Deux filles et trois kids constituent le line up de cet ensemble bruxellois. Une formation qui avait commis un premier album en 1998 (" Blue sky maybe "), pour lequel elle avait reçu la collaboration de Kylie Statham (Fuck) ; et un EP en 1995, enregistré sous la houlette de Pierre Vervloesem, le producteur du premier elpee de dEus. Pour la mise en forme de " Broken fantasy ", Moxie a fait appel à Jim Putman, leader de Radar Bros, auquel le groupe voue une grande admiration. Un personnage qui ne se contente cependant pas de driver son groupe, puisqu'il produit également ses disques. Pas étonnant qu'à première écoute, l'influence du combo américain est très palpable. Tout comme celles de Pavement, de Blonde Redhead et de Sonic Youth. Surtout pour les guitares. C'est tout à fait évident sur l'excellent " The beat of your heart ". Mais en général, la forme est beaucoup plus minimaliste. Au fil de l'écoute, ces références s'estompent pour laisser place à une solution sonore intimiste, délicate, envoûtante, à la fragilité bouleversante. Une pop paradoxalement à la fois contagieuse et glacée, recouverte d'harmonies vocales vaporeuses, infiltrée sobrement de collages et d'effets spéciaux, que balaie furtivement, ponctuellement, et dans l'esprit d'un Stereolab, un clavier à quatre sous. A l'instar d' " Early morning " et de " Secret ", probablement les deux meilleures compositions de l'opus. Ou encore de " Happy buzz ", rehaussé par la présence d'une slide, du kitsch " I.C.U. ", bâti sur un jeu de mots (" I see you "), et de l'incantatoire " Love life ". Personnellement, je dois avouer que la surprise (NDR : ce " Broken fantasy", bien sûr) est d'autant plus agréable, qu'elle était totalement inattendue…