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Glamour Puss

Wire & wood

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Issue du New Brunswick, sur la façade atlantique, cette formation canadienne est née en 1994. Elle vient cependant de signer un contrat chez NothernBlues, le label si dynamique du pays des Grands Lacs. Ce quintette comptait déjà trois albums à son actif : "Glamour Puss Blues Band" (1997), "Blues du Jour" (1999) et "Electric & alive" (2001). Particularité : les cinq membres du groupe chantent. La majorité des compositions est signée par le claviériste Roger Cormier et le guitariste Travis Furlong.

Introduit par le saxophone de Don Rodgers et la guitare de Travis, "Kitty kitty" suinte le pur R&B funkysant. Roger Cormier chante d'une voix grave. Dès leur première sortie, les cordes de Travis démontrent déjà une valeur certaine, mais aussi l'élégance du jeu. Roger a également écrit "I don't know how to win your love" dans un même style dansant. Les cordes sont gouailleuses. Le sax de Don souligne bien le rythme. Travis se fait plus rocker sur un shuffle issu de sa plume : "Hollow man". Il chante lui aussi d'une voix assurée, puissante et un rien graveleuse. Constituée de Ron Dupuis aux drums et de Paul Boudreau à la basse, la section rythmique est parfaitement soudée. L'orgue Hammond de Roger Cormier s'autorise un solo. L'impulsion se fait plus rock encore pour "Don't you worry". Furlong semble hanté par le Cream. A cause du chant aux intonations empruntées à Jack Bruce, et des petites phrases de guitare que n'aurait pas boudées le Clapton de l'époque. Cette impression passéiste est accentuée par le jeu d'orgue de Cormier, pas éloigné d'un Jon Lord. "You're reach & I'm poor" marque un changement important et prend la direction du Sud, de la Louisiane pour être plus précis. Ici, c'est le zydeco qui s'installe. Le rythme est syncopé. Roger est passé au piano. Le saxophone se libère totalement au cœur de cette ambiance frénétique, pendant que Travis assure, de manière convaincante, sur un dobro acoustique. Les Glamour Puss se sentent bien chez eux dans les bayous. Roger a empoigné l'accordéon. Le violon et les guitares acoustiques se mêlent à la fête. "Wire & wood" est une superbe complainte acoustique très roots. Les échanges de guitares opérés entre les invités, Michael Jerome Browne et Charlie A'Court, sont réellement enthousiasmants et éclatants. Mais ces deux musiciens canadiens ne sont pas nés de la dernière pluie. Charlie n'a que 25 ans. Issu de Halifax, il jouit d'une solide réputation. Particulièrement prisé dans les milieux folk roots, Michael Jerome est un brillant multi-instrumentiste. Roger chante son "If you miss me". Un très beau blues lent, mélodique, souligné par les lignes pures de la guitare dont les notes sont dispensées avec tellement de parcimonie. Un très beau moment qui me rappelle le "I need your love so bad" de Ray Charles. La seule reprise de l'album est le "Boom boom" de John Lee Hooker. La version est bien nerveuse mais pas indispensable. On s'y attendait : "Dangereuse" est un bon blues rythmé, un blues des marais chanté en français. Le sax sort de sa coquille. La guitare travaille en réverbération contrôlée avant d'éclater dans un solo cinglant. Excellent ! "Six feet down" est un excellent boogie R&B, partagé entre sax, piano et guitares. "Million-air" est un autre blues lent, plus classique, proche d'un bon BB King. L'opus recèle deux plages instrumentales : le swing "Swingin' cin" et "Blues for Sheila", un fragment empreint d'émotion décontractée. En finale, le cajun "Mama connaît pas le zydeco" nous plonge dans la bonne humeur. Un morceau enrichi par le violon de Browne. Produit par Michael Jerome Browne, ce fort bon album ne démarre réellement qu'après les 4 premières plages. Il faut avouer que ce ne sont pas les plus excitantes.