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Lola Colt

Twist through the fire

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« Twist through the fire » constitue le second opus de Lola Colt, une formation londonienne, au sein de laquelle milite une Suédoise. Au chant. En l’occurrence Gun Overbye. Dont la voix campe un hybride entre Grace Slick et Siouxsie Sioux. La musique de ce sextuor mêle pop, rock, psychédélisme (tout particulièrement celui pratiqué sur la West Coast, fin des 60’s, début des 70’s ; pensez à Jefferson Airplane), post punk (Siouxsie & the Banshee, of course), le garage noir (Nick Cave & The Bad Seeds, Gallon Drunk) et la bande sonore cinématographique pour western (Ennio Morricone, tout particulièrement). Le deuxième elpee du band recèle également des traces de musique traditionnelle hébraïque, mais aussi nord-africaine. Et si le résultat est toujours aussi sombre, il est surtout brillant.

Le groove peut se révéler mordant (le single « Gold »), les cordes de guitares sont souvent chatoyantes, évoquant tantôt John McGeoch (le mélodramatique Dead Moon Jeaporady ») ou Jesus & Mary Chain (le noisy « At war »). Discrètes mais efficaces, les interventions d’orgue empruntent autant à Manzarek (lorsqu’elles sont rognées), Nick Mason (époque « More »), David Balfe (Teardrop Explodes) qu’à Vincent Crane (Atomic Rooster). Et parfois même aux 80’s (Kraftwerk ?) Aucun point faible sur ce long playing, mais deux plages centrales. Tout d’abord le titre maître. 9’, quand même ! Une compo hypnotique, envoûtante, reptilienne, découpée en deux volets. Un peu comme si d’une flamme tremblante, le feu finissait par devenir rouge de colère. Le tout sur un tempo ‘motorik’. Puis « Moonlight mixing ». D’une durée de 7’, il est également construit en crescendo, parvenant à fusionner West Coast et folk israélien. Et se consumant lentement, le final « Kilimanjaro » (NDR : c’est également le titre du tout premier elpee de Teardrop Explodes, auquel Lola Colt semble également se référer) souffle une forme de psychédélisme exotique, mêlant cordes acoustiques et électriques, permettant à la voix de Gun de nager comme une sirène vengeresse, avant d’atteindre le but ultime. Une voix pourtant éthérée, un peu à la manière de Natasha Atlas, tout au long de l’ondulatoire « Moshko medecine ». Un must !

Lola Colt

Apprendre du passé, regarder vers le futur et le vivre aujourd’hui…

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Lola Colt, c’est le titre d’un film spaghetti datant de 1967, réalisé par Siro Marcellini. Un long métrage qui cumule les clichés du genre. C’est également le patronyme choisi par une formation insulaire au sein de laquelle milite une Danoise, Gun Overbye. Au chant et circonstanciellement à la guitare. Et une Berlinoise, Sinah Blohberger. Qui se consacre à la basse. Elle n’a pas participé aux sessions d’enregistrement de l’album ‘Away from the water’. C’est Tatia Starkey, la petite fille de Ringo Starr, qui s’y était collée (NDR : scoop !) Et votre serviteur ne s’en est rendu compte qu’en préparant cet article. Donc, il n’y aura pas de question sur ce sujet. Et c’est justement Sinal –peu loquace, il est vrai– et Matthew Loft, le guitariste soliste, qui ont accepté de répondre à nos questions, avant d’accorder leur set, ce 17 mars, au Botanique…

La musique de Lola Colt constituerait une bande sonore pour films imaginaires. Ce qui expliquerait donc le climat angoissant, obsessionnel, menaçant, au sein duquel baigne l’opus. On pense parfois aux B.O. d’Ennio Morricone composées pour les westerns de Sergio Leone, mais aussi à celle que les Doors avaient réalisée pour le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, ‘Apocalypse now’. Surtout sur le titre maître, dont l’atmosphère évoque le fameux ‘The end’. Matt réagit : « Les journalistes n’ont pas nécessairement le même rapport historique et les mêmes influences que nous, pour écrire une chanson. Donc ils perçoivent différemment notre musique. Et à travers toutes les interviews accordées, on nous a déjà cité un bel éventail de références. Et ça, c’est fascinant… Nous sommes tout à fait conscients de la tension que nous injectons dans nos compos. Elle ne sont ni allègres ni ‘dance’. Mais bien intentionnellement agressives. Et lorsqu’on relâche cette tension, on profite d’un grand moment… »

La première fois que j’ai entendu un morceau de Lola Colt, la voix de Gun m’a immédiatement fait penser à celle de Grace Slick (Jefferson Airplane) ; encore que sous sa forme la plus déclamatoire et emphatique, c’est plutôt Patti Smith qu’elle évoque. Sinal nuance : « Vous savez, je ne pense pas que ce soit conscient. Elle chante du plus profond de son cœur. On l’a déjà comparée à celle de Siouxsie Sioux ou encore PJ Harvey. Non, elle a sa propre voix. En même temps, c’est un compliment. » Parmi les sources d’inspiration majeures citées par les musicos du band figurent Jefferson Airplane, Jesus & Mary Chain (et surtout l’album ‘Psychocandy’), The Doors, les Bad Seeds, les Cramps ainsi que le Velvet Underground ; mais de quelle formation contemporaine se sentent-ils les plus proches ? la réponse de Matt fuse : « Warpaint ! » Je leur signale que le combo s’était produit l’avant-veille au Cirque Royal de Bruxelles. Ils semblent agréablement surpris. Matt embraie : « Bien que leur musique soit différente, on respecte ce que ces filles réalisent. Leur univers sonore est unique en son genre et très intéressant… »

Les textes des chansons de Lola Colt sont poétiques, sombres, mélancoliques, métaphoriques et même ésotériques. Ils parlent souvent de la mort et de l’amour perdu. Mais qu’est-ce qui peut bien les pousser à écrire des lyrics aussi ténébreux et désabusés ? Matt clarifie : « Je pense que dans la vie, il y a des événement qui vous marquent profondément ; mais tout dépend de la personne que vous êtes. Chez certains, cette réaction va se transformer en art, et notamment la musique. Pour d’autres elle prendra une autre forme. Si les paroles sont torturées, ce n’est pas parce que Gun est déprimée, mais parce qu’elle interprète les événements, et ce qu’elle ressent est tourmenté. Je pense qu’elle les exprime aussi de manière ironique, oblique. Ce n’est pas du blues, mais elle utilise souvent la métaphore… »

Jim Salvunos, le drummer des Bad Seeds, s’est chargé de la mise en forme de l’elpee, mais il a également coopéré aux parties instrumentales. Matt raconte : « Il est toujours actif comme musicien. Donc, on parle le même langage musical. Et sous cet angle son approche des sessions d’enregistrement a facilité le travail et a permis à note collaboration d’être efficace. Les groupes doivent apprendre à communiquer avec leur producteur, car si on reste trop longtemps sur la même page, on ne peut pas commencer à bosser… Il a joué du carillon (tubullar bells) et des cymbales. Un peu de percus. Il est plus facile de travailler en compagnie d’un musicien/producteur que d’un simple producteur…»

Mais comment Lola Colt envisage-t-il l’évolution de sa musique ? Dans certains articles de la presse spécialisée britannique, le recours aux orchestrations, comme chez Godspeed You ! Black Emperor, Broken Social Scene ou encore Arcade Fire, figurerait parmi leurs projets. Matt s’étonne : « Vraiment ? C’est une formule qui est dans l’air du temps. Mais en prenant de l’amplitude, on perd également de la force. Dans le passé, certains ont réussi le challenge. D’autres se sont plantés. Nous avons déjà tenté l’expérience. Mais on en a conclu qu’il serait plus judicieux de garder notre configuration actuelle, plutôt que d’élargir le line up. On va bien sûr chercher à innover, plutôt que d’en remettre plusieurs couches. Pour en revenir aux formations que tu cites, on apprécie leur musique. Arcade Fire est un grand groupe. Les orchestrations et les arrangements sont très riches et minutieux. Tandis que chez Godspeed, leur approche est plus noisy, plus sonique. C’est un paysage sonore. Et même si on n’a pas d’influence directe, on a pas mal de choses en commun. »

Alors, chez Lola Colt, y a-t-il davantage de yin (le noir, le féminin, la lune, le sombre, le froid) ou de yang (le blanc, le masculin, le soleil, la clarté, la chaleur) ? Sinah a son explication : « C’est un parfait équilibre. Dans le line up, il y a trois garçons et trois filles. Une formule plutôt rare. Dans la plupart des autres groupes, elle est très souvent déséquilibrée. Le plus souvent, elle implique davantage de mecs que de filles. Certains considèrent que s’il y a plus d’hommes, la musique sera plus agressive. Et si c’est au féminin, elle sera plus pop. C’est à prouver ! Mais lorsque la répartition est égale, la dynamique est meilleure. Mais finalement, cette situation est arrivée par hasard… »

Apparemment, le groupe utilise des ‘liquid lights’ pendant ses spectacles (NDR : pas trop remarqués ce soir, probablement à cause de la configuration du Witloof Bar). Ce type de jeux de lumières était utilisé, fin des 60’s par le Pink Floyd. Matt confirme : « Nous y sommes très intéressés, et notre système s’inspire de celui utilisé à l’origine. Soit ceux des années 60, aux States. Avant qu’il ne débarque en Angleterre. Nous souhaitions ajouter à l’expression audio, un effet visuel. Donc proposer 2 spectacles, en même temps. Je suppose qu’à l’époque, la consommation de LSD était courante. Et ces expériences étaient destinées à faire exploser les frontières de la conscience. Nous on cherche à se rapprocher de cette expérience, mais sans avoir recours aux psychotropes. Effectivement ces shows liquides sont inspirés par les sixties et même les seventies. Mais on projette la matière en se servant d’ordinateurs portables pour nos light shows… »

Les musiciens seraient passionnés par l’incertitude du futur. Ce qui méritait des éclaircissements. Matt s’en charge : « En fait cette déclaration est à mettre en relation avec le peu de relation que nous avons avec notre passé. Mais on essaie de le mettre en corrélation avec notre futur. Nous avons donc décidé d’explorer plusieurs décennies afin d’y puiser des éléments qui puissent nous permettre de progresser dans le futur. » Serait-ce la raison pour laquelle, le groupe essaie de créer de la musique intemporelle ? Et quelle est leur définition de la musique intemporelle ? Matt commente : « Je pense qu’il s’agit d’une musique qui n’appartient à aucune époque particulière. Qui vient davantage du cœur ou d’une vison qui ne concède aucune référence à une tendance ou une mode spécifique. Celle qui vient de votre for intérieur et que vous transmettez. Et qui n’est pas nécessairement liée au temps… » Apprendre du passé, regarder vers le futur et le vivre aujourd’hui serait donc la devise de Lola Colt… Pour Sinah, c’est toute la synthèse de ce qu’ils viennent de raconter au cours de cet entretien…

(Merci à Vincent Devos)

 

  

Lola Colt

Away from the water

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Ce qui frappe d’abord sur cet album, c’est la voix de Gun Overbye. Une Danoise qui vit à Londres depuis quelques années. Une voix emphatique qui fait immédiatement penser à celle de Grace Slick, la chanteuse du mythique Jefferson Airplane. Parfois, sous son aspect le plus déclamatoire, elle peut également évoquer Patti Smith (« I get high if you get high »). Cependant, Lola Colt, ce n’est pas seulement une voix, mais également une formation réunissant d’excellents musicos, qui propose tout au long de ce premier elpee, « Away from the water », une musique psychédélique, ténébreuse, cinématique (NDR : le patronyme du band s’inspire d’un film spaghetti datant des sixties) et particulièrement envoûtante. 

Les références à la fin des sixties sont palpables, mais elles sont tellement bien remises au goût du jour, qu’elles rendent le cocktail sonore aussi riche qu’excitant. Outre l’Airplane, les plus marquantes nous renvoient manifestement au Floyd (« Echoes », « More »), mais aussi aux Doors. Il y en a d’autres, mais je vous laisse le soin de les découvrir. Au sein du combo militent trois gratteurs. Donc, il y a pas mal d’électricité dans l’air. Tour à tour déchiquetée, surf, cosmique, fiévreuse, discordante, grésillante, gémissante, chatoyante, chargée de feedback, tintinambulante (l’épatant « Vacant hearts ») et j’en passe. Tribaux, les drums sont régulièrement enrichis de percus reptiliennes, à la limite venimeuses (maracas, crécelles). Mais également martiales ou frénétiques (tambour). Un climat accentué par la ligne de basse cotonneuse. Et circonstanciellement, un filet de clavier vintage vient rafraîchir le tout. Mais le plus intéressant procède de cette forme de transe qui s’installe au fil de l’opus, une atmosphère au sein de laquelle on finit par s’abandonner lors du titre final (8’ quand même), « Away from the water », morceau maître de l’oeuvre, il faut le rappeler. Un album remarquable réalisé par un groupe dont on devrait parler encore, dans les prochaines semaines, voire les prochains mois… et en bien…

 

Lola Colt

Un trip cosmique et extatique…

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Lola Colt est un groupe londonien partagé entre 3 filles et trois mecs ? Un sextuor qui a publié son premier album, en 2014. Intitulé « Away from the water », il a reçu d’excellentes critiques en Grande-Bretagne, mais n’a guère suscité d’intérêt sur le Vieux Continent. Curieux quand même qu’en 2015, il suffit qu’un groupe injecte un zeste d’électro dans sa solution sonore, pour voir toute la presse conventionnelle et même soi-disant alternative s’extasier. Alors que lorsqu’un artiste ou un groupe a du potentiel ou est authentique, curieusement il est snobé. Parce qu’il n’est pas dans l’air du temps. Bref, on ne refera pas le monde, mais ce manque d’esprit critique commence à m’inquiéter. Ou alors, certains journalistes ont peut-être capitulé, face au pouvoir de l’industrie musicale... Mais revenons à nos moutons ; c’est-à-dire le concert que Lola Colt accordait ce mardi 17 mars au Witloof Bar du Botanique.

On dénombre une centaine de personnes dans le sous-sol, pour accueillir le combo. Si l’acoustique est excellente, il faut reconnaître que la vision n’est pas idéale. Et ce n’est pas Béber, un de mes collaborateurs, qui me contredira…

Bref, à 20h20, Lola Colt monte sur le podium. Martin P Scott, le drummer est bien installé à l’arrière-plan. Son kit de batterie comprend une grosse caisse située à sa droite, à mi-hauteur. Régulièrement, il remplace un de ses sticks par une maraca pour frapper les peaux de ses fûts. Ce qui donne une caisse de résonance particulièrement profonde à son drumming. Gun Overbye a enfilé une sorte de poncho à rayures obliques sur lesquelles sont imprimés des fleurs. Ce qui communique un effet psychédélique assez étonnant lorsque le light show, créant des zébrures, se met à tournoyer en spirale, autour d’elle.

Le concert s’ouvre par une de leurs premières compos, « Boom boom blasphemy », un titre aux sonorités sixties. Kitty s’est emparée du tambour et le martèle sauvagement et en cadence, tout en remuant le corps sensuellement et par mouvement syncopés. Un véritable top model, à la coupe de cheveux singulière. Des cheveux de couleur jais, qui lui cachent le plus souvent la moitié de son beau visage. Elle se charge des claviers et notamment d’un orgue à soufflets. Mais aussi parfois du tambourin, des maracas et des backing vocals. La troisième fille se consacre à la basse. Il s’agit de Sinah Blohberger. Les deux autres grattes sont assumées par James Hurst, dont la pilosité est digne des Magic Numbers et Matt Loft, barbe bien taillée, vêtu de noir, le look mexicano.

La voix de Gun est puissante et rappelle immédiatement celle de Grace Slick. Les musicos sont parfaitement dans leur trip. Peu loquace, Overby a pourtant un fameux charisme, il faut le reconnaître. Sa six cordes scintille de mille feux. Matt s’y révèle aussi sobre qu’efficace. Il se consacre au shahi baaja (NDR : un instrument à cordes pincées indien de la famille des cithares) sur « Moonlight ». Gun a opté pour la sèche lorsque le band attaque « Time to burn ». Après l’indolent et lancinant « White lane », on a droit au superbe « Vacant hearts », caractérisé par ses sonorités de guitare tintinambulantes. « Heartbreaker » baigne au sein d’un climat énigmatique, ‘doorsien’. C’est à partir de « Diamonds » que le climat va devenir transique. Gun a récupéré le tambour et imprime un rythme hypnotique. « Jaguar » clôt le set. Le morceau débute en douceur. James à la crécelle et Gun à la maraca produisent des bruitages rappelant la cascabelle du serpent à sonnettes. Puis, évoluant sur un tempo tribal, la compo va s’enfoncer dans un long développement psychédélique structuré. Les trois guitares libèrent tout leur feedback. Le son est à la limite de la saturation, mais le climat est particulièrement envoûtant et plonge l’auditoire dans un trip cosmique et extatique. Ovation !

Et finalement, alors qu’il n’était pas prévu, le band va nous accorder un rappel dans le style du dernier titre. Soit « Away from the water », le morceau maître de l’opus. Près de 20 minutes de délire et de délice psyché. Acclamations nourries et remerciements des musicos. Ils ne reviendront plus. Mais franchement, on espère les revoir bientôt dans une salle plus adaptée. Notamment pour pouvoir bénéficier de toutes les facettes de leur light show, décrit par la presse insulaire, comme un paradis kaléidoscopique, mais ce soir réduit à sa plus simple expression. Car sous son aspect simplement musical, Lola Colt pourrait devenir énorme. C’est votre serviteur qui l’affirme. On en reparlera…

(Organisation : Botanique)

Set list

Boom Boom Blasphemy
Rings Of Ghosts
Highway
Moonlight
Time To Burn
I Get High if You Get High
White Horse
Vacant Hearts
Heartbreaker
Diamonds
Jaguar

Rappel

Away from the water

(Organisation Botanique)