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Lynwood Slim

Brazilian kicks

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Une petite question : dans quel pays le blues est-il le plus populaire aujourd’hui ? Réponse étonnante : au Brésil ! Et la formation locale la plus talentueuse qui sévit au pays des cariocas est certainement celle d’Igor Prado. Un band drivé par Igor, bien entendu, et dont le line up est complété par son frère Yuri à la batterie, Rodrigo Mantovani à la basse et Denilson Martins aux saxophones.

De son véritable nom Richard Dennis Duran, Lynwood Slim, est d’origine californienne. Chanteur, compositeur, harmoniciste et flutiste, ce bluesman d’origine excelle dans le style west coast jump, c’est-à-dire la musique des années 40 et 50. Son dernier album, "Last call", était paru en 2006, également chez Delta Groove. Leur rencontre s’est déroulée au sein d’un studio de Sao Paulo.

Le “Shake it baby” de Jr Wells et Buddy Guy ouvre l’elpee. Un rhythm & blues très dansant. La voix caractéristique de Slim s’impose déjà. Quoique bien présente, la guitare d’Igor Prado est encore sur la réserve. Slim achève le morceau à l’aide de sa flûte traversière. Le "Is it true" de Dave Bartholomew est un west coast shuffle de toute bonne facture. Igor nous éclabousse de ses notes éclatantes, face à la section rythmique responsable du swing de circonstance, pendant qu’un autre Brésilien, Donny Nichilo, nous régale de ses caresses sur les 88 touches en ivoire. Ce swing est omniprésent tout au long du "Bloodshot eyes" de Wynonie Harris. Oscillant entre jive et jazz, cette plage est dynamisée par un saxophone ténor percutant. Le jazz monte encore en puissance lors du récréatif "My hat’s on the side of my head". Igor  gratte ses cordes en accords, dans un style proche du manouche, cédant cependant rapidement le relais au saxophone et au piano. Instrumental nerveux "Blue bop" est un titre judicieux. Igor s’y révèle éblouissant, digne de maîtres comme Charlie Christian ou Wes Montgomery. Et le saxophoniste n’est pas en reste ; il le suit même à la trace. Lynwood Slim démontre tout son talent à l’harmo sur le "Little girl" de Little Walter. Un blues simple, dépouillé et surtout superbe ! Bien rythmée, dansante, "I sat and cried" est une plage savoureuse au cours de laquelle tous les instruments bien en place. Blues lent, "Maybe someday" est propice à l’étreinte. Une compo idéale pour permettre aux couples de s’enlacer, en fin de soirée. Slim persiste dans le blues lors d’un "Show me the way" qui baigne au sein d’un climat nonchalant, presque paresseux, abordé dans l’esprit d’un classique de Jimmy Reed, mais dont le tempo a été ralenti. Autre instrumental, "Bill’s change" confirme la versatilité des musiciens. Signé CL Frazier, "The comeback" trempe dans un jazz réminiscent de Roomful of Blues. Blues aux accents exotiques, "The way you do" est une autre perle. Le chant et l’instrumentation s’y révèlent absolument remarquables. Et la finale est encore instrumentale. En écoutant ce "Going to Mona Lisa’s", on croirait entendre Little Walter flanqué des Aces, lorsqu’il était au sommet de son art. Une œuvre de toute bonne facture. Et dire que tous ces musiciens brésiliens n’ont pas encore trente ans…

 

Lynwood Slim

Last Call

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De son véritable nom Richard Duran, Lynwood Slim est aujourd’hui âgé de 53 ans. Lors de sa tendre jeunesse, il tombe sous le charme du blues et se met à jouer de la trompette et de l'harmonica. Au cours des années 70, il quitte la West Coast et débarque à Minneapolis. Dès son arrivée, il est appelé à remplacer, au sein d’un groupe local, un certain Kim Wilson parti à Austin, dans le Texas, pour fonder le Fabulous Thunderbirds. En 1984, il commet "Soul feet", un elpee qui sera réédité en 96, sur le label Atomic Theory. Richard a la bougeotte. Il revient quelque temps à Los Angeles ; mais en 1995, il émigre à Chicago. Avant de revenir vivre au sein de sa chère Californie où il y fonde, dès 1998, le label Pacific Blue Recording Company. En compagnie de Jerry Hall. Il grave alors quelques albums d’excellente facture. Et notamment "Lost in America", un elpee également réédité. Chez Atomic Theory. En 97. "Back to back", ensuite. En 1998. Chez Crosscut. En compagnie de Junior Watson. Et "World wide wood" en 99. Un opus pour lequel il bénéficie de la collaboration, entre autres, de Marc Thijs. Il a également participé aux sessions de studio de quelques potes notoires. Et en particulier des guitaristes Kid Ramos, Junior Watson et Alex Schultz. Enfin, il a également embrassé une carrière de producteur. Il a ainsi mis en forme un album des Electric Kings.

Slim aime le swing. Dès les premières mesures de "Well Alright, OK you win", il démontre cette passion. Il est soutenu par des musiciens efficaces pour affronter ce style : Kid Ramos aux cordes, John Bazz (NDR : des Blasters) à la basse et Ron Felton aux drums. Il en profite alors pour produire un petit bijou de solo sur son harmonica chromatique. "All night long" constitue déjà le sommet de cet opus. Une composition débordant de bonne humeur. Signée Clifton Chenier, elle se mue en West Coast zydeco. A cause de la participation aux vocaux de tous les acteurs, de la guitare de Kirk Fletcher et surtout, d'une merveilleuse mandoline, pincée par Rich Delgrosso, un disciple notoire de Yank Rachell. "West baby blues" manifeste un swing naturel et feutré. Richard Innes secoue ses balais avec beaucoup de retenue pour permettre à Kid Ramos de délivrer un solo d’une infinie délicatesse et d’une sensibilité extrême. La même équipe s’attaque au "I'm tired" de Mickey Baker. Le tempo est plus dynamique. Ron Dziubia souligne bien le rythme de son saxophone tandis que le Kid s'éclate aux cordes. La douceur de l’intimisme envahit le "Nothin' but the blues" de Duke Ellington. Une plage paisible que Slim chante sur un ton cool jazz, en agitant des bongos face à la section rythmique et le saxophone raffiné de Dziubia. Ce swing naturel force l’admiration lorsqu’il chante "You're a pain". Ramos aux cordes et le bouillant pianiste de boogie woogie anglais, Carl Sonny Leyland, y excellent. Changement de cap pour "Say it!". Un blues au tempérament assez soul, caressé de chœurs vocaux vaporeux. La guitare d'Armando Cortez (NDR : des Chicago Blues Angels) est largement amplifiée et le piano de Harunobu Tsushida (NDR : un musicien des Flip Tops de Nick Moss) trépide. Nick Moss se réserve d’ailleurs ici la basse ; et sa compagne Kate, la guitare rythmique. Slim chante alors "Me, myself & I", un hit immortalisé par Billie Holliday, sous une forme gypsy jazz plus Django Reinhardt que nature. Les guitares acoustiques de Jeff Ross (NDR : un ancien soliste de Candye Kane) et de l'Argentin Gonzalo Bergara s’y conjuguent à merveille. Lynwood Slim chante le blues et souffle à nouveau dans son harmonica tout au long d’"Across the sea". Un moment très roots que j’apprécie tout particulièrement. Un shuffle léger et remarquable au cours duquel Kid Ramos, John Bazz et Richard Innes sont là, en toute simplicité, pour assurer. Sous ce même line up, ils abordent "Not your clown", un morceau pétillant coécrit par Marc Thijs et Luc Alexander des Electric Kings. Jazz et swing y font toujours bon ménage. "I'm sorry" semble sortir tout droit d'un juke box de la fin des 50s. Une ballade soul légère, empreinte de douceur. D’excellente facture, cet opus s’achève par un jazz velouté, intimiste, au cours duquel Slim chante et joue de la flûte.