Inconsciemment, The XX a tracé le chemin pour de nombreuses formations. Encore que parfois on se demande si ce n’est pas l’œuvre des Young Marble Giants qui est à l’origine de ce mouvement. Bref, cette identité sonore froide, épurée, minimaliste et mélancolique on la retrouve, par exemple chez Love Inks, une formation américaine qui évolue bien dans la lignée du fantastique groupe insulaire.
Originaire d’Austin, Love Inks est un trio réunissant le couple Sherry LeBlanc (voix) et Kevin Dehan (basse) ainsi que leur ami guitariste Adam Linnell. « E.S.P. » (= ‘Emotion Simple Pop’), premier album du band, est découpé en 10 plages. Il règne, tout au long de cette œuvre, un climat langoureux, romantique. On comprend ainsi mieux le choix de leur patronyme ; surtout quand on sait le ‘Love Ink’ est une tradition quasi ‘magique’ qui consiste à écrire de nouvelles lettres d’amour en se servant de l’encre fabriquée par les restes brûlés d’anciennes lettres d’amour...
Comme chez The XX, la basse est bien mise en avant. Les beats électro sont imprimés par une boite à rythmes. Les accords de guitare légers, les interventions de claviers à coloration 80’s. La voix de Sherry est particulièrement sensuelle. Parmi les pistes incontournables, j’épinglerai l’imparable et classieux « Skeleton Keys », la reprise lascive du « Rock On » de David Essex ainsi que le (presque) joyeux « Blackeye » (‘You’ve got black eye on your eye/ Tell me was it from a fight, baby?/ Did it happen last night?’), paru en single. Un regret, la brièveté de ce long playing : 30 minutes. Bien sûr, E.S.P. ne joue pas encore dans la cour des inégalables XX, mais il s’en rapproche ; et puis sa musique devrait conquérir les cœurs d’une grande majorité des romantiques contemporains…
En concert, au Botanique, le 20 septembre.