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Mitch Kashmar

Live at Labatt

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Kashmar est considéré comme un des meilleurs harmonicistes californien. Il est loin d’être un débutant ; pourtant, sa carrière n’a réellement démarré que depuis peu. C’est-à-dire depuis sa signature chez Delta Groove. En 2005. Lors de la sortie de "Nickels & dimes". L’année suivante, il embrayait par "Wake up and worry" ; et en 2007, il rejoignait l’équipe des Mannish Boys pour concocter "Big plans". Mitch avait fait ses premiers pas au début des années 80. A la tête des Pontiax. Cette formation avait même édité un elpee en 98 sur le label belge Blue Sting : "100 miles to go".

Le 24 août 2007, Mitch se produit sur la scène du festival Labatt Blues. C’est à Edmonton, au Canada. C'est ce concert qui a été immortalisé sur cet opus. Pour la circonstance, il est épaulé par le batteur Tom Lackner (NDR : un ex-Pontiax !), le bassiste Steve Nelson, le claviériste Jimmy Calire et le redoutable guitariste de blues et de jazz, John Marx. Ce dernier a longtemps côtoyé feu William Clarke ; et William, appréciait beaucoup Kashmar…

Le quintet ouvre l’elpee par "I got no reason", un titre de west coast blues au cours duquel les musiciens affichent leurs racines jazz. John Marx y est brillant aux cordes. Calire se réserve le piano d'abord, avant de glisser à l'orgue. Dans un style très proche du regretté William Clarke, Kashmar est tout bonnement époustouflant. Une solide entrée en matière pour chauffer ces remarquables musiciens. Cette plage ouvrait d'ailleurs son dernier album studio. Chicago blues shuffle, "Dirty deal" est extrait de son remarquable opus intitulé "Nickels & dimes". Bien en rythme, proche d’un Jimmy Reed, son traitement des tonalités aigues est étonnant. Il dédicace "Whiskey drinkin' woman" (NDR : c'est du vécu assurément) à son ex-compagne. Au cours de ce blues lent, il épanche tout ce qu’il a sur le cœur. Il n'a pas du rire tous les jours auprès de cette épouse alcoolique. John Marx est admirable. Il est imprégné par ce blues jusqu'au bout des ongles. Mieux connu sous le titre "Evil gal blues", "Evil man blues" marque un retour au swing et au rythme. Signée Lionel Hampton, cette compo figurait au répertoire de Bessie Smith. Pour la circonstance, c'est Jimmy Calire qui tire son épingle du jeu. Claviériste, mais également saxophoniste notoire, Calire a milité, au cours des sixties, au sein de Risins Sons, de Raven et surtout d’America. Pianiste de bebop et hard bop, fondateur des Jazz Messengers, Horace Silver a écrit "Song for my father". La version ici proposée se résume à un long exercice de style dans l’univers du jazz ; un exercice destiné à mettre en vitrine les différents solistes. "Sugar sweet" renoue avec le Chicago blues. Une composition de Mel London, qui a aussi écrit "Messin' with the kid". Mitch épouse le style percutant de James Cotton. Calire assure au piano. La plage atteint un très haut niveau. Le "You're the one" de Jimmy Rogers évolue dans un même registre. William Clarke et Kashmar s’appréciaient beaucoup. Il n’est donc pas surprenant que Mitch lui rende un vibrant hommage en interprétant le "Lollipop Mama" de Roy Brown, une compo qui figurait au répertoire du grand Bill. A cette occasion, Marx en profite pour se rappeler ses belles années du passé ; mais le plus surprenant c’est qu’on croirait être en présence de Clarke, tant la voix et le style de Mitch sont proches. Même Calire est intenable lors de ce morceau. Kashmar interprète encore "Wake up & worry", c’est-à-dire le titre maître de son elpee, paru 2006. Enfin, le combo clôture ce remarquable concert par "Castle rock", un instrumental jazz au cours duquel les cinq musiciens se mettent successivement en évidence…

 

Mitch Kashmar

Wake up & worry

Écrit par

Mitch Kashmar est un brillant harmoniciste qui jouit d’une solide réputation chez lui, en Californie. Agé de 46 ans, il est originaire de Santa Barbara, au nord de Los Angeles. Dans les années 80, il avait conduit les Pontiax, responsables d’un album sur le label belge Blue Sting. L'équipe du label Delta Groove et en particulier son boss Randy Chortkoff (NDR : également producteur), l’ont accueilli à bras ouverts. Ils lui avaient d’ailleurs déjà permis de graver "Nickel & dimes", l’an dernier.

Ce disque libère un punch incroyable. Et l’ouverture, "I got no reason" en est une belle démonstration. Conduite par l'harmo de Mitch et dynamisée par la guitare enthousiaste de Junior Watson, cette entrée en matière royale est sculptée dans le jump pur et vigoureux. En outre, il y a du beau monde derrière : Fred Kaplan au piano, Richard Innes des Hollywood Blue Flames aux drums et Rick Reed à la basse. Mitch est bien dans son élément lorsqu’il reprend le "Dead presidents" de Willie Dixon. Il y manifeste ici la présence et la puissance créative d’un Sonny Boy Williamson. Mitch empoigne les shakers pour entretenir les rythmes exotiques de "Green bananas", pendant que les claviers de Jim Calice lui confèrent une ambiance festive et joyeuse. Les percussions sont encore bien présentes tout au long de "Funky dee". Le tempo oscille du funk au jazz. Le souffleur empoigne son instrument chromatique et érige, tout en finesse, une bien agréable pièce instrumentale. Mitch jouit d’une excellente plume. Il a écrit plus de la moitié des plages de ce nouvel opus. Le titre maître est soutenu par une section rythmique qui transpire le swing. Un excellent jump blues au cours duquel la sobriété et l’inventivité de John Marx, un ancien collaborateur de William Clarke, fait merveille. Au chant, Kashmar se montre régulièrement à son avantage. En outre, il est capable de dispenser de petites phrases assassines dans les aigus à l’aide de sa musique à bouche. Et le blues vivifiant "Night creeper" en est la plus parfaite illustration ; un fragment au cours duquel Watson en profite pour se déchaîner sur son manche. La joie envahit les cœurs de tous ses musiciens. Le bourbon coule à flots. La folie semble avoir envahi les studios. On a même parfois l’impression de retrouver la chaleur d'un club de L.A. Tous les amis sont venus rejoindre l’équipe pour assurer les chœurs de "Half pint a whiskey", un titre complètement déjanté au cours duquel Watson ne tient plus en place! Notre souffleur se réserve un espace roots, lorsqu’il ne tolère plus derrière lui que l'éclatant Alastair Greene préposé à la National steel guitar. Le duo vire à l’unplugged pour un "Black dog blues" efficace et tonique. Chortkoff est également un harmoniciste talentueux. Il adore mettre son grain de sel sur les œuvres de ses poulains. Il chante donc son "You dogged me", un morceau qui rappelle étrangement le répertoire de Jimmy Reed. Il expire dans les aigus de la même manière, pendant que Kashmar assure les parties de basse sur son instrument. Son maître à souffler est incontestablement Little Walter. Sans surprise, Mitch reprend son "Up the line". Il fait honneur à son ancien maître du Southside de Chicago. Il est hanté par son génie. Et c'est limite si on se rend compte de la présence de Junior Watson et de Rusty Zinn sur la même scène.

 

Mitch Kashmar

Nickels & dimes

Écrit par
Mitch est né en 1960. A Santa Barbara, en Californie. Il fonde son premier groupe, les Pontiax, en 1980. Une formation qui écume la région avant de s'établir à Los Angeles. En 1985. A l'époque, les Pontiax enregistrent l'album "100 miles to go". Chez Blue Sting, le label belge cher au boss de Parsifal, Nico Mertens ! Le combo emprunte alors à différents styles : Chicago, Texas, Louisiane et West Coast. Mitch s’impose comme un excellent chanteur/harmoniciste ; et il ne manque pas d'impressionner Kim Wilson, James Harman et William Clarke en personne.
 
L’opus swingue dès "Dirty deal". La technique et le son de la guitare de Jr Watson sont facilement reconnaissables dès les premiers accords. Il n'attend d’ailleurs guère plus d'une minute avant de prendre sa première envolée. Constituée de Ronnie James Weber à la basse et de Richard Innes aux drums, la section rythmique porte les solistes. Kashmar ne tergiverse pas davantage pour se réserver un solo inspiré par Sonny Boy Williamson. Le titre maître est imprimé sur un tempo funky. Watson est toujours aussi brillant ; mais l’originalité procède de l’éclat affiché par l’harmonica. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles, l’homme a indiscutablement un style bien personnel. Le West Coast swing est omniprésent. A l’instar de "New York woman". Non seulement Mitch souffle divinement et chante d'une voix bien assurée et très musicale, mais c’est également un excellent compositeur. L'ensemble joue avec légèreté et justesse. "Just show it to me" en est une nouvelle démonstration. Pour la circonstance, le piano sautillant de Bob Welsh met le nez à la fenêtre, immédiatement talonné par les cordes au débit insatiable de Junior. Chicago blues, "Lizzy Mae" est un slow très dépouillé écrit et chanté par Abu Talib. Alias Freddy Robinson, il joua naguère pour Little Walter, Howlin' Wolf et John Mayall. Des instants d'intense émotion ! Kashmar hausse allègrement le rythme et s'engouffre dans un sémillant «Gettin' drunk», au cours duquel Watson se distingue en coupant ses notes littéralement au couteau. Bob Welsh est passé au piano et joue à la manière d'Otis Spann pour interpréter "Backy Ann", une compo lente inspirée par le Chicago blues. Il y a bien longtemps qu’on avait plus entendu parler d’Arthur Adams ; et pourtant ce chanteur/guitariste noir est bourré de talent. Sa voix est incroyable. Et c’est avec un grand plaisir qu’on le retrouve ici pour chanter son "Knock 'em dead". Des rythmes syncopés ou variables balaient le "I don't play" de Willie Dixon. "Whiskey drinking woman" constitue le dernier blues lent à fleur de peau. L’ambiance navigue quelque part entre Chicago et Baton Rouge, un thème proche de Guitar Slim que colore Junior Watson, tel un chien fou et si passionné, d’un solo sublime. Retour au swing pour "We're sittin' home tonight". Sur un tempo proche du "Honky tonk" de Bill Dogett, le piano se trémousse alors que l'harmonica ne tarde pas à s'éclater sur un très haut niveau. Après «Who», un dernier west coast swing, l’opus s’achève par l’instumental dynamique "Runnin' off at the mouth". Ce Mitch Kashmar est un merveilleux harmoniciste. A cet égard, je félicite Andy Chortkoff. Après nous avoir permis de découvrir le superbe opus de Mannish Boys, son Delta Groove remet le couvert pour Mitch Kashmar. Il se produira au prochain Spring Blues d'Ecaussinnes, au sein des West Coast Winners, une formation qui implique Frank Goldwasser, Leon Blue, Freddie Roulette et Sugar Pie Desanto. En 2004, il y était déjà présent ; mais chez Top of the Harps, en compagnie de Doug Jay et de Birdlegg.