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John Lee Hooker Jr

All odds against me

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Bluesman mythique, John Lee Hooker a eu un fils en 1954. Il lui a donné le même prénom. A cette époque, il vivait à Detroit. A 18 ans, Junior chante pour son paternel lors de l’enregistrement de “Live at Soledad Prison". Mais le fiston a vécu tous les excès d’un fils d'artiste : alcool, drogues, divorce, incarcérations, etc. Il faudra attendre le début de ce siècle pour le voir enfin reprendre une existence moins perturbée. En se décidant notamment d’entreprendre une tournée en compagnie de ses musiciens. Sa vie est bien loin d’être aussi dorée que celle de son père ; mais il fait ainsi son expérience. En 2004, il concocte son premier elpee. Un disque très autobiographique intitulé “Blues with a vengeance”. Il y reprend quelques canons de son vieux père. Ce qui lui permettra d’entrer dans les grâces de la presse spécialisée et de décrocher des nominations aux WC Handy et aux California Music awards. En 2006, il sort son second opus, “Cold as ice”, chez Telarc. Pour la circonstance, son blues est à la fois plus moderne et très personnel. Et pour cause, il patine son downhome blues originel de R&B, de jazz et de funk.

“All odds against me”, troisième opus de Junior, est découpé en 12 morceaux. Il ouvre cette œuvre par “Dear John”. Un blues au cours duquel, il récite un texte qui nous parle des difficultés rencontrées dans sa vie personnelle. Il a hérité de son père, une voix naturellement puissante. Les gènes ont manifestement parlé. La guitare de John Garcia J est très présente. Les affaires sérieuses commencent dès “Extramarital affair”. Une plage R&B, naturellement funky. La voix est autoritaire. Les cuivres apportent de l’épaisseur à l’ensemble. Naguère gratteur derrière John Lee Senior, Garcia se révèle décidément un expert aux cordes. Imprimé sur un tempo enlevé, mais sans excès, “One eye open” bénéficie d’une orchestration impeccable. Depuis le piano de Will Griffin à la guitare de Jeff Horan en passant par l’harmonica de David Barrett. Ravissant ! “I miss you so” emprunte un même rythme, mais est marqué par un retour des cuivres à l’avant-plan. Le relief et la coloration d’“I’ve got your back” relèvent plutôt du jazz. Le swing est délicat. L’ambiance cabaret. Les arrangements raffinés. La section de cuivres ‘Hot Sauce’ refait surface pour attaquer le solide R&B “Stressed out”. Au sommet de sa forme, Garcia se montre très inspiré. A la fin de sa vie, le vieux John Lee et Carlos Santana avaient collaboré à un projet de blues percussif d’excellent niveau. Junior réalise un travail assez similaire sur “There’s a struggle”, en compagnie de ses propres musiciens. Faut dire que Garcia est une fameuse pointure. John Lee chante “Old school”, une parenthèse downhome. Il est uniquement soutenu par la sèche de Jeff Horan. Cette voix est bien faite pour chanter le blues ; qu’il soit du XXIème siècle ou primitif. “Blues ain’t nothing but a pimp” est la plage la plus aboutie de l’album. Un R&B magistral tout en puissance et caractère. Des chœurs donnent la réplique à notre Hooker souverain tout au long du funk participatif “The people want a change”. D’excellente facture, cet opus s’achève par “That’be the blues”. Junior n’a pu s’empêcher d’opérer un dernier crochet via un des cabarets newyorkais, pour en humer l’atmosphère. Dans l’univers du blues, les fistons sont légion. A l’instar d’Elmore James Jr, Eddie Taylor Jr ou du rejeton de Muddy Maters, Big Bill Morganfield. John Lee Hooker Jr est cependant parvenu à se libérer du spectre de son paternel ; et cette initiative mérite d’être saluée.

Le disque recèle une séquence vidéo de “Blues ain’t nothing but a pimp”, un dessin animé, en noir et blanc, réalisé par le Français Laurent Mercier. Musicien la nuit, Junior y devient un super héros justicier le jour. Un excellent album !

John Lee Hooker

Boogie Chillen

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John Lee Hooker est au paradis des bluesmen! Il nous a quitté un jour de cet été 2001, terrassé au beau milieu de son sommeil, dans sa maison de San Francisco. Il avait 83 ans. L'un des tous derniers géants s'en est allé. Il laisse derrière lui une carrière qui s'étale sur plus d'un demi-siècle. Le hasard veut que cette collection soit sortie au même moment. Une œuvre qui se concentre sur ses 1ers enregistrements, datant de 1948 et 49. Il était né en 1917, près de Clarcksdale, dans le Mississippi. Il deviendra vite urbain ; passant par Memphis et Cincinnati avant d'aboutir à Detroit. C'est au cœur de cette cité de l'automobile qu'il a commencé à enregistrer sous la direction de Bernard Besman, un promoteur local. Ces séances de septembre 1948 produiront des titres devenus légendaires.

Le 1er 78 tours réunissait le blues classique "Sally Mae" et une composition rythmée, déjà imprimée sur ce riff hypnotique qui ne pouvait appartenir qu'à John Lee : "Boogie Chillen". Elle décrochera un n°1 des ventes, à une époque où c'était les formations de Louis Jordan ou de Charles Brown qui tenaient le haut du pavé. Ce n'était pas un mince exploit, car le Hooker était très proche du Delta. L'homme seul chante, gratte sa guitare et tape sur une planche, pour imprimer le rythme. De la même session, on retrouve également "Crawlin' King Snake" et "Hobo blues". Hooker est très demandé et il enregistre pour quiconque paie bien les séances. Il apparaît ainsi sous d'autres noms ou patronymes, tels que Birmingham Sam, Delta John ou Texas Slim. Tout le reste de la collection est issu de sessions accordées en 1949. Quelques boogies y figurent ; et notamment "Woogie boogie", "Weeping willow" et "Goin' mad blues", sur lesquels sa technique rythmique au pied est particulièrement distincte. Sur "Burnin' hell", son concitoyen Eddie Burns l'accompagne à l'harmonica. Curieusement, son inspiration s'assombrit lors de la dernière séance accordée en août 49. Et en particulier sur des titres tels que "Nightmare blues", "Devil's jump" ou "I'm gonna kill that woman". Ce n'est un secret pour personne, mais la célébrité de Hooker remonte aux années 60, lorsque le public blanc a découvert le blues. Sa réputation était devenue universelle dans les 90s, surtout après avoir gravé l'album "The Healer". Repose en paix, John Lee, tu l'as bien mérité!