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Junior Boys

Begone Dull Care

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Jeremy Greenspan et Matt Didemus, alias Junior Boys, effectuent un retour discret, deux ans et demi après avoir concocté le sympathique « So This Is Goodbye ». Les Canadiens, véritables forces tranquilles de la pop électronique, se sont débarrassés de leur stock de Prozac et livrent un « Begone Dull Care » plus éveillé que leurs essais précédents. Sans pour autant surpasser l’excellent « Last Exit » (2004). Conçu entre l’Allemagne et les USA par une méthode d’échange online entre les deux musiciens, ce troisième essai pourrait marquer l’envol de la formation. Les influences 80’s demeurent le point fort des Junior Boys qui en usent brillamment sur les potentiels singles « Bits & Pieces », « Hazel » ou « Parralel Lines ».

Ici, la voix limpide de Greenspan, toujours aux limites du R’n’B, se marie parfaitement au néoromantisme des mélodies de Didemus. Ce qui n’était pas toujours le cas sur « So This Is Goodbye ». Seule ombre au le tableau, le duo se perd parfois dans des bidouillages grotesques et pas vraiment recherchés (l’affreux « Dull To Pause »). Les hypnotiques « Work » et « What It’s For » relèvent de justesse cette faute de goût. « Begone Dull Care » ou « Caprice en couleurs », en VF sur la pochette, ne font pas forcément d’étincelles ; mais devraient rallier davantage de mélomanes à la cause des ‘garçons de première’.

Junior Boys

Les garçons de première classe

Écrit par

Troisième recueil, troisième passage au Botanique. Le chiffre ‘3’ sied parfaitement aux Canadiens de Junior Boys qui, pour la tournée de promo de « Begone Dull Care » se paient les services d’un troisième membre délégué aux grosses caisses. Un concours qui a apporté un relief inédit au set accordé part le duo, ce 4 juin, à la Rotonde du Botanique

Circlesquare se produisait en première partie de ses compatriotes. Riche d’un excellent troisième ouvrage, positivement accueilli par la presse et les bloggeurs de la planète, la formation menée par Jeremy Shaw a accordé une prestation à la fois froide et envoûtante. Dans la pénombre, Shaw interprète timidement les morceaux de son « Songs About Dancing And Drugs » devant une salle se remplissant au compte-goutte. Ce qui n’aura en rien empêché l’énorme « All Live But The Ending » de faire vibrer l’assistance déjà présente.

Originaire d’Ontario, Jeremy Greenspan et Matt Didemus sont considérés par la presse spécialisée comme les Hall & Oates du XXIème siècle (NDR : Jérémy jouant probablement le rôle de Hall et Matt Didemus, celui d’Oates. Fondé en 1999, le duo a choisi pour patronyme Junior Boys. Il vient présenter « Begone Dull Care », peut-être bien leur meilleur ouvrage à ce jour, sur les planches de la Rotonde du Botanique. Et s’installent à chaque extrémité du podium pendant que Dave Foster, le drummer de tournée, se plante au fond de la scène. Le trio se concentre immédiatement sur ses instruments et démarre son set par deux extraits de leur dernier bébé, « Hazel » et « Parallel Lines ». Le public est plutôt réceptif à la pop synthétique des ‘garçons de première’. S’ensuivent des extraits des deux premiers travaux (« Double Shadow », « Birthday », « The Equalizer ») rivalisant d’énergie et clairement bonifiés dans leur mouture ‘live’. Leur musique est impeccable, mélodique, et bénéficie, vu le concours du batteur, d’un groove particulièrement solide ; mais en même temps susceptible de s’infiltrer insidieusement dans l’esprit et le corps. Jérémy possède une superbe voix de crooner, dans la tradition des vocalistes de r&b. Et puis, Matt, préposé aux claviers, se charge des vibrations électro, souvent inspirées par les 80’s (NDR : pensez à OMD et Ultravox)

En guise de rappel, les Canadiens proposent au public belge un « FM » très rarement repris dans leurs setlists et porteront le coup de grâce sur un énorme et méconnaissable « Under The Sun », toutes guitares en avant. Après un set pareil, le prochain passage des Junior Boys mériterait bien une Orangerie à guichets fermés !

Organisation Botanique

Junior Boys

So This Is Goodbye

Écrit par

Chronique d’un sentimentalisme retrouvé. Les eighties décidemment bien ancrées dans leurs têtes, les Junior Boys viennent d’enfanter un parfait successeur à « Last Exit » (2004). Douce vague de nostalgie, « So This Is Goodbye » esquisse les contours d’un romantisme perdu, d’une sensibilité masculine qui, début 90, a commencé à se fondre dans le décor au profit d’un machisme de bon aloi. Dans le monde de Junior Boys, les hommes affichent leur côté fleur bleue et ne se cachent plus pour pleurer. Qui plus est, dignement. Ils n’hésitent pas à se lancer dans les déclarations amoureuses les plus émouvantes (« Like A Child », « First Time ») ou rompre en poésie, effaçant ainsi toute trace d’amertume (« So This Is Goodbye »). Porté par de superbes mélodies indietroniques, le second essai de Junior Boys esquisse les traits d’un Depeche Mode minimaliste, préservé des contraintes commerciales (« When No One Cares » et surtout « Count Souvenirs »). Bien qu’il n’atteigne pas la quasi-perfection de « Last Exit » (en cause, l’absence de compos dignes de « Bellona » ou « Under The Sun »), le duo délivre une galette d’indietronica tout simplement exquise. Un peu de douceur dans ce monde de brutes…