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Johnny Jones & Charles Walker

In the house

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Ces deux vieux fusils de Nashville sont ici réunis pour la bonne cause du blues. Deux hommes noirs qui se connaissent depuis 1959. Johnny a longtemps été le guitariste attitré de Bobby "Blue" Bland. Il a aussi participé à de nombreuses sessions pour son concitoyen Earl Gaines. Il existe aujourd'hui un solide regain pour le blues à Nashville, alors que la Music City est surtout réputée pour la country. D'ailleurs, dans l'excellente série, "Blues Across America", du label Cannonball, Jones et Walker sont bien présents sur le volume "The Nashville Scene". Jones a déjà sorti l'album "I was raised on the blues", sur Black Magic, suite à son passage à la célèbre Blues Estafette d'Utrecht. Charles Walker a commis tout récemment "Leavin' this old town", un opus paru sur Cannonball. L'une des lumières du Nashville blues contemporain, c'est indubitablement le chanteur, guitariste, compositeur et producteur Fred James. Il est bien évidemment derrière ce projet de réunion entre Jones et Walker, organisée live en novembre 1999, lors du Lucerne Blues Festival. Notons que c'est le groupe de James qui assure ici le backing.

Jones chante les deux 1ères plages, "Can't do that" et "The drifter". La voix claire, magique, soul, pure de Charles Walker irradie le lent "Slave to love". Billy Earheart siège derrière l'orgue Hammond pendant que Jones donne une leçon d'efficacité aux cordes. Ce "Slave to love" était également le 1er titre que nos deux gars avaient interprété ensemble, voici plus de 40 ans. La sérénité de l'ensemble se retrouve sur l'instrumental "Finger lickin'". Deux titres de Charles Walker, issus de "Blues across America", sont ici repris live: "They all look better in green" et "99 000 Watts of soul power". Jones nous imprègne de son blues si personnel et tout en feeling tout au long de "Can I get an Amen". Il est difficile de succomber à une voix plutôt qu'à une autre, tant les deux chanteurs possèdent des timbres ciselés pour le blues ; mais le prix de la pureté ira sans doute à "Wigg" Walker pour son interprétation de "Storming and raining blues". Parce que son timbre y épouse à merveille la section rythmique. Sur les 3 dernières plages, Fred James et Mary-Ann Brandon viennent assurer les chœurs. Une collaboration qui devient même magique lors de la finale "Nothing a young girl can do", un R&B écrit par Don Covay. Une bonne et solide tranche de blues !