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Los Lobos

Kiko Live (Cd + Dvd)

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Dans l’univers roots/rock de Los Angeles, Los Lobos est une véritable institution. Il faut dire que cette bande de chicanos est née en 1973 et que leur plus grand succès international, "La Bamba", date déjà d'un quart de siècle. Oui, oui, c’était en 1987 ! Leur dernier elpee est paru en 2010. Quant à l’opus qui leur a valu la reconnaissance, il s’agit de "Kiko", publié en 1992.

Pour célébrer le 15ème anniversaire de la sortie de ce "Kiko", Los Lobos souhaitait enregistrer les 16 plages de cet opus, dans l’ordre du tracklisting, au House Of Blues de San Diego. En live. Le concert se déroulera en février 2006. Un challenge pas vraiment facile, une bonne partie des titres n'avait jamais été jouée en public et pas mal d'autres ne figuraient plus au répertoire actuel ! Six ans plus tard, le résultat de cette expérience vient de paraître, sous la forme d’un Cd et d’un Dvd. Et comme très souvent, le disque vidéo est bien plus complet!

Nous retrouvons sur les planches David Hidalgo, Cesar Rosas, Louie Perez, Steve Berlin et Conrad Lozano, soutenus par le batteur Cougar Estrada. Le démarrage est plutôt froid, réservé. Hidalgo chante "Dream in blue". Les trois guitaristes sont disposés en front de scène. La température grimpe de plusieurs degrés dès "Wake up Dolores", un blues à la Lobos. David est toujours aux vocaux et double à la guitare solo. Steve Berlin se démène aux claviers et au saxophone. A l’origine, "Angels with dirty faces" était une démo de brève durée. Elle est devenue une épopée d'envergure, marquée par la guitare acide et aventureuse d'Hidalgo! Tout en swing, "That train don't stop here" est une piste bien rythmée. Rosas la chante de son timbre plus écorché. Cesar, le gaucher, et David, le droitier, engagent une lutte à coups de soli. Les chapelets de notes échangées sont le reflet de leurs émotions reflétées à cet instant! La plage vire à la jam. Bien nerveuse, elle s’achève par un envol de Berlin au sax baryton. La pièce maîtresse, c'est "Kiko and the Lavander moon", un morceau caractérisé par les interventions à l'accordéon de David. Changement de registre chez "Saint behind the glass". Nous pénétrons dans l’univers de la musique latino. Louie se réserve les vocaux sur ce titre sculpté dans l’instrumentation acoustique : guitares, ukulélé, et même une harpe. Un solide riff conjuguant guitare et saxophone cimente "Revas's house". Hidalgo se sert d’un bottleneck tout au long d’"Arizona skies", un instrumental qui réverbère des accents de l’Ouest américain. "Short side of nothing" est rock percutant. Tramé sur un riff hypnotique, "Wicked rain" surprend par l’envolée de cordes déjantées prodiguée par Rosas. La face la plus blues du set est concentrée sur "Just a man" et "Peace" ; Hidalgo s’y révèle comme le leader de la meute. "Kiko" s’achève par "Rio de Tenampa". Enrichie par les cuivres, bois et percussions de Los Cenzontles, cette compo nous replonge dans le quartier Est de L.A., dont est issu Los Lobos…

Seul le Dvd épingle les trois titres interprétés en rappel. Des morceaux très chicanos dont la version traditionnelle et acoustique de "La Bamba".

 

Los Lobos

The town and the city

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Les Chicanos de l'est de Los Angeles sont de retour ! Fondée en 1973, cette formation pratique depuis toujours un cocktail de rock, de blues et de jazz ; une sorte de roots qui respecte les racines et traditions latines puisées dans leur héritage mexicain. Le groupe est invariablement drivé par les guitaristes/chanteurs David Hidalgo et César Rosas. Ils sont soutenus par Louie Perez, Conrad Lozano et le très anglais Steve Berlin aux claviers, au saxophone et à la flûte. Leur dernier véritable album studio, "The ride", était paru en 2004. Ce qui ne veut pas dire que le combo s’était tourné les pouces. D’ailleurs, il avait aligné depuis un Dvd ("Live at the Fillmore"), un opus acoustique et traditionnel ("Acoustic En Vico") et une compile ("Wolf tracks", paru début de cette année).

"The Valley" ouvre le disque. Les cordes sont torturées, mais les voix chantent dans la quiétude d’une verte vallée à la nuit bleue. Elles imaginent l'espoir de vivre libre et heureux sur une terre promise. Les guitares semblent lutter contre le charme désuet manifesté par la compo. Un conflit perpétuel. Un peu comme si c’était une invitation permanente au voyage difficile. "Hold on" est imprimé sur un tempo modéré. Dave Hidalgo murmure ce chant bluesy au cœur d’un univers cadencé par le flux et le reflux de sonorités étranges, de bruitages synthétiques épars, destinés à accentuer ce sentiment d’inquiétude et d'émoi. Sentiment qui transparaît dans la voix. Elle invite à tenir bon, à vivre, voire à survivre! Le rythme s'accélère pour emprunter "The road to Gila Bend". Cette route mène au désert de l'Arizona. Elle est difficile. A l’instar du monde étrange et ingrat au sein duquel nous plonge Los Lobos. Les cordes de guitares sont tranchantes, écorchées. La rythmique puissante. "Chuco's Cumbia" pend la direction plein Sud pour célébrer une première fois les traditions mexicaines. Cordes et percussions croisent le saxophone de Berlin. Des chants traditionnels qui réapparaissent sur "Luna". Le cœur chargé de tristesse et empreint d’émotion, Dave chante "If you were only here tonight". La solitude d’une nuit sans fin. Solide shuffle, "Two dogs and a bone" mélange vigoureusement rock et blues, dans un style, ma foi, fort classique chez les Lobos. "Little things" affiche une grande richesse mélodique. Une ballade tendre soulignée par l'orgue de Berlin. Le chant est empreint de tristesse, de cette tristesse qui accable les immigrés dans le grand pays où les différences sont si marquées. "The city" invite à sortir dans la ville. Une nouvelle fois le théâtre de sentiments divers est bien mis en évidence par les changements de rythme : depuis le timide Bo Diddley beat aux climats étranges synthétisés par les claviers. Tout est d'une évidente complexité dans la tête de ces immigrés du sud. Ces questions sans réponses inspirent encore "Don't ask why", un blues contemporain qui reflète le mal de vivre. Aucun instrument n'exprime le moindre sentiment de joie. Paradoxalement, la musique rayonne, nonobstant l’atmosphère lugubre et blafarde. Chanté dans la langue de Cervantès, "No puedo mas" (NDR : vous l’auriez deviné !) adopte un rythme contaminé à la fois par les influences latines et caraïbes. Une plage bien électrique rappelant la quintessence de Santana. Mais abordée dans l’esprit de Los Lobos. Probablement la plage au sein de laquelle les guitares sont les mieux mises en évidence. Parfumé d’exotisme, "Free up" est imprimé sur un rythme hypnotique. Une supplique formulée sur un funk léger. "The town" conclut cet opus. Derechef très riche musicalement, cette chanson épanche une mélancolie inconsolable, le regard rivé sur la ville de l'enfance. Le traitement nonchalant de cordes est un véritable moment de magie. Cet excellent album est digne des œuvre intemporelles "Colossal head" et "Kiko" ; en outre, il rappelle le projet des Latin Playboys monté naguère par Perez et Hidalgo, un projet au cours duquel ils étaient alors déjà parvenus à faire cohabiter racines et avant-garde…