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Maurizio Pugno

That's what I found out!

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Sur la pochette de cet elpee, on peut lire ‘Featuring Sugar Ray Norcia’. Et pour l’illustrer, notre bon Ray pose auprès du modeste Maurizio. Quoi de plus naturel, car pour allécher le consommateur, il fallait mettre en place une stratégie. Or cet illustre Américain jouit d’une solide réputation. Que ce soit à la tête de ses propres Bluetones (NDR : au sein desquels militait Ronnie Earl, lors des débuts, en 1977), des Broadcasters du même Earl ou du Roomful of Blues. Maurizio est guitariste. Un Italien qui s’est révélé au sein du groupe local, Rico Blues Combo. Il y a côtoyé le chanteur/harmoniciste Rico Migliarini (NDR : ce dernier a commis quatre albums, dont le dernier "House of blues rags", a bénéficié de la participation de Sugar Ray). Il a également apporté son concours à la confection de deux albums ‘live’ du réputé Tad Robinson ; deux disques qui paraîtront bientôt.

Balisé sur un thème très jazz et swing, "Opening act" permet aux musiciens de prendre la température ambiante. Pugno est bien un guitariste versatile. Très à l'aise dans le registre, il échange des chorus avec l'organiste Alberto Marsico. Un concitoyen notoire qui impressionne sur instrument. Gio Rossi est impérial derrière ses caisses. De classe internationale, ce drummer a longtemps côtoyé Egidio Ingala et Enrico Crivallero. Sugar Ray entre en scène. Il chante d’une voix chaude et puissante "That crazy girl of mine", une plage qui swingue et jumpe. Maurizio a assimilé l'essentiel des grands gratteurs du style : Junior Watson, Kid Ramos, Alex Schultz et Hollywood Fats. Norcia chante son "Bite the dust", un slow blues ravageur. Pugno tire de ses cordes des sons originaux. Saccadée, son attaque des cordes rappelle le meilleur de Jimmie Vaughan. Norcia joue de l'harmonica acoustique sur "Keep on sailin", une chanson intimiste parcourue par le piano de Marsico. L’Italien marque puissamment le rythme tout au long du shuffle "It must be you". Ce qui permet à Sugar Ray de tirer son épingle du jeu à l’harmo. "That's what I found out" libère encore une bonne dose de swing, une plage au cours de laquelle Alberto nous réserve un remarquable solo sur l'orgue. A sein de cet écrin sonore, "A mind to give it up" constitue un autre petit bijou. Du Memphis R&B au son Stax. La section de cuivres est au complet, et surtout très présente. Le son dispensé par Pugno est saturé, dans le style du grand Albert King. La reprise d’"I love you baby" campe un shuffle louisianais explosif. Sugar emprunte les intonations de Lester. Il est soutenu par le Rico Blues Combo au grand complet. Rico Migliarini souffle dans les aigus comme Lester mais aussi Jimmy Reed. Maurizio est une nouvelle fois hanté par l’esprit de Jimmie Vaughan. Blues lent propice au corps à corps, "Take it all back baby" nous entraîne dans une ambiance fin de soirée, très T-Bone Walker. Les arrangements de cuivres rappellent les big bands de jazz. Rock'n'roll à la texane, "Louise" lorgne manifestement vers les T-Birds originels ! Remuant et d’excellente facture, "Five long legs" est davantage qu’un simple hommage. Il est même triple ! Et il est rendu à la fois au R&B des sixties, à Slim Harpo ainsi qu’à John Lee Hooker. La section de cuivres refait surface pour une version swing du "I love the life I live" de Willie Dixon. Marsico brille au piano électrique. L’elpee recèle également l’un ou l’autre instrumental intéressant. Et je pense tout particulièrement à "When my father met Charlie's uncle", une plage imprimée sur un rythme jazz manouche. Les images de Charlie Christian et de Grant Green semblent traverser constamment l’esprit de Maurizio. "Black angel" nous invite à assister à un grand spectacle auquel participeront de nombreuses et voluptueuses stripteaseuses. Et c’est l'harmo chromatique Norcia qui sonorise ce show ! L’elpee s’achève par "The preacher", une plage au cours de laquelle Alberto excelle… Un album de toute bonne facture !