Au sein du trio Skid Row. Il est ensuite embrigadé chez Colosseum II et Thin Lizzy avant d'entamer une carrière personnelle, en 1979. Son adhésion au blues l'amène à sortir l'album "Still got the blues" en 1990, et "After hours", l'année suivante. Un disque pour lequel il avait bénéficié de la participation d'Albert King, de BB King et d'Albert Collins. Il commet alors "Blues Alive" en 93 et la collection "Blues & Ballads" en 94. La même année, il participe brièvement au projet BBM, autrement dit Baker, Bruce & Moore. En 95, il rend hommage à son maître à jouer et protecteur de ses débuts, Peter Green, à travers l'album "Blues for Greeny".

Les premiers instants pourraient semer le doute. Mr Moore se mettrait-il à son tour à l'acoustique? Ce n'était qu'un leurre, la diversion ne dépasse guère les trente secondes. Arrêt brusque et mise en marche immédiate de la machine à rocker le blues. Pour démarrer, "Assez du blues", autrement dit "Enough of the blues" constitue un curieux titre pour annoncer son retour!! ! Crochet par le répertoire de BB King, avec la reprise d'"Upset me baby". Il reste dans un registre semblable avec son "Cold black night". Il s'attaque à son solo à la manière d'un Peter Green 1ère époque qui revendiquait lui-même BB. Malheureusement, il tombe très vite dans ses excès en voulant en faire de trop. Quand on veut se faire trop hard, on perd immanquablement la sensibilité indispensable au blues. C'est ensuite l'exercice du slow blues, le fameux canon de T-Bone Walker, "Stormy Monday". Et c'est bien sur ces tempos nonchalants que Gary puise sa joie de jouer. Il possède un sens de la mélodie ; les phrases et soli qu'il crée alors peuvent être très beaux, mais sortent du blues. Curieusement, ses meilleures chansons sont ici de jolies ballades, lentes, sur lesquelles il peut déployer son sens profond de la mélodie. Sa sensibilité se manifeste sur ce type de répertoire. Et notamment chez "Picture of the moon" et "The prophet". La guitare sur fond d'orgue de Vic Martin, me rappelle le dialogue entre Thijs Van Leer et Jan Akkerman du groupe hollandais Focus ; et enfin, "Drowning in tears". Un petit joyau chanté très doucement. La guitare prend la tonalité métallique et réverbérée de celle de Peter Green sur l'extraordinaire instrumental "The supernatural". Solide coup d'émotion, la finale est réellement superbe. Lors de ses exercices de style dans le blues, à l'instar de la reprise se du "Looking back" de Johnny Guitar Watson, la guitare est impeccable mais son chant ne transpire vraiment pas la sensibilité que nous sommes en droit d'attendre d'un tel artiste. A chacun d'en retirer ce qu'il attend !